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Rather Than the Son, I'll Take the Father

Chapitre 29

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Chapitre 29

Chapitre 29

Chapitre 29/3778%~9 min de lecture1 742 mots

« Merci, jeune maître. Grâce à vos conseils, je n'ai trouvé aucune difficulté. »

Le lendemain, je souris largement à Rigen.

Quelque bien que je sourie, j'avais l'impression que mes lèvres allaient me tirer.

Bon travail, Maybia. Même si personne ne le reconnaît, tu te donnes tant de mal pour cette croissance normale d'une petite fille.

Ma personnalité peut-elle être aussi parfaite ?

S'il y avait une déesse dans ce roman, elle risquerait de sortir la langue en disant que c'est un déséquilibre de la balance.

J'espère qu'elle ne va pas m'infliger quelques épreuves ridicules pour réparer ça.

Je n'avais pas ménagé mes louanges et le visage de Rigen rougissait.

Sera dirigeait aussi vers moi un regard satisfait depuis l'écart ; il semblait donc que je pouvais enfin respirer.

Mais au cas où, pour prévenir tout événement imprévu, je m'assurais de glisser une mise en garde.

« Donc, ce que je veux dire… Jeune maître, si jamais vous ressentez soudainement l'envie de vous enfuir de chez vous, dites-le-moi, d'accord ? »

Rigen cligna des yeux.

« S'enfuir ? … Faire valise ? »

« Oui, partir. »

Je souris largement.

Si jamais vous avez envie de le faire, je vous en empêche. Comptez sur moi !

* * *

Une fois partie, Maybia, Rigen songea.

'La Grande-Duchesse veut que je m'enfuie de chez moi.'

Il renifla.

Rien qui venait de sombrer un instant dans la morosité reprit vite son sérieux et enfourna la main dans sa poche.

Cinq pièces de cuivre en tombèrent.

Il n'avait jamais quitté le manoir du Cyclamen, ce qui ne lui permettait pas d'évaluer précisément les cours du marché, mais il devinait que survivre ne serait pas une mince affaire même pour une seule journée avec cela.

'Grande-Duchesse, je ferai de mon mieux... !'

Rigen décida de toucher ses appointements en priorité.

* * *

Cela faisait cinq jours que je dormais dans la même pièce qu'Edith, sans pour autant dormir vraiment avec lui. Edith utilisait à peine le lit, si bien que je me demandais si je devais encore parler de cohabitation.

Lorsque je lui eus dit que je lui céderais une chambre séparée s'il se sentait mal à l'aise, ses yeux troubles reprirent le dessus.

Lorsque je lui demandai ce que signifiait ce regard, il répondit que l'interprétation m'appartenait.

Bref, en cinq jours, Sera en était venue à venir me chercher cinq minutes avant l'heure fatidique de l'expulsion.

Je faisais des efforts chaque jour pour me rapprocher de Rigen. Je continuerais à le faire à l'avenir.

Déjeuner avec Rigen, croiser son chemin par hasard dans le couloir au milieu de l'après-midi, et lui souhaiter bonne nuit le soir venu constituaient désormais ma nouvelle routine quotidienne.

Mais à un moment donné, je commençai à ressentir un étrange sentiment de disproportion.

Ce sentiment, d'abord ténu comme une étincelle, prit une ampleur incontrôlable lorsque j'aperçus par hasard Rigen en train de parler à Procyon.

Aujourd'hui, tandis que je m'apprêtais à mener à bien la manœuvre consistant à « traverser simplement le couloir sans rien savoir mais à tomber par hasard sur le deuxième fils », j'aperçus Procyon en discussion avec Rigen et me cachai derrière le mur.

« Jeune maître ? Pourquoi avez-vous l'air si abattu ? »

Abattu ? Pourquoi ?

« Seigneur Procyon... »

La voix de Rigen, appelant le chevalier le plus jeune, me paraissait elle-même empreinte de morosité.

Je retins mon souffle et écoutai.

« Oui, Jeune maître. Je vous écoute. Le premier fils vous a-t-il encore fait des misères ? »

« N-non, ce n'est absolument pas ça ! Mon frère ne daigne même pas me voir. »

Bien sûr que non. Je lui barre complètement la route.

Gilbert, silencieux depuis quelques jours, retrouvait peu à peu son caractère originel et vomissait ses insultes sur Azena qui le surveillait. Je comptais bientôt intervenir car il semblait près de passer aux coups.

J'entendis Rigen avaler sa salive péniblement.

« En réalité, la Grande-Duchesse... »

Hein ? Pourquoi parle-t-on soudain de moi ?

« La Grande-Duchesse ? »

Procyon semblait lui aussi pantois.

Tendue au maximum, j'écoutai Rigen continuer à parler avec hésitation.

« Oui. On dirait qu'elle tient beaucoup à moi et qu'elle est bienveillante, mais... »

Mais ?

« Mais... »

« Jeune maître. »

À cet instant précis, le majordomue surgit du couloir opposé et interpella Rigen.

Mince.

« N'êtes-vous pas censé avoir votre leçon bientôt ? Le comte Elliot vous attend. »

« Ah, pardon ! J'y vais ! »

L'entretien s'acheva naturellement là-dessus.

Rigen suivit le majordomue, et je sortis de ma cachette face à Procyon.

Procyon sursauta quand j'apparus brusquement derrière le mur.

« Hiek ! L-La Grande-Duchesse ? Je n'ai senti aucune présence ! »

Quoi ? Il n'a même pas bronché quand le majordomue est apparu.

Je haussai un sourcil et pris la parole.

« Seigneur, puis-je vous prendre un moment ? »

Sans doute parce que je ne plaisantais pas, Procyon prit une grande inspiration, le visage blême.

« P-Pardonnez-moi, je crois que mon cœur va sortir de ma poitrine. »

J'attendis patiemment trois secondes avant de couper droit au but.

« Le deuxième fils semble très à l'aise avec vous. Comment êtes-vous devenus amis ? »

Procyon souffla un bon coup et lâcha immédiatement la réponse en lisant mon expression. Puis il répondit.

« Il n'y a pas eu de véritable incident… Ah, il m'a un jour félicité après avoir été impressionné par la façon dont j'ai réduit mon adversaire d'escrime en un instant. Maintenant que j'y pense, je crois que c'est à ce moment-là que j'ai commencé à davantage échanger avec le Jeune maître. »

Hum. murmurai-je, plongée dans mes pensées.

« Si je réduis le Seigneur en un instant, recevrai-je également des félicitations du Jeune maître ? »

« N-N'ayez pas pitié… J'ai encore bien des raisons de vouloir rester en vie… »

Je fixai Procyon intensément.

Rigen paraissait beaucoup plus détendu avec Procyon qu'avec moi. Il se mettait aussitôt à geindre sitôt l'autre aperçu.

Que cherchait donc à dire Rigen à Procyon ?

Arf, si j'avais entendu ces mots, j'aurais probablement compris ce que signifiait ce sentiment de décalage qui m'étreignait chaque fois que je voyais Rigen ces derniers temps.

« … Grande-Duchesse, y aurait-il quelque chose qui cloche avec le Jeune maître ? »

Je soupirai.

« Je pensais que le Jeune maître m'aimait bien, mais je ne crois plus que ce soit le cas. »

« Je partage aussi cet avis… Comment pourrais-je tenir un discours pareil ! Si vous me laissez un peu de temps, j'analyserai le cœur du Jeune maître ! Même de l'air que j'ai, je suis le chevalier le plus proche du Jeune maître ! Alors je vous en prie, pas de duel d'escrime ! »

Je contemplai une nouvelle fois Procyon qui se défendait avec ardeur.

« Puis-je vous demander un service ? »

« Bien sûr ! Accordez votre confiance au fidèle serviteur de la Grande-Duchesse ! »

Procyon finit même par faire le salut militaire avant de filer exécuter sa mission.

« Mais tu n'as toujours pas renoncé à devenir mon fidèle serviteur… »

* * *

La neige qui tombait à verse depuis plusieurs jours, menaçant de transformer le monde en noir et blanc, cessait enfin.

Mais elle s'était changée en glace, et je ne distinguais plus le moindre élément extérieur au manoir du Cyclamen.

« Edith, je comprends pourquoi tu t'es isolé. »

Les flammes de la cheminée étaient comme celles de ma vie. Autrement dit, s'ils s'éteignent, je meurs. Bien sûr, je mourrais même si la magie de maintien thermique tombait en panne.

« Il fait si froid ici. La ventilation est importante, mais je n'ai même plus envie d'ouvrir les fenêtres. »

Edith, qui tressait mes cheveux, émit un rire bref.

Je frissonnai et remontai le plaid de mes genoux. Un plaid léger et chaud, facile à transporter, était mon objet indispensable.

« Grande-Duchesse, voici le thé. »

Sera me jeta un regard compatissant alors que je continuais de me recroqueviller et tendit une tasse de thé brûlant.

Sera portait un uniforme de servante impeccable, strictement identique à celui qu'elle arborait dans la capitale en été.

« Sera, tu n'as pas froid ? »

« C'était un peu frais le premier jour, mais je m'en sors maintenant que je me suis adaptée. »

« Tu t'es déjà adaptée ? »

Le majordomue et la maîtresse d'hôtel avaient prévenu qu'il faudrait au moins deux semaines aux natifs de la capitale pour s'habituer à l'environnement septentrional.

Moi, je prenais mon temps, persuadée que me forcer ne servirait qu'à me rendre malade.

Sera répondit d'une voix joyeuse et entraînante.

« Pourquoi ne bougeriez-vous pas avec énergie, Grande-Duchesse ? Vous n'avez même pas encore vu l'intérieur du manoir. J'ai suivi la maîtresse d'hôtel et inspecté tous les étages, jusqu'aux caves souterraines. »

C'était une vraie servante diligente. Je savais que Sera jouissait d'une telle liberté qu'elle avait l'impression d'être payée pour flâner, alors elle allait trouver des corvées à faire. Depuis quand traînait-elle ainsi ?

« Je le ferai après avoir décroché tous mes chats décoratifs. »

J'inventai une excuse et soulevai ma tasse pour la souffler, tandis que Sera adressait un signe de tête à peine perceptible à Edith.

Sera devait croire que je devenais fainéante sous l'influence d'Edith.

Mais Sera, regarde par la fenêtre. Tout ce que tu vois, c'est de la glace.

Dehors, sous la couverture, c'est l'enfer…

« Grande-Duchesse, le Seigneur Procyon demande à vous voir. »

Ah.

Je redressai instinctivement la posture à ces paroles du majordomue.

« Dis-lui d'entrer. »

À peine autorisée, Procyon, amaigri en l'espace d'une demi-journée, pénétra en chancelant.

Dès qu'il aperçut Edith, assis à mes côtés et absorbé à caresser mes cheveux, il s'agenouilla promptement.

« Je salue mon seigneur — »

« Passe directement à l'objet. »

Edith ne daigna même pas regarder Procyon et coupa court à ses longs compliments de cérémonie.

Sa voix était si glaciale que je sursautai sans m'en rendre compte, tandis que Procyon acceptait l'ordre comme s'il y était habitué.

« Très bien, je salue alors la Grande-Duchesse... »

« Passe directement à l'objet. »

Procyon fit la tête en voyant que j'imitais Edith.

« Mes formules de politesse ne sont pourtant pas si mal… »

Quelle différence de réaction !

Visiblement rancunier, Procyon s'affala sur le canapé en face. Il ressemblait à un retriever aux oreilles tombantes.

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