Aller au contenu principal

Rather Than the Son, I'll Take the Father

Chapitre 22

Rather Than the Son, I'll Take the FatherRather Than the Son, I'll Take the Father
Chapitre 22

Chapitre 22

Chapitre 22/3759%~9 min de lecture1 680 mots

« Je, je n'ai pas, l'estomac bien portant. »

Pour Rigen, Gilbert était son seul et unique cher frère aîné, et la personne la plus forte au monde.

Rigen n'avait jamais vu Edith déchaîner sa puissance, mais il avait assisté d'innombrables fois Gilbert brandir son épée.

Il se souvenait avec une clarté absolue de l'immensité des Bêtes Magiques que Gilbert avait chassées.

Il avala sa salive.

Rigen aurait voulu rencontrer la grande-duchesse qui deviendrait sa belle-mère, mais il n'était absolument pas préparé à affronter quelqu'un assez puissant pour blesser Gilbert.

« Je, je veux rentrer à la maison, non, c'est ma maison, mais, alors... »

Finalement, son cerveau lâcha prise.

Maybia arborait une expression perplexe assise près d’Edith.

Le consommé commandé par Edith venait de lui être servi, mais l’attention de Maybia restait toute entière fixée sur Rigen.

« Vous avez un air pâle, Prince. Seriez-vous malade ? »

Un ton qui le rassurait sur le fait que ses tremblements ne devaient certes rien à sa personne.

Rigen acquiesça faiblement.

« Je vais bien... »

« Ne te force pas à cause de moi, et dis-moi si tu es fatigué. D’accord ? J’ai envie de m’entendre avec toi, Prince. C’est pourquoi j’ai préparé ce cadeau. »

Alors que Maybia exhibait fièrement l’étui-cadeau, Edith affichait un visage oscillant entre le sourire et l’indifférence.

« Un cadeau. »

« Tiens. Tu peux l’ouvrir tout de suite. »

Maybia tendit la boîte avec une assurance tranquille.

Rigen retint désespérément des larmes en recevant la boîte.

'C’est, c’est effrayant, mais enfin, c’est un cadeau offert personnellement par la grande-duchesse… !'

Après avoir pris une profonde inspiration, Rigen ouvrit prudemment la boîte.

Une vapeur noire et enfumée s’en échappa en nuage.

'… Qu’est-ce que c’est que ça ?'

Edith interpella Rigen, figé sur place.

« Que se passe-t-il, Rigen ? »

De gestes raides, Rigen écarta complètement les rabats de la boîte afin qu’Edith et Maybia, assises en face de lui, puissent regarder à l’intérieur.

Edith fixa le joyeux d’une mine interrogative.

« Un diamant ? »

« Ce n’est pas un diamant comme les autres. C’est un Diamant Noir de 44,4 carats. »

La voix de Maybia semblait venir de très loin.

Pour Rigen, le Diamant Noir avait l’air de quelque chose auquel il ne fallait surtout pas toucher.

Dès l’instant où il eut grand ouvert la boîte, la fumée noire aux origines indéterminées se dissipa lentement, mais l’énergie malsaine persista.

Il sentait qu’en le conservant sans rien connaître de sa nature, il lancerait une malédiction sur sa famille pendant trois générations.

« Ça te plaît ? »

Edith questionna avec précaution alors que Rigen, submergé, suait à grosses gouttes.

« … Eve, quand as-tu adressé la parole aux enfants pour la dernière fois ? »

« Qu’est-ce qu’il y a ? N’ose surtout pas mettre en doute mon goût. Ce n’est pas seulement un joyau d’exception, ce sera aussi utile au Prince à l’avenir, si ce n’est déjà présentement. »

Rigen leva difficilement la tête.

Comme si elle avait lu dans ses pensées avant même qu’il n’ouvre la bouche, Maybia sourit largement et agita la main.

« Oh, ne me remercie pas. Sache juste que je souhaite t’approcher ainsi, Prince. Comment ça va, Prince ? Sens-tu ma sincérité ? J’ai même rédigé une lettre à la main parce que j’avais peur que tu penses que je voulais simplement te soudoyer avec de l’argent. »

Rigen eût souhaité demander ce qu’il avait bien pu faire de mal à Maybia.

Non, poser la question aurait déjà été trop.

S’il pouvait seulement implorer son pardon…

Les yeux embués de larmes, Rigen referma la boîte.

« M-merci… Je le préserverai précieusement. »

Rigen prit une décision. Désormais, il vivrait discrètement, en évitant tant que possible le regard de Maybia.

Après cette remise de présent, le repas s’écoula sans encombre.

Maybia demanda si elle percevait une odeur d’oignon quelque part, ce qui fit tomber ses couverts à Rigen, mais une atmosphère extérieurement chaleureuse continua de régner.

Puis Rigen atteignit sa limite. Il avait tellement peur de Maybia qu’il ne savait plus où passaient les aliments.

« Euh… puis-je me lever d’abord ? Mon, mon estomac n’a pas, l’air d’aller. »

Lorsque Rigen sollicita enfin son indulgence, Maybia leva brusquement la tête.

« Je t’y accompagne. »

« … Oui ? »

« Tu as pâli depuis tout à l’heure. Tu n’as pas mangé correctement non plus. Je ne peux évidemment pas te laisser partir seul. »

« Je, je vais bien ! Vraiment ! Je peux y aller seul ! Je t’en prie ! »

Rien suppliait avec ferveur, mais Maybia n’écouta rien.

« Sera, apporte-lui donc un remède pour la digestion. Et puisque le Prince transpire à grosses gouttes, demande par précaution à la nourrice s’il souffre d’un trouble latent… »

Rigen lança un regard désespéré à Edith, priant intérieurement qu’elle vienne à son secours.

À cet instant, Edith était la seule en mesure de sauver Rigen.

Edith éclata d’un rire sec et s’adressa à Rigen.

« Elle agit avec des intentions parfaitement pures. »

Mais où va-t-il chercher ça ?

Tandis que Ragen reniflait, Maybia, qui s’était essuyé les lèvres, se leva de table.

« Allons-y, Prince. »

Il n’avait aucun droit de refuser.

Le visage blême, Rigen sortit de la salle de banquet.

Même dans cet état de semi-hallucination, il serrait contre son torse le cadeau offert par Maybia.

Il faisait manifestement preuve de circonspection, comme s’il craignait de trébucher en montant l’escalier.

Maybia observait la scène avec satisfaction.

« H-eu, voici ma chambre. »

Rigen, arrivé devant la porte de la chambre quelques secondes plus tôt, l’ouvrit tout en surveillant l’expression de Maybia.

« Me permets-tu d’entrer ? »

Demanda Maybia par politesse, et Rigen acquiesça en tremblant.

La chambre de Rigen comptait parmi les pièces aux fenêtres les plus nombreuses du château de Cyclamen.

C’était un lieu bien exposé au soleil, conçu pour lui permettre de profiter autant qu’il le souhaitait de la lumière du jour et de celle de la lune, toutes deux aussi précieuses que des émeraudes dans le Nord.

Les rideaux qui demi-cachait les fenêtres arboraient un motif félin brodé.

Maybia, dont le visage afficha brièvement une légère amertume, entra sans attendre, contournant Rigen qui lui laissait le loisir d’admirer les lieux.

Une douce fragrance framboises, guimauves et crème vanille s’échappait légèrement de Maybia.

Quand Rigen songea distraitement que la grande-duchesse devait apprécier les desserts acidulés, il entendit un chat miauler comme s’il avait senti une odeur radicalement différente.

« Miaou. »

Un chat entièrement blanc allongé sur le lit étira les pattes dans un bâillement simulé et se leva.

Rigen réagit vite.

« Isabel, tu ne devrais pas être ici. Tu dois regagner ta chambre. »

Maybia, qui s’était brusquement pincé le nez, fronça les sourcils.

« Les noms des chats sont bien vieux jeu. Le chat tuxedo s’appelle Maximus, celui-ci Isabel. Et l’autre ? »

« C-Carolina. »

« Qui les a baptisés ? »

« Le comte Elliot… »

« Je vois. »

Rigen hésita.

« Puis-je raccompagner Isabel dans sa chambre ? »

« Chaque chat a-t-il sa propre chambre ? »

L’expression de Maybia se fit de plus en plus indéchiffrable, ce qui glaça Rigen.

« Oui. La chambre de Maximus est la plus petite, et celle d’Isabel la plus vaste. »

« Miaou. »

Comme pour confirmer que c’était exact, Isabel miaula brièvement.

Maybia tendit la main vers Isabel.

Les yeux de Rigen s’agrandirent.

« Ah ! Grande-duchesse, Isabel est― »

Isabel était réputée être la plus irritable des chats résidant au château de Cyclamen.

Il n’avait fini par se lier à elle qu’après avoir reçu plusieurs entailles au dos de la main.

Cependant, contrairement aux craintes de Rigen, Isabel ne sortit pas ses griffes face à Maybia.

Elle ne se débattit même pas.

« Euh… »

Rigen, qui voulait retenir Maybia, cligna des yeux.

« Des animaux territoriaux qui rôdent ainsi dans tous les coins du château. Ne me dis pas que l’édifice entier relève de ton domaine ? »

Maybia murmura d’une voix boudeuse en soulevant Isabel.

Elle paraissait maladroite, comme s’il s’agissait de sa première prise de chat.

Pourtant, Isabel maîtrisait l’art de se positionner.

Elle se mit même à ronronner de satisfaction.

Maybia se tourna vers Rigen.

Isabel lança à Rigen un regard qui disait : « N’interfère pas avec nous. »

« Le Prince a besoin de se reposer, alors demandons à quelqu’un d’autre de raccompagner le chat. À quelle demoiselle de compagnie devrai-je confier la tâche ? »

Rigen était perdu, doutant presque de se trouver dans sa propre chambre.

Sa réponse arriva avec retard, tandis qu’il peinait à reprendre ses esprits après ce choc.

« Euh, eh bien, Daisy s’occupe des chats. »

« Merci de me l’avoir indiqué. J’en prendrai note. »

Maybia congédia sans ménagement le chat qui refusait de quitter ses bras et reçut le flacon apporté par la servante. Il s’agissait d’un remède digestif pour Rigen.

Dès l’instant où Rigen eut ingurgité le remède, Maybia interrogea.

« Te sens-tu mieux ? »

'Euh, ça fait à peine dix secondes que je l’ai avalée…'

La grande-duchesse semblait gagner en impatience.

Rigen esquissa un sourire contrit.

« Je… vais bien. »

« Je resterai encore un peu à tes côtés. »

« Tu n’es vraiment pas obligée de… »

Rigen hésita.

Maybia s’employait à vérifier l’état réel de Rigen, son regard semblant contenir le printemps et les étoiles.

« Prince, la vérité est que je connais mal les enfants. Je n’ai eu que peu d’opportunités de m’approcher d’eux. Je ne sais si je pourrai t’être utile, mais je souhaite demeurer à tes côtés jusqu’à l’arrivée de Mme Theresa. Cela te convient-il ? »

C’était une voix posée et calme. Le visage de Rigen rougit.

Maybia intimidait, c’était vrai ; elle se révélait méconnue, gauche et inconfortable, mais accueillir une sollicitude aussi franche lui chatouillait étrangement la poitrine.

C’était un sentiment distinct de celui que lui inspiraient les inquiétudes de sa nourrice ou de ses domestiques.

Traduit par Trad-index — soutenez leur travail en les suivant.

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.