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Records of the Human Emperor

Chapitre 121 : Convaincre le roi Song !

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Chapitre 121

Chapitre 121 : Convaincre le roi Song !

Chapitre 121/121100%~11 min de lecture2 007 mots

Le roi Song poussa un profond soupir.

L'eau renversée ne se ramasse pas. Les circonstances avaient déjà échappé à sa maîtrise. Les cinq édits impériaux de l'Empereur Sage l'avaient chassé de la scène politique.

Qui plus est, il était le meneur des fonctionnaires opposés à la concubine Taizhen. Sa Majesté et la concubine Taizhen lui en feraient à coup sûr porter le blâme.

Quoi qu'il fasse, il était désormais impossible de renverser la situation.

La salle entière était silencieuse et l'atmosphère pesante. Chacun ici mesurait parfaitement le pétrin dans lequel se trouvait le roi Song.

Comme le veut l'adage, « parole d'empereur ne se reprend pas » : même si le roi Song changeait maintenant d'attitude, il lui serait extrêmement difficile de retrouver la place qui était la sienne à la cour.

Le roi Qi et le clan Yao avaient déjà gagné.

« Pour l'heure, ce sont les autres partisans de la cour qui m'inquiètent. J'espère seulement que Sa Majesté ne les rétrogradera pas et ne les exilera pas à cause de cette affaire. »

Le ton du roi Song était empreint d'inquiétude.

« Votre Altesse, avez-vous un moyen de rencontrer l'Empereur Sage ? Étant donné la confiance qu'il vous porte, une réconciliation reste peut-être envisageable. »

Le vieil intendant, silencieux jusque-là, venait de prendre la parole.

« C'est impossible. Sa Majesté est au sommet de sa colère. Nous avons tous sous-estimé sa détermination dans cette affaire. À l'heure qu'il est, il m'est impossible de la rencontrer. Et le roi Qi comme le clan Yao imagineraient toutes sortes de moyens pour m'en priver, de toute façon. »

Le roi Song avait parlé.

Une lueur d'impuissance passa au fond des yeux du vieil intendant. Malgré une cultivation sans égale, il ne pouvait rien contre ce genre de politique de cour.

« Et puis, si je changeais brusquement d'attitude, comment les autres fonctionnaires me verraient-ils ? Comment Sa Majesté me verrait-elle ? Comment la cour tout entière me verrait-elle ? Même en soutenant Sa Majesté dès maintenant, la situation ne serait peut-être pas aussi favorable que vous l'imaginez ! »

Le roi Song soupira.

Lu Ting non plus ne trouvait rien à dire. Flèche décochée ne revient pas : telle était la situation du roi Song. Quoi qu'il fasse, il n'avait d'autre choix que d'assumer toute cette affaire.

À cet instant, même Lu Ting était démuni.

Fouler la cour, c'était fouler des sables mouvants ; un seul faux pas et l'on s'enfonçait jusqu'au fond ! Le roi Song avait beau voir que la moitié des fonctionnaires seraient éclaboussés, et que le roi Qi et le clan Yao gagneraient en pouvoir, il ne pouvait rien y faire.

« N'y a-t-il vraiment aucune solution ? »

Lu Ting avait parlé avec indignation.

« En réalité, sur ce point… Votre Altesse n'est pas obligée d'exprimer son approbation pour la concubine Taizhen ! »

Après un long silence, au moment où chacun se sentait perdu, la voix de Wang Chong s'éleva soudain. Elle était claire et assurée, et l'on eût dit qu'elle écartait les nuages sombres pour laisser passer le soleil.

L'attention des trois hommes fut piquée au vif ; ils se tournèrent aussitôt vers Wang Chong.

« Wang Chong, tu as une idée ? »

demanda le roi Song.

« Gongzi Chong, inutile de te retenir devant le roi Song. Parle librement ! »

l'encouragea Lu Ting.

« Héhé, Votre Altesse, ne pas s'opposer revient déjà à soutenir. »

dit Wang Chong. Ce sont souvent les spectateurs qui jugent le mieux d'une situation. Ce monde ne se réduit pas à deux couleurs, le noir et le blanc.

« Mais même ainsi, c'est loin d'être suffisant ! »

Lu Ting hésita un instant avant de répondre.

« Héhé, seigneur Lu, vous ne comprenez toujours pas ? Si Sa Majesté est en colère, ce n'est pas à cause de l'opposition du roi Song, mais parce que cette opposition l'a placée dans une position délicate en devenant le fer de lance du refus de l'entrée de la concubine Taizhen au palais. »

« Si la concubine Taizhen parvient à entrer au palais, si les voix de l'opposition s'adoucissent… pensez-vous que Sa Majesté se souciera encore de ces voix contraires ? »

Wang Chong souriait.

Les yeux de tous s'illuminèrent d'un coup. Le roi Song lui-même fut surpris par ces paroles. Il réalisa soudain que sa plus grande erreur, dans l'affaire de la concubine Taizhen, avait été de ne pas convoquer Wang Chong plus tôt pour en discuter.

Les intuitions de cet enfant semblaient très différentes de celles des autres. Il remarquait toujours ce qui échappait à tout le monde.

Si cela s'était arrêté là, le roi Song ne l'aurait pas tenu en si haute estime. Mais en réfléchissant à ses propos, il les trouvait étonnamment logiques et rationnels, et il en ressortait souvent éclairé.

« Continue ! »

Le roi Song se sentit soudain revigoré et regarda Wang Chong avec impatience. Ce rejeton du clan Wang l'intriguait de plus en plus.

« Oui, Votre Altesse ! »

Wang Chong s'inclina et poursuivit. Son assurance semblait contagieuse, et les autres ne purent s'empêcher de suivre le fil de sa pensée.

« Votre Altesse jouit d'une influence immense à la cour, et un seul de vos mots suffit à rallier de nombreux fonctionnaires. C'est là la raison principale du mécontentement de Sa Majesté à votre égard. Mais si Votre Altesse changeait soudain d'attitude et se murait dans le silence, les fonctionnaires de la cour en seraient assurément déconcertés. À ce moment-là, il suffirait à Votre Altesse de dire que l'affaire de la concubine Taizhen cache une histoire plus profonde ; compte tenu de votre influence, cela provoquerait un immense remous à la cour. »

« Saisis par le doute, les autres ne pourraient plus s'opposer avec autant d'intensité ni de ferveur. Il suffit que la moitié des opposants à la concubine Taizhen hésite pour que celle-ci puisse assurément entrer au palais. »

« Dès lors que les voix de l'opposition s'apaiseront à la cour, l'obstacle auquel Sa Majesté se heurte deviendra bien moins grand. Il est alors très probable qu'elle ne poursuive plus l'affaire. Et si d'aucuns continuaient de s'opposer à la concubine Taizhen, elle pourrait simplement l'ignorer. Ainsi, l'honneur de vos partisans serait préservé et, dans le même temps, aucun fonctionnaire de la cour ne serait inquiété. »

Ainsi parla Wang Chong.

Dans la salle, le roi Song et le vieil intendant échangèrent un regard, stupéfaits par ces paroles.

Les affaires de la cour sont complexes, et un seul faux pas peut précipiter un homme dans l'abîme. Aussi le roi Song pensait-il Wang Chong étranger à ces choses-là.

Or ses propos ne semblaient pas venir d'un enfant, mais d'un vétéran plongé dans les intrigues de cour depuis des dizaines d'années. Qui plus est, son plan prenait tous les aspects en considération. Le roi Song dut admettre que c'était la meilleure marche à suivre dans l'immédiat.

'Cet enfant est vraiment surprenant !'

Si le roi Song n'avait pas entendu ces mots de sa propre bouche, jamais il n'aurait cru un garçon de quinze ans capable d'échafauder un plan aussi détaillé.

Naguère, lorsque le clan Wang lui avait rapporté que le revers de Yao Guang Yi était l'œuvre de Wang Chong, il avait cru à une exagération destinée à mettre en avant leur rejeton.

Mais aujourd'hui, le roi Song pouvait l'affirmer sans hésiter : un authentique génie était apparu chez les Wang.

L'impression que lui laissait Wang Chong était bien plus profonde et plus frappante que celle de ses frères aînés.

Ces pensées traversèrent l'esprit du roi Song. Se ressaisissant promptement, il se tourna vers Lu Ting.

« Seigneur Lu, que pensez-vous de tout cela ? »

« Votre Altesse, pardonnez ma franchise, mais je pense que c'est le meilleur plan que nous puissions élaborer pour le moment. »

Après un instant de réflexion, Lu Ting poursuivit d'un ton sombre.

« Il est toutefois regrettable que, même si nous parvenons à protéger tous les fonctionnaires, il sera difficile à Votre Altesse de revenir à la cour. Au minimum, ce serait impossible avant six mois — et d'ici là, le roi Qi et le clan Yao auront déjà fini de s'emparer du Bureau du Personnel Militaire et du Bureau des Châtiments. »

Le Bureau du Personnel Militaire et le Bureau des Châtiments étaient les deux organes les plus importants et les plus puissants de la cour. Des deux, on ne saurait trop souligner l'importance du premier pour le roi Song. S'il avait tant de poids et d'influence à la cour, c'était grâce à son immense prestige au sein de l'armée.

Si le Bureau du Personnel Militaire tombait aux mains du roi Qi, le roi Song aurait perdu, quand bien même tous les fonctionnaires de la cour seraient épargnés. Et vu le caractère du roi Qi, il ne s'arrêterait pas une fois l'autorité militaire acquise.

Il chercherait sans nul doute à remplacer tous les hommes du roi Song par les siens dans les plus brefs délais.

Comme le veut l'adage, « l'armée, pilier de la nation, doit être bien gouvernée ». Que le Bureau du Personnel Militaire tombe entre les mains d'un homme comme le roi Qi, et l'empire serait véritablement en péril.

« Moi aussi, il m'en coûte de renoncer, mais il est clair où se trouve le moindre mal. Nous ne pouvons faire autrement ! »

Le visage tourné vers le ciel, le roi Song soupira profondément. À vrai dire, il éprouvait de l'indignation à céder ainsi.

En les regardant tous deux, Wang Chong se tut. Il en avait déjà fait bien plus que son devoir dans l'affaire de la concubine Taizhen, et n'avait aucune raison d'aller plus loin. Pourtant, après un instant d'hésitation, il parla malgré tout.

« Votre Altesse, la victoire du roi Qi n'est pas nécessairement acquise. Il n'obtiendra pas forcément l'autorité sur le Bureau du Personnel Militaire. »

Ces paroles firent violemment tressaillir le roi Song.

Il s'était efforcé de toutes ses forces de garder contenance, mais Wang Chong venait de briser sa dernière ligne de défense.

« Comment ? »

demanda le roi Song, anxieux.

« Il n'est pas impossible de réduire les conséquences fâcheuses de cette affaire au strict minimum. La clef, c'est une seule personne. Pour peu qu'elle y consente, tout se résoudra sans peine. »

dit Wang Chong.

« Qui donc ? »

Le roi Song, le vieil intendant et Lu Ting posèrent la question presque en même temps. Les cinq édits impériaux en disaient long sur la détermination de l'Empereur Sage. Les trois hommes avaient peine à croire que Wang Chong détenait le moyen de rendre au roi Song son prestige d'antan malgré des circonstances aussi écrasantes.

« La concubine Taizhen ! »

Un sourire éclatant aux lèvres, Wang Chong lâcha ce nom.

« Tout dépend de la concubine Taizhen. Celle par qui tout a commencé doit être celle par qui tout se dénoue. Si Votre Altesse souhaite revenir à la cour, il lui faudra obtenir l'aide de la concubine Taizhen. »

La pièce entière se figea. Les yeux des trois hommes s'écarquillèrent lentement ; on eût dit qu'ils avaient devant eux un dément.

Une folie !

Une pure folie !

Sans les prouesses antérieures de Wang Chong, ils auraient hurlé ces mots sur-le-champ ! La plus farouche opposition à la concubine Taizhen venait du roi Song, et tous deux étaient des ennemis mortels.

Si elle le pouvait, elle aurait tué le roi Song à cet instant même. Comment aurait-elle pu aider son propre ennemi !

Dire que Wang Chong voulait que la concubine Taizhen intercède pour le roi Song… C'était rêver tout éveillé ! Le plus fou des fous n'aurait osé prononcer de telles paroles.

« Hahaha… »

Devant tous ces regards incrédules, Wang Chong éclata d'un rire franc. Il ne put s'empêcher d'éprouver un sentiment d'accomplissement.

À cet instant précis, dans toutes les Plaines Centrales, une seule personne pouvait changer l'attitude de la concubine Taizhen envers le roi Song.

Et cette personne, c'était lui, Wang Chong !

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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