Je me demande si c'est parce qu'on a ri ensemble tout à l'heure ? Ou peut-être parce qu'il était le père d'une amie ?
Voir Barwell étendu sur le sol froid, en pensant qu'il ne parlerait plus jamais, qu'il ne rirait plus, a fait jaillir en moi quelque chose d'indescriptible.
« Premier ministre ! J'ai fouillé la salle d'attente de cet homme et j'ai trouvé ceci ! »
Deux hommes, prétendument membres du Premier Ordre de Chevalerie, entrèrent dans la pièce en portant un fourreau de dague.
Ah, c'est donc comme ça qu'on va jouer. Sous le choc, je n'avais pas remarqué une seule dague, très probablement l'arme du crime, gisant par terre. La poignée ressemblait au fourreau que tenait le chevalier.
Donc, le scénario, c'est : le fourreau « jumeau » de l'arme du crime a été retrouvé dans ma salle d'attente ?
Heu... Euh... Ho...
« C'est le criminel ! Et voici la preuve ! Arrêtez cet homme immédiatement ! »
Le Premier ministre hurla en me désignant du doigt.
Au même instant, plusieurs chevaliers s'approchèrent.
« ANGOLMOIS. »
J'ai effectué une 《Invocation d'Esprit》 comme la première fois.
C'est-à-dire, de la manière la plus spectaculaire possible. À peine l'eus-je dit qu'Angolmois se manifesta devant les chevaliers, tandis que des éclairs rouge-noir zébraient l'endroit.
« Qu-Quoi !? »
Les chevaliers, ainsi que tous les autres présents dans la pièce, reculèrent d'un pas face à cette présence impressionnante qui surgissait soudain.
C'est ma chance.
« À genoux ! »
Comprenant mon but par ma pensée, Angolmois l'utilisa sans perdre de temps.
« Qu-Qu'est-ce que c'est que ça !? »
Même si nous étions à l'intérieur, un vent tempétueux rugissant traversa la salle. D'« en haut » vers « en bas ».
Pour être plus précis, « un vent qui vous force à ramper ». C'était la même compétence mystérieuse qu'il avait utilisée la première fois que je l'avais invoqué, l'activant simplement parce qu'« il ne voulait pas que qui que ce soit ait la tête plus haute que lui ». Au passage, la « foudre ligaturante » n'était pas utilisable cette fois-ci car elle ne fonctionne que sur les esprits et leurs maîtres.
« Bon, alors. »
Je marchai délibérément avec grâce en disant ces mots, et me planta juste devant le Premier ministre, qui se prosternait, ressemblant à une grenade écrasée.
Même s'il faisait de son mieux pour tenter de résister au vent, comme prévu, le Premier ministre n'arrivait pas à bouger. Ce qui signifiait...
« Tu t'es surpassé cette fois. »
...Je pouvais faire n'importe quoi, unilatéralement.
À ce stade, j'en suis sûr, le Premier ministre devait se pisser dessus de peur. Pourtant, je n'arrivais pas à l'« achever ». Ça aurait signifié « Je suis le vrai coupable ».
« C'est plein de trous. Je ne comprends pas le sens de tuer Barwell. Je ne comprends pas non plus pourquoi le faire maintenant, de tous les moments. Je ne sais pas pourquoi il y avait un fourreau de dague dans ma salle d'attente. Je veux dire... Si je devais tuer quelqu'un, tu serais le premier sur ma liste, non ? Je pourrais le faire facilement, maintenant, non ? En plus, un fourreau, ça reste d'habitude dans l'inventaire, non ? Enfin, pour l'instant, je ne pense pas avoir besoin ni d'une dague ni d'un fourreau. »
« ...u... u. »
Je me baissai un peu pour le regarder dans les yeux en disant cela. Le Premier ministre serra la mâchoire dans un effort désespéré pour cacher le claquement de ses dents alors qu'il tremblait.
'(Mon Second. Si tu le tues ici, tu auras de plus en plus l'air du coupable.)'
'(Mais, je ne le supporte pas. Au moins, je devrais lui prendre une jambe.)'
'(J'aimerais bien être d'accord avec toi, mais il y a plus grave. Mieux vaut laisser ça à Windfield.)'
'(...Bon, y a aussi ça.)'
C'est exactement ce que ça fait de ne pas pouvoir contenir sa colère.
Cependant, si je massacre le Premier ministre à ce stade où il n'y a pas de preuve claire qu'il a tué Barwell, on ne pourra s'empêcher de me voir comme quelqu'un pris sur le fait qui devient désespéré. Et même si des preuves sont trouvées, ça ne me donne pas une raison suffisante pour tuer le Premier ministre. Mon adversaire est l'assassin du Roi. C'est une affaire qui doit être jugée correctement, équitablement, et justement.
...Donc, la première chose devrait être de prouver mon innocence ?
'(Je me suis calmé.)'
'(Umu. C'est pour ça que tu es Mon Second.)'
............
Maintenant, je devrais me retirer.
Ce n'est en aucun cas de la fuite. J'ai simplement besoin de me retirer temporairement pour régler son compte proprement à cette merde.
Ce n'est pas comme si j'avais perdu.
Je n'ai pas perdu contre ce bâtard ni contre l'Empire.
Le numéro un mondial ne connaît pas la défaite... !
« Dis à ton Empereur, pourriture, que vous avez touché à quelque chose qu'il ne fallait pas toucher. Que ce soit à cause de votre dogme, ou que ce soit l'intention de l'Empire de Marubell, peu importe. »
« Guuu ! »
D'un coup de pied dans le bras du Premier ministre, je le fis basculer et atterrir sur le dos. Incapable d'opposer la moindre résistance, le Premier ministre fut écrasé sous la puissance du vent et resta dans cet état pitoyable et misérable, le ventre à l'air.
« Tu as un moyen de communiquer ? Tu en as un, non ? »
Me souvenant de ce que Windfield avait dit avant à propos de « la légère chance », je parlai. Ouais, si je me souviens bien, elle l'avait dit. Si la vie de Maine était visée, alors le Premier ministre...
« Communication limitée à l'équipe, hein ? Tu croyais que je ne la connaissais pas ? »
...Avait formé une « équipe » avec quelqu'un du cercle rapproché de l'Empire.
Il en va de même si la cible était Barwell. Il est impossible qu'il décide arbitrairement de tuer le Roi d'un pays virtuellement ennemi. Dans ce court laps de temps, il a dû être en contact avec quelqu'un de l'Empire. Cela, en soi, prouve que le Premier ministre avait un moyen de communiquer rapidement avec l'Empire de Marubell.
Si vous voulez mon avis, c'est vraiment facile de former une « équipe ». Tous les membres qui veulent en faire partie doivent accomplir la quête de formation d'équipe, et tout ce qu'ils ont à faire pour la réussir, c'est conquérir un donjon de basse classe. Ce n'est pas bizarre que le Premier ministre ait fait équipe avec quelqu'un de l'Empire. Au contraire, avec une méthode aussi commode à disposition, il n'y a pas d'espions qui ne l'exploitent pas.
« ............ »
On dirait que mon hypothèse était bonne. De la sueur froide était visible sur son visage, et il devint complètement silencieux, tout en évitant mon regard d'une manière totalement coupable.
« Hé, pourquoi ne pas demander de l'aide à l'Empereur en utilisant ce moyen de communication si commode ? Dis-lui juste que son espion a été découvert et est maintenant dans la merde. »
Devant les oreilles de tous, je révélai, encore et encore, le fait que le Premier ministre était un agent impérial. Avec l'existence de la communication réservée à l'équipe également révélée, le Premier ministre devrait avoir un peu plus de mal à bouger maintenant. Certains pourraient ne pas le croire, mais au moins, la graine du doute devrait être plantée en eux.
Après ça, je me moquai du Premier ministre, savourant ma satisfaction.
Pourtant, ma colère ne retombait pas.
Essayant de calmer mon irritation, je poussai un soupir, puis me tournai vers tout le monde pour faire mes adieux.
« Regardez bien ! Je ne fuirai pas et je ne me cacherai pas ! Je sortirai simplement de cette pièce, de cette cour ! Arrêtez-moi si vous voulez ! Arrêtez-moi si vous voulez ! Je marcherai simplement ! Je sortirai de cet endroit en marchant ! Souvenez-vous-en !! »
En lançant ces mots caustiques dans ma colère, je leur tournai le dos et sortis simplement de la pièce, lentement, un pas après l'autre.
Le numéro un mondial n'a pas le droit de fuir.
D'autant plus face à un ennemi.
Je n'ai pas fui. Je n'ai pas perdu. La preuve, c'est que je suis en train de marcher, là, tout de suite.
Est-ce que mon âme les a tant pressés ?
Le vent d'Angolmois aurait dû perdre son effet depuis longtemps.
Pourtant, il n'y avait pas une seule personne pour me suivre.
« Je suis désolée... Je suis désolée... ! »
Dès que je rentrai chez moi après les avoir contactés, j fus accueilli par une Windfield qui s'accrochait à moi, s'excusant en pleurant.
C'était la première fois que je la voyais aussi effondrée.
« Elle dit sans arrêt depuis tout à l'heure que tu pourrais la haïr maintenant, Maître. »
À côté d'elle, Yukari sourit en coin en me parlant. Son expression était aussi surprenante puisqu'elle était complètement différente de son habitude. Le désarroi de Windfield avait dû être considérable pour faire paraître Yukari comme ça.
« C'est bon, ne t'inquiète pas. Ce n'est pas de ta faute. »
« Mais ce n'était pas le Second Prince, c'était le Roi qui a été assassiné, même s'il y avait une infime possibilité, j'aurais dû... »
« C'est faux. Ce n'était pas une question d'empêcher ou pas, je hais simplement les gens qui iraient aussi loin pour faire ça... J'ai juste perdu mon sang-froid un peu, là. »
« Oh, Mon Second, est-ce qu'on peut appeler toute cette pression tout à l'heure "perdre son sang-froid un peu" ? »
Comme Angolmois commençait à faire du bruit, j'utilisai 《Renvoi》 pour le renvoyer. Sinon, l'histoire serait inutilement compliquée.
Une fois qu'il fut parti, je repris mon souffle. Quand je jetai un œil distrait sur le côté, je trouvai Silvia qui tremblait en serrant le poing.
« Je... Je ne leur pardonnerai pas... ! Non seulement ils ont tué Sa Majesté, mais en plus ils t'ont fait passer pour le coupable, Second-dono ! »
« Calme-toi, Silvia. Qu'est-ce que tu accomplirais à t'énerver ici ? »
« MAIS ! Tu vas laisser cette canaille faire ce qu'elle veut ! ? »
« Ne t'inquiète pas pour ça, je ne les laisserai pas tranquilles. Mais d'abord, je dois lever les soupçons sur moi. C'est pour ça, ne t'énerve pas tant. »
Je dis cela le plus calmement possible pour essayer d'apaiser la furieuse Silvia. Cependant, j'aime assez qu'elle soit comme ça. Peut-être que je trouve son sens de la justice rafraîchissant, ou peut-être son ardeur ou son intégrité. J'ai l'impression qu'il n'y a pas tant de gens qui s'énervent autant pour les autres.
Pensant qu'Eko pourrait être surprise de voir Silvia avec une attitude si menaçante, je la regardai, mais comme prévu, même dans des moments comme celui-là, elle était encore à son rythme. Elle dormait paisiblement, le menton posé sur la table et les mains étendues par-dessus. C'est peut-être pour ça qu'un enfant qui dort (neruko) peut aussi se lire comme un chat (neko). Oh Eko, reste comme ça pour toujours. J'aimerais que tu continues d'être la compagne qui me soigne par ta présence.
« ...Désolée, je me suis calmée. »
Alors que mes pensées dérivaient vers le visage endormi et apaisant d'Eko, il sembla que Silvia retrouvait son calme.
« Cependant, c'est pretty bad, hein ? Tu es actuellement soupçonné d'avoir tué le Roi, non, Second-dono ? »
« Ouais. Mais Maine et le Ministre Hairai semblaient penser que c'était un mensonge, d'après ce que j'ai vu dans leurs expressions. »
« Umu, je ne m'inquiète pas pour eux. Cependant, le Premier ministre et le Capitaine du Troisième Ordre de Chevalerie, c'est une autre histoire. Si tu les laisses faire, je suis sûre qu'ils te feront passer pour le vrai coupable. »
« Ahh, je vois, après tout le Roi, qui les avait assignés à résidence indéfinie, est maintenant mort... »
C'était un gros problème pour le Royaume, mais il semble que ça ne sera plus appliqué maintenant.
Maintenant que le Roi est mort, le Premier ministre devient le plus haut fonctionnaire du Royaume, sauf la Famille Royale. Je vois, il visait ça.
« ...y, désolée. Je vais bien maintenant. »
Et maintenant, Windfield retrouva son moi normal. Après s'être détachée de moi, elle retrouva son expression habituelle de beauté alerte. Et puis, elle ouvrit la bouche comme si elle attendait ce moment.
« Si les choses continuent comme ça, ça va tourner en guerre civile, probablement. Entre le Premier Prince et le Second Prince. »
« Donc, en d'autres termes, la faction du Premier Prince va essayer de revendiquer le trône pour Klaus en disant qu'il est l'héritier légitime ? »
« En effet. Une bataille entre les factions va éclater, à propos de qui deviendra le prochain roi. Eh bien, ça ne sera pas, particulièrement un problème, je suppose. »
« ...Hein ? »
Pas un problème ?
« Pourquoi ? »
« Sans aucun doute, le Second Prince gagnera. Ou plutôt, on le fera gagner. Et alors, les soupçons sur toi se lèveront automatiquement, Second-san. »
« Heu... Si tu le dis, je suppose que ce sera comme ça. Alors, quel sera le problème ? »
« Le Pays Sacré Kamel. »
« Ah... »
Maintenant que j'y pense, il y avait ça.
« Mmm. J'ai remarqué quelque chose de bien embêtant, Second-dono. »
« Qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Les discussions sur la régulation de la Caramelia, elles ne sont pas caduques maintenant que le Roi a été assassiné ? »
« Whoa ! C'est vrai. Après tout, c'était quelque chose dont je parlais avec Barwell juste avant qu'il ne soit tué. »
Il n'aurait pas eu le temps d'en parler aux autres. Ça pourrait s'arranger si j'en parle au Ministre Hairai, mais je ne pense pas que ce soit le moment pour ça.
Avec le Royaume divisé en deux et la lutte pour la succession entre les factions des deux princes, en ce moment la régulation de la Caramelia est le cadet de leurs soucis. Ça veut dire qu'il nous faudra une personne importante qui puisse agir séparément des figures clés.
« Oh. À ce propos, j'ai déjà quelqu'un en tête. C'est bon. »
« D'accord, je te laisse faire. »
« Vraiment !? C'est okay d'être aussi détendue ? »
Si Windfield dit que c'est bon, c'est plus simple pour moi de lui laisser ces décisions. Je décidai d'arrêter de penser au problème de la Caramelia pour l'instant.
« ...Euh. Au fait, il y a une chose qui me tracasse. »
« Quoi, Silvia ? Tu ne sais pas où sont les toilettes ? »
« Ne me traite pas comme si j'étais Chérie ! »
« C'est une réplique assez intéressante, mais vu que la personne en question n'est pas là, tu ne fais que médire dans son dos, non ? »
« Je... Je n'avais pas l'intention... Ce n'est pas ça ! »
« Qu'est-ce qui te tracasse ? »
« Umu. Second-dono, pourquoi n'as-tu pas tué le Premier ministre ? Il n'avait pas beaucoup d'escortes, non ? Je pense que c'aurait été le bon moment. »
Ahh, donc c'est par là qu'elle vient ? J'ai certainement voulu le tuer à ce moment-là, mes sentiments hurlaient de le tuer. Mais maintenant que je me suis calmé, je pense avoir fait le bon choix en ne le tuant pas.
« Si j'avais tué le Premier ministre à ce moment-là, la majorité des gens auraient pensé que j'étais aussi la personne qui a tué le Roi. Les seuls à en profiter seraient l'Empire et le Pays Sacré. »
« Heu, je vois... Alors, comment serait-ce de tuer tout le monde de la faction du Premier Prince ? »
« Hé, ne dis pas des mots aussi inquiétants si facilement. Ils sont pareils aux fourmis, dans le sens où il y en a des milliers. Je ne pense pas que tu comprennes. »
« Alors, comment serait-ce de s'infiltrer dans le Château Royal, et que Second-dono tue le Premier ministre et tous les impliqués ? »
« Ne sois pas idiote ! C'est quoi, moi, une machine à tuer ! ? »
Quelle fille impolie, sérieusement. « Hein ? », quand me tournai vers Yukari pour lui demander ça de l'air, elle répondit par un « Elle a tort ? » qui en disait long. Ah...
« Pour être honnête, je pense que si c'est toi, Second-dono, tu reviendrais indemne après avoir affronté des milliers de personnes. »
« C'est impossible. Je pourrais gérer des milliers de monstres, mais des milliers d'humains, c'est impossible. »
Les monstres ont un schéma de comportement fixe ; en revanche, les humains bougent comme ils veulent. On ne peut pas risquer sa vie facilement tant qu'on n'est pas certain de toutes les irrégularités qui pourraient survenir. Mon principe, c'est de ne combattre que quand la victoire est certaine. Ou plutôt, je ne veux même pas imaginer ce que ça ferait de tuer des milliers de personnes.
« Je suis un peu surprise par la partie "milliers de démons"... Alors, comment serait-ce d'utiliser cette fille ? »
« Cette fille ? ...Ahh. »
C'est vrai. Un animal, une existence me vient à l'esprit, qui pourrait rendre l'impossible possible. Ouais, bon, si je l'utilisais...
« Cependant, le Pays Sacré Kamel a la priorité. Vu les circonstances. »
« Tu veux juste pas y penser, Second-dono. »
« Tu évites juste le problème, Maître. »
« Oh, taisez-vous. En premier lieu, c'est la bataille de quelqu'un d'autre. Je n'ai aucune obligation d'aller de mon chemin pour la régler. »
Silvia et Yukari hochèrent la tête en disant « Certainement ». Il semblait qu'elles étaient plus choquées par le fait que je pouvais battre des milliers de démons, donc ça les avait un peu excitées.
« ............ BON, D'ACCORD ! »
« Qu-Qu'est-ce qui t'arrive ? »
Alors, Windfield éleva la voix. Aujourd'hui, j'ai vu beaucoup de facettes d'elle, contrairement à son habitude.
« J'ai changé d'avis. Je vais être sérieuse. Laisse-moi faire. »
On dirait qu'elle est motivée. Ou plutôt, ça veut dire qu'elle n'était pas sérieuse tout ce temps ? Flippant.
« Second-san, c'est une confirmation importante. Si tu devais utiliser n'importe quoi. Est-ce que tu peux, faire peur, à des milliers de soldats ? »
Puis, elle posa une question encore plus surprenante.
Elle veut que je fasse peur à des milliers de soldats ? C'est un peu...
« Laisse-moi faire. »
Je ne pouvais répondre que ça !
* * *
« Les voies du ciel sont imprévisibles. »
Dans la chambre privée du Premier Prince Klaus. Le Premier ministre Val s'adressa à Klaus avec indifférence.
« La succession de la couronne t'échoira, sans aucun doute, Altesse. Quoi que veuille dire le Second Prince, gardons une attitude intrépide. »
« ............ »
Klaus ne put s résoudre à acquiescer aux mots du Premier ministre.
Les mots d'une femme continuaient de tourner dans sa tête.
« Considère le Premier ministre comme un ennemi » — C'était une phrase simple, mais elle était assez puissante pour renverser toute la confiance que Klaus avait construite jusqu'ici.
« Même si ce camp-là devait user de la force, le Premier et le Troisième Ordre de Chevalerie sont sous notre contrôle. Nous ne serons pas vaincus. »
Certes. Il essaya de se convaincre, mais ses doutes ne le laissaient pas.
Pendant la répression des bandits, on n'avait rien dit à Klaus à propos d'un accord. Il ne l'avait su qu'une fois les rebelles exterminés. Quand tout fut mis au jour, l'accord secret signé comme un piège pour massacrer le reste des bandits fut révélé, ainsi que le fait qu'on avait trafiqué les documents officiels pour cacher cette affaire.
Après qu'il eut interrogé le Premier ministre à ce sujet, celui-ci dit simplement : « Je n'avais pas d'autre choix que de trafiquer les documents pour vous protéger, Altesse ». Il savait ce qu'il disait, mais il ne comprenait pas le sens derrière. Un tel état de choses continua.
Et, qui plus est. Il argua que les bandits R6 avaient été réprimés parce qu'ils étaient une présence qui tentait d'interférer avec eux avançant sur le chemin de la paix avec l'Empire de Marubell. Mais Klaus en était vaguement conscient.
En tant que capitaine de la force de répression, il était convaincu que le nettoyage des bandits nichés autour de la Capitale Royale était pour le bien du Royaume, et il s'était lancé dans cette expédition. Cependant, à présent, du fait de l'élimination des bandits R6, la sécurité autour de la Capitale Royale s'était dégradée. Si c'est le cas, n'aurait-il pas mieux valu ne pas réprimer les bandits ? Tout semblait pointer vers ça.
Pourquoi y avait-il eu besoin de réprimer les bandits ?
Cette répression n'avait pas les intérêts nationaux à l'esprit. Au contraire, cela profitait à l'Empire. Et si on y réfléchissait bien, cela continuerait à être le cas.
En plus de ça, il y avait les mots de Second.
Est-ce possible ? Le Premier ministre est vraiment un impérial...
« Bien alors, veuillez vous préparer pour la bataille à venir. »
Avec Klaus encore immergé dans ses pensées, le Premier ministre quitta la pièce.
« ...Tch... »
Après avoir claqué la langue, Klaus arrêta d'y penser pour l'instant et reprit son travail.