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My Wife Waited in the Wheat Fields

Chapitre 29

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Chapitre 29

Chapitre 29

Chapitre 29/7141%~9 min de lecture1 685 mots

Luton eut l'impression d'être possédé par un fantôme.

Cette sensation ne le quitta pas tandis qu'Elric lacérait son corps de coupures et de contusions, broyait les Loups-Lames et réduisait en miettes les arbres immaculés qui l'entouraient.

Il en alla de même par la suite.

« Nous nous séparons ici, alors. Je t'attendrai dans la cabane. »

Même après qu'Elric s'éloigna en boitant, Luton resta hébété.

Une pulsation battante résonnait dans tout son corps.

Son armure en lambeaux rendait ses mouvements inconfortables.

Pourtant, il serra les dents et regagna le village.

« Ch-Chavalier !!! »

Les voix des chasseurs ramenèrent Luton à lui.

« Ah… »

« Vous êtes vivant ! On dirait un paquet de… »

Luton esquissa un sourire tandis que le chef des chasseurs le regardait, les yeux embués.

Il ne pouvait pas voir son visage, évidemment, aucun miroir n'étant à portée, mais les parties de son corps qu'il distinguait en baissant la tête lui donnaient l'air d'un homme qui sortait d'une guerre.

Il réfléchit au genre d'excuse qu'il pourrait avancer, puis finit par dire :

« Ce n'était rien, Monsieur. »

« Comment ça, "rien" ! Vos blessures sont bien trop graves ! Et les monstres ? J'ai déjà appelé du renfort… »

« Je m'en suis occupé. Les Loups-Lames. »

Les corps des chasseurs se raidirent.

Les expressions sur leurs visages dépassèrent la surprise pour virer à la stupeur.

« S-S'il s'agissait de Loups-Lames… »

« Ce sont des bêtes de haut rang, et vous dites qu'il y en avait plusieurs… »

« Comme on s'y attend d'un chevalier… »

Les murmures ne se limitèrent pas aux chasseurs.

Même les villageois se mirent à scruter Luton comme s'il était un monstre numéroté.

Luton se gratta la tête, incapable d'expliquer ce qui s'était passé.

La seule chose qui lui traversa l'esprit sur l'instant fut la lame à un seul tranchant d'Elric.

Il ne l'avait pas reconnue, n'avait pas pu y réagir, n'avait pas pu la comprendre.

« Maintenant que j'y pense, il n'avait même pas d'épée. »

Sa canne, alors ? Était-il seulement possible de tout trancher si net avec une simple canne ?

Non, mis à part ça, comment Elric était-il devenu si fort ?

Certes, il était inhabituellement fort parmi les enfants du village il y a dix ans.

Cependant, il ne semblait pas capable de recourir à de telles techniques déraisonnables en tant que débutant.

Luton était confus, puis abandonna ses pensées.

Il se contenta de sourire et leva les yeux vers le ciel.

« C'est le patron. »

Et maintenant qu'il avait cessé d'y penser, il sentit une pointe de soulagement.

Bon, quoi qu'il en soit, tout s'était bien terminé, donc tout allait bien.

Au moment où Lutonposa ce qu'il tenait, la rumeur s'était propagée dans la foule.

« Si c'était un Loup-Lame, c'est un monstre avec des lames pour griffes ? »

« Vous voulez dire que plusieurs d'entre eux ont été vaincus par cet homme ? »

« Br-Briseur d'Épées Maudit ! Briseur d'Épées Maudit Luton ! »

Briseur d'Épées Maudit Luton.

Ce surnom révéré commença à résonner doucement depuis un village au fin fond de Yubin.

Il s'écoula encore quelques heures avant qu'Elric et Tyria ne soient secourus.

Les villageois avaient fait descendre les Portman, retranchés dans leur cabane, jusqu'au bas de la vallée en motoneige.

Aldio, qui avait accouru en apprenant la nouvelle avec du retard, enlança Elric le visage ruisselant de larmes, ce qui était devenu une sorte de secret de Polichinelle.

De retour au manoir des Portman :

« La fièvre de Milady est assez élevée. Je crains qu'elle doive garder le lit un moment. »

« Je vois. Je resterai dehors encore un peu, vous pouvez vaquer à vos occupations. »

« Bien, Monseigneur. »

Aldio s'inclina et quitta la chambre de Tyria.

Elric la contempla, allongée sur le lit.

Son visage était traversé d'une expression complexe.

Il était à moitié inquiet, à moitié furieux de son imprudence.

La certitude qu'il devrait l'affronter là-dessus dès son réveil commençait à s'installer.

Il poussa un profond soupir.

Le regard d'Elric se mit à scanner la pièce.

« C'est simple. »

C'était si simple qu'il comprit immédiatement que Tyria n'avait pas apporté beaucoup de nouvelles affaires en dix ans.

Un lit, une étagère, une bibliothèque et une porte latérale.

Le fond de la pièce devait être son boudoir.

Rétrospectivement, c'était la première fois qu'il mettait les pieds dans sa chambre, et c'était une sensation étrange, mais exaltante.

Tout en pensant cela, Elric la regarda à nouveau.

Son visage habituellement pâle était teinté de rouge.

Une fine perle de sueur y glissait, et sa respiration était saccadée.

Elric tamponna son front avec son mouchoir.

À chaque fois, son froncement de sourcils se détendait un peu, et Elric laissa échapper un petit rire face à cette réaction si inopportunément drôle.

« Ce fut bien plus qu'une simple lutte. »

Les cinq Loups-Lames avaient dévalé la montagne sans se soucier de son genou.

Ainsi, ils avaient rouvert son genou guéri.

Avec la période de convalescence prolongée, son genou se mit à le faire souffrir rien qu'en restant assis tranquillement, tout comme lors de sa blessure initiale.

C'était humiliant.

« Je suis dans de beaux draps. De si beaux draps. »

Il se surprit à être soulagé de pouvoir user de cette blessure comme prétexte pour rester plus longtemps ici, et c'était cela qui le tourmentait.

« J'ai l'impression de devenir trop peu attentionné. »

Les mains d'Elric restaient immobiles.

« Je m'habitue à la vie ici, et ce n'est pas si mal, puisque chaque matin est si revigorant. »

C'est à cet instant qu'il avait commencé à parler…

D'un coup, le corps de Tyria tressaillit, et bientôt ses paupières battirent.

Les yeux d'Elric s'écarquillèrent.

« Milady… Argh ! »

Il se dressa sur ses pieds, oubliant l'état de son genou, et en ressentit aussitôt le contrecoup en grimacant de douleur.

Fronçant les sourcils, il se stabilisa et porta son regard sur Tyria.

« …Hmm ? »

Ses yeux étaient vitreux et fixaient le vide.

Il cligna fortement des paupières, puis.reporta son regard sur elle.

Leurs yeux se croisèrent, et Tyria tâtonna après l'index d'Elric.

Il n'y avait aucune force dans ses mouvements.

« Milady… ? »

« …. »

Tyria observa l'index d'Elric, piégé dans sa main, un moment, avant de se recroqueviller et d'attirer la main d'Elric vers elle.

Elric paniqua, tiré dans sa direction.

Ses mains étaient maintenant serrées dans les bras de Tyria.

Il se demanda ce qui lui prenait, mais en la regardant, elle referma les yeux et replongea dans le sommeil.

Elric laissa échapper un rire sec.

« On dirait que celle qui avait besoin de quelque chose à câliner pour dormir, c'était toi. »

Le teint de Tyria se détendit.

Rassuré de la voir dormir profondément, Elric se dirigea vers son bureau.

Pendant qu'elle se reposait, il s'occuperait des affaires du domaine.

Avec ce qu'il avait appris, il pouvait gérer les tâches simples, alors il se mit à ouvrir les paperasses.

À la vue d'une main tenant un stylo, Elric fut soudain distrait.

Il était inévitable qu'une fois mis au travail, on soit distrait.

« Mes sens se sont émoussés ? »

Elric repensa à l'instant où il avait tué les Loups-Lames dans les montagnes enneigées.

« Je suis presque certain que j'aurais pu faire une coupe plus nette. »

À ce moment-là, il s'était pressé et n'y avait pas réfléchi, mais à présent, il lui semblait qu'il n'avait pas été aussi bon pour contrôler son mana que sur le champ de bataille.

Après tout, son intention initiale avait été de trancher les Loups-Lames proprement, en épargnant les arbres environnants.

Il n'avait pas regardé, et il n'avait pas d'épée en main, mais cela n'avait pas vraiment d'importance.

Il n'avait même pas besoin d'épée pour exécuter la technique, puisqu'il se contentait de trancher son mana comme un couteau et de le projeter depuis son corps.

Elric fronça les sourcils.

La cause lui apparut immédiatement.

« Ma vitalité a diminué. »

Le Royaume de l'Épée était une technique où l'intention meurtrière maintenait le mana sous contrôle.

Contrairement aux méthodes conventionnelles de culture du mana, plus on s'éloigne de la vitalité, plus le contrôle du mana devient difficile.

Ce n'était pas une question de quantité de mana ou de puissance.

Si l'on perd le contrôle de la quantité de mana émise, on perd le contrôle des détails.

En d'autres termes, s'il foula le champ de bataille dans cet état, il pourrait y avoir une catastrophe où alliés et ennemis seraient balayés d'un seul coup.

En fait, lorsque sa vitalité avait été hors de contrôle, il y avait eu plusieurs fois où il avait exterminé des alliés en plein milieu du champ de bataille.

Il en avait résulté quelques règlements de comptes.

Il devait faire attention.

S'il continuait ainsi, il pourrait provoquer un autre accident comme ceux d'avant.

« Peut-être devrais-je faire un entraînement de rééducation… »

Même en y pensant, il hésitait.

L'atmosphère idyllique de Yubin l'avait désensibilisé.

Il retournerait au champ de bataille.

Mais chaque fois qu'il y pensait, l'hésitation dans son esprit grandissait de plus en plus.

« Ha… »

Elric soupira.

C'est à cet instant qu'il entendit un coup à sa porte.

« Monseigneur. »

« Hmm ? Qu'y a-t-il ? »

« Lord Luton souhaite vous dire au revoir avant de repartir. »

Il partait déjà ?

Elric bondit sur ses pieds, surpris.

« J'arrive tout de suite ! »

Sur ce, il sortit du bureau, canne en main.

Il se dirigea droit vers le salon.

« Ah ! Le Capitaine est là ? »

Luton l'accueillit avec un sourire joyeux.

Elric ne put s'empêcher de sourire.

« Hmm ? Pourquoi tu as cette tête ? »

Grinçant jouer, Luton avait l'air d'avoir été battu à coups de bâton, tout son corps teinté de bleuissements.

C'était tout l'œuvre d'Elric.

« …Aurais-je dû être un peu plus doux ? »

Soudain, une vague de remords le submergea.

[1. Moi-même je vois bien qu'il aurait dû être blessé ici…]

PR : Maudit

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