Je revins au manoir depuis la chambre d'Aurum et sortis dans le jardin.
« Yoda-san ! »
« Niveau bas, t'es là »
Émilie et Ève, qui étaient dans le jardin, se retournèrent simultanément vers moi.
Émilie avait un air embarrassé, tandis qu'Ève affichait son habituelle expression de totale indifférence en croquant une carotte.
Et derrière elles se trouvait l'entrée du donjon menant au sous-sol.
Sans rien savoir, on aurait pu prendre ça pour un igloo construit dans le vaste jardin du manoir.
Mais c'était indubitablement un donjon.
L'entrée de ce qui, dans ce monde, est plus important que tout et produit toutes choses.
« Le donjon d'Érisronium…… »
« Hein !? »
Émilie s'étonna.
La veille au soir, après avoir chargé Cell, j'avais expliqué la situation à tous mes compagnons, donc Émilie savait pour « l'esprit tué Érisronium ».
« C'est ça, alors ? »
« Aurum l'a dit. La détection entre esprits, c'est sûr apparemment. »
« Je vois…… »
« Et l'intérieur, c'est comment ? »
« C'est que…… »
« J'ai pas pu entrer. »
« Hein ? »
Surpris, je regardai alternativement Émilie et Ève qui venaient de répondre.
« Au début je savais pas que c'était un donjon, alors j'ai essayé d'entrer pour voir comment c'était, mais y avait comme un mur invisible et j'ai pu pas entrer du tout. »
Émilie dit ça en se dirigeant vers l'entrée du donjon.
Elle ne put avancer plus loin depuis l'entrée, et ses mouvements devinrent comme du mime, comme si elle touchait un mur invisible.
« Moi non plus, le lapin a marché pas. »
Cette fois c'était Ève, qui s'approcha d'Émilie et abattit un coup de tranchant.
C'était d'une lenteur incroyable — c'est-à-dire quasi à pleine puissance.
Ça déclencha une détonation et une onde de choc, mais comme pour Émilie, un mur invisible l'arrêta.
« Même une attaque de ce calibre ne peut pas percer ? »
« Je sens un rejet. »
Je me retournai à la voix venant de derrière.
Là se tenaient Nihonium, Mike et Sakuya, tous trois.
Le trio de Nihonium qui agissait souvent ensemble ces temps-ci.
Nihonium apparut, traînant les deux autres avec une posture et un comportement qui rappelaient une épouse de yakuza.
« C'est quoi, un rejet ? »
« Pas donjon, non, je sens fortement la volonté de l'esprit. Un rejet né de la frayeur. »
« …… »
J'eus l'impression d'entendre une voix off dire « Moi je comprends », et je ne poussai pas plus loin la discussion.
C'est parce que c'est Nihonium qu'elle comprend, et c'est parce qu'elle comprend qu'elle a quitté le donjon en plein jour pour venir ici.
Elle aussi, à partir de « volonté et rejet », a donné au maître du donjon la capacité de faire disparaître les drops.
Elle doit bien comprendre ce genre d'émotions.
Je l'ai accepté si facilement parce que je connais la vérité.
La vérité qu'Érisronium a été tué juste avant.
Tué, et même s'il a renaît, ça s'est transformé en frayeur, et il rejette l'entrée des humains dans le donjon.
C'est une connexion logique, et je l'ai acceptée sans mal.
« Cela dit »
« Oui ? »
« Un rejet complet est impossible. Si on remplit une condition, on peut entrer, au minimum c'est tout ce qu'on peut faire. »
« C'est comme ça que ça marche ? »
Nihonium acquiesça nettement.
« Une seule journée par an où l'entrée est possible. La condition la plus stricte qu'on puisse imaginer. »
« Je vois. »
Même un esprit ne peut pas refuser complètement l'entrée aux humains.
Humains et donjons — esprits.
La relation entre les deux dans ce monde recèle encore beaucoup d'inconnues, et je ressentis un léger intérêt.
Je m'approchai de l'entrée du donjon.
Si je ne peux pas entrer, tant pis, mais sachant qu'Érisronium a été tué injustement, j'ai entendu une voix — peut-être une hallucination auditive — qui disait « aide-moi ».
Au minimum, je veux saisir la condition d'entrée.
Avec cette idée, je touchai le mur invisible qui avait bloqué Émilie et Ève.
Je me fis avoir par l'inattendu : ce qu'on croit être là n'y est pas.
J'entendis presque un « vlan » tant ma main fendit l'air en grand, et je faillis trébucher.
Je fis un pas en avant et m'arrêtai net.
« Hein !? »
La voix d'Émilie me parvint.
Je me retournai et la vis, surprise, à l'extérieur du donjon.
Et moi, j'étais à l'intérieur du donjon.
« J'ai pu entrer…… »
« Comment t'as fait ? »
« Ben normalement, Émilie, essaie d'entrer. »
« Oui…… j'y arrive pas. »
« Pareil qu'avant. »
Émilie ne put toujours pas entrer, bloquée par le mur, et même sa force ne lui permit pas d'avancer d'un seul pas.
Je ressortis du donjon, normalement.
J'y rentrai à nouveau, normalement.
Je sortis, j'entrai.
Comme pour des sauts de cabri, je franchissais sans cesse la limite de l'entrée du donjon.
Je pouvais entrer et sortir sans le moindre problème.
« Niveau bas, t'as du culot. »
« Aïe ! »
Ève me mit un coup de tranchant alors que je ressortais, elle a l'air un peu de mauvaise humeur.
C'est de la frustration parce qu'elle ne peut pas entrer —.
« Hein ? »
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Ève, t'as dit quoi tout à l'heure ? »
« J'exige des excuses et des carottes du niveau bas. »
« Au moins fais une blague avec les mots que t'as dits ! »
Je retorquai en force.
Mais c'était bien quand même.
Les mots d'Ève — niveau bas.
Ce mot familier que j'ai entendu des centaines, des milliers de fois depuis notre rencontre.
Niveau bas — niveau 1.
Tué…… frayeur…… rejet…… niveau bas.
« C'est un donjon à restriction de niveau ? »
La restriction d'entrée d'Érisronium.
En le disant à voix haute, je trouvais que ça ne pouvait être que ça, ça tombait si juste.