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Perfectly Terrible Example of a Curse

Chapitre 94

Perfectly Terrible Example of a CursePerfectly Terrible Example of a Curse
Chapitre 94

Chapitre 94

Chapitre 94/13072%~11 min de lecture2 001 mots

Bien qu'elle sût que Claude et Yuls étaient deux êtres distincts, Adi se surprit à comparer chacun de leurs traits malgré elle. Les deux n'avaient absolument rien en commun. De leur carrure à l'amplitude de leurs mains, en passant par la nuance de leurs cheveux et de leurs yeux, ils ne se ressemblaient en rien, en dépit de leur parenté de cousins.

Alors que Claude la rapprochait de lui, son bras se resserrant fermement autour de sa taille, Adi sentit son corps se raidir. La sensation de leurs corps en contact lui était insupportable. Au-delà de cela, la façon dont ses doigts effleuraient sa paume pendant qu'ils dansaient lui sembla visqueuse et déplacée.

« Vous et le Comte sembliez partager un moment fort privé tout à l'heure », remarqua-t-il.

« Est-ce ainsi que vous l'avez interprété ? » demanda-t-elle.

« La famille reste la famille, après tout », dit Claude. « Même si les relations sont tendues pour l'instant, vous finirez bien par trouver un terrain d'entente. »

Adi eut du mal à suivre son rythme pendant qu'il parlait. L'expérience était l'antithèse totale de sa danse avec le Duc. Tandis que Yuls avait été attentif et gracieux, Claude se mouvait avec un égoïsme qui méprisait sa partenaire. Son attention était dispersée, et son toucher, désagréablement froid.

« Votre Altesse pense-t-elle que sa propre relation avec Sa Majesté connaîtra une amélioration similaire ? » questionna Adi.

« Il n'y a pas de véritable animosité entre le trône et moi », répondit-il. « Je compte simplement revendiquer ce qui m'appartient avec un peu plus de hâte. »

Sa respiration était saccadée, et ses yeux papillotaient dans la salle comme s'ils cherchaient quelque chose, malgré ses efforts pour maintenir une expression composée.

« J'ai un temps supposé que Sir Adrian Grimaldi partageait cette ambition. C'est la raison pour laquelle j'ai recherché une alliance avec lui. »

« J'en déduis que votre perspective a évolué », nota-t-elle.

« Les circonstances ont changé », dit-il, la langue sortie pour humidifier ses lèvres.

« Je vois. »

Adi observa, avec une pointe d'agacement, qu'il mouillait sa bouche. Même sans mots, l'ambition désespérée de l'homme était presque palpable.

« Les choses sont très différentes maintenant », ajouta Claude avant de tomber dans un bref silence. Il continua de la guider à travers la danse, bien qu'il semblât plus intéressé par l'élan de la musique que par sa partenaire. Tenir le rythme de ses mouvements erratiques était épuisant.

Elle compta sur les leçons que Yuls lui avait données pour rester en cadence, ce qui parut surprendre Claude lorsqu'il finit par baisser les yeux sur elle. Curieusement, la différence de taille entre eux lui parut moins significative qu'avec le Duc.

« Y a-t-il un problème ? » demanda-t-elle.

« Pas du tout… Je suis simplement surpris par votre aisance. Je ne vous avais pas prise pour quelqu'un ayant reçu une formation formelle. »

« Qu'est-ce qui vous a conduit à cette conclusion ? »

« Le Comte était une honte sur la piste de danse », ricana Claude. « Il n'a jamais aimé le monde, alors je doute qu'il ait jamais pris la peine d'apprendre. »

Adi ne trouva pas d'humour à son anecdote. Apprendre le manque de grâce de son père était une nouvelle pour elle ; elle ne l'avait jamais même imaginé dansant. Pourtant, il avait dû participer à la vie de cour à un moment donné. Elle se demanda si sa mère avait déjà été forcée de danser avec cet homme.

Il était clair que Claude possédait des connaissances sur sa famille qu'elle ignorait. Ayant résidé à Ionad, il avait manifestement passé plus de temps dans l'orbite du Comte qu'elle ou Adrian.

« Vous possédez un certain talent », concéda-t-il.

« Le Duc était un excellent instructeur », répondit Adi.

Elle se demanda si Yuls avait véritablement été un maître de l'art ou s'il s'était simplement exercé pour elle. Elle ne l'avait jamais vu danser avec qui que ce soit d'autre. Cela avait du sens ; la vue d'un jeune garçon tentant de mener une femme adulte dans un bal aurait invité à la moquerie, et Yuls haïssait qu'on le regarde de haut.

« … Je comprends », murmura Claude.

Il avait dû fournir l'effort, car ses mouvements avec elle avaient été impeccables. Cependant, Claude ne s'attarda pas là-dessus. « Je me trouve à me demander quelque chose », dit-il.

« Quelles sont vos intentions à l'égard de Yuls ? »

« Je n'ai pas encore tiré de conclusions précises sur cette question », répondit-elle.

« C'est un mensonge. »

« Si Votre Altesse choisit de le croire, il y a peu de choses que je puisse faire pour changer votre avis. »

« Vous êtes vraiment la fille de votre père », remarqua-t-il.

« Ce n'est pas un compliment que j'apprécie », rétorqua Adi.

« Et pourtant », continua-t-elle, « je me surprends souvent à penser la même chose. »

Les sourcils de Claude se haussèrent de surprise devant cet aveu.

« C'est exactement pour cela que je trouve cela si répugnant », ajouta-t-elle.

Un rire sec et soudain s'échappa de Claude, attirant l'attention des invités alentours. Il tenta d'étouffer son amusement mais finit par poser sa tête contre l'épaule d'Adi, submergé. En toute autre circonstance, il aurait pu faire une remarque grivoise sur sa silhouette ou sa peau, mais il était trop distrait par sa propre hilarité.

L'idée qu'Adrina ne ressemblait en rien au Comte était une chimère. Elle avait pu hériter de la beauté de sa mère, mais sa langue acérée et son tempérament difficile étaient purs Grimaldi. C'était une ressemblance remarquable, compte tenu du peu de temps qu'ils avaient partagé.

La distinction principale résidait dans sa franchise. La discipline d'un chevalier aiguisait parfois son verbe. Tandis que le Comte était un politicien calculateur qui ne laissait jamais un mot maladroit le desservir, cette fille était brute et tranchante. Elle aurait été un atout politique redoutable si on l'avait préparée au rôle.

« C'est comme si les cieux avaient échangé votre âme avec celle de votre frère », songea Claude. « Une erreur de transcription dans le ventre maternel, sans doute. »

Si elle avait été Adrian, elle aurait été une partenaire de pouvoir fascinante, mais en tant que femme, elle était limitée. Il ne pouvait pas s'engager dans un vrai jeu d'État avec une dame. C'était dommage, mais à son sens, le pouvoir était réservé à ceux qui naissaient hommes.

« Le Conseil se réunira bientôt », dit-il, changeant de sujet. « Si chaque séance compte, le Conseil Privé en est le cœur. »

« Le Conseil Privé… » répéta-t-elle.

« Le cercle rapproché de conseillers de la Couronne. Ils détiennent les clés du pouvoir souverain. Votre père en a été membre avant que la Couronne ne le pousse dehors. Mais je vous l'ai peut-être déjà dit ? »

Adi fit un petit signe de tête. Elle ne connaissait pas les détails du conseil, mais Claude lui avait déjà détaillé l'exil du Comte d'Ionad avec encore plus d'amertume.

« Le Marquis Francopan a pris sa place », nota Claude.

« Je vois. »

« Vous ne connaissez pas le Marquis ? »

« Non. »

« C'est l'homme que vous avez assassiné. »

Adi ne daigna pas défendre son honneur, mais elle savait que l'affirmation était factuellement incorrecte. L'assassin qu'elle avait combattu n'aurait pas pu être un Marquis. Il ne restait qu'une conclusion.

« Ah, mes excuses », dit Claude avec un rictus.

Il faisait référence à l'homme que le monde croyait qu'Adi avait tué, alors que c'était en réalité le Comte qui avait porté le coup fatal — un parent à la fois du Prince et du Duc.

« C'est Sir Adrian Grimaldi qui a mis fin à ses jours », corrigea Claude.

Le regardant trouver de l'amusement dans la tragédie, Adi demanda : « Faites-vous cela pour me provoquer ? »

Claude revêtit un masque d'innocence. « Moi ? » Il laissa échapper un autre rire doux. « Et si c'était le cas ? »

« Il n'y a rien que je puisse faire », répondit-elle. « Je manque de l'influence de quelqu'un comme le Comte. »

« Vous avez la langue bien pendue », nota-t-il.

Il avait parfaitement compris son sens : elle ne faisait que bider son temps jusqu'à ce qu'elle ait le pouvoir de riposter.

Bien sûr, il ne croyait pas qu'Adrina Grimaldi atteindrait jamais de tels sommets. Elle avait perdu sa noblesse et n'était plus qu'une roturière avec un titre de chevalière — et une femme qui plus est. Peu importe jusqu'où elle monterait dans l'armée, elle ne pourrait jamais rivaliser avec un Prince Héritier.

Il existait des rôles puissants dans le royaume, mais ils n'étaient pas destinés à elle. Cela ne faisait que rendre Claude plus désireux de l'avoir.

« Yuls pourrait vous offrir la sécurité », admit-il.

Ce serait amusant de la garder comme une sorte d'animal de compagnie. Elle était belle, après tout.

« Ne serait-il pas plus avantageux de rejoindre mon camp ? »

Claude aimait s'entourer de perfection esthétique. N'importe qui peut acheter un diamant, mais constituer une collection de personnes belles et talentueuses est un exploit plus rare.

Claude était né dans l'abondance. Entre sa lignée royale et un père qui avait pavé sa voie, le trône était essentiellement un cadeau qui n'attendait qu'à être déballé.

Le Comte avait joué un rôle majeur pour que ce chemin reste dégagé.

« J'aurais vraiment dû le presser de me la livrer il y a des ans », songea Claude.

Il la regarda d'une lueur possessive et avide dans les yeux. Il la voulait comme une servante décorative et obéissante.

« Je décline », dit-elle sèchement.

« …… »

Le refus le stupéfia. Claude n'avait pas l'habitude que les gens aient leur propre volonté. D'ordinaire, il prenait simplement ce qu'il désirait, sans égard pour les sentiments de l'autre, utilisant son statut pour écraser toute résistance.

Cependant, cette situation était compliquée par Yuls. En tant que Duc, Yuls détenait un rang que Claude ne pouvait pas simplement outrepasser sur un coup de tête. Il avait besoin que la fille le choisisse volontairement, or elle refusait.

« Et pourquoi cela ? »

« Parce qu'une alliance avec vous signifie une alliance avec le Comte Grimaldi, et je ne travaillerai jamais avec lui. »

« Qu'est-ce qui vous fait penser que je le garderai auprès de moi ? Je peux m'en débarrasser quand je le choisis. »

« Le Comte ne le permettra pas », dit Adi. « Il ne vous lâchera pas. »

Elle savait que son père n'appréciait pas réellement Claude ; il était mauvais pour cacher son dédain. Mais Claude était le seul véhicule qui pouvait ramener le Comte dans les couloirs du pouvoir, donc il endurerait la compagnie du Prince.

« Il ne quittera pas votre côté tant qu'il n'aura pas obtenu ce qu'il veut. C'est sa nature. »

« Vous semblez avoir une compréhension profonde de l'homme », observa Claude.

Ce n'était pas qu'elle le connaissait bien ; c'était simplement qu'elle reconnaissait ses propres traits en lui. La réalisation qu'ils partageaient le même esprit calculateur lui donnait la chair de poule.

« Qui comblera la vacance laissée par le Marquis Francopan ? » demanda-t-elle.

« Quelqu'un avec le pedigree et l'influence appropriés, naturellement. »

« Le Comte sera-t-il réintégré ? »

« C'est certainement son espoir. C'est pour cela qu'il s'est montré si serviable envers moi últimement. »

« Lui accorderez-vous le siège ? »

« J'ai l'intention de soutenir sa nomination au Conseil Privé », dit Claude, affichant un sourire qui semblait sincère.

« Pour le moment », ajouta-t-il en pensée.

Claude ne faisait pas plus confiance au Comte qu'Adi.

« Allez-vous rapporter cette conversation à lui ? » demanda-t-il.

« Y a-t-il un intérêt ? » répondit-elle.

Le Comte n'était pas un idiot.

« Si je peux voir à travers vos intentions, je suis certaine qu'il l'a déjà fait. »

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