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Radiant Era

Chapitre 14

Chapitre 14

Chapitre 14

Chapitre 14/14100%~7 min de lecture1 290 mots

À l'ouest de la Cinquième Université s'étendait un petit bois abritant des centaines de villas avec cour privée. C'était la résidence des hauts administrateurs de l'université et de ses professeurs les plus éminents, ainsi que l'endroit le plus calme et le plus pittoresque de tout le campus. En son cœur se trouvait même un petit lac.

D'épais nuages couvraient le ciel sans parvenir à masquer la lumière du matin. Alors que l'orient s'éclaircissait peu à peu, M. Gron, doyen des affaires académiques de la Cinquième Université, était déjà tiré à quatre épingles et attablé devant un savoureux petit-déjeuner.

Des bûches de pommier crépitaient dans la cheminée, et leur parfum discret était revigorant. La pièce était chaude. À travers la large baie vitrée, on voyait tomber une neige abondante. Il devait faire un froid mordant dehors, mais à l'intérieur il régnait une douceur printanière. Le contraste arracha à M. Gron un soupir de contentement. Il ouvrit grand la bouche et avala une longue gorgée de lait frais.

La pièce était somptueusement décorée : papier peint aux couleurs vives, meubles et bibelots rehaussés d'or et d'argent partout. Le mur est était entièrement couvert de porcelaines précieuses venues d'Orient. Sièges et literie étaient tous garnis de soie — autant de signes de la grande fortune de la famille.

Doyen des affaires académiques de la Cinquième Université, noble de l'Empire, et une épouse issue d'une famille de comtes. M. Gron émit un rot satisfait, se frotta le crâne légèrement dégarni, et un sourire heureux se dessina sur son visage rond et rouge.

La jolie jeune servante apporta précautionneusement, sur un plateau d'argent, le pain blanc aux fruits secs que M. Gron préférait. Celui-ci eut un petit rire et sa main droite glissa tout naturellement sous la jupe de la servante pour empoigner fermement sa cuisse jeune et tendre. Il se remémora les gémissements délicats et doux de cette petite bonne sous lui la veille au soir, et son cœur s'échauffa.

Hier soir, il avait enfin déboursé quelques pièces d'or brillantes pour attirer cette charmante jeune femme dans son lit. Son épouse était absente depuis deux jours, ce qui lui avait ouvert une commode fenêtre de tir.

Il savait que sa femme s'était récemment entichée d'un personnage influent de Borelly, et il savait aussi ce que recouvrait le prétendu salon littéraire. Mais tout cela était acceptable. Elle ne se souciait pas de savoir sur qui il transpirait à grosses gouttes ; il ne se plaindrait donc pas de savoir sous qui elle gémissait et haletait. Marché équitable : chacun trouve son plaisir !

La petite servante émit un hum aguicheur et lança à M. Gron un regard en coin extrêmement charmeur.

M. Gron eut un « héhé » étrange et son cœur s'échauffa de nouveau. Ce qui l'inquiétait, en revanche, c'est que son esprit avait beau être plein de pensées galantes, son corps — plus exactement une certaine partie de son corps — ne réagissait pas le moins du monde. Froide et molle, telle une petite couleuvre en hibernation, elle ne manifestait aucune réponse.

Découragé, M. Gron retira sa main, saisit le pain blanc avec une certaine inquiétude et se mit à en extraire lentement les noisettes, qu'il croquait avec un « crac crac ». Ce n'était pas bon signe, pas bon du tout. Il connaissait bien son corps : cela signifiait qu'il ne serait pas en état de fournir une prestation vigoureuse avant plusieurs jours.

En temps normal, cela n'aurait guère eu d'importance, mais il venait justement de formuler cette petite requête discrète auprès du père Barin, lequel avait dû, comme convenu, transmettre la mission à ces « voyous » d'étudiants si compétents de la Cité Universitaire.

Car sans le moindre doute, dans l'esprit de M. Gron, des étudiants comme Lin Qi étaient de parfaits « voyous ». Il n'avait guère d'affection pour ces fauteurs de troubles qui semaient la pagaille dans la Cité Universitaire. Mais il devait l'admettre : même un personnage important comme lui ne pouvait se passer de l'aide de ces mauvais élèves.

En songeant à Gina, la danseuse étoile de la troupe itinérante giséenne, et fort de ses longues années d'expérience en matière galante, M. Gron estimait qu'elle devait encore être vierge. Elle était différente de sa femme et de sa petite servante. Son épouse, issue d'une famille noble, et ces gentilles petites bonnes tenaient du chien de compagnie délicat.

En plissant les yeux vers le petit teckel doré qui ronflait devant la cheminée, M. Gron ne put s'empêcher de hausser les épaules.

Gina, elle, n'avait rien à voir. C'était une petite chatte sauvage, un léopard vif et agile. Ce corps juvénile, débordant d'énergie, et ses mouvements vigoureux avaient profondément captivé M. Gron. Il était résolu à passer une nuit avec cette belle fille, coûte que coûte. En imaginant ce beau corps juvénile se tordre et se débattre sous lui, le cœur de M. Gron se mit à battre furieusement.

Mais bon sang, une certaine partie essentielle de son anatomie ne manifestait toujours pas la moindre réaction.

« Nom d'un chien ! » En pensant à l'ardente et sauvage Gina, M. Gron commença à regretter ses excès de la veille.

Sa propre petite servante, il pouvait en profiter n'importe quand, même en présence de sa femme. Mais les filles de la troupe itinérante giséenne, cette qualité-là, c'était d'une rareté extrême. Que ce soit son visage, sa silhouette, sa peau ou ce tempérament farouche si éloigné des filles ordinaires, l'attrait de Gina était trop puissant pour M. Gron.

Renoncer à Gina pour une petite servante ? Ce serait un désastre.

Mais il connaissait son corps. Il ne retrouverait pas sa vigueur avant trois à cinq jours, et la troupe itinérante giséenne ne restait jamais plus de trois jours au même endroit ! M. Gron se leva, morose ; le délicieux petit-déjeuner ne le retenait plus. Dans un soupir, il attrapa sur la table son tricorne bordé d'or, se le posa sur la tête, saisit une vieille petite canne de montagne et sortit, la tête basse.

Le vent glacé le cingla et M. Gron frissonna. Incapable d'évacuer sa frustration, il poussa un rugissement de colère. Ces maudits domestiques paresseux ! Le noble seigneur Gron sortait, et ils n'avaient même pas préparé la voiture ?

Lin Qi, bâillant à répétition, entra d'un pas nonchalant dans la cour de M. Gron et le salua d'un geste souriant.

Ce fut comme avaler une mouche au saut du lit. M. Gron regarda Lin Qi avec un profond dégoût. Il reconnaissait l'utilité des étudiants voyous de son espèce, mais cela ne signifiait pas qu'il tolérerait que pareils vauriens entrent librement dans sa cour. Le visage sombre, il fit siffler sa canne dans l'air et rugit de toute son autorité : « Lin Qi, maudit garnement, est-ce là un endroit pour toi ? »

Après tout, c'était la résidence d'un noble et d'une dame issue d'une famille de comtes. De quel droit un voyou comme Lin Qi faisait-il irruption chez un noble ?

Lin Qi tenait à la main une fiole de cristal, à peine grosse comme un pouce. Il adressa un large sourire à M. Gron : « Cher monsieur Gron, je vous apporte quelque chose de très bien ! J'ai idée que vous avez besoin de cette précieuse et miraculeuse potion, raffinée à partir d'herbes mystérieuses venues d'Orient ! »

Avec un regard éloquent vers le bas-ventre de M. Gron, Lin Qi — qui avait bien des yeux et des oreilles dans la Cité Universitaire, y compris le cocher de M. Gron, membre périphérique de la Confrérie du Poing de Fer — savait exactement quel problème honteux affligeait le doyen.

Il était bien décidé à lui soutirer une belle somme pour cette potion des plus efficaces.

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