Leon courut vers nous et ligota prestement les hommes évanouis. C'était un peu comique de voir Cloud, les pieds tournés en dedans, l'aider.
« Malgré tout, je n'aurais pas cru que tu viendrais à bout de tous les deux tout seul. » « Ce type… Quel coup cruel il a pris… Mademoiselle Finia, vous êtes bien plus impitoyable que votre apparence ne le laisse croire. » « C'est Mademoiselle Nicole qui a porté le coup de grâce ! » « C'est faux. L'état de cet homme, c'est l'œuvre de Finia. » « Mademoiselle Niiicole !? »
Finia protesta d'une voix tremblante, mais c'était mignon, alors je l'ignora. Nous décidâmes d'interroger les hommes ligotés après les avoir déplacés un peu plus loin.
Nous agîmes ainsi parce qu'il y avait une chance que les autres bandits viennent vérifier s'ils tardaient à revenir.
« Hé, réveille-toi. »
Leon gifla les joues de l'un d'eux, mais il n'y eut aucune réaction.
Finalement, avec ses parties vitales écrasées comme ça, il était complètement assommé. Avec un soupir, Leon se tourna vers celui qui avait le bras cassé.
« Hé, réveille-toi ! »
Il versa la gourde qu'il portait sur la tête de l'homme et le réveilla de force. Le stimulus fit effet, il ouvrit les yeux.
« Mg… ghhh… »
Comme il était attaché avec son bras cassé laissé en l'état, l'homme se tortilla en supportant la douleur. Il n'avait pas le choix, vu que Leon tenait une épée bâtarde à la main.
« Réponds-moi, vous êtes des bandits, non ? » « Q-Qu'est-ce que vous voulez dire par là… » « Mensonge. Il a dit "boss" tout à l'heure. » « Ce gamin… Gyaaah ! »
Il essaya de protester, mais Leon lui asséna un violent coup d'épée sur l'épaule avec le plat de la lame.
« Réponds à la question. Et ne mens pas. On vérifiera tes réponses avec l'autre là-bas, et si ce sont des mensonges, je commencerai par te couper le bras. » « Kgh… Bon. »
L'autre homme était assommé, ils ne pouvaient donc même pas accorder leurs versions. Ce qui le brisa, ce fut probablement le fait que Leon ait dit qu'il lui couperait le bras plutôt que de le tuer.
Les bandits qui n'avaient pas subi d'entraînement ne pouvaient pas supporter la douleur infligée sans les tuer. Réalisant qu'il était en situation d'échec et mat total, il abandonna et décida de répondre docilement aux questions.
« Combien êtes-vous ? Quelle est votre force ? » « N-Neuf, moi compris. Le boss était un aventurier de troisième rang avant. » « Un aventurier déserteur, hein ? Où est votre repaire ? » « Une nouvelle crevasse s'est formée dans la zone rocheuse au bord de la rivière plus loin, et on en a fait notre domicile après s'être rendus compte qu'elle était assez vaste à l'intérieur. » « Hein, je n'ai jamais entendu parler d'un tel endroit par là. »
Leon connaissait bien le terrain puisqu'il travaillait principalement comme escorte pour les marchands se rendant à Raum. Le fait qu'il ne le sache pas signifiait sûrement qu'elle s'était formée très récemment.
« Ensuite, vos crimes ? Combien de gens avez-vous attaqués jusqu'à présent ? »
J'étais aussi curieuse de ça. Les aventuriers maintenaient la sécurité aux alentours de Raum. C'était étrange que ces gens soient restés indétectés malgré ça.
En d'autres termes, ils s'assuraient de parfaitement « nettoyer » derrière eux pour que rien n'atteigne la ville.
« Attendez s'il vous plaît, nous… » « Combien en avez-vous tué ? » « Khh… Seulement trois groupes pour l'instant, onze au total. » « Ah bon ? »
C'était peut-être peu pour des voleurs. Leon l'a peut-être réalisé aussi et insista. Mais l'homme argumenta désespérément sa cause.
« C'est la vérité ! On s'est installés ici que très récemment. Le boss a perdu récemment le village où il était basé à cause de la récente attaque de Gobelins donc… »
Plusieurs villages des environs avaient disparu à cause de cette attaque de Gobelins. Leur boss était probablement employé par l'un de ces villages.
Toujours est-il qu'aucune excuse ne justifiait de sombrer dans le banditisme.
« Et, qu'avez-vous fait de leurs cadavres ? » « On les a enterrés. Il y a assez d'endroits dans la forêt pour les cacher. Et même si on les laissait là, les animaux finiraient bien par se débarrasser des cadavres. » « Je vois. Donc si on laisse vos cadavres tranquilles, ils disparaîtront avant longtemps, hein ? » « P-Pas ça ! Je n'ai fait qu'obéir aux ordres de mon boss ! » « Ça ne change rien au fait que vous cherchiez des "proies". Ces onze personnes ne seraient pas mortes si vous n'aviez pas choisi cette voie. » « Pas ça ! »
Son visage se teinta de désespoir alors qu'il hurlait.
Sa supplique était aussi compréhensible. S'il n'avait pas choisi leurs proies, c'est lui qui aurait été tué. Cela dit, cela ne suffisait pas à excuser sa participation au banditisme.
« Bon, eh bien. Si ce que tu dis est vrai, on vous remettra aux autorités sans vous tuer. » « O-Okay. »
Il répondit avec une expression complexe. C'était prévisible. Bien qu'il ne fût pas l'auteur principal, il faisait quand même partie des voleurs. S'il était jugé, il recevrait assurément une lourde peine.
Mais comme il n'était pas le principal responsable, il y avait une possibilité d'éviter la peine de mort. Son expression complexe venait probablement de s'imaginer cette possibilité.
« Bon, allons les exterminer vite fait. S'ils ne rentrent pas depuis longtemps, ils pourraient se douter de quelque chose et changer de position. » « Ouais. Finiçons ça ce soir. »
Le fait que les éclaireurs ne reviennent pas servait aussi d'information. Si ces deux-là ne rentraient pas, ils se douteraient qu'il s'était passé quelque chose. Des bandits prudents pourraient décider de changer de cachette juste pour ça.
À moins d'agir avant qu'ils ne commencent à se douter de quelque chose et de les déloger, ou même de laisser l'un d'eux s'enfuir, cela pourrait faire de nouvelles victimes.
« Alors, on fait quoi de celui-là ? »
Cloud désigna le prisonnier ligoté et demanda.
Comme il restait sept ennemis, il fallait qu'on bouge tous ensemble. Cela dit, on ne pouvait pas exactement faire demi-tour pour les confier au groupe de Heath non plus. L'ennemi pourrait s'enfuir pendant ce temps.
« … Dans cette situation, laisser les coupables s'enfuir serait le plus problématique. Laissons-les ici et on les récupérera une fois que ce sera fini. » « P-Pas ça ! Si vous nous laissez dans un endroit comme ça, on finira juste en pâture pour quelque animal ou monstre ! » « Si ça arrive, accusez votre malchance. » « Nooon ! » « En premier lieu, ce n'est pas garanti que vous survivrez même si on vous remet aux autorités. Ou… vous préférez mourir maintenant pour ne plus nous causer d'ennuis ? » « Hiik !? »
Leon le fixa avec oppressivité, l'épée au prêt.
Comme le disait l'homme, il y avait effectivement une possibilité qu'ils se fassent manger si on les laissait là… Mais ils n'avaient qu'à abandonner et l'accepter comme leur juste châtiment.
D'ailleurs, l'autre homme était toujours inconscient. S'il l'utilisait comme leurre, il avait une chance de s'en sortir vivant.
« Pour tout vous dire, je n'avais pas l'intention de m'arrêter à un seul bras cassé, vous savez ? »
Je souris gentiment en le regardant en face. Ce sourire avait probablement l'air terrifiant de son point de vue.
Après avoir sous-estimé un enfant et essayé de lui mettre la main dessus, pour se le faire briser, l'homme ne put que hocher la tête à mes mots.
« Eh bien, à plus tard, si vous avez assez de chance. Ne vous en faites pas, on revient tout de suite. » « Faites-le, s'il vous plaît… »
L'homme supplia, presque en larmes.