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Rather Than the Son, I'll Take the Father

Chapitre 23

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Chapitre 23

Chapitre 23

Chapitre 23/3762%~10 min de lecture1 875 mots

Rigen espérait que Maybia ne serait pas fâchée à cause de lui.

« Oh, non ! Pas du tout ! C’est juste que j’ai l’impression de trop déranger la Grande-Duchesse, oui, c’est pour ça ! »

Rigen se rattrapa avec sincérité. Puis, il glissa sur le lit en se tortillant.

Il pensait que s’il restait immobile, Maybia s’inquiéterait moins.

Rigen, qui s’était faufilé sous la couette, écarquilla seulement les yeux et fixa Maybia. À ses yeux, il ressemblait à un écureuil espérant une caresse.

Tandis que Maybia prenait place au bord du lit, Rigen ouvrit la bouche.

« Euh, la Grande-Duchesse. »

« Oui, Monsieur le jeune maître. »

« Ah, ce n’est rien. »

Maybia esquissera un léger sourire.

« Y a-t-il quelque chose qui te pose question ? »

Rigen hésita. Maybia attendit patiemment.

L’enfant de huit ans avala sa salive plusieurs fois avant de prendre la parole.

« Comment avez-vous fait la connaissance de mon père ? Enfin, il sort rarement… »

« Eh bien, dans un premier temps, nous ne nous connaissions que par des informations rédigées sur papier. Nous nous sommes rencontrés en personne au Palais Impérial. Honnêtement, je ne m’attendais pas non plus à voir Edith faire le déplacement jusqu’à la capitale. »

Il était difficile pour Rigen de comprendre.

Il était surtout stupéfait qu’elle prononce le nom de son père avec une telle aisance.

Les habitants du Nord se répartissaient globalement en deux catégories lorsqu’il s’agissait du grand-duc Calakis.

Les uns le vénéraient comme une divinité.

Les autres tremblaient devant lui.

Pour le peuple, le grand-duc était une entité fort éloignée.

« …Mon père sortira-t-il demain aussi ? »

« Je m’en chargerai et organiserai cela. Mais si tu veux passer un bon moment avec ton père, tu dois d’abord te sentir mieux, non ? »

« Oui, oui ! Je vais parfaitement bien ! »

Au terme de cet échange bref, un silence gêné s’installa, comme s’ils l’attendaient tous les deux.

Finalement, les lèvres de Maybia s’étirèrent en un petit triangle.

Rigen pensa que Maybia se sentait peut-être tout aussi maladroite dans cette situation que lui.

Elle connaissait peu les enfants et n’avait eu que rares occasions de se rapprocher d’eux, elle n’était donc pas habituée.

Mais Maybia s’efforçait. Elle tentait avec ardeur de le conquérir, mobilisant des connaissances qu’elle semblait avoir récupérées ici ou là.

Et Rigen le percevait.

'La nounou va enfin arriver…'

Alors que le regard d’un enfant cerise perdait peu à peu sa vivacité, Maybia demanda soudain :

« Monsieur le jeune maître, est-ce que tu aimes les contes ? Voulez-vous que je vous en lise un ? »

Ce jour-là, Rigen fit un cauchemar.

Après avoir confié Rigen à sa nourrice, madame Theresa, je partis seule trouver Edith.

Il se trouvait dans la pièce qu’il avait toujours occupée, qui deviendrait dorénavant notre chambre commune.

Bien sûr, je disposais également de ma propre chambre.

Edith m’avait attribué un étage entier du château. Grâce à cela, Sera bénéficiait aussi d’une chambre privée.

Le château des Cyclamens employait moins de domestiques qu’on ne l’eût attendu pour le domaine principal du chef de famille. Peut-être parce que l’échelle du lieu était si vaste, mais chaque fois que j’empruntais les couloirs, je ressentais une certaine désolation.

Seuls les personnels indispensables y étaient affectés, à l’exception des femmes de chambre prêtes à me servir.

Je commençais à comprendre pourquoi les chevaliers qui nous avaient suivis jusque dans la capitale assuraient occasionnellement des fonctions de serviteurs. Il semblait que chacun fût habitué à s’occuper soi-même des besognes diverses.

J’ouvris une porte digne d’une œuvre d’art et franchis le seuil de la chambre où se trouvait Edith.

D’abord, je me plaçai près de l’entrée et examinai attentivement l’intérieur.

Le plafond culminait assez haut au-dessus du sol. La cheminée incrustée de pierreries brûlait du bois de feu avec zèle.

Le tapis d’émeraude épaisse posé au sol emprisonnait la chaleur dégagée par l’âtre, l’empêchant de s’évaporer.

La chambre était décorée avec élégance. L’usage de l’or y était minimaliste, tandis que l’émeraude, symbole d’éternité, y abondait. Un étendard ancien voilait doucement le large lit.

Le bureau, au veinage du bois si vivant, regorgeait de cartes. À première vue, toutes représentaient des territoires et des toponymes qui m’étaient inconnus.

Et… uniquement un canapé.

En vérité, je n’avais même pas remarqué le modèle du canapé.

Parce qu’Edith y était assis.

Ses yeux bleu foncé, rappelant une mer abyssale dont on ne distinguait pas le fond, me surveillaient sans relâche.

L’homme au visage classique aux yeux allongés ressemblait à un dieu des enfers ou à un démon de la terre.

Satisfait d’avoir achevé mon inspection, Edith prit la parole.

« Ton examen est terminé ? »

« Pour le moment. »

« J’ai été déclaré admissible ? »

Les coins des lèvres d’Edith s’incurvèrent légèrement. Comme s’il savait exactement ce qui me rendait méfiante.

Ma première impression fut que la chambre du grand-duc était à la fois somptueuse et élégante.

Pourtant, à certains égards, elle ne reflétait pas pleinement le goût d’Edith.

Néanmoins, il n’y avait aucune décoration féline. Très bien.

« Oui, tu as réussi. »

Je répondis sur un ton léger et laissai ma posture se détendre. Lorsque je posai le pied, Corbeau lança :

« Croa ! Croa ! »

Tout à coup, je me remis en question concernant ma faculté à choisir des noms.

Maximus, Isabel, Carolina.

Les noms des chats du château des Cyclamens étaient tous grandiloquents, et Corbeau n’était simplement que Corbeau.

La signification du nom se limitait à celle de corbeaux.

Je réfléchis un instant puis pris la parole.

« Désormais, ton nom sera Corbeau Louis Bonaparte César Hii… »

J’enchaînais les sonorités martiales quand Edith esquissa un rire.

Hé, je suis sérieux.

« Moi aussi, je sais comment composer un excellent nom. »

« Bien entendu que tu sais faire. »

« …Croa ? »

Corbeau pencha la tête, stoppant net sa trajectoire vers moi.

Je aurais pu m’asseoir à côté d’Edith, mais je reculai le voile qui masquait le lit.

Tandis que je prenais place au bord de la douce literie, la fatigue que je repoussais depuis longtemps me submergea en une vague unique.

Cette journée avait définitivement été épuisante. Je couchais dans des hôtels de luxe chaque soir, mais j’étais restée enfermée dans une calèche toute la journée, de sorte que mes muscles semblaient noués en leur entier.

Je devrais prendre un long bain demain et me faire masser l’intégralité du corps.

« Ça fait déjà une semaine entière que nous partageons le même lit. Tu ne m’as pas manquée, Edith ? »

Edith substitua sa réponse par un rire sec. Il ne semblait toujours pas vouloir passer notre première nuit ensemble.

Je braquai mon regard sur une partie précise du corps d’Edith et interrogeai.

« Tu as dit la dernière fois qu’il serait difficile d’avoir des enfants à cause de ta constitution. Est-ce totalement impossible ? »

Aurais-je dû vérifier quand il s’apprêtait à retirer son pantalon ?

Je n’étais pas médecin, donc cela n’aurait probablement pas été très utile.

« C’est exactement ce que j’ai affirmé. »

« Donc, ce n’est pas complètement exclu ? »

« …Es-tu consciente que ton regard est actuellement des plus insidieux, ma Grande-Duchesse ? »

Je levai habilement les yeux vers mon époux pudique.

Du bas vers le haut.

« Je réfléchis simplement à la marche à suivre. Ne devrais-je pas exhiber le négligé que j’ai ramené de la capitale ? Sera sera un peu vexée, mais je saurai la consoler. »

« Je n’aurais jamais imaginé dire cette phrase de ma vie, mais s’il te plaît, fixe mon visage plutôt que mon torse, ma Grande-Duchesse. »

C’était un époux à la fois pudique et exigeant.

Je me couvris la poitrine d’une couverture, me mis sur le côté et fixai le « visage » d’Edith.

« Tu ne comptes pas passer la nuit sur le canapé, quand même ? »

« Probablement. »

« Dans ce cas, je suis fatiguée, alors je vais dormir la première. »

À peine eus-je avoué mon envie de dormir que mes paupières devinrent pesantes.

Il sembla que je sombrais immédiatement dans le sommeil dès que je fermai les yeux. Quand je repris vaguement conscience un peu plus tard, Edith était allongé à mes côtés, ayant bougé à un moment donné.

Il ressemblait vraiment à un Roi Démon. D’une beauté à couper le souffle, et sa prestance était réellement écrasante.

Même si un héros de passage à Esmeralda déclarait « Non ?! Ce visage est celui d’un méchant ! » et venait à le vaincre, il n’y aurait rien à redire.

Je dois veiller sur lui avec soin, qu’aurais-je pu faire d’autre…

murmurai-je, babillant comme une somnambule avant de replonger dans le sommeil.

La chambre, où l’obscurité était dense, baignait dans une paisible immobilité.

« …Grande-Duchesse, on t’a encore virée ? »

murmura Sera en venant à ma rencontre, moi que Edith avait expulsée du lit de bonne heure.

Qu’on me chasse de ma chambre pour avoir serré mon mari en dormant. Je ne pus m’empêcher de grogner.

Cependant, il m’avait tenue avec douceur et guidée jusqu’à Sera.

Je fis preuve de magnanimité et laissai tomber l’affaire.

J’étais affaissée après mon massage intégral. Il neigeait à verse dehors, mais il semblait que seule moi m’en souciassiez.

Par exemple, le fautif qui avait recouvert l’intérieur du château des Cyclamens de figurines félines faisait signe de me voir par l’entremise du majordome en chef, comme si la neige battait son plein.

Je changeai de vêtement sans attendre et me rendis dans la pièce où se trouvait Edith.

Je songeais à lui demander, en ma qualité de Grande-Duchesse, s’il me serait loisible de l’interpeller sur sa modification non autorisée de l’aménagement du château, mais Edith proposa quelque chose d’inattendu.

« Je viendrai avec toi pour le recevoir. »

Une telle proposition me réjouissait. Cela m’épargnerait de devoir m’engager dans des luttes de pouvoir inutiles.

« N’es-tu pas un peu trop entreprenant ? »

« Tu t’occupes personnellement de moi, alors je devrais au moins pouvoir accepter. »

Il avait entendu parler de cela hier. Ne dormait-il pas ?

« De plus, il me faut le rosser un peu pour que tu puisses évacuer quelque stress. »

Hein ?

Un pressentiment funeste s’insinua en moi.

Tandis que je mettais en doute le caractère du comte, le majordome en chef fit entrer ce dernier.

Tolliman Elliot, patriarche de la famille Elliot, dégageait une aura qui convenait davantage aux palmiers et aux plages.

Sa peau bronzée artificiellement, ses larges épaules et ses cheveux roux tirant sur le brun donnaient à tout observateur l’impression qu’il provenait du Sud.

De surcroît, il était fort jeune.

« Ohlàlà ! Seigneur des Étoiles ! »

Le comte, médusé de découvrir Edith, fit rouler les yeux et débarrassa d’un flot de paroles.

« Ça fait tellement longtemps ! Tu es vivant ! Tu n’as pas pris de mousse, j’espère ? J’étais fermement convaincu que tu finirais par sortir ! Je ne m’attendais pas à te voir filer droit vers la capitale pour rendre visite à Sa Majesté l’Empereur ! »

…Quel ton employait-il ? Tel un vassal pris en flagrant délit de dilapidation ?

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