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Otherworld Nation Founding Chronicles

Chapitre 265

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Chapitre 265

Chapitre 265

Chapitre 265/31584%~9 min de lecture1 704 mots

Une pièce du château.

Neuf hommes y étaient rassemblés.

Le premier est le roi. Moi-même.

Le coordinateur noble Raymond, le diplomate Iar, le soldat Bartolo, ainsi que le soldat et fidèle allié des Chrétiens, Alexios qui connaît bien la Marine, le vassal de mes enfants, Ron, Roswald, Gram et Persis. Ains était de retour du Japon.

L'objet de la réunion était simple et limpide.

Il s'agissait de trancher pour l'avenir.

Faut-il se focaliser sur les affaires intérieures tel quel, ou faut-il étendre agressivement notre territoire ?

Vers le nord ou vers le sud ?

Jusqu'alors, le royaume de Romarie n'avait qu'une seule doctrine nationale.

Elle consistait à étendre nos terres par la guerre contre les Aderniens.

Mais cela avait pris fin lors de la dernière campagne.

Désormais, le royaume de Romarie perdait de vue cette orientation.

Ce n'était pas bon.

C'est pourquoi j'avais réuni huit personnes, neuf avec moi-même.

Je pris la parole en premier.

« Toutes les révoltes dans les territoires conquis ont été matées. En revanche, les recettes fiscales seront maigres pour l'instant, et une certaine volonté de sédition persiste. J'attends vos avis. »

Je balayai du regard les huit visages.

Bartolo fut le premier à répondre.

« Si nous devons étendre le territoire, ce sera vers le nord. Nous n'avons aucune marine ici. Et si nous voulons affronter le royaume de Roselle, c'est désormais le moment. »

« Et pourquoi donc ? »

« Parce que le général Curiu est parti. »

Les propos de Bartolo, qui avait affronté Curiu en personne, faisaient autorité.

À vrai dire, toute tentative d'expansion serait vouée à l'échec si Curiu revenait au sud.

Après cet exposé, Iar leva le doigt.

« Je considère que cette politique d'expansion devrait se poursuivre... Non, mieux vaut même qu'elle s'accélère. »

« Que veux-tu dire exactement ? »

Iar répondit à ma question.

« Pour préserver l'unité de la Fédération de Rosyth... Si nous l'emportons et organisons une juste répartition des butins, les peuples des États passés sous notre coupe ou entrés dans la Fédération durant cette guerre resteront fidèles. On ne veut surtout pas qu'ils nous font face... À condition, bien sûr, de vaincre. »

Ça ressemblait à un vélo qui chuta dès qu'on cessait de pédaler...

Que devenait notre royaume, alors ?

Une expansion territoriale trop rapide se révélait néfaste, aujourd'hui.

Mais face à un conflit armé majeur avec le royaume de Roselle, les choses ne pouvaient plus se passer comme auparavant.

Le dilemme était cruel.

« J'apprécie qu'on puisse en rester là pour l'instant... Le royaume de Roselle n'est plus celui d'hier. »

Lymond éprouvait les mêmes craintes que moi et s'opposait visiblement à toute idée d'expansion.

Alexios leva alors le doigt.

« Étendre le territoire, soit. Mais dites-moi, n'avez-vous rien oublié d'essentiel ? »

« Quoi donc ? »

« La défense du royaume, Sire... Vous affirmez que la meilleure défense est l'offensive. C'est valable pour le nord, mais pour le sud ? Si Hanno conserve à jamais son emprise sur le Sénat de Pofenia... comment l'en empêcher ? J'ai cru comprendre que les Banqa regagnaient du terrain depuis peu. »

Actuellement, le courant majoritaire en Pofenia restait celui des grands propriétaires et de l'aristocratie, mené par Azul Hanno.

Sous sa direction, ils prônaient une économie agricole, s'opposaient à l'expansion territoriale, favorisaient une diplomatie de bon voisinage et maintenaient le statu quo en étant favorable à Romarie.

C'était d'ailleurs ce qui avait justifié leur neutralité lors du dernier conflit.

Mais récemment, il semblait que les Banqa et les partis côtiers tournés vers le commerce gagnaient du terrain.

Leurs programmes privilégiaient le commerce, l'expansion territoriale et se montraient hostiles à Romarie.

Leur retour au pouvoir nous posait paradoxalement problème.

Car nous venions de remporter une brillante victoire, contrairement à ce que les Pofénians anticipaient, et d'étendre brutalement notre territoire.

Azul Hanno

« Même victorieuse, Romarie ne nous ferait rien. Il ne chercherait pas à étendre son influence. Les Aderniens périraient au front sans coûteuses campagnes, préservant ainsi les finances de l'État. »

Or il s'était avéré que ce fut une véritable trahison.

En définitive, une puissante entité régionale vit le jour sur la péninsule d'Adernia.

Les Banqa, qui lui en tenaient rigueur, regagnaient de l'influence, et la Pofenia s'apprêtait à basculer à nouveau vers une politique expansionniste.

…** Si nous ambitionnions de contrôler le détroit de Mercina, nous ne pouvions pas croiser les bras.**

« Je ne parle pas d'ouvrir un second front au sud, mais il faut se montrer vigilant. Je demande qu'on préserve une flotte navale. La différence est considérable entre en posséder une et non. »

« Entendu. Mais nous n'avons guère l'habitude de structurer une marine ici. Réquisitionner des vaisseaux aux cités-États comme Lezzad ne poserait-t-il pas problème ? »

« Et si nous faisions construire des unités neuves ? La technique navale prospère dans les cités grecques du sud. Avec nos moyens financiers et nos ressources, est-ce impensable ? »

C'était indéniable.

Seul bémol : l'entretien d'une flotte représentait une charge financière lourde...

« Prenons les choses doucement, dans un premier temps, pour mener des essais. Cela convient-il ? »

« Entendu... Dans la mesure du possible, pourriez-vous lancer la construction de quinquerèmes ? Les trières constituent la norme en Grèce, mais nous aurions du mal à rivaliser avec la marine standard de Pofenia. »

« Compris. J'examinerai cette option à part. »

Je m'adressai ensuite à Ains.

« Et que nous souhaite Xerxès ? »

« La volonté de l'Empire perse demeure inchangée. Leur attente envers nous vise à contenir Pofenia. Il est peu probable qu'ils s'offusquent d'un conflit avec le royaume de Roselle. L'empereur Xerxès n'apprécierait nullement une transgression face à Pofenia pour ménager Roselle... Je rejoins Alexios : il nous faut préparer le sud avant de songer à étendre nos frontières. »

Ains professait la foi chrétienne.

Nous savions que les Chrétiens alliés avaient battu l'Empire persan parce qu'ils avaient brisé la neutralité et que Pofenia s'était rangé du côté de Persis.

La Pofenia nourrissait probablement des ambitions démesurées.

« Détail pratique : Xerxès souhaite aliéner ses vieilles flottes et propose de nous céder des unités d'occasion. »

« Des pièces anciennes, exactement ? »

« Elles ne sont pas hors service pour vieillissement, mais reléguées par désarmement. Tant que nous construisons régulièrement un contingent suffisant pour l'entretien technique, nous n'en aurions pas besoin. J'en ai inspecté quelques-unes : après rénovation, elles restent parfaitement navigables... Bien sûr, certaines sont des trières, mais on trouve aussi des quinquerèmes. »

Autrement dit, une manne logistique intéressante...

Bon, globalement, ce n'était pas si mal.

« Quel prix proposent-elles ? Et en combien ? »

« Une trentaine d'unités. »

« ... Commandons-en une dizaine. »

Trente unités disponibles.

Je me demandais si cette acquisition ne risquait pas de braquer Pofenia.

Passons à autre chose.

Enfin, je m'en tins à Ron, Roswald et Gram.

Ron prit d'abord la parole.

« Quel est ton avis ? »

« ... Je penche pour le nord. Nous avons besoin de nouvelles terres et de richesses pour assumer notre tutelle sur les populations conquises. »

Point commun à noter.

Ce que confirmait Ron.

Notre royaume devait poursuivre son expansion militaire.

Un état passé sur la défensive ne survivait pas ; il était broyé.

Les frontières naturelles ne suffisaient pas à garantir une défense périmétrique.

« Je suis d'accord. Pouvons-nous renforcer la cavalerie légère dans cette optique ? Nos gardes montés ne dépassent pas le millier, et c'est insuffisant. Rester éternellement dépendant du royaume d'Alva n'est pas une solution. »

Roswald prenait ainsi la parole.

Le royaume de Roselle est une puissance gauloise, et les Gaulois manient la cavalerie bien mieux que nos Aderniens.

Ils disposent par conséquent d'une cavalerie massive.

La donne changerait radicalement.

« ... Avons-nous les moyens d'atteindre les dix mille cavaliers ? »

L'expansion territoriale rapporterait des impôts substantiels, sans compter les richesses amassées après la chute de Granada.

Avec ce budget, atteindre dix mille cavaliers d'un seul coup n'était pas illusoire.

Le seul goulot d'étranglement résidait dans le recrutement humain. Une certitude toutefois...

La jeunesse noble.

Par tradition, les jeunes de la haute société savaient tous chevaucher.

Nombre d'aristocrates dépossédés de leurs fiefs lors de la récente centralisation traînaient une existence chaotique et cherchaient désespérément du travail.

Bien sûr, un bond massif était improbable, mais...

Porter les effectifs équestres à trois mille était largement faisable.

« Gram, que penses-tu de l'affaire ? »

« Aucune objection à ce que je viens d'énoncer. Mon avis personnel serait pourtant le suivant... Même en conquérant Roselle, nous devrions d'abord consolider nos acquis pendant au moins deux ans. Pourquoi ne pas instaurer de nouvelles colonies sur les terres occupées ? Y installer les roturiers sans fief. Ils serviraient de colons... et de soldats en cas de besoin. »

« Excellente idée... Y a-t-il déjà eu des précédents de ce type ? »

« Oui. »

Gram affichait un sourire presque complice.

Très bien, aucun souci.

« Je te laisse gérer. Fais-moi ça proprement. »

Bon...

Je me levai.

« Comme toujours, notre unique voie est celle de l'expansion. Au cours des deux prochaines années, nous renforcerons nos institutions, gonflerons les rangs de nos armées et consoliderons notre pouvoir interne... Puis nous frapperons le royaume de Roselle. ... Je les expulserai de la péninsule d'Adernia. »

Ma décision était scellée.

Si tel était le cas...

« Iar. Il doit exister de nombreux Aderniens mécontents de la tutelle gauloise dans le royaume de Roselle. Prends soin de les rallier... Sabote leur appareil depuis l'intérieur. »

« Entendu... Laisse-moi faire. C'est mon domaine. »

Iar esquissa un sourire.

Même en le confiant à Iar, je savais que ça marcherait.

« Bartolo réclame, comme toujours, un renfort militaire. »

« C'est entendu. »

Bartolo s'inclina.

« Alexios exige la constitution et l'entretien d'une marine. Roswald réclame davantage de cavalerie. Quant à Gram, il prendra la tête de l'administration coloniale. Ron, tu gères la partie bureaucratique et administrative. »

Pour finir, j'appelai Ains.

« Ta position sur l'échiquier diplomatique repose entièrement sur tes épaules. »

« Bien sûr... Sire. »

Entendu !

À cela près que la suite se jouerait au nord.

Faisons tomber cette partie en un seul effort !!

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