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Neither a Protagonist nor an Antagonist, I've Become a Background Character?

Chapitre 85

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Chapitre 85

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Chapitre 85/18247%~9 min de lecture1 629 mots

Su Qingyang regarda d’abord Mo Yunxuan placé devant lui, puis leva les yeux sur l’effectif imposant des gardes personnels parvenus au Royaume du Raffinement du Vide.

Même s’ils ne figuraient qu’au stade précoce de l'Âme Naissante, constituer une formation militaire serait suffisant pour l’encercler et l’anéantir.

À cela s’ajoutaient la puissance du Royaume de l'Intégration Corporelle de Mo Yunxuan ainsi que son armée de cent mille hommes ; la famille Su n’avait strictement aucun moyen de porter la main sur lui.

Quelques jours plus tôt seulement, Su Qingyang avait reçu un rapport venant de la Cité Impériale.

Ce renseignement indiquait qu’il existait vraisemblablement plusieurs puissances du Royaume de l'Intégration Corporelle au sein du Palais Ducal de l'État de Wei.

Si Su Qingyang avait jusqu’ici considéré l’information avec une certaine défiance, la vue de ces trente gardes personnels au sommet du Raffinement du Vide vint instantanément pulvériser la moindre étincelle d’espoir qui subsistait en lui.

« Je dois encore convaincre le deuxième frère d’annuler le plan, sinon si les informations sont bel et bien véridiques, la famille Su traversera un gros désastre ! »

Su Qingyang médita à voix basse pour lui-même.

Certes, la famille Su disposait encore du Vieil Ancêtre Su Shan, parvenu au stade médian de l'Intégration Corporelle, mais celui-ci avançait tout de même dans ses années.

Avant que Su Mo n’ait atteint sa majorité, il ne souhaitait guère risquer la survie de toute la parentèle uniquement pour assouvir une rancune.

Ce qu’il ignorait, c’est qu’à peine Mo Yunxuan avait-il fait son apparition que celui-ci l’avait repéré dès le premier rang, sur le flanc gauche.

Durant tout le déroulement de la scène, il n’avait cessé d’exercer son Sens divin sur lui.

En constatant aujourd’hui le complet détachement de Su Qingyang à son égard, Mo Yunxuan comprit que leurs différends avec la famille Su ne se règleraient jamais dans la paix. Tant de calme et de sang-froid, sa machination est tout bonnement terrifiante. Il semble que la famille Su doive disparaître ; autrement, qui sait quand ils feraient exploser une bombe sous mes pieds.

'Cependant, ce n’est pas le moment opportun. Une fois que j’aurai réglé la question du riz spirituel, je m’occuperai de la famille Su, afin de ne pas effaroucher le serpent.'

S’étant résolu à sa décision, Mo Yunxuan tourna la tête vers Su Qingyang et annonça : « Chef de famille Su, la consorte impériale Su Wan se trouve actuellement à bord d’un vaisseau volant de guerre. Quand comptez-vous aller la voir ? »

À ces mots, le visage de Su Qingyang se ferma légèrement. Les frasques de Su Wan avec un eunuque constituaient un scandale absolu pour la maison Su.

Lequel des dignitaires suffisamment influents pour être venus l’accueillir aurait été assez dépourvu pour ignorer une telle nouvelle ?

Ils y avaient tous simplement ménagé la face de la famille Su, passant sciemment l’éponge sur l’affaire.

Or, Mo Yunxuan venait de rapporter cette histoire en public, sans la moindre retenue, assénant tout bonnement une gifle à la famille Su.

C’était purement et simplement une humiliation publique !

Le plus crucial restait qu’il était incapable de vaincre les troupes du Palais Ducal de l'État de Wei présentes sur place, le contraignant à avaler toute sa colère dans sa gorge.

C’était trop étouffant !

Le comble de l’oppression résidait dans l’obligation où il se trouvait de ne laisser transparaître aucune animosité envers Mo Yunxuan ; car si des ennemis aux motifs obscurs répandaient le bruit, on interpréterait cet état de fait comme une opposition à la Famille Impériale, fournissant aussitôt un prétexte à ces retiens de la couronne pour passer à l’acte.

Pour éviter de livrer prise à autrui, Su Qingyang dut rafer son visage, ne désirant surtout pas laisser échapper de gestes outranciers.

« Duc de Wei, serait-il possible d’accorder à Su Wan de résider provisoirement parmi nous, afin qu’elle profite de l’abri protecteur de sa propre lignée ? »

« Bien sûr, je ne manque pas de raison, mais je dois mettre en garde le chef de famille Su : abstenez-vous de manœuvres sournoises, ou vous vous compliqueriez considérablement la tâche. »

Mo Yunxuan n’eut pas du tout la force de refuser la requête de Su Qingyang. Il avait d’ailleurs lui-même besoin d’un prétexte légitime pour demeurer à Jiang Cheng.

Si Su Qingyang ne rencontrait Su Wan qu’une seule fois, il s’en prendrait les cheveux !

À cette échéance, une révolte de la Secte du Lotus Sacré éclaterait inévitablement, et les Gardes Valeureuses de Gauche et de Droite du Palais Ducal de l'État de Wei chargeraient d’étouffer le mouvement.

Après tout, nul ne tolérerait volontiers qu’une armée de cent mille combattants prenne racine au cœur de leur propre territoire !

Sans parler du fait que Mo Yunxuan manquait de prétexte valable : la situation actuelle tombait exactement sous ce qu’il préférait observer.

Quant à l’avertissement solennel prononcé précédemment, il ne relevait que d’un caprice passager. Mo Yunxuan se moquait bien que Su Wan finisse par s’enfuir ou non.

De toute façon, la famille Su devait périr sous sa plume, et une Su Wan vidée de son titre de consorte impériale et de son nom paternel n’était qu’une ordinaire cultivatrice du Stade de la Transformation Divine, toujours une cultivatrice de ce palier dénuée de presque toute expérience combative, totalement indigne d’intérêt.

Pourtant, le maintien impavide de Su Qingyang emplit le cœur de Mo Yunxuan d’une défiance accrue à son endroit.

Le sens politique de Mo Yunxuan frôlait le néant, mais il avait quand même appris par les romans et drames télévisés qu’un chien qui mord n’aboie pas.

La conduite actuelle de Su Qingyang correspondait parfaitement à cette description ; aussi, l’intention meurtrière qui bouillonnait en son âme prit-elle davantage d’ampleur.

Incapable d’imaginer pareille hostilité, Su Qingyang ressentit subitement un froid glacial lui parcourir l’échine, accompagné d’un mauvais pressentiment, mais lorsque son Sens divin balaia les alentours, il ne put déceler la moindre anomalie.

Il lui fallut se contenter de murmurer avec appréhension : « Alors, je remercie le Duc de Wei au nom de la famille Su. »

« Je vous en prie, je vous en prie. »

Si les autres présents pouvaient passer à côté des micro-expressions qui trahissaient Su Qingyang, comment Mo Yunxuan, parvenu au stade tardif de l'Intégration Corporelle, aurait-il pu faire de même ?

Il éprouvait un pur plaisir à manipuler une souris. Prenant conscience de ce sentiment, Mo Yunxuan ne tarda pas à se recadrer mentalement :

'Fais preuve de prudence ! Sois décisif ! En tant que méchant... Hein ? Depuis quand suis-je devenu un méchant ?'

'Ciel ! Moi, le duc de Wei, revêtu d’une autorité légitime, commandant à deux cent mille gardes impériaux et cinq millions d’élites, ai fini par vivre en simple vilain !'

'C’est tout bonnement inadmissible ! Tout ça à cause de ces Enfants du Destin. Ce n’est que parce qu’ils ont comploté contre moi que je me suis vu contraint de riposter sur la défensive. Je suis la victime, pas le méchant !'

Laissons donc Mo Yunxuan vaquer à ses lamentations intérieures. Lin Bin constatait que la discussion avec Su Qingyang touchait à sa fin et s’intercala aussitôt : « Seigneur Duc de Wei, Lin et les vôtres ont préparé un banquet en votre honneur. Aurions-nous le privilège de vous compter parmi nos hôtes ? »

À ces paroles, Mo Yunxuan acquiesça d’un signe de tête : « Allons-y, j’aurai de toute façon l’occasion de goûter aux spécialités de la ville de Jiang. »

Lin Bin bascula avec calme et aplomb sur son flanc droit, tendant la paume droite vers les profondeurs de la résidence du seigneur de ville : « Je vous prie d’entrer. »

Mo Yunxuan ne fit aucune cérémonie et franchit directement l’enceinte. Une éventuelle embuscade ne l’inquiétait en rien.

Après tout, le seigneur de ville en poste demeurait Lin Bin. Si la famille Su disposait réellement des moyens d’y loger des assassins, Mo Yunxuan se demanderait sérieusement comment la lignée Lin avait pu survivre pendant autant d’années face aux siens.

De surcroît, fût-ce le cas, avec son niveau de cultivation actuel, Mo Yunxuan ne redoutait absolument rien.

Mo Yunxuan n’avait jamais subi le moindre attentat durant toute son existence, ou plutôt, il avait grandi sous l’emprise protectrice du Palais Ducal de l'État de Wei. Fût-on passé maudit, les gardes du corps l’auraient dépisté avant l’heure pour ensuite arracher la menace à ses racines. Les tueurs n’avaient même pas eu l’occasion de croiser son regard.

Désormais, il venait soudainement de pénétrer sur un territoire hostile, ce qui stimulait fort l’envie qu’il éprouvait de voir quelques assassins mal avisés tenter directement leur chance contre lui.

Il se demandait bien quels sentiments pourraient bien envahir de pauvres diables à la vue de l’escorte de gardes personnels massés derrière lui ?

Tiens tiens tiens, quelle excitation !

Voyant cela, Lin Bin se hâta de suivre, ouvrant la marche à une enjambée de distance, faisant montre de civilité tout au long du chemin.

Jusqu’aux portes de la salle du banquet, rien d’anormal ne fut signalé, ce qui déceva légèrement Mo Yunxuan.

Fixant Lin Bin, homme doux et raffiné, il lança un soupir silencieux dans sa poitrine : « C’est exact. La famille Lin s’est d’ores et déjà employée au mieux pour endiguer la pression de la famille Su ; alors comment auraient-ils osé provoquer le manifestement plus puissant Palais Ducal de l'État de Wei. »

Quoi qu’il puisse cogiter entre ses quatre murailles, le banquet se déroulait pourtant sans accroc, méthodiquement.

Les chants et airs musicaux du festin rappelaient Mo Yunxuan à lui-même. Depuis sa transmigration, il semblait qu’il n’eût cherché d’autres distractions que d’endurer seul l’usure de ses appétits charnels, ce qui paraissait quelque peu indigne de son rang de Grand Duc !

………

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