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Records of the Human Emperor

Chapitre 129

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Chapitre 129

Chapitre 129

Chapitre 129/23854%~10 min de lecture1 974 mots

Oubliant pour l’instant l’affaire de la concubine Taizhen, et après avoir « orienté » la réponse à la première lettre, Wang Chong sortit de la ville accompagné de Shen Hai et de Meng Long.

« Jeune maître, où allons-nous ? »

La forêt luxuriante était criblée d’épines, et les broussailles montaient jusqu’à la poitrine, rendant la progression extrêmement difficile. Bien qu’ils suivissent Wang Chong de très près, Shen Hai et Meng Long s’étaient déjà fait entailler plusieurs fois par les ronces.

Ils étaient déjà loin de la capitale, enfoncés au cœur des terres sauvages, et cette végétation mêlée de buissons touffus, d’herbes hautes et d’arbres géants rendait le sol quasi infranchissable.

Au début, à l’idée que le jeune maître viendrait y cultiver son énergie originelle, ils nourrissaient une grande excitation. Mais depuis quelques jours, ils comprirent que c’était loin d’être le cas.

Dès le premier jour de leur arrivée au massif, il errait sans relâche aux alentours.

« Ne vous inquiétez pas, vous comprendrez une fois notre destination atteinte. »

répondit Wang Chong en tranchant d’un revers de lame la végétation qui lui barrait le chemin. S’il accompagnait bien les deux jeunes hommes dans ses pérégrinations, il ne négligeait en rien son propre entraînement.

La Puissance du Dieu Barbare se distinguait considérablement des autres méthodes de cultivation. Dès lors qu’on avait atteint le seuil minimal de sa deuxième couche, un cultivateur de Premier dan en énergie originelle pouvait puiser cette dernière dans l’environnement, même sans méditer.

Son unique défaut résidait dans un rendement inférieur à celui obtenu par la méditation, mais c’était toujours un avantage écrasant.

En traversant la forêt montagneuse, Wang Chong sentait distinctement une effervescence revitalisante parcourir son épiderme.

« Cette forêt regorge de verdure ; il est effectivement bien plus fructueux de cultiver ici qu’en ville. »

songea Wang Chong.

On pouvait travailler la Puissance du Dieu Barbare aussi bien en marchant qu’en étant assis. Il n’était pas inutile que cette méthode ait été la plus recommandée par l’armée durant sa vie antérieure.

Sa maîtrise restait cependant perfectible. Par conséquent, son taux d’absorption en marchant ne dépassait guère les soixante pour cent de ce qu’il obtiendrait en méditation. Ce chiffre grimperait avec ses progrès tant en compréhension qu’en fondations.

Une fois parvenu au sommet, il pourrait même cultiver en dormant.

C’est un résultat vers lequel aucune autre méthode de cultivation ne pourrait jamais espérer tendre.

« J’espère pouvoir mettre la main sur cette veine spirituelle… »

Tandis qu’il poursuivait sa route sur ce sentier épineux, une idée lui traversa l’esprit.

Wang Chong cherchait une veine spirituelle ; c’était d’ailleurs la raison précise de ces errances montagneuses avec Shen Hai et Meng Long. L’une d’elles cachait derrière les remparts de la capitale, et peu de personnes en connaissaient l’existence, mais Wang Chong faisait partie de ceux-là.

Les veines spirituelles regorgeaient d’énergie originelle et cultiver en leur présence accélérait les progrès de plusieurs ordres de grandeur comparé à tout autre endroit. Nul ne savait comment elles naissaient ; la seule certitude tenait à leur lien présumé avec la géographie terrestre d’une époque immémoriale.

Il n’y avait pratiquement pas de veines spirituelles dans les environs de la capitale, et la plupart étaient déjà contrôlées. Celle que convoitait Wang Chong présentait toutefois une particularité.

Elle surpassait largement toutes les autres.

Pour plusieurs raisons inédites, on ne pouvait la détecter depuis sa surface. Elle resta donc ignorée. Ce n’est que bien des années plus tard, lorsque les cavalleries d’acier étrangères firent irruption dans la capitale, que cette veine fut mise à jour.

Quand elle jaillit du sous-sol telle une montagne en éruption, nombre de gens en furent bouleversés. Mais il était alors déjà trop tard ; la veine avait subi des dommages irréparables.

Sitôt l’idée d’entrer dans la forêt pour cultiver la Puissance du Dieu Barbare germa dans son esprit, il rappela inconsciemment cette gigantesque veine gâchée durant sa précédente existence.

Le relief géographique unique aux abords de la capitale emprisonnait l’énergie spirituelle qui s’y terrait, et personne, hormis Wang Chong, n’avait encore perçu cette veine invisible…

« Ne tardez pas, avançons. Je vais dégager le chemin, tandis que vous deux, inspectez les alentours pour débusquer les serpents vénéneux. »

Wang Chong savait que la plus grande menace en forêt montagneuse résidait dans les serpents vénéneux. Même pour un artiste martial, la piqûre d’un seul de ces reptiles dotés d’un venin mortel suffisait à envoyer un homme dans sa tombe.

Il n’était pas inutile que cette veine fût passée inaperçue, et ces serpents vénéneux constituaient l’une de ces raisons.

Il se souvenait vaguement que le nombre de serpents autour de la veine spirituelle était bien supérieur à nulle part ailleurs, et que leur venin possédait une puissance bien plus redoutable.

Confiant la tâche de dissiper la menace des serpents vénéneux à Shen Hai et Meng Long, Wang Chong concentra son attention sur la recherche de la veine.

La Puissance du Dieu Barbare se révélait extrêmement sensible aux perturbations de l’énergie originelle atmosphérique. Depuis plusieurs jours, ses errances servaient précisément à mesurer les variations de concentration ambiante afin de situer approximativement la veine.

Il avait déjà balayé le sud, l’est et l’ouest. Il ne lui restait donc plus qu’une seule orientation.

« Nous approchons ! »

Après quelque temps, les yeux de Wang Chong s’illuminerent soudain. Ayant réussi à reconnaître les régions avoisinantes, il saisit une esquisse du relief et de la topographie de la chaîne, ce qui lui permit de confirmer l’emplacement général de la veine.

« Allons-y, dans cette direction ! »

Wang Chong s’arrêta net, désigna un point précis et engagea la descente en ouvrant une brèche.

L’endroit validé par Wang Chong se nichait au cœur d’une succession de collines. Des arbres s’y enchevêtraient par paires, et la zone ne laissait présager aucune concentration spirituelle particulière.

Pourtant, Wang Chong capta dans l’air une perturbation floue, mais indiscutablement familière. Il reconnut immédiatement la signature générée par une veine spirituelle.

Il savait pertinemment que cette veine présentait une nature unique. Même en la trouvant, nul n’aurait pu deviner qu’il posait tout juste ses pieds dessus.

Ce n’était qu’en rejoignant le pic montagneux le plus proche qu’on percevait véritablement l’énergie originelle concentrée.

Wang Chong conduisit Shen Hai et Meng Long à explorer les sommets alentour, et environ une heure plus tard...

Weng !

Alors qu’ils gravissaient un dernier pic, Wang Chong capta soudain dans l’air une « odeur » familière.

Cette perturbation était des dizaines de fois plus intense que celle ressentie au pied de la montagne.

« Hahaha, je l’ai trouvée ! »

Un immense bonheur l’envahit.

« Shen Hai, Meng Long, nettoyez cette zone. Je souhaite y aménager un champ d’entraînement. Dorénavant, j’y cultiverai. »

Shen Hai et Meng Long échangèrent un regard perplexe. Ils ne comprenaient pas l’excitation soudaine de leur jeune maître.

Hormis une concentration d’énergie originelle légèrement supérieure aux zones voisines, leurs sens ne captaient rien d’autre. Était-ce bien là ce que recherchait leur maître ?

Une certaine incompréhension s’installa en eux.

Cela dit, ni l’un ni l’autre n’imagineraient défier ses ordres.

« Oui, Jeune maître ! »

Tirant leurs lames, ils se mirent à émonder les ronces et les arbres alentour, dégageant un espace nu servant de champ d’entraînement au sommet de la montagne.

« Lorsque cet emplacement sera prêt, vous comprendrez pourquoi j’ai choisi cet endroit. »

Contemplant leurs dos à mesure qu’ils travaillaient, Wang Chong esquissa un sourire.

Peut-être en raison d’une végétation particulière ou de certaines substances dans le sol, l’énergie spirituelle de la veine était bloquée. On ne pouvait ainsi en percevoir moins d’un pour cent.

Shen Hai et Meng Long pouvaient douter de sa décision en cet instant, mais une fois qu’ils auraient gratté une couche de terre superficielle du roc, ils changeraient d’avis.

Quelques heures plus tard, un modeste « champ d’entraînement » miniature était déblayé sur la crête, et Wang Chong y était assis en plein cœur, cultivant la Puissance du Dieu Barbare. Une énergie originelle dévastatrice, bien plus forte que partout ailleurs dans la forêt, jaillissait de sous ses pieds et l’enveloppait.

Tant la Puissance du Dieu Barbare que l’Art de l’Os de Dragon progresseraient inévitablement à une vitesse record s’il cultivait en ce lieu.

« Si je me souviens bien, nul n'a encore racheté cet emplacement ! »

Tout en cultivant, Wang Chong pesa la question mentalement.

À l’heure actuelle, nul ne devait encore connaître l’existence de cette veine qui lui avait coûté huit ou neuf jours de recherches acharnées.

Mais Wang Chong savait que, fréquentant les lieux, il ne tarderait pas à être repéré.

Tel était le fonctionnement du monde. Si vous passiez à côté, rien ne bougerait. Mais si vous le remarquiez, des foules entières s’y précipiteraient, chaque groupe espérant soutirer sa part du gâteau.

La première étape, dénicher cette précieuse veine spirituelle, avait été couronnée de succès. La suivante consisterait à verrouiller l’emplacement. Face à l’importance cruciale de cette seconde phase, Wang Chong dut y réfléchir longuement.

« Shen Hai, si ma mémoire est bonne, cela relève des montagnes stériles et n’a pas encore changé de mains. Te souviens-tu de nos coordonnées exactes ? Plus tard, rends-toi à la Cour de Révision Judiciaire et acquiers cet emplacement ainsi que toute la chaîne montagneuse environnante. »

« Ah ! »

Ces paroles stupéfièrent Shen Hai et Meng Long.

Dans l’empire des Grands Tang, il était parfaitement légal d’acheter des montagnes à perte. En réalité, on pourrait même racheter la totalité des hauts plateaux stériles si on en avait les moyens.

Encore fallait-il disposer des fonds nécessaires.

Acheter une montagne était toujours une dépense colossale, et une chaîne entière relevait de l’imagination. C’était l’un des raisonnements si l’on convoitait un gîte aurifère ou des mines de minerais de haute facture, mais pour une montagne nue, cela représentait un gouffre financier.

Le prix à payer pour une telle acquisition était tel que même les maisons fortunées hésiteraient à engloutir de telles sommes sans garantie.

« Jeune maître, cette chaîne est vaste. Acquérir l’intégralité du secteur nécessitera une fortune ! »

« Certes, Jeune maître ! Cela coûterait au minimum quatre-vingts mille taels d'or ! Et ce n’est même qu’une concession de trente ans. »

Les deux gardes tentèrent de le dissuader.

À leurs yeux, ce territoire dépourvu de ressources valait bien en deçà d’une telle somme. Sans compter que l’État imposait une durée maximale de jouissance après achat.

Devant un gisement, il fallait exploiter la terre sans attendre. Combien pouvait-on en tirer relevait de chacun ; même en cas de perte sèche, nul ne pouvait s’en prendre qu’à soi-même. Trente ans plus tard, il faudrait racheter les titres fonciers, et pire encore, les cours seraient probablement bien plus élevés.

« Jeune maître, y aurait-il un filon de minerai enfoui ? »

« Héhé, ce n’est pas ça. »

Wang Chong secoua la tête. Il posa un doigt sur le sol et sourit.

« C’est quelque chose de bien plus précieux qu’un quelconque minerai ! »

Si Wang Chong aspirait à maîtriser son destin et à changer le cours du Grand Tang, sinon de l’univers tout entier, il devait bâtir son propre réseau d’influence.

C’était précisément pour cette raison qu’il avait confié à son jeune oncle, Wang Mi, la mission de recruter d’éminents instructeurs de l’Armée impériale.

Ce projet demeurait assez schématique, mais à l’instant même, Wang Chong comprit enfin où implanter sa future « base d’entraînement ».

D’ici le retour du jeune oncle avec les instructeurs, les terres surplombant la veine spirituelle feraient un site idéal. Grâce à ce flux d’énergie, il lui suffirait ensuite d’attirer des fidèles dignes de confiance, et en un temps record, il formerait par vagues entières une élite martiale.

Des lieutenants loyaux, qu’il pourrait mobiliser à sa guise.

Telles les troupes qu’il commandait durant sa vie antérieure !

Ce serait sa future « base d’entraînement » !

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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