Cet endroit se trouvait au milieu d'une forêt, et c'était le seul endroit où la verdure était interrompue. La croissance de la végétation y était comme suspendue, comme si elle évitait quelque chose, créant un espace vacant particulier.
Il s'étendait sur une dizaine de mètres au maximum de chaque côté. Ce n'était pas assez grand pour qu'on l'appelle une clairière. Pourtant, mes yeux habitués à la verdure alentour le percevaient comme assez vaste.
Et sur l'un de ses côtés… le flanc de la montagne était taillé en falaise. La surface de cette falaise était recouverte de pierres noires, comme si elles avaient été brûlées sur place par une source de chaleur quelconque.
« Reid, c'est bien ici ? On dirait une falaise banale… Ou pas ? »
Après avoir parcouru les lieux du regard, il retira son premier jugement de simple falaise. Il ressentait clairement qu'il y avait quelque chose d'anormal ici.
« Ohh, comme on s'y attend d'un spécialiste de la magie, tu as remarqué, hein ? » « Ce mur a-t-il été créé par la magie ? On dirait une technique assez ancienne en plus. » « Ouais. Il paraît que cette technique était une sorte d'héritage ancien. »
Je sautai de son épaule et me dirigeai vers la falaise. Puis, je ramassai une pierre particulièrement noircie comme de l'obsidienne à proximité… et la frappai contre une pierre rougeâtre incrustée dans le mur.
Je frappai une fois. Puis deux. Puis quatre fois de plus. Et une dernière fois.
Le bruit sec des deux rochers résonna dans la nuit. Surpris par le son, les oiseaux sauvages s'envolèrent et des insectes ailés jaillirent du sol. En dehors de ceux-là, je pus même sentir les monstres de la forêt être dérangés dans leur sommeil.
« Reid, même en pleine nuit, faire un tel vacarme… »
Je comprenais d'où il venait. On ne savait pas quel genre d'animaux dangereux pouvait vivre ici. Les provoquer en pleine nuit, ce n'était pas fait pour les gens sensés.
Malgré tout, je passai outre ses paroles et observai la situation. Et bientôt, une partie de la falaise s'effrita comme du sable et s'ouvrit sur un passage menant à l'intérieur.
« Oh… ! Un passage secret, hein. Cependant, ça a l'air d'être un effort inutile. Une simple illusion aurait suffi pour le camoufler. » « Si une illusion avait été utilisée, les monstres et les insectes à la mauvaise vue auraient pu y entrer quand même. » « Je vois, je n'y avais pas pensé. Le point de vue change selon ce qui vit dans les parages, hein. »
J'entrai dans la grotte sans la moindre hésitation. L'intérieur était éclairé par des outils magiques dotés de magie de Lumière, donc pas de risque de trébucher.
Elle s'enfonçait si loin qu'on n'en voyait pas le bout depuis l'entrée, et le couloir était assez solidement renforcé pour aller avec.
« Il semble que le couloir et les murs aient été fortifiés avec Endurance. » « Ah bon ? Je m'en suis pas rendu compte. » « De plus, ils sont dotés de Contre-perception depuis l'extérieur pour bloquer la détection de puissance magique. Ils ont poussé le camouflage assez loin. » « Hein. Je savais que ce vieux savait fabriquer des outils magiques mais… Ah, on est arrivés. »
Enfin, nous parvînmes au fond de la grotte où une vieille porte en bois était installée. Non, si on regardait de plus près, c'était une cabane entière qui était enterrée sous terre.
Je frappai violemment à cette porte. Il avait probablement remarqué quand on a ouvert le passage d'entrée, mais ce vieux était un homme vraiment obstiné et misanthrope.
« Hé, ça fait un bail, vieux. C'est moi, Reid ! »
Malgré mes coups violents, il n'y eut qu'une faible réaction à l'intérieur. Maxwell me regardait avec des yeux vides pendant que je continuais de tambouriner.
« Hé, je sais que t'es là ! Réponds donc ! Tu me fais passer pour un clown ! »
Comme je suppliais à demi en larmes, la porte s'ouvrit soudain avec force… vers l'extérieur.
Oui, vers l'extérieur… En d'autres termes, vers là où je me tenais.
« Ouf ! »
Comme j'étais en train de cogner dessus à coups de poing, je n'ai pas pu l'esquiver à temps et je l'ai prise en plein visage. Je sentis Maxwell retenir son rire derrière moi. Je m'en souviendrai, toi, vieux con !
Au-delà de la porte s'étendait un autre couloir, dont les deux côtés étaient garnis de toutes sortes d'armes et d'outils. Ils émettaient une telle puissance magique qu'il était impossible de ne pas la remarquer.
« Ces outils magiques… c'est tout ça !? Si t'en as autant, tu pourrais même t'acheter une petite ville avec l'argent. » « C'est en partie pour ça qu'il se cache. Si ce forgeron en a envie, il peut fabriquer des objets de ce niveau sans problème. » « … Tu es sérieux !? »
Maxwell avait l'air choqué, mais même moi j'étais resté sans voix la première fois que je suis venu ici. L'idée m'avait même traversé l'esprit d'en piquer un et de me tirer. Mais dans un couloir droit comme celui-là, on se ferait enfermer plus vite qu'on n'aurait le temps de s'enfuir.
Après une dizaine de mètres, il y avait encore une porte. Ce vieux devait être derrière cette porte. Cette fois, je l'ouvris sans me donner la peine de frapper.
« Bon sang. Tu pourrais juste me laisser entrer sans faire tant d'histoires. » « N'est-ce pas naturel d'être sur ses gardes quand on entend une voix inconnue ? »
L'homme à l'intérieur, qui paraissait dans la force de l'âge, fit une tête choquée au moment où il me vit.