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Records of the Human Emperor

Chapitre 108 : Le roi de Song présente ses vœux !

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Chapitre 108

Chapitre 108 : Le roi de Song présente ses vœux !

Chapitre 108/108100%~11 min de lecture2 126 mots

Pour l'empire, les commandants régionaux et l'emploi des Hu portaient bien plus loin que l'affaire de la concubine Taizhen.

Mais Wang Chong savait que c'était cette dernière qui occupait le plus la cour et accaparait les pensées de presque tous les fonctionnaires.

Les dégâts que causeraient les commandants régionaux et l'emploi des Hu appartenaient à l'avenir ; l'affaire de la concubine Taizhen se jouait sous leurs yeux, à cet instant même.

Le nombre de fonctionnaires touchés dépassait de loin celui de tous les épisodes passés de la dynastie.

'Le grand oncle est toujours inquiet !'

En observant son grand oncle, qui s'entretenait avec urgence avec le Censeur en chef après l'avoir raccompagné jusqu'à l'entrée, Wang Chong s'inquiétait.

Le grand oncle était un haut fonctionnaire de la cour, mais cette qualité prestigieuse était devenue une entrave. Et l'immense influence de grand-père avait fait de lui le chef de fait des opposants à la concubine Taizhen.

Plus tard, une fois tout réglé, c'est le grand oncle qui subirait le châtiment le plus dur.

'Voilà qui est mauvais !'

Wang Chong baissa la tête et fronça les sourcils.

L'affaire de la concubine Taizhen touchait au devoir des sujets envers leur empereur et aux convenances de cette époque. Wang Chong était certain que s'il n'avait pas parlé des commandants régionaux et bousculé les plans de son grand oncle, celui-ci aurait trouvé le moyen de porter l'affaire devant la salle du conseil pour tenter d'obtenir l'appui du vieux maître.

Ce n'est pas que Wang Chong ne voulût pas raisonner son grand oncle ; mais il savait que si celui-ci pouvait le suivre sur les commandants régionaux, il lui serait impossible de partager ses vues sur la concubine Taizhen.

Non seulement il ne l'approuverait pas, mais il le tancerait durement. Et le vieux maître lui-même ne prendrait pas son parti.

Ramener son empereur dans le droit chemin est le devoir d'un sujet. Puisque c'était là une question de devoir fondamental, il était impossible au grand oncle d'écouter le moindre conseil.

C'est aussi pour cela que Wang Chong n'avait pas abordé le sujet dans la salle du conseil.

« Le roi de Song est arrivé ! »

Alors que l'inquiétude occupait encore son esprit, une voix aiguë retentit soudain du côté de l'entrée. Honglonglong, au même instant, le sol se mit à gronder. Sans savoir comment, Wang Chong perçut vaguement un bruit semblable au ressac.

Dehors, tout au bout de la rue, une voiture s'avançait vers le Pavillon des Quatre Directions. De son intérieur émanait une aura puissante, pareille à un soleil levant, dont on ne pouvait ignorer la présence si loin que l'on fût.

Cette aura impérieuse ne manquait pourtant pas de douceur, et la douceur n'en émoussait pas la majesté. On eût dit l'aura d'un souverain droit.

'Le voilà enfin !'

En la sentant, Wang Chong poussa un soupir de soulagement. À la cour, les hauts fonctionnaires opposés à la concubine Taizhen, le grand oncle Wang Gen compris, voyaient dans le roi de Song leur chef.

C'est à celui qui a attaché le grelot de le détacher. Pour dénouer cette crise et éviter que l'affaire ne ruine la moitié des fonctionnaires de la cour, le roi de Song jouait un rôle décisif.

« Votre Altesse ! Vous voilà enfin ! »

À l'entrée du Pavillon des Quatre Directions, en apercevant le roi de Song, Wang Gen se ranima et parut bien plus vaillant qu'auparavant.

Trop de choses importantes s'étaient produites en cette seule journée. Mais ce qui occupait les pensées de Wang Gen, sans nul doute, c'était l'affaire de la concubine Taizhen. Elle engageait la moitié de la cour et avait déjà pris les proportions d'une immense tempête politique dans l'empire du Grand Tang.

« Avez-vous déjà parlé au vieux maître ? »

Dès que les portières s'ouvrirent, le roi de Song descendit, vêtu d'une robe d'apparat. Son visage était grave, et l'inquiétude semblait le ronger lui aussi.

« Pas encore. »

Wang Gen secoua la tête. À cette heure, ce qui préoccupait le vieux maître était la manière dont il devait s'adresser à l'Empereur Sage pour empêcher l'adoption des commandants régionaux et de l'emploi des talents hu.

Dans ces conditions, Wang Gen ne voyait pas comment amener son sujet.

Après y avoir réfléchi, il avait décidé d'attendre l'arrivée du roi de Song.

« Votre Altesse, l'affaire de la concubine Taizhen n'est pas une petite affaire. Elle touche à la réputation de Sa Majesté, et à la nôtre. Quoi qu'il advienne, nous devons empêcher qu'elle aboutisse. Comment un père pourrait-il prendre pour concubine l'épouse de son fils ? Si la chose se sait, l'image incorruptible de l'Empereur Sage ne s'effondrera-t-elle pas ? Il deviendra la risée de tous ! »

« Sa Majesté est pour l'heure trop éprise pour voir la situation telle qu'elle est. Elle recouvrera son sang-froid avec le temps, mais il sera alors trop tard. En sujets, nous ne pouvons pas laisser Sa Majesté commettre pareille faute. Il nous faut trouver le moyen de la réveiller. »

dit Wang Gen d'une voix grave.

« Oui, je partage votre sentiment. Un père prenant pour concubine l'épouse de son fils… C'est un scandale pour la famille impériale, un scandale pour l'empire du Grand Tang ! »

acquiesça le roi de Song, préoccupé.

« Malheureusement, le roi de Qi et le clan Yao manœuvrent dans l'ombre, et la moitié de la cour soutient l'entrée de Yang Taizhen au palais comme concubine. Sa Majesté est aveuglée par l'amour ; nous n'avons donc d'autre choix que de solliciter l'aide du Duc Jiu. C'est aussi la raison principale pour laquelle je me suis hâté de venir présenter mes vœux. »

« Le Duc Jiu est l'un des dignitaires les plus établis de la cour et y exerce une influence considérable. C'est en même temps un sujet méritant qui a porté Sa Majesté sur le trône, et Sa Majesté lui fait grande confiance. S'il prend position, il pourra à coup sûr empêcher cette affaire scandaleuse et immorale d'aboutir, et éviter que l'histoire ne se répète. »

« C'est aussi ce que je pense ! Sa Majesté a eu bien du mal à se bâtir une réputation d'incorruptibilité : elle ne doit pas être ruinée par une femme ! »

soupira Wang Gen.

« Votre Altesse, suivez-moi. Il s'est passé autre chose entre-temps ; permettez-moi de vous en parler plus tard. »

Wang Gen fit un geste et conduisit lui-même le roi de Song jusqu'aux appartements du vieux maître.

À cette vue, Wang Chong détourna lentement les yeux. L'inquiétude y passa. Il avait bien vu l'attitude de son grand oncle et du roi de Song pendant leur échange.

À ce qu'il voyait, ils s'opposaient farouchement à l'affaire de la concubine Taizhen ; et pour Wang Chong, ce n'était pas une bonne chose.

« Mon garçon, te voilà donc ! »

Une voix s'éleva brusquement derrière lui.

Surpris, Wang Chong se retourna vivement. Un lettré en robe ample lui souriait.

« Lettré Lu ! »

Wang Chong se ressaisit aussitôt et s'inclina respectueusement.

C'était le Lettré Lu Ting, que Wang Chong avait rencontré une fois au Pavillon de la Grue Immense.

« Héhé, quand Chong gongzi rentre-t-il chez lui ? »

sourit Lu Ting.

« Après le dîner. »

Wang Chong fut pris de court. Le clan Wang se réunissait rarement, et seul l'anniversaire de grand-père en donnait l'occasion. Aussi était-il devenu une tradition familiale de dîner ensemble ce jour-là avant de se séparer.

Ayant vécu seul toute sa vie antérieure, Wang Chong chérissait profondément ces moments.

« Héhé, parfait. Le roi de Song m'a chargé d'inviter le gongzi à un entretien. »

Lu Ting exposa son intention sans détour.

Lu Ting avait de ce rejeton du clan Wang une excellente opinion, et c'est lui qui avait poussé à cette rencontre.

« Ah ? »

Wang Chong resta un instant interdit avant de hocher la tête.

« Volontiers ! J'ai justement quelque chose à demander au roi de Song ! »

« Ah ? »

Lu Ting releva la tête et lui jeta un regard. Cette fois, c'était à lui d'être surpris.

Le soleil déclinait lentement, et ceux qui étaient venus présenter leurs vœux se retiraient peu à peu. Le duc de Ye, le duc de Hu, l'ancien Zhao, l'ancien Sun, l'ancien Ma et les autres quittèrent le Pavillon des Quatre Directions avec leurs descendants.

Bientôt, le pavillon tout entier retomba dans le silence.

Wang Chong attendit une heure au-dehors avant que le roi de Song ne sortît du Pavillon de l'Érudition. Il remarqua que son visage n'était pas des meilleurs.

'Il faut croire que le roi de Song n'a pas obtenu ce qu'il voulait.'

Wang Chong secoua la tête.

Il ne s'était pas penché sur l'affaire de la concubine Taizhen dans sa vie antérieure et n'en connaissait pas le détail.

Sur cette affaire, l'attitude de grand-père était restée floue.

Les clans Song et Wang étaient amis depuis plusieurs générations, et sur bien des sujets grand-père soutenait le roi de Song, et réciproquement. Les deux parties partageaient souvent le même avis sur les grandes affaires de la cour.

C'est précisément à cause de ce lien que le grand oncle et le roi de Song avaient noué une alliance offensive et défensive.

Bien souvent, avant un débat de cour, ils se rencontraient à l'avance pour confronter leurs vues.

Sur la concubine Taizhen, Wang Chong pensait que grand-père soutiendrait le roi de Song. Il n'en fut rien.

Mais s'il ne le soutint pas, il ne s'opposa pas non plus à lui.

Sur cette affaire, grand-père choisit de se taire.

Ayant traversé d'innombrables épreuves dans la première partie de sa vie, grand-père parlait souvent franchement devant l'Empereur Sage et ne mâchait guère ses mots.

Et pourtant, sur la concubine Taizhen, il choisit le silence. Cela ne lui ressemblait pas. Des décennies plus tard, Wang Chong ne comprenait toujours pas son geste.

Il avait fini par se dire que, le grand oncle ayant pris position, grand-père avait choisi de s'effacer. Mais Wang Chong avait toujours pensé qu'il y avait là quelque chose de plus profond.

Lu Ting s'approcha du roi de Song et lui glissa quelques mots à l'oreille. Le roi de Song se ressaisit et son visage se détendit.

Wang Chong rencontra le roi de Song près d'une rocaille, à côté de la bambouseraie. Les alentours étaient parfaitement silencieux, hormis quelques hommes de l'Armée impériale en patrouille.

En apercevant Wang Chong, le roi de Song parut reprendre du cœur et l'ombre d'un sourire lui vint au visage.

« Votre grand oncle m'a parlé de vous. Un jeune héros, vraiment ! »

Le roi de Song ne lésinait pas sur les compliments.

Il avait appris de Wang Gen l'affaire de Yao Guang Yi. Sans sa confirmation, il aurait eu peine à croire qu'un stratège chevronné comme Yao Guang Yi eût pu perdre contre un enfant de quinze ans.

« J'ai déjà donné l'ordre d'étouffer l'affaire, et il est strictement interdit à tous ceux qui la connaissent d'en parler. Personne ne devrait donc savoir que c'est vous qui avez fait échouer la manœuvre de Yao Guang Yi. »

dit le roi de Song.

Wang Chong lui avait laissé une forte impression. Déjouer les plans d'un adversaire aussi redoutable était une prouesse.

C'est aussi pour cela qu'il attendait cette rencontre avec impatience.

« Merci, Votre Altesse. »

Wang Chong s'inclina.

Vu les années d'amitié entre les clans Song et Wang, le roi de Song protégerait les Wang sans qu'il fût besoin d'en dire un mot. C'est aussi pour cela que les Wang s'étaient rangés derrière lui.

« Héhé, parlez. Quelle récompense désirez-vous ? Tant que c'est en mon pouvoir, je vous l'accorderai. »

Le roi de Song se montrait généreux.

« Votre Altesse m'a déjà récompensé. »

déclina poliment Wang Chong.

« Héhé, ce sont deux choses différentes. La première fois, c'était par estime pour vous. Cette fois, c'est un présent d'aîné : vous ne pouvez pas me le refuser. »

sourit doucement le roi de Song.

(NdT : le roi de Song porte un gunfu, la robe d'apparat réservée aux membres de la famille impériale.)

(NdT : quand le roi de Song parle d'éviter que l'histoire ne se répète, à propos de la concubine Taizhen, de Li Mao et de l'empereur Xuanzong, il songe à Wu Zetian, celle qui fonda brusquement une seconde dynastie Zhou, de 690 à 705, au milieu de la période Tang. Wu Zetian fut d'abord concubine de l'empereur Taizong, le deuxième empereur, avant d'épouser son neuvième fils et successeur, l'empereur Gaozong, et de devenir impératrice. En somme, elle épousa le père puis le fils. Le palais intérieur comptait plusieurs rangs de concubines ; l'impératrice se tient tout en haut de cette hiérarchie et fait figure d'épouse officielle.)

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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