Après le départ de Tatsumi et des autres du temple, un jeune homme amenant avec lui d'autres de son âge entra dans le temple comme s'il les avait attendus.
« Oi, le père de Vergil. Cette beauté… Qu'est-ce qu'elle est venue faire dans ce village exactement ? »
« … Garudo, hein ? Ces gens sont venus du temple de Savaiv de la capitale royale, pour traiter le cas de la maladie. Même si tu es le fils du maire… le prochain maire, tu ne devrais pas être aussi irrespectueux envers ces gens. »
« Cas de la maladie… ? Ahh, chez la fille de Bekkuri. Mais chez Bekkuri, il n'y a pas une sorte de malédiction ? Sa fille aînée a soudainement disparu du village, et sa seconde fille a attrapé une maladie bizarre. N'est-ce pas, vieux ? Pour cette maison, c'était pas mieux qu'elle ait été chassée du village ? »
Alors que Garudo disait cela, les jeunes hommes derrière lui acquiescèrent en souriant légèrement.
« Mais c'est une sacrée belle femme. Donc c'est une femme de la capitale royale. Combien pour une nuit ? J'en avais pas entendu parler du vieux. »
Depuis un moment, tout en dévorant du regard le corps de la belle femme et en se faisant des fantasmes sauvages, Garudo ricane vulgairement.
Dans la perception de Garudo, quel que soit le vrai métier de la voyageuse, c'était toujours des prostituées.
Les femmes voyageuses qui se disaient médecins ou ménestrels avaient souvent un « Second Travail Nocturne ».
En réalité, il y en avait même une qui avait voulu se faire acheter par Garudo.
Garudo, en regardant la jolie femme d'il y a un instant, pensait qu'elle serait bon marché et qu'elle n'avait que son physique.
Mais, entendant les mots de Garudo, les yeux du prêtre Vergil changèrent de couleur.
« Ne plaisante pas ! Elle n'est pas la même que les femmes que tu connais ! Calse a déjà changé par rapport à ce qu'on connaît d'elle ! »
« ………… Calse, tu dis ? Est-ce que ce serait, par hasard, la « Calse la Menteuse » qu'on connaissait dans notre enfance ? »
« … Oui. C'est bien cette Calse. Mais maintenant, c'est la prêtresse en chef de l'Association Religieuse de Savaiv, la fille adoptive de Son Excellence Giuseppe Chrysoprase, la fameuse « Sainte Vierge ». Elle n'est plus au même statut social que quelqu'un qui vit dans une ville frontalière. N'essaie pas de la traiter comme tu traites les autres femmes ! »
« « Sainte Vierge » ? Ah oui, j'ai entendu dire qu'il y avait une belle femme à la capitale royale qu'on appelait comme ça. »
« Ah, donc Calse c'est cette « Sainte Vierge » ? « Sainte Vierge », c'est ça, elle est devenue ça alors qu'elle est une folle ? »
Les sbires de Garudo éclatent tous de rire.
Ils avaient jusqu'ici cru que Calsedonia était « Calse la Menteuse », et pensaient qu'elle était restée une dingue.
« Hah, devenir grande prêtresse, tu sais à quel point c'est grand ? Même le vieux le sait ? La personne que je connaissais devenir grande prêtresse ? »
« Espèce d'idiot !! Même si elle est des gens de Son Excellence Giuseppe, bien au-dessus de nous en statut social, tu oses dire ça !! »
Le prêtre Vergil, furieux, envoie voler sa salive en insistant. Mais ses mots sont encore entendus par Garudo presque comme s'il regardait de haut la suite des paroles du prêtre, en quittant la chapelle.
« Hé, Garudo. Même si Vergil-sama a dit ça, qu'est-ce que t'en penses ? »
Alors que l'un de ses sbires lui demande, Garudo affiche un sourire méprisant.
« Fuun, je pense que les prêtres ont tendance à se croire supérieurs les uns aux autres. Mais est-ce qu'elle se prend pour une noblesse éminente de ce pays ? Une grande prêtresse, et un noble digne. Selon vous, les gars, lequel des deux est le mieux ? »
« Bah, ce serait la noblesse, non ? »
« Ouais ? Alors, y a pas besoin d'avoir peur d'une grande prêtresse. »
Même dans leur enfance, Garudo et sa bande savaient qu'eux, les prêtres du prêtre Vergil, étaient d'un statut social inférieur à la noblesse.
Pour le prêtre Vergil qui vivait au village de Lagine, son travail était de prier avec les villageois au temple le dimanche, de féliciter les nouveau-nés, de féliciter les récoltes saisonnières, et de prier pour le repos des morts.
En dehors de ça, c'était juste d'aider à soigner les gens qui avaient des maladies ou des blessures.
Donc, même s'ils disent ça, ils ne pensent pas vraiment qu'eux, indispensables au village, sont en dessous de la noblesse.
Garudo et sa bande, qui étaient encore jeunes – à peu près du même âge que Calsedonia, environ 20 ans – ne connaissaient rien en dehors du village, ne pouvaient pas comprendre pourquoi les adultes du village s'inclinaient devant le prêtre Vergil.
Peut-être que si le prêtre Vergil avait été un magicien, Garudo et sa bande auraient peut-être grandi pour devenir des gens différents.
Et s'ils avaient peut-être côtoyé un noble, ils auraient pensé pirement que ça, sans réfléchir.
Un noble de haute classe tape-à-l'œil, et un prêtre emmerdant. De leur point de vue, c'était évident que le noble était supérieur.
Peut-être que s'ils étaient allés ne serait-ce qu'une fois à la capitale royale, et avaient vu les temples des quatre grands dieux, leur apparence digne et leur magnificence, peut-être que leur compréhension du problème se serait immédiatement effondrée et envolée devant la vue.
Cependant, la plus grande ville qu'ils avaient vue était au maximum la ville de Toga, dont le niveau ne devrait pas être comparé à la capitale royale du tout.
Les sanctuaires des 4 dieux n'étaient pas près d'être aussi grands à Toga, donc ils sous-estimaient significativement les associations religieuses.
Notre compréhension est juste.
Nous sommes naturellement justes.
Depuis longtemps, ils pensent ainsi, et en tant que « Campagnards » qui vivent dans une ville frontalière, ils n'ont pas réalisé l'incohérence de leur compréhension de la capitale.
Non, ce pourrait être qu'ils haïraient briser l'idée d'« Un monde avec seulement mes règles », et abandonneraient donc tout effort pour le faire.
« Au fait, Calse avait quelques compagnons avec elle. Où ils sont allés ? »
En dehors de Calsedonia, il y avait 4 mecs qui étaient arrivés au temple de Savaiv.
Parmi eux, il y avait un homme de 40 ans bien habillé, un autre était un compagnon genre gamin. Les deux autres étaient de jeunes hommes vêtus d'armures, très probablement des mercenaires ou des gardes embauchés.
« Chef, ce vieux bien habillé, il pourrait pas avoir pour devoir la détente de Calse pendant le voyage ? » (Note TL : c'est sensé dans un sens sexuel)
« Je pige. Même si la « Sainte Vierge » est appelée une si grande position, tu peux pas la faire à moins d'être dingue ? »
« De toute façon, ils sont probablement venus ici. Même s'ils sont plus ou moins bien habillés, leur statut social n'est pas si grand. Aussi, même si le chef de ce groupe fait un scandale, on peut juste le faire taire. Donc… … »
« Donc, quand Calse est venue ici pour une fête de bienvenue… de notre part ? »
« Exact. Une nuit… non, on l'aimera jusqu'à ce qu'elle en ait marre. »
Alors qu'ils imaginaient le viol de Calse et de ses compagnons dans leur esprit, ils pouffent légèrement.
« De préférence, après qu'on se soit amusés avec elle, on devrait la présenter comme esclave à lui, ouais ? »
« Ce serait bien. Même si elle est dingue, elle est vachement belle. Elle serait probablement plus heureuse comme ça. »
« Ouais, Calse serait plus heureuse en esclave de noblesse, plutôt que de continuer à être une prêtresse emmerdante. »
Tandis que Garudo et sa bande disent des trucs égoïstes, leurs pensées vicieuses s'enflent au milieu de la route.
« Tu te souviens de moi ? Je suis trop content »
En ricanant vulgairement, Garudo s'approcha de Calsedonia en écartant les bras.
Cependant, tandis que Garudo avançait vers elle, Calsedonia reculait. Résultat, la distance entre les deux ne raccourcissait pas du tout.
« Qu'est-ce qu'il y a, Calse. On est tes amis d'enfance, tu sais ? On jouait ensemble dans ce village y a longtemps. Après avoir retrouvé ton ami d'enfance, tu devrais pas vouloir échanger une chaleureuse étreinte ? »
Tout en plaquant sur son visage un sourire bourré d'arrière-pensées, Garudo fit plusieurs pas en avant en même temps.
Dans l'espace entre lui et Calsedonia, quelqu'un s'interposa dans l'échange.
« … Hé, petit merdeux. J'ai rien à faire avec toi. Dégage. »
Garudo, serrant le poing, lança son poing vers la personne qui s'était interposée — le menton de Tatsumi — comme menace.
En réalité, Garudo était un homme à la carrure imposante. Sa taille était juste un peu plus grande que celle de Tatsumi ou de Morgan, et sa largeur de corps semblait adaptée à sa taille.
En termes de simple muscle et de force physique, Garudo était certainement plus fort.
Cependant, Tatsumi, qui avait continué à s'entraîner avec des prêtres, des soldats, des collègues et des senpais, qui avait croisé le fer avec d'effrayantes bêtes magiques, ne broncha même pas en attrapant le poing.
« Si j'ai bien entendu, tu dis des trucs vachement grossiers depuis tout à l'heure ? »
« Hah ? T'as pas m'entendu ? Dégage, petit merdeux. J'ai des affaires avec Calse. En premier lieu, c'est quoi cette armure noire unie ? Aa, c'est que t'as pas de fric donc cette armure unie c'était tout ce que tu pouvais t'acheter ? »
Quand Garudo dit ça, la bande derrière lui rit toutes ensemble fort.
Dans cette situation, Tatsumi les regarda bizarrement.
Ce qu'il avait équipé était une armure de haute qualité qui avait utilisé des matériaux bruts de dragon. Certainement, pour le spectateur ça ressemblait à une armure unie, d'une seule couleur, mais sa valeur réelle était plus élevée que la totalité des terres du village et leur valeur totale.
« Quoi, t'as pu acheter la magnifique armure que les vrais chevaliers utilisent, parce que t'as pas assez de fric ? La vie de mercenaire misérable doit être vachement dure. »
Comme s'il lui donnait de la sympathie, les mots de Garudo sont presque comme s'ils se moquaient de lui.
Alors, Tatsumi vérifia exactement quel genre de personne était l'homme devant lui.
« Hé, Calse. Ce mec… c'est un débile ? »
« Ouais, depuis longtemps j'avais pensé que son seul point de fierté était son endurance et sa force physiques, mais j'avais pas l'impression qu'il était malin. Comme dit danna-sama, il est con. »
Tatsumi demande exprès comme s'il n'avait pas entendu Calsedonia, et Calsedonia répond en grinçant avec des mots mordants.
« Oi, petit merdeux ! On dirait que tu veux finir très mal ? Répète ça une fois de plus ! »
Comme prévu, Garudo mordit à l'hameçon que Tatsumi avait tendu, et s'approcha avec zéro prudence, sa colère visible.
En regardant comment il se tenait et sa démarche, Tatsumi détermina que Garudo n'avait pas du tout été entraîné à la chevalerie ni à la magie.
Il semblait qu'exactement comme l'avait dit Calsedonia, le seul point de fierté de Garudo était sa force de bras. Avec sa force, il semblait qu'on l'avait appelé le « Gamin Général ».
Dans une tentative de retenir Tatsumi, Garudo étendit ses bras costauds vers lui.
Cependant, Tatsumi avait un peu plus de talent pour manier son corps, et laissa juste son bras gauche passer, et l'attrapa.
Juste maintenant, le champ de vision de Garudo changea soudainement.
Jusqu'à présent, il avait regardé l'homme en armure noire intégrale, mais pendant un instant sa vision fut teintée de bleu.
« ………… Le ciel ? »
Il voit des objets blancs flotter — des nuages, et Garudo reconnaît que le bleu qu'il voit est le ciel.
Et les moments suivants contenaient un impact sur son dos.
Son dos fut soudainement plaqué au sol, et l'air dans les poumons de Garudo fut soudainement expulsé de force.
Au moment où son bras le toucha, Tatsumi lança le corps de Garudo.
Plutôt qu'un jeté qui l'aurait fait voler loin, il resta dans la même position, et la façon dont il faisait face fut juste changée de force.
Le devant de son corps qui faisait face à Tatsumi se retrouva soudainement face au ciel. Dans un état où son corps est horizontal par rapport au sol, la hauteur qu'il voyait était quelque part autour de la poitrine de Tatsumi.
Et, Tatsumi attrape le cou virtuellement sans défense de Garudo avec sa main droite.
Il accéléra soudainement la main droite de Garudo vers le bas, la claquant de son dos vers le sol.
Pour le dire en mots, Tatsumi utilisa le mouvement de son corps dans une technique de projection.
L'étouffement résultant de l'impact de son dos, les poumons de Garudo luttaient et haletaient pour l'air.
Cependant, la main droite de Tatsumi s'enfonçait dans sa gorge, et il était incapable d'inhaler.
En regardant le visage de Garudo changer rapidement de couleur, Tatsumi finit par lâcher sa main droite.
« Si tu veux pas finir encore plus mal, dis plus jamais de conneries à Calse, compris bon à rien ? »
Tatsumi, en regardant froidement Garudo de haut, lui dit ça d'une voix basse et résonnante.
(Note TL : 背中を地面と水平に向けた状態で、その高さは辰巳の胸の辺りだろうか。Pas sûr exactement comment écrire ça correctement. Traduit comme « In a state where his body is horizontal to the ground, the height he saw was somewhere around Tatsumi's chest » .)
« Qu'est-ce que vous faites !! »
Soudain, d'une voix en colère, quelqu'un accourut rapidement.
Tatsumi, relevant la tête pour voir qui c'était, vit le prêtre Vergil. Entendant un tumulte dehors du temple, il en sortit en panique.
« Garudo !! Après t'avoir dit autant, salaud… Pour cet incident, en tant que parent et en tant que maire du village tu vas recevoir une protestation stricte !! »
« Ferme-la, vieux emmerdant !! »
Garudo, en toussant violemment, finit par se relever.
« Hé !! Oi, on y va ! »
Mais, tandis que la voix en colère du prêtre Vergil rassemblait lentement une foule de villageois, et en passant devant eux, Garudo dit quelque chose à ses amis avant que Tatsumi et Calsedonia puissent le voir.
« Fais pas trop le malin, Calse. Tu pourras absolument pas me résister, d'accord ? »
Alors que Garudo commençait à partir, il ricana vulgairement en disant ça. Bien sûr, Tatsumi avait aussi entendu ces mots puisqu'il était à côté d'elle.
Sans réaliser pleinement le sens des mots, Tatsumi et Calsedonia échangèrent un regard, le prêtre Vergil arriva enfin là où ils étaient.
Quand le prêtre Vergil arriva enfin vers Tatsumi et sa bande, il était hors d'haleine à cause de son âge, mais sans attendre il s'assit à leurs pieds.
« Je suis terriblement désolé, 《Amaka》-dono ! 《Sainte Vierge》-dono ! À sa place, je m'excuse pour son impolitesse ! De quelque façon… De quelque façon, s'il vous plaît, ayez un esprit bienveillant et montrez de la clémence… !! S'il vous plaît, ne laissez pas leur erreur faire votre impression sur tout ce village… si nécessaire, veuillez vous contenter de raccourcir sa vie et la mienne !! Je vous en supplie… ardemment, ardemment !! »
Tatsumi et Calsedonia échangèrent à nouveau des regards alors que le prêtre Vergil continuait à s'excuser, prosterné le front au sol.