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Otherworld Nation Founding Chronicles

Chapitre 272

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Chapitre 272

Chapitre 272

Chapitre 272/31586%~9 min de lecture1 684 mots

L’armée de Romarie a foncé droit hors du royaume septentrional de Gilberd pour s’emparer de la ville moyenne de Roselle.

Les murailles n’étaient pas bien hautes et le fossé peu profond, si bien qu’on les a passées sans grande difficulté.

Ville de taille moyenne, certes, mais placée sur la première ligne.

Ayant accumulé suffisamment de provisions, nos troupes ont pu faire le plein avant de souffler un instant.

À compter de maintenant, cette localité tiendra lieu d’avant-poste face au royaume de Roselle, dès lors que la route sera prolongée et reliée directement.

Cependant…

« Peu m’importe qu’il y ait autant de places de ce calibre. »

« C’est toujours plus simple et rapide de liquider les effectifs ennemis au cours d’un seul affrontement. »

Bartolo acquiesce pour approuver ma tactique.

Après tout, prendre les positions une à une lors d’un siège demande des mois de patience.

« Mais pour l’instant, tout le secteur est devenu un fief loyaliste. »

« Je ne pense pas que le général Balthazar va nous laisser faire tranquillement. »

Certes.

Et, si l’occasion se présente, j’ai envie d’emprunter encore un peu de terrain.

« Bartolo, tu m’entends bien ? »

« Entendu. Laisse faire. »

Trois jours après la chute de la place, le général Balthazar finit par débarquer depuis la capitale de Roselle.

Il y a de bonnes raisons pour lesquelles les troupes roselliennes ont mis tant de temps à sortir.

De l’incurie, tout simplement.

Le royaume de Romarie n’a mené aucune incursion militaire contre ses propres frontières récentes.

J’en avais déjà pris conscience.

Mais ça ne surprenait personne.

Formellement, Roselle et Romarie entretenaient des relations glacées, mais les coulisses étaient bien mieux loties et les deux cours se comprenaient.

De surcroît, notre ambassadeur résidait auprès de la cour rosellienne avec ordre de répéter que Romarie ne nourrissait aucune hostilité.

Et puis…

Avant qu’il ne chasse Merlin, fervent opposant à Romarie, notre royaume avait frôlé la catastrophe. Personne ne contestait le bien-fondé de ses avertissements.

Au vu de tous ces paramètres, on peut affirmer que Roselle est parfaitement préparée à une frappe surprise venant de chez nous.

En tout cas, ils bougent bien plus vite que les souverains de Gilberd et de Faludam.

Force est de constater qu’ils savent affronter la réalité avec sang-froid et réagir en conséquence, même sous la pression.

« Excellence ! L’armée de Romarie a pris position dans la plaine juste au nord de l’axe principal. Comptez entre cinquante et soixante mille fantassins, et cinq à huit mille cavaliers. »

« Y a-t-il des reliefs propices à une embuscade ? »

« Non, c’est une immense étendue plate… Je n’ai repéré aucun obstacle naturel pour se mettre à l’abri. »

L’éclaireur de Balthazar lui rend compte de sa reconnaissance.

Balthazar réfléchit un long moment…

« Très bien, j’ai compris… Préviens immédiatement tous les commandants de maintenir le rythme et poursuivre la marche. »

« Oui, mon général ! »

Le général dépêche son héraut pour notifier les officiers.

« Une fois dans la plaine…, leurs cavaliers sont meilleurs…»

Balthazar commande soixante-dix mille hommes au total.

Soixante mille fantassins et dix mille chevaux.

La Gallie constitue l’une des principales pouponnières de cavalerie le long de la côte de la mer de Téthys.

De fait, l’escadron rosellien passe pour l’un des plus redoutables de toute la façade téthysienne.

Les cavaliers alvas de Romarie, eux aussi, font sérieusement peur…

Ils sont pourtant peu nombreux.

Pour combler le gap, l’élite adernienne ne se compose que de nobles oisifs montés sur des destriers.

Je suis persuadé de gagner haut la main.

Mais pour les fantassins…

Les Gaulois excellent dans l’exploit individuel, mais pâlissent dès qu’il s’agit de manoeuvrer collectivement.

De surcroît, les régiments roselliens relèvent encore de structures tribales…

Rien à voir avec la discipline romarienne.

Peut-on réellement tenir tête aux lourdes infanteries de Romarie…

« Bon, je n’empêcherai pas mes craintes. Je devrai passer par la cavalerie. »

En terrain découvert, c’est toujours la cavalerie qui dicte sa loi.

Il n’y a aucune chance de perdre.

Enfin, les armées de Romarie et de Roselle se font face dans la plaine.

Notre formation aligne trente mille soldats du contingent royal, trente mille alliés, cinq mille cavaliers alvas et deux mille gardes à cheval.

Soixante-sept mille combattants au final.

En face, l’ennemi masse soixante mille fantassins et dix mille cavaliers.

Soixante-dix mille au total.

Chacun dispose ses forces ainsi :

Le camp romarien place vingt mille alliés menés par Gram au centre de l’alignement.

Bartolo couvre l’aile droite avec Ron à ses côtés, fort de trente mille hommes de troupe.

Alexios prend en charge l’aile gauche avec dix mille volontaires.

Quant à l’extrême droite, elle abrite les cinq mille paladins alvas placés sous les ordres de Muzio.

Tout à gauche, Roswald campe avec deux mille archers et lanciers aderniens.

L’armure est particulièrement solide sur l’aile droite, tandis que celle de l’aile gauche demeure légère.

De l’autre côté, le dispositif rosellien répartit ses unités de manière symétrique sur le centre, la droite et la gauche.

Trois mille cavaliers gaulois couvrent l’extrême droite adverse.

Sept mille escadrons galliques protègent l’extrême gauche.

La mêlée s’ouvre par une frappe conjointe des deux ailes chevauchantes.

« Venez donc. »

« Si vous avez la jambe, suivez-moi. Attaque ! »

Roswald et Muzio engagent brièvement la cavalerie gauloise, puis battent en retraite en bon ordre.

Les Gaulois accélèrent pour les prendre en chasse.

« Lancez ! »

Aux ordres de Roswald, les fantassins aderniens projettent des bombes portatives sur les poursuivants ennemis.

Un nuage de fumée obscurcit l’air, aveuglant la poursuite gauloise.

« Chargez ! »

Sorti de la brume, Roswald engage le combat plusieurs fois, puis recule méthodiquement.

Pendant ce temps, la cavalerie alva de Muzio continue de fuir, maintenant une distance que les Gaulois ne parviennent plus à combler, tout en se retournant sporadiquement.

Il chevauche, tourne en rond, pivote et décoche ses flèches d’un coup sec.

Les traits s’élèvent vers les cieux et s’abattent comme une grêle sur les rangs gaulois.

Une précision remarquable quand on vise en courant à reculons.

Ils remarquent que les cavaliers gaulois s’éloignent dangereusement de l’infanterie.

Le chef de cavalerie tente de rebrousser chemin précipitamment, mais à chaque changement de cap, les escadrons aderniens et alvas ripostent.

C’est là une manœuvre typique de Romarie.

Tant qu’on reste désavantagés en matière d’équitation, la victoire est impossible si l’ennemi tient bien ses groupes.

Dans ce cas, il n’y a qu’une seule issue.

Harceler et user sans relâche la cavalerie adverse.

Pas besoin de l’anéantir.

Suffit de ne pas subir de revers.

Pourtant, le général Balthazar avait anticipé ce scénario.

Ce qui déconcerte vraiment Balthazar, en revanche, c’est la résistance inattendue des cavaliers aderniens.

Effectivement, la cavalerie adernienne n’est pas composée de simples gros riches sur leur monture : c’est une armée permanente structurée par Almus.

Des vétérans ayant survécu à un entraînement impitoyable.

Inutile de préciser qu’ils restent inférieurs aux cavaliers natifs gaulois ou alvas…

Toutefois, ils s’accrochent plus qu’à l’ordinaire.

Sur le front des fantassins…

« Ne reculez d’un pas ! Poussez de l’avant ! Tenez le contact ! »

« Debout ! Feu ! »

Almus supervise la phalange centrale alliée où résonnent les ordres de Gram.

Les lignes rivalisent d’opiniâtreté avec les fantassins gaulois, serrés les uns contre les autres, sans la moindre faille.

Encouragés par Almus, les volontaires poussent le rythme. Gram dirige alors les troupes légères, qui projettent javelots, bombardes et carreaux sur l’ennemi : les impacts sont mineurs, mais épuisants et préjudiciables.

Centralement, les effectifs se correspondent (vingt mille de part et d’autre), mais l’organisation supérieure et la rigueur tactique de Romarie dominent nettement.

Vient ensuite l’aile gauche commandée par Alexios.

Là aussi, il s’agit de fantassins alliés, réduits à dix mille.

En face, le dispositif rosellien aligne vingt mille hommes en réponse.

Le groupe reflue millimètre par millimètre…

« Numeriquement, nous sommes en déficit. Le repli est inévitable…. Reculez lentement en gardant vos rangs serrés. Transmettez à chaque cohortes : interdiction absolue de contre-attaquer. »

Sous l’oeil d’Alexios, les compagnies tiennent bon et endiguent les assauts répétitifs des fantassins gaulois.

La phalange romarienne, qui ne cède jamais un espace, subit très peu de pertes…

Tandis que l’ennemi pressait contre les troupes de Romarie, les lignes roselliennes commençaient à vaciller.

De plus, les officiers décimés à répétition encaissaient des frappes brutales, faisant chuter leur moral rapidement.

Et enfin, l’aile droite romarienne, pilotée par Bartolo.

Ici, point de mercenaires ni d’alliés : seulement de purs fantassins de l’État royal, forgés par des siècles de victoires.

Surtout, les trente mille hommes de Bartolo écrasent sans peine les vingt mille gauches roselliennes en face.

« Avancez ! Avancez ! Refoulez l’ennemi ! »

Ron mène la danse en tête, galvanisant ses grognards.

Les centurions de la troupe royale avancent sans se presser, mais dès qu’une ouverture se présente, ils fondent sur l’assaillant, brisant les rangs roselliens d’un coup de sabre.

Pendant ce temps, Bartolo, laissant Ron commander le gros de l’effectif, prend en main deux mille hommes de réserve et contourne lentement le flanc gauche adverse.

Cette manœuvre devient possible grâce à la souplesse du manipule, armé de poignards et de boucliers courts.

« Tranchons les flancs ennemis ! »

Bartolo déborde complètement l’aile gauche rosellienne et impose une pression latérale insoutenable.

Submergés par les coups venus de face et de côté, les rangs gaucho adverses céderont sous l’étau.

Dès que le signal est donné, Almus et Alexios stoppent de jouer la défense et passent à l’offensive globale.

Les fantassins de Romarie, qui avaient conservé leur souffle, fracassent de plein fouet les fatigues gauloises épuisées par les premières escarmouches et resserrent l’étau frontal.

Parallèlement, l’aile droite romarienne, victorieuse sur la gauche rosellienne, exécute un contournement souple et vient encercler le centre et le flanc droit ennemis.

Mais…

« Repli ! Immédiatement ! »

Balthazar, qui avait aussitôt perçu le danger imminent, déclenche l’ordre de retrait pour ses hommes.

Cette fuite ordonnée sauve les restes de l’armée rosellienne.

Ainsi, Romarie remporte une victoire éclatante sur les troupes de Roselle…

…mais n’a pas réussi à anéantir intégralement leurs effectifs.

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