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Ore ni wa Kono Kuragari ga Kokochiyokatta

Chapitre 37

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Chapitre 37

Chapitre 37

Chapitre 37/7053%~9 min de lecture1 724 mots

« …… Bien. »

Le soleil s’était couché et je suis sorti de l’auberge.

En consultant mon tableau de statut, j’ai remarqué que je disposais d’une quantité respectable de points et de cristaux. Leur utilisation devrait rendre les combats contre les monstres plus fluides, mais je n’avais guère envie de les consommer.

Il existait bien sûr la raison de ne pas attirer l’attention.

Pourtant, l’expérience réussie consistant à devoir mes points au final pour traverser cette forêt comptait beaucoup plus lourdement.

En cas d’imprévu, garder des points augmentait nettement les chances de s’en sortir sain et sauf…

C’est pourquoi, sachant cela précisément, je n’étais tout simplement pas prêt à les dépenser sans compter.

À moins d’un motif particulièrement pressant.

Je traverse les ruelles les unes après les autres pour gagner le centre-ville accueillant l’entrée du donjon.

Sur le site d’accès au dédale, un feu de camp brûlait comme à l’accoutumée tandis que quatre sentinelles flanaient avec ennui.

Et là, se dressait exactement une silhouette inhabituelle…

'C’est sûrement la fille d’hier… Reifureia ? Qu’est-ce qu’elle fabrique ici ?'

Il s’agissait de la guerrière maniant la technique spirituelle de la lumière que j’avais croisée la veille.

Ignorant radicalement les jeunes soldats qui la regardaient furtivement, elle faisait face droit devant, plantée comme une sentinelle devant l’entrée du dédale.

'M’attendrait-elle réellement… ?'

Cette pensée me traverse un instant avant que je ne me sente honteusement prétentieux.

Il devait bien y avoir une explication.

'Devrais-je aller l’interpeller pour vérifier qu’elle garde bien le secret ?'

Néanmoins, je craignais que cela ne se retourne contre moi.

Si elle m’avait déjà oublié, ce serait même plus commode pour moi.

Au final, je l’ignore purement et simplement, enveloppe mon corps de ténèbres et glisse sans un bruit à l’intérieur du dédale.

L’intérieur du dédale demeure identique à ses précédentes visites.

Une sécurité réelle se dégage même de ces ombres.

Sans accorder la moindre attention aux explorateurs débutants combattant au premier étage, la Cité Crépusculaire, je file vers les escaliers menant au deuxième niveau.

Les squelettes ne collent absolument pas avec mes compétences ou mon armement.

Enfin, je ne les ai pas encore affrontés réellement, donc c’est subjectif, mais j’ai comme l’impression frôlant l’évidence que les massues sont leur point faible ultime. Or, je ne possède qu’un simple poignard de pacotille.

Autrement dit, j’arrive ainsi au deuxième étage, la Prison Souterraine des Bêtes Affamées.

« Brume Noire »

Me fondant dans la pénombre, je scrute les alentours pour repérer un monstre isolé.

Tandis que je cherche, je dégaine mon poignard et tente quelques mouvements d’essai dans les airs.

'Ils est lourd… et maniablement catastrophique.'

C’est tout bonnement mon ressenti direct après l’avoir manipulé.

C’était logique et il n’y avait même pas besoin d’y réfléchir. Je n’ai jamais tenu une épée de ma vie.

Ce poignard entre mes mains est à la base un modèle de pacotille, acheté pour son prix dérisoire.

Une lame d’une quarantaine de centimètres à la surface bosselée. La lame est si fine qu’on pourrait croire qu’on n’a essayé que de simuler un tranchant ; toute manipulation trop brutale entraînerait immanquablement des éclats ou une casse pure et simple.

Un objet sans autre intérêt réaliste que l’autodéfense basique. Et pourtant, dans ce monde où le fer brut coûte déjà une petite fortune, ça ne revient pas du tout donné.

Y réfléchissant, il aurait peut-être fallu débourser un certain capital sur Terre pour acheter ce genre de lame.

Impossible de l’acquérir pour deux ou trois cents, voire cinq mille yens.

C’était une évidence totale.

Swish ! Swish !

Je fais tournoyer le poignard. Son poids doit avoisiner le kilogramme.

Ma force et ma vélocité manquent cruellement.

À l’image du mante que j’ai abattu, il me faudra nécessairement viser un coup fatal d’un seul trait. C’est mon intuition profonde.

Pour véritablement combattre en tant que guerrier, ma masse musculaire est bien trop insuffisante.

'Ça fatigue rapidement…'

Quelques minutes seulement de mouvements continus et soutenus avec le poignard ont suffi pour que je commence à manquer d’air.

Que serais-je devenu si j’avais dû manier un long acier ?

Et quelle diablerie de force brute faut-il posséder pour brandir allègrement une grande épée dont la masse dépasse peut-être de loin dix fois celle de ce simple poignard…

'Bon, passons. Je vais cibler le monstre ayant l’air le plus fragile.'

Parmi ceux du deuxième étage, le gobelin est assurément le moins dangereux.

Un petit démon mesurant à peine un mètre, opérant généralement en groupe.

Ces créatures, en tant qu’êtres vivants, paraissent relativement difformes et ne font ni plus ni moins que rôder bêtement sans action précise.

Dès qu’elles aperçoivent un humain, elles se ruent dessus, mais l’origine de cet instinct reste un mystère complet.

Peut-être s’agit-il d’une caractéristique bizarre inhérente au dédale lui-même.

'En voilà un. Deux, finalement…'

Après avoir marché un peu, j’ai repéré deux gobelins évoluant ensemble.

Puisque leurs groupes peuvent atteindre plus de dix individus, un spécimen solitaire représente une proie idéale.

Même sous l’effet de la Brume Noire, il semble que les monstres finissent par détecter ma présence s’ils s’approchent trop près.

La peur m’empêche de pousser l’expérimentation jusque-là, mais fondamentalement, les techniques spirituelles ne sont pas omniscientes.

De surcroît, face à une paire, si l’un tombe, l’autre repérera immédiatement ma position. Comment réagirais-je dans ce cas précis ? C’est là toute la question.

Ayant observé maintes façons de faire varier les différents groupes, aucun n’utilise de technique spirituelle sombre.

Je n’ai d’autre choix que d’inventer et appliquer ma propre stratégie.

'Application concrète… ou plutôt test expérimental ?'

Grâce aux effets de la vision nocturne combinés à celle de nuit noire, je vois pratiquement autant clair dans les ténèbres générées par la Brume Noire que durant le jour.

Par ailleurs, cette technique me provenant directement, elle ne peut logiquement pas plonger le domaine dans une obscurité aveuglante me masquant mes propres mouvements. Une inversion totale du principe.

J’amplifie alors la production d’obscurité à sa puissance maximale.

La Brume Noire de quatrième rang peut englober entièrement une sphère atteignant une dizaine de mètres de rayon.

Brusquement, les gobelins happés par l’obscurité se mettent à piailler en chœur.

Pas un bruit de pas, souffle retenu, je contourne les gobelins pour me positionner derrière eux.

Souffle bloqué, une frappe unique vise leur nuque vulnérable.

La lame dégagée descend dans un mouvement fluide, raclant le cou des gobelins par-derrière comme aspirée, avant de changer subitement de nature : cling ! Les monstres se métamorphosent en petits cristaux spirituels translucides.

'Maintenant le suivant…'

Quant au second gobelin, il semble incapable de comprendre ce qui vient de se produire, continuant uniquement à vociférer dans tous les sens.

Il ne tente ni de soulever son arme, ni de prendre la fuite.

Avec calme et discrétion, je place à nouveau derrière lui et porte le même geste, faisant tomber ma lame sur la nuque exposée.

La confrontation achevée, le verdict tombe : c’est littéralement indolore.

Une victoire nette obtenue exclusivement grâce à la Brume Noire.

Nul besoin d’activer d’autres sorts supplémentaires.

'Wah… Encore cette sensation.'

Celle ressentie lors de l’abattage du mante, un flux de pouvoir spirituel envahissant mon corps jusqu’à la fusion totale. Inférieure à la précédente, certes, mais quel phénomène se cache derrière ?

Je devrais peut-être finir par questionner le patron du Marché des Ténèbres à ce sujet.

Dès lors, je ne cesse d’observer les proies accessibles, analysant systématiquement chaque combat.

Face à une meute d’une cinquantaine de gobelins, « Invocation des Bêtes Nocturnes » suffit à elle seule à les éliminer.

Cette incantation projette une douzaine d’insectes ténébreux aux dimensions d’une dizaine de centimètres pour assiéger la cible. Bien que mon degré de maîtrise reste faible actuellement, cultivé méthodiquement, cela deviendra probablement l’attaque physique directe la plus efficace parmi mes répertoires.

Avec mon niveau actuel, la Liaison des Ombres n’immobilise qu’une quinzaine de secondes face à un orc, sachant par ailleurs que les membres supérieurs conservent une amplitude de mouvement résiduelle ; bref, c’est assez précaire.

Toutefois, sachant qu’elle a fonctionné moyennement contre le mante, tout dépendra probablement de l’usage tactique.

Comme elle ne touche qu’un individu par déclenchement, il faudra spammer l’incantation consécutivement en cas de plusieurs adversaires simultanés.

Montrera davantage de polyvalence une fois son expérience approfondie… C’est l’hypothèse principale.

Si j’active l’Élan des Ombres, orcs et gobelins s’exaltent et foncent tête baissée pour attaquer.

Lorsque je maintiens ma visibilité, ils se distraitent ou chargent s’ils sont suffisamment proches ; divers scénarios. Sans monter davantage cette compétence, cela restera juste un outil servant à créer de subtiles ouvertures.

…Bon, admettons que dans un contexte de combat brutal, cette « minuscule ouverture » revêt une importance vitale.

Si j’emploie le Décalage des Ombres, le taux de prise d’impact diminue de moitié, mais comme je refuse délibérément les affrontements frontaux classiques, son utilité demeure limitée pour l’instant.

Et surtout — la Brume Noire est tout simplement trop puissante.

Un terrible avatar des ténèbres.

Semblant servir simultanément de base et de technique suprême, dans l’obscurité absolue, gobelins et orcs tombent quasi complètement paralysés.

Visiblement, les créatures possèdent une vision nocturne adaptée à ce dédale déjà sombral, mais à l’intérieur de la Brume Noire règne une noirceur complète sans aucun éclairage résiduel.

Dans ces conditions, les monstres perdent instantanément leur moyen d’action et paniquent.

Il ne reste plus qu’à m’approcher tranquillement par-derrière et moissonner les vies.

Si simpliste et dévastateur que les autres techniques n’ont même plus lieu d’être déployées.

Du moins face à gobelins et orcs, la Brume Noire suffira à assurer une victoire totale.

Cependant, face à des specimens plus endurcis… tels les ogres ou les mantes, je ne peux afficher une confiance tranquille.

Parce qu’un seul contact accidentel, même issu d’un geste réflexe et imprécis suite à une détection soudaine dans l’ombre, pourrait s’avérer mortel.

Mieux vaut éviter toute illusion de supériorité ou négligence prématurée.

Ne ciblant exclusivement que gobelins et orcs tient simplement du calcul : en cas de riposte inopinée, je n’affiche pas un potentiel offensif capable d’infliger une blessure fatale immédiate — c’est le pari raisonné.

Bref, nous n’en sommes qu’à la première journée de bagarres contre créatures hostiles. Il n’y a aucune urgence chronométrique.

Une progression progressive et constante convient parfaitement.

Finalement, cette journée entière est consacrée à traquer méthodiquement les bêtes les moins dangereuses.

Le butin se limite à vingt cristaux spirituels translucides ainsi que quatre variants colorés.

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