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My Next Life as a Villainess

Chapitre 30

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Chapitre 30

Chapitre 30

Chapitre 30/5258%~17 min de lecture3 272 mots

« Ton thé a une saveur si douce, »

C'est ainsi que ma mère me caressa tendrement la tête avec un sourire apaisant.

Des jours paisibles et particulièrement heureux.

Pourtant, ce bonheur fut soudainement arraché… de la manière la plus terrible…

Et je jurai.

De me venger de ceux qui nous avaient volé notre tranquillité par la force, en leur ravissant jusqu’à leur rang social et jusqu’à leur vie.

Le fils unique du marquis Dic, Sirius Dic. Tel était mon nom à l’époque.

Possédant des aptitudes magiques innées, j’avais intégré l’académie de magie à mes quinze ans.

Mon esprit et mes facultés étaient excellents ; j’avais été élu au comité des élèves, objet de l’admiration de tous les étudiants du campus, et les habitants du domaine des Dic ne cessaient de me saluer avec fierté.

Ce fut après m’être revu avec mon ami d’enfance, Nicol Ascart, à l’académie que j’ai commencé à entendre son nom prononcer souvent.

Notre dernière rencontre datait de quand il avait tout juste dix ans ; cinq années s’étaient écoulées, et Nicol avait considérablement changé depuis.

Autrefois, c’était un adolescent aux yeux toujours légèrement mélancoliques… Mais maintenant, ses prunelles brillaient d’une flamme vive et ne reflétaient plus aucune tristesse.

Honnêtement, étant donné la sympathie que ses regards tristes m’inspiraient, j’ai ressenti une légère déception face à cette métamorphose.

Et c’est ainsi que le nom de cette personne commençait à sortir fréquemment des lèvres de Nicol transformé.

« Catarina Claes », la fille du duc Claes.

Nicol, habituellement taciturne et impassible, parlait uniquement d’elle ; chaque fois que le sujet tombait, même son visage figé prenait vie.

Je suppose que c’est elle qui avait chassé la mélancolie de ses yeux.

Puis, au printemps suivant, alors que j’avais passé en seconde et assumé la fonction de président du comité des élèves, elle apparut devant moi.

D’après ce que Nicol en disait, j’imaginais une jeune femme belle et presque sainte…

Ma première impression de Catarina Claes, vue pour la première fois de mes yeux, fut celle d’une adolescente sans traits marquants.

Bien que son visage soit plutôt harmonieux, elle n’était pas aussi gracieuse que Maria Campbell et les autres membres élus cette année-là.

De plus, elle n’avait ni un esprit exceptionnel, ni de puissantes réserves magiques.

Pour être franc, elle ne semblait rien avoir d’autre que le titre de fille d’un duc et de fiancée du prince Geordo.

Pourtant, un personnage mineur comme celui-ci suscitait l’admiration enthousiaste non seulement de son fiancé, le prince Geordo, mais aussi des membres brillants du comité des élèves.

Au point qu’ils menaçaient les professeurs de ne pas rejoindre le comité s’ils n’autorisaient pas librement Catarina à pénétrer dans la salle de réunion.

Qu’est-ce donc qui pouvait bien se cacher derrière cette adolescente ordinaire ?

La chose me surprenait…

Mais honnêtement, pourvu qu’elle ne mette pas obstacle à ma vengeance, cela m’était parfaitement indifférent.

Simplement, pour mener à bien mes projets, je devais continuer à jouer les rôles du président excellent et tranquille, et cohabiter correctement avec les nouveaux arrivants au sein du bureau.

Il me suffisait donc de demeurer convenablement poli envers Catarina, celle qu’ils chérissaient tant.

C’est pourquoi ce jour-là, offrir le thé à Catarina Claes n’était qu’un simple geste de courtoisie protocolaire.

« Votre thé a vraiment une saveur douce et agréable. »

En buvant le breuvage que je lui avais servi, Catarina Claes prononça ces mots avec un calme sourire.

Ces paroles et ce sourire me bouleversèrent profondément…

Au point que je faillis laisser tomber le masque paisible que je portais depuis des années…

Jusqu’alors, j’avais servi du thé aux autres membres et on m’avait simplement complimenté sur sa qualité…

Car personne n’avait jamais qualifié le mien de « doux » durant toute ma vie jusqu’ici…

De plus… son sourire tranquille lui ressemblait si étrangement que mon cœur s’embarrassa violemment.

Si perturbé fus-je que je ne me souviens plus exactement comment j’ai géré la suite avec Catarina.

Néanmoins, grâce au jeu scénique affûté depuis toutes ces années, je parvins semble-t-il à maintenir une apparence correcte.

Ainsi, à partir de cet événement, je ressentis des secousses violentes chaque fois que j’étais en présence de Catarina Claes.

Depuis le jour où on m’avait tout ravi et où j’avais juré vengeance, je n’avais vécu que pour cela.

Masqué sous un air apaisé, accumulant des résultats brillants, dupant les regards alentour…

J’avais utilisé la magie sombre acquise pour multiplier mes préparatifs.

J’avais amassé des ressources, fabriqué des accusations, et le jour où je pourrais assouvir ma vengeance de mes propres mains approchait déjà dangereusement.

Pourtant… depuis que j’ai croisé le chemin de Catarina Claes… les choses tournaient mal…

Si nécessaire, j’avais sans hésitation plongé mes mains dans des actions ténébreuses pour ma vengeance.

Sans aucun remords ni doute, avec un esprit parfaitement stable…

Et pourtant…

Chaque fois que ses prunelles limpides de bleu ciel me fixaient droit…

Chaque fois qu’elle m’adressait un sourire en disant « Vous êtes très gentil, Président »…

Mon âme se troublait inexorablement.

Une jeune fille nommée Maria Campbell faisait partie du comité.

Issue du peuple, elle possédait des aptitudes magiques rares liées à la lumière.

Dotée d’un esprit brillant, d’une énergie magique élevée et d’une beauté capable de captiver nombre de personnes, c’était une adolescente particulièrement privilégiée.

Et pourtant, ses yeux portaient souvent une trace de solitude.

Cette mélancolie rappelait trop celle d’autrefois chez Nicol, et je ressentis pour elle la même proximité que j’avais éprouvée auparavant envers lui.

Cependant, elle aussi avait changé.

À partir d’un certain moment, cette atmosphère solitaire disparut de Maria, dont on voyait régulièrement entretenir des liens étroits avec Catarina et les autres, bien en dehors du comité.

Les yeux de Maria suivaient Catarina, et lorsque leurs regards se croisaient, elle souriait joyeusement.

Catarina Claes, entourée de nombreux proches, souriait avec plaisir.

Nicol et Maria arboraient des prunelles pétillantes, paraissant heureux autour d’elle.

La silhouette de Catarina ressemblait exactement à l’image de sainte que Nicol m’avait décrite autrefois…

Mais observer cette scène troublait irrémédiablement mon cœur…

Par moments, je sentais que le masque façonné au fil des années commençait à s’effriter.

Face à celui qui se laissait troubler par Catarina… « Ne prêtez aucune attention à cette idiote ! Continuez vos préparatifs de vengeance ! » murmura mon double intérieur.

Même ainsi… j’étais incapable d’ignorer totalement son existence…

Une circonstance fortuite me fit apercevoir Maria Campbell harcelée.

Je savais déjà qu’on la persécutait par jalousie, mais c’était la première fois que je le constatais de mes propres yeux.

Inévitablement, en tant que président du comité, Sirius Dic, je dus intervenir pour mettre fin à la scène et rappeler à l’ordre les jeunes filles harceleuses.

« Allez-vous bien ? » demandai-je. Maria répondit avec aplomb : « Merci beaucoup. Tout va bien. »

Quoiqu’il en soit, je restais abasourdi par la légèreté de ces nobles héritiers et jeunes filles qui se permettaient de telles basses œuvres.

Maria Campbell était certes issue du commun, et sa caste demeurait basse au sein de cette académie peuplée de noblesse.

Toutefois, elle détenait des pouvoirs lumineux.

Dans notre royaume même, quelques rares individus seulement possèdent cette aptitude ; ils constituent des trésors absolus.

Le ministère de la Magie tournait déjà son regard vers Maria dès son entrée dans l’académie.

Grâce à sa magie lumineuse assez puissante, une fois diplômée, il allait de soi qu’elle intègrerait le ministère et y accéderait à un rang respectable.

S’obstiner à traquer Maria dont l’avenir au ministère, deuxième autorité politique après le roi, est déjà scellé, conduirait inéluctablement ses agresseurs à répondre de leurs actes. Que ces imbéciles sont réellement stupides de ne pas comprendre un tel point.

Tandis que ces réflexions traversaient mon esprit, une idée me surgit subitement.

Ne pourrait-on pas rejeter sur Catarina Claes la faute des harcèlements perpétrés par ces esprits bornés contre Maria ?

Si l’on parvenait à faire peser cette charge sur elle, même née d’une famille ducale, sa situation serait compromise.

À la perfection… on pourrait peut-être éliminer Catarina de l’académie… et disparaître de ma propre perspective…

Alors… s’il suffisait que ladite adolescente cesse d’exister… mon esprit retrouverait enfin sa quiétude.

Dès lors, ma mobilisation fut rapide. J’explorai les incidents ayant visé Maria et fabriquai une mise en scène attribuant ces faits à Catarina.

Il ne restait plus qu’à diriger physiquement Catarina par la magie sombre afin qu’elle commette divers harcèlements contre Maria…

Mais ce plan échoua.

La magie obscure confère selon la rumeur le pouvoir de manipuler à volonté les consciences humaines.

Toutefois, ses modes d’acquisition et ses risques intrinsèques l’ont tenue hors du domaine public.

Cependant, ce pouvoir n’est nullement omnipotent.

On ne contrôle pas automatiquement toutes les émotions ciblées.

Effacer des souvenirs ou voler brièvement la conscience restent possibles… mais rien ne naît du vide.

Impossible de transformer l’aversion en affection, ni l’attachement en rejet.

Si un soupçon de jalousie ou de haine sommeille déjà, on peut l’amplifier jusqu’à provoquer des gestes concrets…

…mais on ne crée pas artificiellement des sentiments absents.

Or… Catarina ne nourrissait absolument aucune jalousie à l’égard de Maria.

Même en tentant de multiplier cet sentiment pour basculer dans l’acte persecutoire… impossible d’amplifier un néant…

Finalement, je fus incapable de contraindre Catarina à harceler Maria.

Forcé de composer, je rassemblai des indices circonstanciels et exagérai les ressentiments des jeunes filles hostiles à Catarina, déclençant ainsi sa condamnation publique.

Écartant ses précieux amis chevaliers, je pensai d’abord réussir à pousser Catarina dans ses retranchements…

…mais ce projet échoua également, entravé par l’intervention prématurée des gardiens de Catarina.

Ils repoussèrent d’un revers de main les preuves astucieusement conçues, protégant farouchement leur protectrice.

La surprise la plus grande demeura Maria Campbell.

Avec une fermeté indéfectible, elle affirmait catégoriquement : « Ce n’est pas Catarina. »

Malgré l’amoncellement relatif de preuves, reposait là une confiance immense placée en elle.

Comme les chevaliers, Maria s’était peu à peu intégralement ralliée à la cause de Catarina.

Ainsi, manœuvrer pour exclure Catarina échoua lamentablement.

Néanmoins, les mémoires des jeunes filles avaient été effacées, et celles des interlocuteurs ayant bloqué les membres du comité durant la pause méridienne restaient altérées.

Dès lors, il demeurait impossible de relier cet incident à ma personne.

Observant d’un œil distancé Catarina souriante, entourée de ses amis, je regagnai la salle du comité.

L’affaire aurait dû se clore définitivement là.

Pourtant, à mon retour et pendant que j’achevais mes tâches administratives, elle fit soudain son apparition.

Maria Campbell, qui venait de défendre brillamment Catarina et de faire capoter mon stratagème — la seule élève ici dotée d’un pouvoir lumineux.

Pourquoi apparaissait-elle ici alors que la récréation touchait déjà à sa fin… ?

La question reçut aussitôt une réponse.

Maria, le teint livide, brisa le silence.

« J’ai cru remarquer précédemment que vous lanciez des regards noirs à Lady Catarina… je me suis dite que c’était une illusion… mais cet incident me revient en mémoire… cependant, je refuse de croire que vous soyez impliqué… alors, j’ai tenu à vérifier votre état… Pourtant… Président, que signifie ceci ? »

« Maria, que diable racontez-vous ? Qu’entendez-vous par « cet incident » ? Serait-on venu gêner Lady Catarina ? »

Je composai un visage marqué par la perplexité.

Décidément imprudente avait été ma vigilance baissée, car on m’avait surprit alors que mon masque tombait, fixant Catarina de mon plus noir regard… mais pareille constatation ne constituait aucune preuve formelle. J’allais feindre l’ignorance totale avant de procéder rapidement à une suppression mnésique.

« …Ne vous en rendez-vous pas compte ? Mais… cela n’est pas sans lien, n’est-ce pas ? Car autour de vous flotte une aura noire identique à celle des jeunes filles accusatrices de Lady Catarina ! »

« ?! »

Subitement ému, je réalisai la provenance de cette aura obscure… Serait-ce le parfum de la magie ténébreuse… ?

Après maints usages occultes, nulle observation pareille n’avait transité jusque-là ; personne alentour ne semblait discerner ce phénomène.

— Est-ce parce qu’elle possède des pouvoirs lumineux ?

Ayant récupéré l’esprit obscur, je n’avais jamais encore rencontré de porteurs de clarté.

Obscurité et Lumière incarnent deux pôles radicalement opposés.

Sa capacité particulière permettait-elle à Maria Campbell de percevoir concrètement l’empreinte des sorts ténèbres… ?

Devant Maria me fixant avec une rigueur sévère… renoncer à l’impudence sembla bientôt inévitable.

Alors…

« Haha, véritablement digne détentrice des dons lumineux ! Exact. C’est moi qui ai orchestré cet épisode. Pour supprimer cette peste immonde. »

« ?! »

Vers Maria figée, les yeux écarquillés, j’avançai lentement.

Requirant un contact physique direct, je posai ma main sur son épaule.

« …Même si pareille information vous reste inutile. »

En activant l’incantation funeste visant l’oubli ciblé, secondes plus tard, Maria devrait ignorer totalement l’échange présent.

Telle était la promesse… pourtant…

« Allons, Maria. Retournons vite en classe, sinon les cours commenceront. »

« …Que voulez-vous dire ? Président. Nous n’avons pas terminé. »

Maria arbora une expression dubitative.

…Impossible…

Je relançaiguidai une nouvelle fois la sorcellerie noire sur Maria… mais…

« Qu’essayez-vous de faire depuis un instant ? »

Elle continua seulement à regarder incrédule… aucune trace d’influence magique…

Peut-être que sur les sujets illuminés… la nécromancie perdait son efficacité…

Impossibilité donc d’altérer sa cognition… Si tel était le cas, impossible de la libérer immédiatement.

« Président, pourquoi avez-vous poursuivi Lady Catarina… ? »

Devant l’immunité totale de Maria, je la rendis inconsciente par moyens physiques brutaux.

Ne pouvais permettre qu’une témoin encombrante, aux souvenirs préservés, rejoigne Catarina et les siens.

De ce fait, je transportai Maria privée de sens vers une pièce secrète dissimulée dans le campus.

Constituait ce lapsus majeur la première erreur grave survenue malgré une progression initiale impeccable.

Cela relevait aussi entièrement… de la confrontation avec Catarina Claes…

« Cette femme constitue un véritable obstacle ! » lança mon alter ego intérieur.

La disparition de Maria parvint très rapidement aux oreilles de Catarina et de ses associés.

Puis, des investigations acharnées s’organisèrent.

Personne hormis l’état-major familial ne connaissait l’existence de la cachette académique ; leur localisation s’en trouvait naturellement complexifiée…

Quant à maintenir Maria emprisonnée à l’infini, la situation devenait ingérable.

Plusieurs tentatives rituelles avaient échoué, ne parvenant à modifier en rien la résistance inébranlable de Maria ; cette inertie totale m’accablait…

« Plutôt que prolonger ce calvaire, achevez-la pour sceller définitivement ses lèvres ! » proposa mon clone conscient.

En ce quatrième jour d’incarcération, pendant les intervalles des études autonomes, je continuai à inspecter Maria.

Espérant qu’un abattement émotionnel n’exposerait pas enfin ses neurones aux envoûtements obscurs…

Enfermée perpétuellement dans l’obscurité, Maria conservait néanmoins son assurance imperturbable.

Las devant cette stagnation sans espoir, à mon retour auprès du bâtiment principal, une silhouette isolée attira mon regard, adossée à un banc solitaire au fond de la cour.

C’était Catarina Claes, instigatrice involontaire de mon embarras critique.

« Catarina-san ? Que faites-vous dans un lieu aussi retiré ? »

L’appel retentit vers sa nuque ; Catarina pivota brusquement, surprise.

« A, euh… j’avais quelques désagréments et faisais une pause infirmière, avant de gagner ensuite ma classe… »

Confirmant les dires, son teint paraissait effectivement altéré.

« Je comprends. Mais Maria demeure introuvable ; errer isolé dans ces zones reculées présente un réel danger. Revenez avec moi. »

Conformément à mon mandat officiel en tant que président Sirius Dic, tel convenait mon devoir protocolaire.

Ainsi, tendis-je ma paume ouverte vers Catarina.

« A, merci infiniment. »

Quand Catarina inclina son sourire pour superposer ses doigts à mon poignet… l’habituelle agitation envahit mon torse.

La cour baignée de rayons solaires m’apparut soudain insupportable.

Je voulais regagner précipitamment le hall scolaire.

Contre toute logique, Catarina saisit mon étreinte et s’y figea obstinément.

« Catarina-san, que se passe-t-il ? »

Sollicitée verbalement, Catarina me braqua désormais son regard azuré avec intensité.

Puis…

« Président… détenez-vous des pouvoirs nocturnes ? Avez-vous manipulé Maria en conséquence ? »

Un trouble considérable submergea ma cage thoracique… mais des années de représentation théâtrale permirent une réplique fluide.

« …Qu’entendez-vous précisément par « pouvoirs nocturnes » ? »

Niant connaître ledit concept ésotérique, j’arborai la figure interloquée.

Catarina baissa la tête, songeuse.

Quelle origine subite expliquait cette interrogation… ?

Avaient-ils connaissance réelle de cette discipline occulte ? Ou bien certains gardiens exemplaires avaient-ils pressenti quelque indice suspect… ?

En revanche, nier tout accord demeurait primordial.

Contrairement à Maria, Catarina affichait un doute persistant ; une diversion verbale suffirait amplement.

Tel était mon plan originel…

« Vous avez raison. Comment auriez-vous pu connaître pareille chose. Aucun individu doué de votre bienveillance ne recourirait jamais aux ténèbres pour accabler Maria ! Pardonnez-moi pour cette curiosité déplacée. »

Apercevant Catarina sourire comme à l’accoutumée sur ces mots… quelque mécanisme interne chez moi céda soudainement.

Sensibilisé abruptement, je découvris que le masque tranquille de Sirius Dic, cultivé depuis tant d’années, s’était fracturé complètement.

« …Président… ? »

Catarina m’observait, visiblement préoccupée.

« …Bienveillant dites-vous… Vous employez invariablement ce qualificatif à mon endroit. »

« …Car votre personnalité est fondamentalement douce… »

Ignorer l’effondrement de mon armature faciale, Catarina persistait dans son affirmation naïve.

Sa conception mentale atteignait des sommets de stupidité crasse.

« Illusion pure et simple. Adopter une contenance sereine facilite nettement l’existence sociale. Vous, ignorants, vous vous êtes laissé charmer par ce simulacre. »

« ! »

Devant Catarina émue aux larmes, j’infléchis mes commissures dans une grimace cynique et méprisante.

« Entre nous, j’ai également kidnappé Maria Campbell, puisqu’elle avait perçu des vérités destinées à demeurer muettes. »

« Ensuite, Catarina Claes, je vous déteste absolument. Hypocrite prétendant assister ces êtres lugubres ! Votre présence me provoque une nervosité insoutenable ! »

Débordant tel un barrage rompu, chaque aphorisme succédait violemment à l’autre.

« Disparaissez de ma sphère, autant que possible ! »

Je balancerais aux pieds de la fillette ces flèches empoisonnées.

Certes, un abattement profond dut saisir Catarina…

Elle était susceptible de rétorquer par un regard furieux ou des insultes réciproques…

J’émettais cette hypothèse…

« …Allez-vous bien ? »

…mais elle offrit cette sollicitude…

Et ses iris, paradoxalement, me scrutaient avec anxiété maternelle.

Pourquoi cet aveuglement… ?

Pourquoi persister dans cette contemplation compatissante… ?

Aurait-elle filtré mes révélations récentes… ? J’ai pourtant confessé l’enlèvement de Maria explicitement… !

Catarina tendit alors sa main libre vers ma joue, la caressa délicatement avec compassion exacerbée.

Pourquoi… pourquoi encore… pourquoi… ?

Pourquoi refuser de craindre ou détester quelqu’un de tel ! Arrêtez de me toiser pareillement !

Je balayai brutalement sa paume tiède me frôlant la pommette.

« …Imposteur… arrêtez ces manœuvres absurdes ! Ne m’abandonnez plus dans votre attention ! Éloignez-vous ! Détournez vos sourires ! …Quittez ma présence immédiatement ! »

Être examiné sous ce regard aqueux…

Se sentir aspiré par une proximité…

Recevoir une manifestation affectueuse…

Mes anciennes structures psychiques menaçaient systématiquement de se dissoudre…

Mes serments ancestraux « accomplir n’importe quoi pour la vengeance » vacillèrent…

…mon alter ego exigeait froidement « Eliminez cette créature »…

Obtempérant face à cette injonction intérieure, je lançai un envoûtement ténébreux depuis ma main contractée.

« Persistance dans le coma végétatif permanent. Jusqu’à l’épuisement total de vos fonctions vitales. »

Devant mes pupilles, Catarina s’effondra progressivement sur le sol…

Dépouillée de ses facultés cognitives, happée vers les abîmes oniriques, elle continuerait probablement à osciller parmi des visions fantomatiques.

Jusqu’à ce que son organisme expire…

Désormais, cette nuisance féminine cesserait officiellement d’exister.

Je pourrais reprendre mon itinéraire ancestral voué exclusivement à l’accomplissement vindicatif.

Aucune perturbation émotionnelle ne viendrait à nouveau altérer mon équilibre.

Telles auraient été les conséquences prévisibles… mais mon sternum conservait une vibration anxieuse incompressible…

Au contraire… contemplant Catarina endormie accentuait dramatiquement mon agitation intérieure…

Une substance humide s’égouttait sans discontinuer de mes globes oculaires.

Que signifiait pareille excrétion physiologique inexplicable ?

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