「Ce mimeographe que tu as inventé, l'as-tu présenté à Sa Majesté ?」
Par un certain matin. Falma fut interpellé par Bruno à la maison et se souvint d'une terrible erreur.
(Même l'histoire des échecs se répète…… hein)
Falma fut complètement incapable d'avoir cette idée.
「J'ai oublié. Je le présenterai rapidement à Sa Majesté」
「Il n'y a pas de mal à inventer des choses, mais tu ne dois pas t'épuiser à trop travailler」
Bruno s'inquiétait pour Falma tout en enfilant son manteau.
(Non, Père me donne aussi du travail, lui. Par exemple, devenir professeur d'université)
« Je n'ai pas vraiment envie d'entendre ça de ta part », Falma eut vraiment envie de rétorquer. Et là,
「Père, je voudrais te demander quelque chose」
« C'est une bonne occasion aussi », pensa Falma et il posa sa question. Il n'arrivait pas à en parler pendant les repas.
「Pourquoi m'as-tu poussé à devenir professeur d'université ?」
「Ah…… à ce sujet, ce n'est pas que je t'ai soutenu, les autres professeurs ne pouvaient pas te supporter à travailler dans une pharmacie. Tout comme tu l'as pensé, moi aussi je trouve que c'est trop tôt」
Bruno détourna le regard et parla avec des mots troubles.
Normalement, faire d'un enfant un professeur était absurde et ridicule.
« J'espérais qu'ils m'aient nommé après ma majorité », pensa Falma.
「Cependant, je suis très inquiet de savoir combien de temps tu resteras dans cet état」
La réponse de Bruno fut telle quelle.
(C'est ce qu'il veut dire, hein…… le Grand Prêtre l'a dit aussi)
Même Falma ne sait pas combien de temps il restera dans ce monde, avec les souvenirs de sa vie précédente. Tout comme l'a dit le Grand Prêtre, « ce n'est qu'un instant que les Dieux et leurs incarnations apparaissent en ce monde » et, avec les précédents étudiés, non seulement Bruno, mais les autres professeurs s'inquiètent aussi.
Falma ne put répondre. Parce qu'il n'avait pas confiance pour donner une réponse.
Peut-être que son ego disparaîtrait dès le lendemain.
「Si le temps est limité, je souhaite que tu te concentres sur une grande œuvre」
Examiner les patients un par un prend du temps.
La façon de penser rationnelle de Bruno se voit vraiment, car il pensait qu'il vaudrait mieux que Falma consacre ce temps à la recherche, invente de nombreux nouveaux médicaments pour le monde, achève le système de l'école de pharmacie, et laisse autant de successeurs excellents possible.
Ce n'était pas impersonnel ou quoi que ce soit, c'était une idée très savante. Cela pourrait sembler impersonnel en tant que père de Falma, mais il doit quand même le faire pour le bien public.
「Maintenant, plutôt que de sauver des milliers de personnes vivant aussi loin que ton regard porte, je souhaite que tu laisses un exploit qui demeure même si l'ère se dépasse elle-même. Cela aboutirait à sauver plus de gens, plutôt que de sauver ceux qui sont devant toi. En tout cas, c'est ce que je pense」
……dépasser l'ère, et demeurer…… ?
Ce que Bruno a dit était raisonnable.
(Je comprends ça, Père, je le comprends très bien. Cette pensée…… est aussi quelque chose qui m'a mis dans un dilemme dans ma vie précédente)
Le père de Falma dit qu'il veut que Falma vive comme il l'a fait dans sa vie précédente.
Ce n'était pas une exagération que Falma, dans sa vie précédente, ait inventé de nombreux nouveaux médicaments pour sauver des milliers et des millions de vies dans le futur, plus que les patients qu'il rencontrerait de toute sa vie. Résultat, il s'endormait et se réveillait dans un laboratoire, face à des données, et incapable de regarder les patients. Et Falma ne pense pas que ce soit une mauvaise façon de vivre.
C'est juste qu'il a eu tort de mourir de surmenage. Falma ressentit une grande frustration en pensant qu'il aurait pu travailler pour encore plus de gens s'il avait seulement pris un peu plus soin de son corps.
(Mais…… cette fois, je ne veux pas en rester là)
C'était quelque chose qu'il avait décidé depuis qu'il était venu dans ce monde.
「Je veux sauver les patients de mes propres mains»
(Cette fois, je veux vivre avec les patients, veiller fermement sur eux même si c'est la vie ou la mort)
En entendant ça, Bruno fixa les yeux de Falma et hocha lentement la tête.
「C'est ta vie. Tu en fais ce que tu veux. Je suis vraiment désolé de t'imposer de lourdes charges, alors que tu es encore petit»
Le père de Falma baissa la tête. Et continua par un « mais ».
「Si tu as des médicaments dont tu veux tester les effets, je veux que tu utilises mon corps»
Le père de Falma n'a pas seulement repoussé responsabilités et travail sur Falma.
« Je prendrai ton médicament avec plaisir. » Falma regarda le dos de son père qui avait dit ça, le voyant ne pas se retourner et monter dans la calèche avec Simon.
Lui aussi rendait visite aux patients chaque jour, tout en étant président de l'université.
Falma resta dans l'entrée, pensant aux souvenirs de sa vie précédente et aux pensées de Bruno, avec beaucoup d'émotions lui montant à la poitrine.
Et soudain, de petits pas pressés se firent entendre derrière lui.
「Grand frère !」
La petite sœur de Falma, Blanche, l'appela depuis derrière. Quand il se retourna, elle faisait la grimace la plus drôle qu'elle pouvait faire, contrairement à ce que Falma attendait.
「Pou ! Ahahaha」
Falma ne s'attendait pas à ce qu'elle fasse une telle tête et rit naturellement. Si leur mère la voyait, elle la gronderait sûrement « Oh, comme c'est mal élevé ! Arrête ça ! ». En voyant Falma rire aux éclats, elle rit joyeusement avec lui.
「Réfléchir à des trucs difficiles avec Père, c'est pas bien. Ta tête va se fendre en deux. Si elle se fend en deux, c'est pas bien, tu sais」
« Bah, c'est vrai »
Falma se sentit revigoré et prit Blanche dans ses bras. Blanche tendit la main et pinça vigoureusement le coin des lèvres de Falma avec son pouce et son index.
「Comme ça, Grand frère. Souris ? »
« Un, merci, Blanche »
Blanche frotta ses joues contre celles de Falma et le serra fort en retour tout en étant embrassée.