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Otherworld Nation Founding Chronicles

Chapitre 262

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Chapitre 262

Chapitre 262

Chapitre 262/31583%~9 min de lecture1 665 mots

La scission causée par le royaume de Romarie a considérablement affaibli les Alliés.

Le pays du roi Gilberd a été privé du Nord ainsi que du quatrième prince qui le défendait, tout en perdant les renforts qui devaient provenir de cette région.

Le deuxième prince de l'Ouest n'a pas bougé de ses terres, ignorant nos répétées demandes d'appui.

S'y ajoutent les rumeurs de communications clandestines avec Romarie.

Le royaume de Faludam a dû consacrer vingt mille soldats, prévus pour frapper Romarie, au combat contre celui de Roselle, ce qui a fortement réduit ses effectifs.

Domorgal a signé la paix avec Romarie et s'est retiré du conflit.

Faludam et Gilberd, qui attendaient des renforts de Domorgal, ont vu leur moral s'effondrer.

À mesure que la guerre tournait au pire, la volonté de lutter s'est muée en désarroi chez les familles de Faludam et Gilberd.

Jusqu'alors, ils n'avaient jamais mené de véritable guerre pour défendre leurs terres, et l'Union à trois leur laissait croire à une victoire aisée.

Pourtant, à présent, une issue victorieuse semble impossible pour Faludam et Gilberd.

Une grande partie de la noblesse tourne alors sa pensée vers une seconde option pour sauver ses domaines : se rendre ou négocier sous la contrainte.

Qu'on les accuse de vendre leur peuple, ça ne les dérange pas.

Apr tout, c'est au roi qu'il revient de mener la guerre à succès.

Inutile de jouer les souverains suicidaires.

Il est logique de chercher à changer de camp auprès de Romarie.

Et Romarie n'est pas assez clémente pour passer outre à un tel effondrement allié.

Malgré les clauses de séquestration et de reddition, ils ont fini par accepter la capitulation des maisons royales à des conditions relativement clémentes.

Parmi les rois soumis figuraient des parents du roi Gilberd, qui combattaient eux aussi aux côtés de Bartolo.

Petit à petit, les effectifs des deux royaumes diminuent, comme si on leur arrachait les dents.

Au départ, les armées des deux pays, montées près de cent mille hommes, n'en comptaient plus que soixante-dix mille quand ils ont pris la mesure de la situation.

De surcroît, les Alliés se déchiraient entre eux.

La bataille pour l'initiative oppose désormais le roi de Faludam au prince de Gilberd.

Le territoire de Gilberd aligne quarante mille hommes, malgré la défection de nombreux contingents ethniques.

De l'autre côté, le royaume de Faludam dispose de trente mille soldats de réserve.

Leurs forces sont sensiblement égales, et leur rang hiérarchique — roi contre prince — ne les distingue pas tant que cela sur le terrain.

C'est pourquoi les frottements se multiplient.

Le roi de Faludam soutient qu'il faut consolider nos positions défensives et nous préparer à l'ennemi.

Tandis que le prince de Gilberd rétorque qu'il faut avancer sans tarder et frapper avant que l'ennemi ne se regroupe.

Faludam entend compenser notre infériorité numérique par l'avantage du poste de défense et user l'adversaire dans une guerre d'usure, plutôt que de se déplacer et disperser ses forces.

Le pays de Faludam n'a pas encore subi d'assaut.

Point besoin de risquer une offensive prématurée.

En revanche, le roi Gilberd a déjà reçu les coups et perdu de nombreuses provinces.

Et surtout, le roi Gilberd [son père] est détenu.

C'est pourquoi il veut décrocher la victoire au plus vite, quitte à sacrifier quelques troupes.

Deux arguments face à face, parfaitement parallèles.

Ni l'une ni l'autre armée ne peut prendre l'offensive, et la défense stagne.

Face à ce blocage, le déploiement des cent trente mille hommes de l'armée de Romarie avance sans encombre.

Ainsi...

Les cent trente mille combattants de la Fédération engrangent des succès les uns après les autres, gonflant le moral.

L'armée alliée, tombée à soixante-dix mille, s'épuise sur ses pertes successives.

Un affrontement décisif entre vainqueurs et vaincus se profile déjà à l'horizon.

« Eh bien, ça fait longtemps, non ? »

Je retrouve mes vassaux après dix-huit jours...

Mon regard balaye Bartolo, Alexios, Ron-kun, Roswald-kun, Gram-kun, Soyon-chan et Lulu.

J'aperçois également les visages de Julia, Tetora-chan et Alice.

« Maintenant que nous sommes là... c'est la bataille décisive. Celle-ci restera gravée à jamais dans l'histoire de ce monde. Même face à un rapport de force écrasant, nous donnerons tout ce que nous avons. »

« Oui !! »

Leur ferveur suffit.

Difficile de rester sourd aux succès répétés.

Très bien.

Puisque j'ai tranché sur le plan stratégique...

« Votre Majesté, un messager du roi Faludam vous attend. »

Apparemment, nous n'aurions peut-être même pas eu à livrer bataille.

Comme prévu, sa visite porte une proposition de paix.

Il propose de céder la moitié sud de ses terres, de signer un traité de paix et d'intégrer la Fédération de Romarie au lieu de combattre.

En échange, nous nous engagerions à restituer au royaume de Faludam les territoires envahis par Roselle.

Nous pouvons valider les clauses concernant les terres cédées et le traité, mais le sort de Roselle relève de notre propre décision.

Nous ferons tout notre possible, mais nous ne pouvons garantir la restitution intégrale de ces provinces.

Le messager accepte haut la main cette réponse.

Le roi de Faludam voit clairement ses possibilités se réduire.

Honnêtement, je sais que je gagnerais même si je refusais catégoriquement son offre.

Nous avons le double de forces en ligne de mire, une défaite est inconcevable.

J'ai Bartolo et Alexios sous ma main.

Néanmoins...

Un doute persiste quant à l'étendue exacte des territoires que nous pouvons annexer sans provoquer de résurgence.

La capitale du royaume de Gilberd est tombée en plein cœur de la nuit.

Nos hommes ont assailli les murailles sans préparation lourde et ont percé le dispositif.

Filtitia, capitale de Faludam, est une vaste cité et devrait posséder des réserves alimentaires suffisantes.

Et même à l'instant, nous pourrions organiser une résistance acharnée sous les remparts.

Bien sûr, elle finira par tomber, mais prolonger la guerre aurait des effets néfastes sur les bases agricoles japonaises.

Sans aucun doute, Roselle récupérera la majeure partie de ces terres.

Alors...

Je jette un coup d'œil à Iar et Raymond.

Ils hochent tous les deux la tête en chœur.

Parfait, mon intention est scellée.

« Très bien. J'accepte leur reddition. À partir d'aujourd'hui, nous sommes alliés. Vas-y. »

Ainsi, le royaume de Faludam capitule officiellement.

L'effectif ennemi n'excède plus les quarante mille hommes.

« Le prince héritier n'a toujours pas envoyé d'émissaires ? »

« Au contraire, ils paraissent décidés à tenir. »

Raymond et moi échangons un regard et secouons légèrement la tête en signe de compassion.

Un seul jour de front tendu.

Nous faisons grâce au prince de Gilberd.

La victoire est à portée de main.

Il serait stupide de foncer contre un adversaire dont la défaite est certaine, au risque de perdre du monde et de semer des rancunes inutiles sur ces territoires.

Cela dit, démontrer la puissance de Romarie vaut bien l'investissement. Rien ne pourra nous être reproché.

« Mais pourquoi cette obstination de l'ennemi ? »

Ayant obtenu notre pardon et constatant qu'ils n'allaient rien attaquer, certaines factions ennemies lançaient néanmoins des raids sporadiques.

Bien sûr, j'ai anticipé tous leurs coups.

« Je sais qu'ils ne se rendront pas, parce qu'ils n'ont plus rien à perdre. Mais qu'est-ce qui pousse la noblesse à suivre ? »

« Peut-être ne reste-t-il qu'une poignée de nobles fanatiques, jurant une fidélité absolue au clan Gilberd ? »

Effectivement, les pusillanimes ont filé, seuls les plus endurcis subsistent.

Est-ce la seule solution ?

« Je ne peux laisser la guerre s'éterniser. J'appelle Bartolo et Alexios. »

Je les réunis pour leur ordonner une attaque générale.

Tous deux comprennent immédiatement mes instructions et un sourire grave étire leurs lèvres.

« Votre Majesté. Que souhaitez-vous que nous fassions ? »

« Entourez-les et réduisez-les à néant. Cette fois, je vous montrerai la voie. »

La question de Bartolo trouve sa réponse.

Pour nouer des liens durables à l'avenir, il nous faudra épargner certaines vies.

« Votre Majesté est trop compatissante. »

« Les mauvais, ce sont ceux qui refusent de se soumettre. Épargnez les soldats qui se rendent, car sans populations soumises, il n'y aura personne pour payer les impôts. »

Je hoche la tête, mesurant toute la justesse de la remarque d'Alexios.

« À présent, lancez l'assaut général. »

La campagne s'achève sur une victoire totale.

Ces rebondissements sont particulièrement appréciés dans les chroniques de guerre, et ils le restent dans les livres d'Histoire.

Pourtant, derrière ces récits flatteurs, il faut admettre que beaucoup d'éléments tiennent du miracle.

Et...

Malheureusement, le prince de Gilberd n'a bénéficié d'aucune clémence divine jusqu'au dernier instant.

_______________

Bataille de Loutoni

Connue pour l'affrontement final entre le royaume de Romarie et l'armée du roi Gilberd, celle-ci a ouvert la voie à la victoire décisive de l'empereur Almus, qui unifia l'Adernie méridionale.

Cependant, sa portée militaire passe entièrement à l'ombre de sa valeur politique et historique.

L'armée vaincue fut littéralement broyée.

Leur anéantissement fut total.

On raconte qu'environ la moitié des quarante mille hommes de Gilberd trouva la mort sur le champ, tandis que l'autre moitié se rendait.

L'immense majorité des rangs adverses fut fauchée, prouvant la force redoutable de la Fédération.

Selon les chroniqueurs, la Grande Conquête du Nord, achevée lors de la bataille de Loutoni, présente des spécificités absentes de toutes les autres campagnes.

Les engagements de grande ampleur y furent rares, et la maîtrise des négociations diplomatiques s'y révéla déterminante.

La guerre n'est que l'extension de la diplomatie.

C'est en somme l'incarnation même de la vision de l'empereur Almus.

Lors de cette conquête du Nord, nul ne vit périr ni le roi de Gilberd, ni celui de Faludam, ni celui de Domorgal.

Ou plutôt, on pourrait soutenir que ces souverains étaient délibérément épargnés.

L'empereur Almus a su éviter l'écueil d'un pouvoir vidé de sa substance après la ruine, optant pour des décisions pragmatiques.

Les trois royaumes survécurent plusieurs années en tant que monarchies sous l'égide de la Fédération de Romarie.

La lourde tâche de fondre ces nouveaux alliés dans la Fédération de Romarie...

...fut confiée par la suite à Marx.

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