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Princess Shu

Chapitre 5 : Je vous attendais (2)

Princess ShuPrincess Shu
Chapitre 5

Chapitre 5 : Je vous attendais (2)

Chapitre 5/2124%~5 min de lecture976 mots

Et l'on en était arrivé là : le Grand Prêtre rendait visite au marquis chaque jour, dégageant parfois une atmosphère d'intention meurtrière. Il ne passait pourtant jamais à l'acte. À vrai dire, il ne faisait rien d'autre qu'importuner le marquis.

À la fin, le marquis n'accepta la proposition du temple qu'après avoir posé de nombreuses conditions à son avantage. Puisque le temple ferait de toute façon peine à voir, il n'avait rien à perdre.

« Votre Excellence, il y a deux jours nous avons envoyé les premières lettres de recrutement des princesses au royaume que nous avions retenu », déclara le Grand Prêtre.

Le marquis Garth le savait. Cela avait soulevé une tempête de ragots non seulement dans la société noble, mais dans tout l'Empire. Si le marquis n'avait pas été partie prenante, cela aurait peut-être piqué sa curiosité à lui aussi. Mais ce n'était pas le cas pour l'heure. Il trouvait simplement la situation bizarre.

« Grand Prêtre. Parlons-en ouvertement », dit-il.

Le marquis, qui se tenait appuyé contre son dossier, se redressa un peu. Il n'était pas seulement bel homme. Ses yeux rouges, ombrés de cils d'une couleur proche de celle de ses cheveux, étaient d'une séduction stupéfiante. C'était pour cela que d'innombrables femmes rêvaient de s'enrouler autour des cuisses puissantes du marquis. Ses yeux rouges avaient une beauté envoûtante qui appelait les images d'une liaison passionnée.

« Vous pensez donc qu'une femme se porterait volontaire pour une sélection des princesses aussi mystérieuse ? » demanda le marquis Garth, sceptique.

Le Grand Prêtre hocha la tête. « On ne sait jamais. Il peut se présenter une femme d'une foi profonde, au cœur assez noble pour consacrer sa vie entière à Dieu. »

« Il serait étrange qu'une telle personne voie en moi un époux », fit remarquer le marquis.

« Votre Excellence n'aura pas à s'en soucier, étant donné votre séduction. »

Les commissures du marquis se relevèrent. « Je ne suis pas l'idéal de toutes les femmes. Je le suis peut-être pour la plupart, mais pas pour toutes. »

Malgré ses paroles, il les prononça avec une grande arrogance. Il savait qu'il était l'un des rares hommes à pouvoir se prévaloir d'une telle beauté. Non, pas l'un des rares : il en était probablement le seul. Même si le Grand Prêtre s'était détaché du monde, il lui fallait bien le reconnaître. Par-dessus tout, le marquis Garth était l'unique maître de la maison Garth dans l'Empire de Ghel.

« Alors qu'est-ce qui vous amène chez moi aujourd'hui, Grand Prêtre ? » s'enquit le marquis Garth. « Il n'y a aucune chance qu'il se soit déjà présenté une volontaire pour un recrutement de princesses aussi mystérieux. »

Le Grand Prêtre reposa doucement sa tasse de thé. Le jeune et beau marquis n'était semblable à aucun autre noble. Si quelqu'un voulait bavarder, il pouvait bavarder avec lui au sein de la société noble. Si quelqu'un voulait chasser en sa compagnie, il n'avait qu'à le retrouver sur les terrains de chasse. Le marquis Garth était un homme qui marquait clairement ses limites. Aussi effronté qu'un noble pût être, il suffisait d'un éclat des yeux rouges du marquis pour qu'il renonce à imposer sa loi. Il fallait au moins être au niveau du Grand Prêtre, qui s'exerçait depuis longtemps au détachement du monde, pour ne pas perdre son sang-froid.

« Votre Excellence », dit le Grand Prêtre.

La dame ne devrait pas avoir à s'enfuir de peur. Le temple n'avait été contacté que la nuit dernière. Le Grand Prêtre sourit.

« Nous avons une volontaire. »

─────

Valia s'enfonça dans l'eau du bain. La baignoire n'était pas la vieille cuve de bois qu'on utilisait à la maison. Celle-ci, taillée dans le marbre, était remplie d'eau chaude, et il y avait même des servantes en attente sur le côté. C'étaient les dames d'honneur du palais du royaume. Elles firent mousser le bain de leurs mains expertes, et la douce senteur des fleurs se répandit vite comme du miel dans la bouche de Valia.

'Ça sent bon…' soupira Valia.

Elle n'avait pas le luxe des pétales de fleurs effeuillés dans l'eau, mais que quelqu'un d'autre lui ait préparé son bain était déjà un luxe suffisant pour Valia. Elle se perdit dans ses pensées tandis que son corps trempait dans l'eau. Il y avait d'innombrables choses auxquelles réfléchir, mais une question lui vint à l'esprit avant toutes les autres.

'Autrefois, comment les rumeurs se sont-elles répandues si vite dans la société noble ?'

La dame d'honneur venue s'occuper de Valia était vêtue simplement. Elle lui avait posé quelques questions simples, avait noté quelque chose, puis était repartie en disant qu'elle reviendrait plus tard. À l'entendre, il semblait que la chose prendrait quelques jours.

Détendue, Valia repensa aux événements du début de la journée, quand elle était allée au marché pour la première fois depuis longtemps et s'était offert un sandwich au fromage et une limonade. Après une vie entière de frugalité, c'était la récompense qu'elle s'accordait pour avoir fait quelque chose d'important.

Elle avait siroté sa limonade en rentrant chez elle. C'est au moment précis où elle tendait la main vers la poignée de la porte que…

« Je vous attendais. »

Valia faillit mourir d'une crise cardiaque quand une femme apparut soudain derrière elle sans un bruit. Valia força son cœur battant à se calmer, puis toisa la femme de la tête aux pieds. C'était une dame d'honneur, et elle s'adressa à Valia à voix basse.

« Je reviendrai vous chercher ce soir, alors soyez prête d'ici là, je vous prie. »

Valia hocha la tête, hébétée. Son cœur cognait encore. La dame d'honneur inclina la tête bien plus poliment qu'auparavant et s'en alla.

Valia resta un moment clouée au sol. Ce n'est qu'au bout d'un petit moment qu'elle reprit ses esprits.

'Attends, elle a bien dit ce soir ?'

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