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Records of the Human Emperor

Chapitre 384

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Chapitre 384

Chapitre 384

Chapitre 384/53871%~10 min de lecture1 915 mots

Le chef du clan Huang, agenouillé devant Wang Chong, baissa encore la tête.

C'était un fait qu'un descendant du clan Huang avait ourdi un complot contre Wang Chong en révélant sa position à ses ennemis, et la tentative d'assassinat pouvait être considérée comme la traduction de l'attitude du clan Huang envers le clan Wang.

Le terrain moral constituait un aspect essentiel de tout conflit au sein de la haute société, si bien que les agissements du clan Huang étaient réprouvés même parmi les clans prestigieux. Personne ne se porterait volontaire pour plaider en leur faveur.

Ainsi, le clan Huang ne pouvait compter que sur lui-même.

Le chef du clan Huang savait que s'ils voulaient obtenir le pardon du clan Wang, ils devaient d'abord gagner Wang Chong. Autrement, quand Wang Gen interviendrait pour les traiter, ce serait la guerre qui les attendrait.

Et le clan Huang ne pouvait pas gagner une guerre contre le clan Wang.

Wang Chong plissa les yeux tandis qu'il contemplait en silence le chef du clan Huang.

Il savait qu'il tenait le destin de tout le clan Huang entre ses mains. Le plus souvent, bien que les conflits entre clans n'entraînent pas d'effusion de sang directe, les ravages qu'ils causent peuvent largement dépasser un simple massacre.

Sur ce point, même posséder de puissants arts martiaux n'accorde aucun répit.

C'était la première fois que Wang Chong usait du pouvoir de tout son clan, et la première fois qu'il tenait le destin d'un autre clan dans ses mains.

Qu'il acquiesce ou qu'il refuse, il savait que le grand oncle et le roi Song soutiendraient sa décision.

Même Yang Zhao avait envoyé une lettre exprimant son soutien. S'il le voulait, la faction de la concubine Taizhen consacrerait son influence à aider le clan Wang à détruire le clan Huang.

Après les diverses affaires qu'ils avaient traversées, la concubine Taizhen, le clan Wang et le roi Song étaient déjà liés par un réseau forgé par des intérêts communs.

Et au cœur même de ce réseau se tenait Wang Chong.

Wang Chong avait joué un rôle vital pour faciliter l'alliance entre les trois parties, aussi les agissements du clan Huang avaient-ils menacé le roi Song et la concubine Taizhen également.

Comprenant les implications de cette affaire, même le clan Yao et le roi Qi avaient choisi de s'en tenir à l'écart, bien qu'ils fussent à l'origine de tout ce désordre.

Le silence de Wang Chong déstabilisait particulièrement le chef du clan Huang. De la sueur froide perlait sur son front tandis qu'il serrait les dents dans l'anxiété.

« Si Gongzi le souhaite, je suis prêt à livrer ce fils impie pour que vous en disposiez… »

« Inutile ! » le coupa Wang Chong.

Le chef du clan Huang releva la tête, stupéfait. Il croyait Huang Yongtu perdu, mais qui aurait pu imaginer que…

« … Je lui ferai grâce. » Wang Chong prononça ces mots avec désinvolture, le regard porté au loin, une expression complexe dans les yeux.

« Quant au reste, faites comme bon vous semble. »

Après ces mots, sans laisser paraître la moindre émotion sur son visage, Wang Chong se tourna et quitta le salon, les mains dans le dos.

Faire grâce ne signifie pas pardonner !

Wang Chong avait pu choisir d'épargner Huang Yongtu, mais cela ne signifiait pas que le clan Huang était hors de danger pour autant.

Il existait des conventions régissant les conflits entre clans prestigieux.

S'il subsisterait un clan Huang dans la capitale à l'issue de cette affaire dépendrait de la conduite du clan Huang à partir de maintenant. Si le chef du clan Huang était sage, il saurait ce qu'il avait à faire.

Le chef du clan Huang quitta les portes du clan Wang avec un air hébété. Wang Chong n'avait que seize ans, pourtant il ne put s'empêcher de se raidir en sa présence.

Cette nuit était promise à l'insomnie pour le clan Huang.

« Gongzi, quelqu'un sollicite une audience à l'extérieur ! »

Le second jour, à peine les premiers rayons du soleil pointaient-ils à l'horizon qu'un garde fit soudain ce rapport depuis l'extérieur de la chambre de Wang Chong, tandis que celui-ci était encore étendu sur son lit.

« Oh ? »

Fronçant les sourcils, Wang Chong se leva immédiatement.

« Que ma mère a-t-elle décidé à ce sujet ? »

D'ordinaire, les affaires de la demeure étaient traitées par Dame Wang. Ce n'était que dans certaines circonstances particulières qu'elles retombaient sur Wang Chong.

« Dame a dit de laisser Gongzi régler cette affaire. » répondit le garde.

« Compris. » Un éclair passa dans les yeux de Wang Chong tandis qu'il comprenait vaguement ce qui se tramait.

« Qu'on le fasse entrer ! »

Wang Chong s'attendait à un « lui », mais ce fut une « elle ». Au loin, on entendait le tintement discret d'un bijou et le cliquetis d'ornements.

Une brise légère souffla, apportant un parfum rafraîchissant.

« Que se passe-t-il ? » Wang Chong fut surpris.

Avant qu'il n'ait le temps de démêler la situation, la porte s'ouvrit brutalement, et une jeune fille de dix-huit ans, une grande épée d'argent sur le dos, entra.

La jeune fille portait une robe blanche fluide, un bracelet d'or au poignet. Sa peau claire et lisse se mariait à merveille avec ses traits délicats, et l'espace d'un instant, on eut l'impression qu'elle sortait d'un tableau.

Même Wang Chong, qui avait croisé maintes belles dames au cours de sa vie, ne put s'empêcher de tomber un court instant dans la stupeur.

Mais malgré sa beauté, elle affichait une allure glaciale.

« Huang Qian-er du clan Huang salue Gongzi ! »

Dès qu'elle eut franchi le seuil, la jeune fille s'agenouilla au sol et baissa la tête jusqu'à terre, immobile comme une statue.

Ses mains étaient levées haut, et ses doigts fins soutenaient une lettre.

« À Chong gongzi », ces mots étaient tracés de traits vigoureux sur l'enveloppe. Par la calligraphie, on peut percer l'âme de l'autre. Ces mots semblaient venir d'un homme qui maniait une immense autorité, et le sceau du chef du clan Huang, au coin, le confirmait.

« Que signifie le clan Huang par là ? » Wang Chong fronça les sourcils, incapable de saisir les intentions du clan Huang.

Se relevant de son chevet, il saisit négligemment une robe sur le côté et l'enveloppa autour de lui avant de s'avancer lentement pour prendre la lettre des mains de la dame en blanc.

Au moment où il la prenait, il effleura la main de cette dernière et ressentit au bout des doigts une sensation lisse et glacée.

De son côté, la jeune fille tressaillit à ce contact.

N'y prêtant pas attention, Wang Chong déchira l'enveloppe et commença à en parcourir le contenu.

Il avait raison, c'était bien une lettre écrite de la main du chef du clan Huang. Cependant, il n'avait pas prévu que le clan Huang eût pris une décision sur cette affaire en une seule nuit.

En raison de l'intervention intempestive de Huang Yongtu dans le conflit entre le clan Wang et le clan Yao et de sa participation au complot contre Wang Chong, il serait déchu de sa qualité de membre de la branche principale et puni selon les règles du clan. Après quoi, il serait exilé au Lingnan, sans jamais remettre les pieds dans la capitale.

(Le Lingnan se trouve près du Nord Vietnam/Jiaozhi, à la frontière sud du Grand Tang)

De surcroît, le clan Huang renoncerait à trois de ses commerces, quatre mines, une grande quantité d'herbes, de pilules, de montures dressées, et trois millions de taels d'or en compensation de leur grave faute.

En outre, pendant les trois prochaines années, tous les revenus du clan Huang seraient reversés au clan Wang.

Pour finir…

En lisant la dernière ligne, les paupières de Wang Chong tressaillirent violemment tandis que son regard se posait sur la jeune fille immobile au sol.

Avec seulement les clauses précédentes, on pouvait dire que le clan Huang faisait preuve d'une extrême générosité dans sa compensation. Cela porterait un coup sévère à leurs finances, les affaiblissant considérablement pour longtemps.

Cependant, c'est ainsi que les clans réglaient leurs conflits. En y réfléchissant, même si Wang Chong était prêt à laisser là cette rancune et à faire la paix avec le clan Huang, le reste du clan Wang ne le lui permettrait pas.

Cette affaire avait pu commencer avec Wang Chong, mais il n'était pas la seule partie concernée. D'innombrables parties dans l'empire avaient les yeux rivés sur cette affaire, et la fierté et la dignité du clan Wang étaient en jeu.

Devant l'intérêt de tout le clan, l'opinion personnelle de Wang Chong pâlissait.

D'ailleurs, même si Wang Chong avait été prêt à résoudre ce problème sans compensation, le clan Huang n'y aurait jamais consenti. Non seulement ils n'auraient pas su gré à Wang Chong, mais ils en auraient été rongés par l'appréhension. Ils auraient pu y voir le signe que le clan Wang allait agir contre eux, et cela aurait pu déclencher une riposte de leur part.

Ayant grandi dans la capitale, même si Wang Chong n'avait jamais vécu pareille affaire personnellement, il en avait au moins entendu parler.

Dans les cercles des fils de famille de la capitale, de telles rumeurs abondaient.

Ces conventions n'étaient pas apparues brutalement de nulle part ; elles étaient nées avec l'établissement des empires et des clans, et se transmettaient de génération en génération.

Puisque le clan Huang avait fauté, il devait en payer le prix. Il n'y avait pas d'autre issue.

Cependant, le problème que Wang Chong avait portait sur la toute dernière clause…

Le clan Huang y mentionnait qu'il regrettait profondément l'incident, et qu'il comprenait qu'aucune explication ni richesse ne sauraient compenser ce qu'ils avaient fait.

Ainsi, pour apaiser la colère de Wang Chong, ainsi que pour combler la brèche entre les relations du clan Wang et du clan Huang, le clan Huang avait décidé d'envoyer leur descendante féminine la plus remarquable pour servir Wang Chong et expier leur faute.

De plus, il était sous-entendu dans la lettre que cette descendante ferait tout ce que Wang Chong lui demanderait.

En d'autres termes, à partir de ce jour, elle était membre du clan Wang. Même à sa mort, il ne lui serait pas permis de retourner au clan Huang !

C'était la plus grande sincérité que le clan Huang avait à lui offrir !

En surface, on pouvait croire que le clan Huang envoyait leur fille servir de domestique au clan Wang pour attendre sur Wang Chong.

Cependant, Wang Chong connaissait parfaitement cette manœuvre.

Il existait un autre terme pour cela dans la haute société : le mariage de convenance !

Lorsqu'un clan plus faible offensait un clan puissant, en quête de survie et de pardon, il avait recours à un tel expédient.

En surface, ils livraient leur fille comme une « servante » mais en vérité, cela ne différait guère d'un mariage.

Par les liens établis dans ce mariage, ils pouvaient aplanir leurs différends passés et resserrer les liens entre les deux clans. Si le clan plus faible obtenait la protection du plus fort, cela profitait à son développement futur.

Autant ce schéma était convenu, il n'existait pas de rancune qui ne pût être résolue par un mariage.

C'était la méthode la plus efficace, la plus efficiente et la plus radicale pour régler les conflits entre clans.

Mais même ainsi, Wang Chong n'avait jamais imaginé qu'une telle situation lui tomberait dessus un jour !

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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