Après avoir laissé les soldats se reposer une journée dans la capitale du royaume de Belvédère, l'armée de coalition s'est mise en route vers le royaume d'Eville.
Le roi Belvédère affichait un air frustré.
Bon, c'est une situation de vie ou de mort. Sinon, l'armée de Rosyth se ferait simplement battre.
Le problème, c'est qu'on ne peut pas perdre la bataille finale.
... Pour l'instant, si on perdait cette bataille, on perdrait la guerre entière.
L'infanterie de Lezzad et de Gehenne était restée en arrière pour surveiller le roi Belvédère.
J'avais engagé la cavalerie germanique de Lezzad et le couple Alexios-Melia [puissance] pour une somme considérable, et ainsi j'avais obtenu 500 cavaliers d'élite et un couple d'officiers d'état-major excellents.
Je pense que le point positif des mercenaires, c'est qu'on peut les obtenir facilement avec de l'or.
Tant qu'on reste prudent avec eux.
Lors de notre retraite, j'ai envoyé des lettres manuscrites aux cités autonomes et aux patriciens qui s'étaient rendus.
Surveillez les autres cités et patriciens et empêchez tout mouvement suspect. C'était essentiellement ce qui était écrit.
Je leur ai dit que s'ils signalaient quelque chose avant qu'il ne se produise, je donnerais une récompense.
J'espère ne m'inquiéter pour rien mais...
Bon, ils ne peuvent pas se rebeller. J'ai obtenu du roi Belvédère qu'il accepte le désarmement après tout.
« Roi de Rosyth ! Devant nous se trouvent lord Raymond à la tête de l'armée de Rosyth de 1 000 hommes et lord Equus à la tête de la cavalerie equus de 4 000 !! » (Soldat de Rosyth)
« Je vois. Rejoignons-les vite. Prévenez-les pour moi. » (Almus)
La cavalerie de reconnaissance a découvert une armée amie à un kilomètre devant.
En utilisant des faucons messagers pour établir le contact, nous avons pu nous joindre rapidement. [1]
... Cependant, je pensais qu'il y aurait sûrement une interférence du roi Eville.
Qu'est-ce qui se passe ?
Bon, Raymond qui se bat depuis le début devrait connaître les détails.
Mieux vaudra l'interroger plus tard.
Ce jour-là, comme le soleil déclinait, après la jonction des deux armées, elles installèrent le camp.
« Mon roi !! C'est bon de vous voir !! » (Raymond)
« Ouais, Raymond s'est bien battu aussi... Y a un truc que je veux demander. Qu'est-ce que fait le roi Eville ? » (Almus)
Au moins, grâce aux infos des faucons messagers et des chevaux rapides, on commence à comprendre un peu.
Les armées de Raymond et du roi Eville s'étaient livrées des escarmouches à répétition.
Bien sûr, comme l'armée de Rosyth était inférieure en nombre, il semble qu'elle ait été repoussée peu à peu.
Même en utilisant la tactique de la terre brûlée tout en reculant lentement, l'armée d'Eville a continué à exercer sa pression d'une manière ou d'une autre.
La situation a changé quand la tribu Equus a déboulé en renfort.
Plutôt qu'à moi, c'était une bonne décision de les avoir envoyés chez Raymond. Comme attendu de Muzio. [2]
Quand l'armée d'Eville a appris l'arrivée de la cavalerie equus, elle s'est retirée prestement et est rentrée au pays.
Malheureusement, la poursuite n'a pas semblé possible.
Bon, si on essayait de poursuivre une armée de 3 000 avec une armée de 1 000, la situation pourrait facilement se retourner contre nous.
Cette situation est tout de même bonne.
Le problème, c'est qu'on nous a laissé fusionner les armées.
Après la fusion, notre force est composée d'environ 7 000 fantassins et 4 500 cavaliers. Au total, c'est une grande force de 11 500 soldats.
On ne peut pas simplement battre le roi Eville avec cette armée.
Normalement, on penserait : « Avec ça, la victoire est garantie, non ? »
La raison pour laquelle ce n'est pas le cas... non, je veux connaître la raison pour laquelle ça ne suffira pas.
« Moi-même, je ne connais pas les détails... mais il semble que l'armée ennemie se dirige vers l'ouest pour une raison quelconque. » (Raymond)
« L'ouest, hein... ça a un rapport avec l'armée de Zoldias ? » (Almus)
Mais selon Yal, l'armée de Zoldias n'aurait pas dû commencer à bouger avant qu'on gagne contre le roi Eville.
Qu'est-ce qui se passe ici ?
« C'est mon avis honnête... il semble que Yal Claudius ait fait [son ?] mouvement. » (Raymond)
« Lui, hein... mais je ne peux pas entrer en contact avec lui. » (Almus)
Pour aller du royaume de Zoldias au royaume de Rosyth, il faut traverser le royaume d'Eville.
Impossible que, alors qu'il est actuellement en guerre avec le royaume de Rosyth, le roi Eville dise gentiment : « Passez donc chez nous. »
Donc, passer avec un cheval rapide est impossible.
J'utiliserai un hibou ou un faucon messager à la place.
Cependant, le chevauchement d'âme de longue durée sur des animaux est une lourde charge pour les sorciers.
Il y a le danger d'être attaqué par des bêtes sauvages. C'est pour ça qu'on les utilise avec parcimonie.
Il y a aussi le fait que, faucons et hiboux étant des animaux, il faut bien leur donner de la viande à manger. Du coup, il faut chasser en route.
Bien que les faucons et hiboux messagers soient les meilleurs en discrétion et vitesse, au-delà d'une certaine distance, ils deviennent peu pratiques.
Pour commencer, les sorciers sont un atout vital et ne peuvent pas être utilisés à la légère.
C'est pour ça que j'ai décidé que je ne pouvais pas contacter Yal par quelque moyen que ce soit.
« Bon, c'est pas grave. De toute façon, c'est pas si mal. Demain, on marche tout droit. Puisque le royaume de Belvédère doit gouverner tous les terres en domaine direct en utilisant la loi gouvernementale spéciale [le traité ?], il faut préparer les territoires du royaume d'Eville comme récompense. » (Almus)
On a mis pas mal de charge sur les patriciens.
Avec ça, je peux détruire la machine [politique ?]... je rigole, parce que si je faisais ça, je n'aurais plus de patriciens pour me suivre.
L'approche « carotte et bâton » est importante ici.
« Hé, mon meilleur pote. Je peux poser une question ? » (Muzio)
« Quoi ? » (Almus)
« C'est qui, l'homme et la femme là-bas ? À en juger par l'allure, ils ne sont ni alderniens ni crétois, si ? » (Muzio)
Muzio demande en désignant Alexios et Melia qui se tiennent avec les patriciens.
Je fais signe aux deux de s'approcher.
« Ces deux-là sont un général et une sorcière de Lezzad. Ils commanderont la cavalerie de Lezzad. L'homme, c'est Alexios, et la femme, c'est Melia. » (Almus)
« Comme présenté, je suis Alexios. Je viens de Povenia. Je n'ai pas de nonem [nom de famille]. » (Alexios)
« Pareil, je suis Melia. Je viens de Povenia. Moi non plus, je n'ai pas de nonem. » (Melia)
Muzio a relevé les sourcils.
Il semble intéressé par ce qu'est la « Povenia » et le fait qu'ils n'aient pas de nonem.
« La Povenia, c'est... un pays du continent sud, c'est ça ? Qu'est-ce que ça veut dire, pas de nonem ? C'est une coutume là-bas ? » (Muzio)
« Non, c'est faux. J'en avais un, une fois... mais j'ai abandonné ma maison. » (Alexios)
Muzio semblait encore un peu intéressé mais s'est arrêté là.
Il pense probablement qu'insister serait impoli. De toute façon, on n'apprendrait rien à entendre l'histoire des maisons du couple.
« Vous êtes les représentants de Lezzad. Je peux considérer ça comme ça ? » (Muzio)
« Non, c'est juste moi et 500 cavaliers. On est juste des mercenaires engagés par le roi Almus cette fois. C'est tout. » (Alexios)
C'est l'essentiel.
Si Lezzad était vraiment investi dans cette guerre, ils auraient envoyé une armée plus grosse et un ou deux membres de l'assemblée.
Lezzad ne veut pas s'impliquer plus loin dans cette guerre.
Mais ils veulent rendre la faveur. C'est pour ça qu'ils nous prêtent la cavalerie et Alexios.
Si ça tourne mal [défaite], ils pourront juste dire : « Ce sont des mercenaires, ça n'a rien à voir avec notre pays [Lezzad]. »
De l'autre côté [victoire], ils pourront dire : « Grâce à notre prêt de mercenaires, ils ont gagné. »
Comme attendu de la communication [diplomatique] des Crétois.
Ils sont vraiment forts pour diriger la diplomatie.
« Maintenant que les présentations sont finies, commençons le conseil de guerre. » (Almus)
Je dis ça en parcourant des yeux les patriciens, Muzio et Alexios.
« C'est notre grande victoire, non. »
« Bah, « c'est une victoire facile s'ils n'ont que cette cavalerie. »
Le lendemain [après le conseil de guerre], nous avons envahi le royaume d'Eville.
Nous nous sommes engagés contre des patriciens sortis pour nous repousser et avons obtenu une victoire décisive.
Ils essayaient de nous faire de la terre brûlée avec 1 000 soldats.
Cependant, nous avons 4 500 cavaliers d'élite.
La cavalerie a bougé plus vite que l'ennemi ne pouvait se retirer.
De plus, comme nous avions l'avantage numérique, il suffisait d'attaquer leurs flancs [pour gagner].
Y a pas grand-chose à dire à part qu'on a gagné. C'était même pas vraiment un combat, plutôt une annihilation.
Cette fois, il y avait cinq patriciens qui ont tenté de nous tendre une embuscade.
Leurs familles ont aussi été toutes déportées au royaume de Rosyth.
Les patriciens vassaux sous leurs ordres ont été pardonnés. Si on les punissait, leur domination s'effondrerait.
Tant que je promettais un quelconque statut, il n'y aurait pas de résistance.
Bon, il y en avait encore qui débordaient de loyauté mais... ces gars-là ont été capturés et déportés au royaume de Rosyth.
Je n'ai pas l'intention de les tuer. Si je tue, je n'obtiendrai pas de reddition.
Les traîtres qui viennent de l'intérieur sont à tuer, mais les ennemis qui viennent de l'extérieur sont à ne pas tuer autant que possible.
C'est ma politique.
Les premiers trahiront à nouveau si on les pardonne, mais les seconds travailleront bien pour vous s'ils se rendent.
Bon, je regarderai encore au cas par cas.
Mes subordonnés patriciens sont déjà en train de me lécher les bottes [pas au sens propre] pour l'attribution des terres.
Bonne tendance. Continuez comme ça.
Essayer de me cirer les pompes, ça veut dire qu'ils m'obéiront.
« Dis donc, il n'y a pas de cavalerie dans le royaume d'Eville ? » (Muzio)
Muzio jette un regard curieux.
Il semble qu'aucune cavalerie correcte n'ait été envoyée.
Pour Muzio, l'aspect le plus important en guerre, c'est la cavalerie, donc c'est encore plus mystérieux.
« Il y a beaucoup de montagnes dans le royaume d'Eville. Mon pays a beaucoup de plaines comme frontières naturelles. Investir dans la cavalerie doit être gênant [pour eux]. » (Almus)
En plus, investir dans la cavalerie coûte cher.
Même dans mon pays, une bonne division de cavalerie n'existait pas au début. C'est comme ça.
Ou plutôt, mise à part la cavalerie equus et germanique, ma propre armée de cavalerie ne compte que 300 hommes, donc je peux rien répondre [à Eville].
« Toi, de ton propre chef, tu as réalisé l'importance de la cavalerie, donc une division de cavalerie s'est organisée. Comme attendu du roi de Rosyth. J'aimerais bien que le sénat de mon pays fasse bouillir tes cheveux et boive la décoction. » (Alexios)
Alexios me fait un compliment.
Faire bouillir les cheveux de quelqu'un et boire la décoction, c'est un idiome. Ça a le même sens que « observer et apprendre ». [3]
Mais ça sonne comme un remède contre la calvitie. En y pensant, ces types [les sénateurs] étaient chauves.
« À partir de maintenant, la cavalerie deviendra une partie intégrante de la guerre. L'infanterie lourde devient obsolète... Ce serait peut-être le bon moment pour commencer à réfléchir à de nouvelles formations. » (Alexios)
Une formation un peu plus flexible que ce qu'on a maintenant serait mieux.
Une formation finale qui fait flanquer la cavalerie sur les côtés serait mortelle [pour l'ennemi]. Bon, cette guerre est à peu près finie de toute façon.
« Votre Majesté, roi de Rosyth !! Un émissaire du roi Eville !! » (Soldat de Rosyth ?)
« Il est enfin arrivé. » (Almus)
Bon, ben, qu'ils se rendent ou pas, ça dépend entièrement des termes et conditions.
« Enchanté, roi de Rosyth. Je suis le vice-roi [vice-roi ?] par intérim, Gnaeus Domitius Eville. » (Gnaeus)
« Enchanté. Je suis Almus Ars Rosyth. Ça te va si je t'appelle Gnaeus ? » (Almus)
« Oui, ça ne me dérange pas. » (Gnaeus)
Gnaeus était un vieillard.
Beaucoup de rides couvraient son visage.
Cependant, je sens une forte volonté dans ses pupilles. Même à travers ses vêtements, on devine clairement les mouvements de ses muscles solides.
Ça veut dire qu'il est encore un guerrier en activité ?
Si je me souviens bien, c'est le demi-frère cadet du roi précédent.
Je suppose qu'il a servi le roi Eville jusqu'à aujourd'hui.
Il est comme Raymond pour moi.
« Alors, y a quelque chose que vous voulez de moi cette fois ? Je suis un homme occupé. » (Almus)
« Hahaha, le roi de Rosyth est un client coriace. Je suis venu négocier la paix entre nos deux pays. » (Gnaeus)
Gnaeus me fixe avec des yeux forts et présente ses conditions.
« Mon pays [Eville] perd contre le vôtre [Rosyth] en ce moment. Cependant, notre capitale royale tient toujours. Elle ne tombera pas facilement si on s'y retranche. Ce que votre pays veut le plus maintenant, c'est du temps. Je propose qu'on retire nos armées et qu'on appelle ça match nul... » (Gnaeus)
« C'est une blague intéressante. C'est tout ? » (Almus)
C'est un discours stupide.
Je ne peux pas accepter ces conditions. J'ai ma fierté, sans compter qu'il faut que je sécurise des terres pour les patriciens.
« De plus, ce qui est important pour votre pays, c'est le temps. » (Gnaeus)
« Hou ? Pourquoi ça ? » (Almus)
J'esquisse un petit sourire.
« Le roi Zoldias devrait lancer son invasion, non ? Je sais au moins ça. » (Almus)
« Hahaha, qu'est-ce que vous... notre pays et le royaume de Zoldias sont en bons termes. Il n'y a pas moyen que ce soit un fait. » (Gnaeus)
Je fixe droit dans les yeux de Gnaeus.
Gnaeus me rend le regard.
C'est Gnaeus qui rompt le contact visuel.
« Vous feriez un coup de Jarnac ? C'est vrai que l'armée de Zoldias est rassemblée près de la frontière. Nous y avons concentré des soldats. » (Almus)
C'était un demi-buff.
Le roi Zoldias soutiendrait notre pays et, après notre victoire, ferait avancer son armée, c'était le scénario selon Yal.
Mais après ça, on a perdu contact avec Yal.
« Un coup dans le dos qui mène à l'invasion du royaume. Je ne peux pas dire que ce ne soit pas le cas. » (Almus)
« Je comprends ça. Alors, roi de Rosyth, quelles sont vos conditions ? » (Gnaeus)
Je présente les conditions que j'avais discutées au préalable avec Raymond.
Le roi Eville reconnaîtra la souveraineté des terres contrôlées par le roi de Rosyth.
Le roi Eville paiera 1 000 pièces d'or en réparations. Un versement initial de 500 pièces d'or sera payé immédiatement.
Les deux pays signeront un accord d'armistice de 5 ans.
Le successeur du roi Eville, le prince héritier, étudiera à l'étranger au royaume de Rosyth.
« Hahaha, dites-moi que vous rigolez !! » (Gnaeus)
« J'ai encore de la marge pour dire plus de "blagues". Comme attendu d'un guerrier. On refait une bataille ? » (Almus)
Gnaeus et moi nous sommes dévisagés un moment.
Suite à la discussion, le traité est le suivant.
Le roi Eville reconnaîtra la souveraineté des terres contrôlées par le roi de Rosyth.
Le roi Eville paiera 100 pièces d'or immédiatement.
Les deux pays signeront un accord d'armistice de 5 ans.
Le successeur du roi Eville, le prince héritier, étudiera à l'étranger au royaume de Rosyth pendant 3 ans.
Avec un résultat sûr, ça s'est terminé.
L'or des réparations est passablement faible en montant.
Bon, j'ai obtenu un armistice et un otage.
Ça devrait suffire.
Maintenant que le royaume d'Eville s'est rendu, la suite... c'est tout Rozel !!
« Hé, Gnaeus !! Comment ça s'est passé ? » (Roi Eville)
« J'ai réussi à les duper, d'une manière ou d'une autre. » (Gnaeus)
« Je vois. Avec la capitale royale devant nous... évitons l'armée de Zoldias qui approche. » (Roi Eville)
Almus avait prédit que l'armée de Zoldias était rassemblée près des frontières du royaume d'Eville.
Mais en réalité, c'était faux.
L'armée de Zoldias avait remporté une énorme victoire contre l'armée d'Eville et avançait en profondeur. C'était la vérité.
Le rôle de Gnaeus était d'essayer de cacher le plus possible la vérité et de sortir avec un traité le plus avantageux possible.
« Néanmoins, que l'armée de Zoldias attaque... quand on me l'a dit pour la première fois, j'ai eu la frousse de ma vie. Bon, j'ai réussi à les duper. C'était bien que leur roi soit encore jeune... Une fois qu'il aura grandi, il deviendra un adversaire embêtant. » (Gnaeus)
« Hahaha, je ne laisserai pas l'ennemi retourner la situation une deuxième fois !! À partir de maintenant, je devrai aller me prosterner au royaume de Rosyth... Bon, les choses ne se sont pas passées comme avec Belvédère. C'est pas plus mal... Bon, maintenant, le jeune homme de Rosyth est hors du chemin. Maintenant, c'est le jeune homme de Zoldias. Gnaeus, je te donne 4 000 soldats. Détruisez-les ! » (Roi Eville)
« Compris !! Avec certitude !! »