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Records of the Human Emperor

Chapitre 128 : La vérité éclate !

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Chapitre 128

Chapitre 128 : La vérité éclate !

Chapitre 128/128100%~12 min de lecture2 342 mots

« Cela dit, qu'est-ce que le roi Song a voulu dire par là ? Les écritures des deux lettres qu'il a envoyées sont complètement différentes ! »

Au lieu de poursuivre sur ce sujet, Yang Zhao se souvint tout à coup de la lettre précédente. À l'époque, il n'avait rien remarqué de singulier, mais en regardant celle-ci maintenant, il était clair que les écritures des deux lettres n'avaient rien de commun.

L'écriture de la lettre précédente était tortueuse et affreuse, au point que Yang Zhao s'était cru capable d'écrire mieux que son auteur, tandis que celle-ci était ferme, vigoureuse et élégante. À l'évidence, les deux lettres avaient été écrites par des personnes différentes.

« Et puis, pourquoi la lettre qui portait le poème porterait-elle aussi le sceau du roi Song ? Mais à quoi joue-t-il, à la fin ? De plus, le poème est parfaitement inconvenant. Ne craint-il pas que Sa Majesté se méprenne sur son compte ? »

Yang Zhao était incapable de comprendre l'affaire.

« Il faudra le lui demander pour le savoir. »

La concubine Taizhen avait parlé avec calme, mais le léger tremblement de sa voix trahissait ses véritables sentiments. En vérité, la réponse du roi Song ne lui importait pas le moins du monde.

Une seule chose la préoccupait. Qui avait écrit le « Chant de la Pureté et de la Paix » ? Et existait-il un deuxième, puis un troisième chant ?

La deuxième lettre envoyée par la concubine Taizhen parvint cette fois-ci au roi Song. Le roi Song, Lu Ting et le vieux majordome faisaient cercle autour d'une table de bois plaquée d'or, sur laquelle la lettre de la concubine Taizhen était posée.

Ce qui accompagnait cette lettre, c'était le « Chant de la Pureté et de la Paix » que Wang Chong avait écrit de son écriture tortueuse.

La réponse de la concubine Taizhen et le « Chant de la Pureté et de la Paix » de Wang Chong étaient posés sur la table depuis plus de deux heures, et les trois hommes les avaient relus encore et encore, sans pouvoir s'empêcher d'en être émerveillés chaque fois.

« Beau poème, voilà bien un beau poème ! Dire que Wang Yan, tout général de la frontière qu'il est, a su élever un fils doué d'un tel talent pour la poésie. Voilà de quoi ouvrir les yeux ! »

Ce fut Lu Ting qui rompit le silence le premier. Les yeux fixés sur le poème posé sur la table, il offrit son éloge sans compter. Ce poème était simple et léger, beau sans excès. S'il se répandait dans les Plaines Centrales, ce serait un chef-d'œuvre dont tout le monde chanterait les louanges.

Lu Ting lui-même ne pouvait s'empêcher d'admettre que ce poème mettrait à genoux la plupart des lettrés de talent de la cour royale. Lui, Lu Ting, en tout cas, était incapable d'égaler un tel brio.

Mais pour une raison ou une autre, tandis que Lu Ting prononçait ces mots, une expression singulière lui passait sur le visage.

« C'est effectivement un beau poème ! »

À côté de lui, le roi Song hocha la tête à son tour. Une expression tout aussi singulière lui passait sur le visage.

Il ne savait pas que Wang Chong s'était servi de son nom pour écrire à la concubine Taizhen un poème nostalgique, élogieux et même légèrement galant.

Gêné, il ne savait pas comment réagir à cette affaire devant Lu Ting et le vieux majordome.

Le roi Song avait toujours agi avec droiture et au grand jour. Jamais il n'avait fait pareille chose.

Ce poème qui louait la concubine Taizhen n'était certes pas de sa main mais de celle de Wang Chong ; il n'en restait pas moins que son sceau y était clairement imprimé. Il ne pouvait donc pas prétendre n'être absolument au courant de rien.

« Il est heureux que Chong gongzi ait eu la sagesse d'écrire cette lettre d'une écriture tortueuse, si bien qu'un seul coup d'œil suffit à voir que ce n'est pas celle de Votre Altesse. Cela vous lave de tout soupçon et prévient les malentendus. »

En fin de compte, ce fut Lu Ting qui parvint à percer les intentions de Wang Chong.

« Cette lettre ne doit surtout pas passer pour être sortie de la main de Votre Altesse. Si elle tombait entre de mauvaises mains, d'innombrables rumeurs se répandraient. Mais Chong gongzi, c'est autre chose. Il n'a que quinze ans et il est bien plus jeune que la concubine Taizhen. Il est normal et compréhensible qu'à cet âge il s'éprenne de quelqu'un. Même si quelque chose devait arriver plus tard, personne ne pourrait rien y trouver à dire. Au pire, on mettrait cela sur le compte de l'ardeur de la jeunesse ! »

« Chong gongzi avait vraiment bien pesé tous les aspects de l'affaire ! »

À la fin, Lu Ting ne put s'empêcher de le dire avec émerveillement. Il y a des choses que l'on ne comprend qu'au tout dernier moment.

Wang Chong avait emprunté le sceau du roi Song et écrit une lettre à la concubine Taizhen au nom du roi Song. À l'époque, ils s'étaient demandé à quoi il jouait.

Mais à le regarder maintenant, ce garçon était bel et bien vif et méticuleux. Tout ce qu'il faisait, il le faisait en prenant en compte l'intérêt du roi Song.

On pouvait dire que cet enfant avait déjà tout donné pour l'amitié entre les clans Song et Wang !

« Cet enfant a vraiment fait des efforts. Votre Altesse, je crois que, des deux générations de descendants du clan Wang, c'est celui-là qu'il vaut la peine de former ! »

Le vieux majordome prit la parole à son tour.

Le vieux majordome plaidait rarement pour quelqu'un, mais quand il le faisait, ses mots pesaient lourd. En l'entendant, même le roi Song fut un peu pris au dépourvu.

La plupart du temps, le vieux majordome le mettait en garde : « soyez prudent », ou « n'accordez pas votre confiance à cet homme à la légère ».

C'était la première fois qu'il entendait le vieux majordome lui recommander quelqu'un. Sans compter que la personne recommandée n'était qu'un enfant de quinze ans.

À l'évidence, le vieux majordome avait une opinion extrêmement favorable du troisième fils du clan Wang.

« Rien ne presse pour cette affaire. La cour n'est-elle pas en train de débattre de la question des Trois Grands Camps d'Entraînement ? J'ai entendu dire que la concurrence est rude pour les places de la première fournée. Le moment venu, prends mon jeton et fais inscrire cet enfant sur la liste. »

Le roi Song sourit.

« Bien. »

Le vieux majordome hocha la tête en signe d'assentiment.

Les Trois Grands Camps d'Entraînement étaient une initiative de Sa Majesté, un projet sans précédent dans l'empire. Ils avaient attiré l'attention de presque tous les jeunes héritiers et nobles de l'empire.

Cependant, les places étant limitées, la concurrence à ce sujet n'était pas aussi simple que le roi Song le laissait entendre. Mais avec le jeton du roi Song, l'affaire n'était pas difficile à régler.

« Académicien Lu, que pensez-vous que nous devrions faire au sujet de la concubine Taizhen ? »

Le roi Song tourna la tête vers Lu Ting.

« Héhé, Votre Altesse, il n'y a pas lieu de vous tourmenter pour cette affaire. Puisque Wang Chong n'a pas cherché à dissimuler cette lettre à Votre Altesse, c'est qu'il a assurément un plan pour la suite. Votre Altesse n'a qu'à dire la vérité à la concubine Taizhen. Ainsi, vous vous laverez de tout soupçon et vous éviterez qu'un scandale n'éclate. »

Ainsi parla Lu Ting.

Que Wang Chong ait écrit le « Chant de la Pureté et de la Paix » n'avait rien de grave, mais ce serait un énorme problème si l'on croyait que le roi Song en était l'auteur.

Wang Chong était encore jeune, et personne ne lui reprocherait d'admirer les belles femmes. Mais s'il s'agissait du roi Song, les censeurs de la cour royale le bombarderaient assurément de mises en accusation. Il fallait donc étouffer ce germe de problème avant qu'il ne fleurisse.

C'était là aussi, à l'évidence, l'intention de Wang Chong.

« Alors... faisons comme vous l'avez dit. »

Le roi Song hocha la tête. Cette affaire l'avait impressionné.

La concubine Taizhen avait envoyé deux lettres en tout : la première était une raillerie sans détour à son égard, la seconde une question. Le reproche s'était considérablement adouci dans son ton. Sans aucun doute, la stratégie de Wang Chong portait ses fruits !

Du moment que la fureur de la concubine Taizhen ne se dirigeait plus contre lui et les autres fonctionnaires de la cour, le Roi Qi et le clan Yao ne pourraient pas se servir de la concubine Taizhen pour faire la loi à la cour.

L'impact de cette affaire s'en trouverait alors réduit au minimum.

La réponse du roi Song parvint bientôt au palais Yuzhen, et la concubine Taizhen découvrit enfin qui était l'auteur du « Chant de la Pureté et de la Paix ».

« Wang Chong ? »

Derrière la tenture, la concubine Taizhen fronça profondément les sourcils en voyant ce nom sur la lettre. Elle n'avait jamais entendu ce nom.

Elle avait murmuré ces mots sans y penser, mais cela eut des conséquences inattendues.

En réalité, Yang Zhao n'était pas le moins du monde curieux de savoir qui avait écrit le « Chant de la Pureté et de la Paix ». Son seul intérêt allait aux dés des maisons de jeu, et il ne faisait que complaire à sa cousine.

Mais en entendant le nom de « Wang Chong », le cœur de Yang Zhao se mit à battre à tout rompre.

« Petite sœur, qu'est-ce que tu viens de dire ? »

Le corps de Yang Zhao avait tressailli à ce nom, et il demanda cela avec anxiété.

« Wang Chong ! »

« Quel Wang Chong ? »

« D'après la lettre, c'est un descendant du clan Wang, le fils du général de la frontière Wang Yan. »

Weng !

Le cœur de Yang Zhao fit un bond, et il écarquilla les yeux de stupeur. Il ne s'attendait vraiment pas à entendre ce nom tout à coup, et cela l'avait pris complètement au dépourvu.

« Quoi, tu le connais ? »

Sentant quelque chose, la concubine Taizhen demanda cela aussitôt.

« Si tu parles du plus jeune fils du célèbre général Wang Yan, alors oui, je le connais vraiment ! »

Yang Zhao hocha la tête gravement. Toute cette affaire lui paraissait indiciblement bizarre. Il se rappelait, sans trop savoir pourquoi, le garçon qui avait vendu son épée au Pavillon du Papillon Bleu, le garçon qu'il avait arrêté au milieu de la route, le garçon qui lui avait donné mille taels d'or sans hésiter.

Yang Zhao ne s'attendait pas à entendre son nom ici.

« Comment est-ce possible ? »

Yang Zhao écarquilla brusquement les yeux. Cette affaire l'avait véritablement stupéfié. Cet enfant n'avait que quatorze ou quinze ans, et non seulement il avait forgé la première épée du monde, mais il était encore capable de composer un poème aussi prodigieux ?

Plus important encore, pourquoi écrirait-il pour le roi Song ?

Serait-il tenu en haute estime par le roi Song ?

L'espace d'un instant, Yang Zhao se retrouva assailli de questions, et toute cette affaire lui parut soudain inquiétante.

« Mais qu'est-ce qui se passe, à la fin ? »

La concubine Taizhen était encore plus surprise que Yang Zhao.

Puisque son cousin ne le niait pas, cela voulait dire qu'il le connaissait. Mais... comment était-ce possible ? Son cousin n'était pas dans la capitale depuis longtemps ; c'était bien trop fortuit qu'il connaisse celui qui lui avait écrit ce poème.

« Petite sœur, tu te souviens de l'imbécile qui m'a prêté mille taels d'or et dont je t'ai parlé l'autre jour ? »

Yang Zhao alla droit au but.

« Je m'en souviens. Eh bien ? »

« Cet imbécile s'appelle Wang Chong ! »

Ainsi parla Yang Zhao.

« Ah ! »

La concubine Taizhen resta sans voix.

« Tu veux dire que la personne qui m'a écrit ce poème n'est qu'un enfant de quinze ans ? »

« Hum, à condition qu'il soit bien de la descendance du clan Wang. »

La tête baissée, Yang Zhao répondit gravement.

« Comment est-ce possible ?!! »

La concubine Taizhen était absolument bouleversée.

Elle trouvait invraisemblable que celui qui avait écrit le « Chant de la Pureté et de la Paix », d'une beauté exceptionnelle, qui la louait comme une divinité tout en laissant vaguement paraître son admiration pour elle, ne soit qu'un garçon de quinze ans.

Mais en se remémorant cette écriture tortueuse et la nostalgie cachée entre les mots, au plus profond de son cœur, la concubine Taizhen commença à croire que c'était la vérité.

Si celui qui avait écrit le « Chant de la Pureté et de la Paix » n'était qu'un enfant de quinze ans, son écriture tortueuse ne devenait-elle pas parfaitement compréhensible ?

Plus important encore, si ce poème avait été écrit par le roi Song, ce serait un immense scandale pour elle comme pour lui. Mais s'il avait été écrit par un enfant de quinze ans qui avait réussi à l'apercevoir, alors l'affaire n'avait plus grande importance.

Une chose, cependant, échappait à la concubine Taizhen. Elle vivait depuis toujours au plus profond du palais Yuzhen : comment cet enfant pouvait-il connaître son visage ?

Toutes sortes de pensées lui traversèrent l'esprit et, pour la première fois, la concubine Taizhen se sentit extrêmement intriguée par cet énigmatique « Wang Chong ».

Quel genre de garçon fallait-il être pour jeter ainsi mille taels d'or à la légère ?

Quel genre de garçon fallait-il être pour écrire un poème aussi direct afin d'exprimer son admiration ?

Plus important encore, il n'était qu'un enfant de quinze ans !

La concubine Taizhen éprouva soudain un puissant désir de rencontrer cet enfant !

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