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Monogatari no Kuromaku ni Tensei shite

Chapitre 33

Monogatari no Kuromaku ni Tensei shiteMonogatari no Kuromaku ni Tensei shite
Chapitre 33

Chapitre 33

Chapitre 33/20116%~11 min de lecture2 161 mots

On se demande si la situation actuelle relève de l'histoire de La Légende des Sept Héros.

Ou bien si c'est l'existence de Ren qui fait qu'un scénario différent de La Légende des Sept Héros se déroule.

La réponse, le propre Ren ne la connaît pas.

Quel que soit le résultat, il ne voulait penser qu'à renverser cette situation.

C'était par un curieux hasard le moment même où le vicomte Given arrivait à Klausel.

(Réfléchissons. Il est évident que le vicomte Given cherche à piéger le baron Klausel)

À peine réveillé, Ren réfléchissait tout en allumant un feu.

(Pour être réaliste, les nobles supérieurs de la faction neutre ne sont pas fiables)

S'ils appartiennent à la même faction mais que les nobles supérieurs ne les protègent pas, il n'y a aucun sens à y appartenir. Même si l'adversaire appartient aux deux grandes factions, on voudrait qu'ils fassent preuve d'un peu plus de cran.

Cela dit, si on considère qu'eux aussi ont leur vie, les traiter lâchement d'un revers de main serait trop court.

Pourtant, l'absence de secours est un fait qu'on ne peut fléchir.

(Si ça continue, le baron Klausel sera accusé de quelque crime et perdra sa position)

C'est forcé, mais c'est ce que permettent le titre nobiliaire et le pouvoir de la faction.

Pourtant, Ren voulait quand même faire quelque chose.

Jusqu'ici, il pensait qu'il devait tenir Ricia à distance, bien sûr, mais aussi la maison du baron Klausel ; peut-être que l'affection l'avait emporté. Néanmoins, même dans un monde où l'injustice est la norme, voir ce déroulement sous ses yeux ne lui plaisait pas.

(Mais comment puis-je aider le baron Klausel ? … Qu'est-ce qu'un gamin comme moi peut bien faire ?)

Il réfléchit désespérément. Pourtant, aucune lueur n'apparaissait.

Mais si on replace ça dans un événement de jeu,

(Plutôt qu'aider le baron Klausel, faire tomber le vicomte Given… si c'est ça…)

En changeant l'objectif, il eut l'impression qu'une idée pouvait surgir.

Par exemple… en plus du fait que le vicomte Given a attaqué le village de Ren, découvrir quelque preuve de malversation.

Avec ça, ne pourrait-on pas, au contraire, faire condamner le vicomte Given ?

(Non non non… même si un gamin comme moi trouve une preuve…)

Dans ce monde où l'injustice est tolérée, ce qu'un garçon comme moi peut dire n'a pas grand poids.

Au fond, c'est là l'obstacle insurmontable.

Pourtant,

(Ça ne sera pas inutile. Ça devrait faire gagner du temps)

Le baron Klausel n'est pas bête.

C'est un noble faible qui ne peut compter sur l'aide de sa faction, mais s'il gagne du temps, il aura de la marge pour agir et pourra peut-être éviter l'avenir où on lui ferait endosser un crime sans fondement.

Donc, agir n'est pas dénué de sens…

(Ensuite, il y a la question : d'où sortir la preuve de malversation ?)

Le mieux serait de s'infiltrer dans le manoir du vicomte Given, mais vu les risques s'il se fait repérer, il vaut mieux éviter ; et de toute façon, il n'a pas ce temps-là. Déjà, la situation est assez pressante pour qu'il doive se presser sans même dormir.

(Ce truc… on dirait bien qu'il est bloqué)

Au minimum, il faut qu'eux-mêmes arrivent à Klausel.

Là, ils témoigneront qu'ils ont été attaqués et enlevés par quelqu'un. Il faudra dire qu'ils ont été kidnappés par des brigands employés par le vicomte Given et qu'ils ont échappé de justesse à la mort.

Le fait qu'il manque cette preuve est fatal, mais c'est mieux que de ne rien faire… peut-être.

Sans être expert en coups bas ni en plaidoiries, Ren en était arrivé là.

En tout cas, il devait éviter la sottise de ne rien faire.

(Il n'y a qu'à faire tout ce qui est possible)

S'il n'y arrive pas, le baron Klausel tombera.

Et puis,

« Souu… souu… »

Ricia, endormie à côté, le dos contre une racine d'arbre, on ne sait pas ce qu'elle deviendra.

Maintenant qu'il a vu sa faiblesse, il veut à tout prix lui rendre sa vie d'avant.

Autant que possible, il doit aussi la remettre sur pied.

Après avoir reconfirmé son objectif, Ren prépara le petit-déjeuner et s'attela aux préparatifs pour imposer à Ricia sa troisième séance de plantes médicinales.

***

— Plusieurs heures s'étaient écoulées, et la ville de Klausel s'enveloppait de l'animation matinale.

Dans l'empire de Leomer, chaque cité possède un temple.

Chaque temple comporte invariablement une grande salle. Outre les offices, s'y tiennent aussi les jugements des nobles et autres puissants.

C'est le rituel du jugement qui suit la procédure prescrite, en présence d'assesseurs désignés par la loi impériale.

… C'est une cérémonie intègre, sous le regard du dieu suprême Elfen, où nul mensonge n'est permis.

« Ça commence, mon seigneur »

Assis à côté du baron Klausel, le chef des chevaliers Weiss parla.

Devant le temple résonnaient les appels au baron Klausel. À l'inverse, l'intérieur du temple était silencieux.

C'est la règle.

« Fufu »

« … Pourquoi riez-vous ? »

« C'est drôle. Regarde donc, Weiss, le visage de cet homme qui nous fait face »

Leurs places se trouvaient devant l'autel, au fond du temple.

Les sièges du demandeur, le vicomte Given, et du défendeur, le baron Klausel, étaient disposés face à face de part et d'autre de l'autel.

De ce fait, le visage du vicomte Given, de l'autre côté, se voyait bien.

« Na… cet homme… ! »

Le vicomte Given que vit Weiss ne semblait pas se soucier le moins du monde du baron Klausel.

Le vicomte Given s'employait même à bavarder gaiement avec les chevaliers qu'il avait amenés.

« On dirait qu'il dit qu'il n'a pas à s'inquiéter de la plaidoirie d'aujourd'hui… ! »

« C'est sans doute le cas. Il est sûr de pouvoir me accabler ici et de l'emporter au jugement de demain… Il a dû préparer de quoi gagner, même en agissant aussi brutalement »

La colère fit trembler les poings de Weiss.

L'intimidation qu'il dégageait traversa l'air et fit frémir l'intérieur du temple.

Le vicomte Given, si détendu jusqu'alors, se tourna malgré lui vers Weiss ; voyant son visage empli de fureur, il retint son souffle.

« Calme-toi »

Mais le baron Klausel restait calme.

« Mais… ! »

« Assez. Si tu ne te calmes pas, je te ferai sortir »

Devant l'attitude ferme de son seigneur, Weiss baissa les yeux, frappé.

Ce n'est pas par peur de la disgrâce.

Il a eu honte de lui-même, de ne pas être calme.

« — J'aimerais demander une chose »

Soudain, le baron Klausel parla d'une voix calme.

« Weiss. Toi, comment vois-tu le garçon Ren Ashton ? »

« Heu, pourquoi cette question tout à coup… ? »

« Inutile de discuter. Dis-le-moi encore une fois. Pour moi, maintenant, c'est important »

Devant ce ton qui n'admettait pas de réplique, Weiss renonça à toute parole inutile.

« Comme je vous l'ai déjà dit, c'est un enfant fort »

« Même comparé aux fils aînés des sept grandes maisons héroïques que tu as vus à la capitale il y a quelques années ? »

« Ha. Je considère que Ren Ashton non seulement rivalise avec les descendants des sept héros, mais les surpasse »

« … Fufu. Alors c'est bon »

Voyant son seigneur satisfait esquisser un sourire, Weiss se demanda d'où venait cette aisance.

Le baron Klausel va presque certainement se faire piéger et c'en sera fini ; pourtant, cette assurance reste incompréhensible.

« Juste entre nous, j'étais en contact avec un certain noble »

Cette phrase abrupte, imprévue, fit écarquiller les yeux à Weiss.

« Un certain noble… ? »

« Oui. Je ne peux pas encore en dire les détails… mais cette personne me l'a promis. Selon le moment et les circonstances, elle interviendra en ma faveur »

« Cette personne, c'est donc un noble de rang supérieur au vôtre, mon seigneur »

« Exact. Et même supérieur au vicomte Given »

Alors, au minimum, un comte.

Apprenant cela, Weiss laissa percer sa joie.

Il croyait que personne de la faction neutre ne serait leur allié, et voilà que son seigneur en avait secrètement obtenu un.

De surcroît, un grand noble.

« Mais je ne pensais pas que le vicomte Given bougerait si vite »

Le baron Klausel haussa les épaules en se moquant de lui-même.

« À cause de ça, je n'ai pas eu d'autre choix que de compter sur les qualités de Ren Ashton, sans même avoir de certitude »

« Mon seigneur, daignez m'expliquer pour que je comprenne moi aussi »

Le baron Klausel ne répondit pas, arborant un sourire amer.

« Pourtant, le garçon… »

« Il a été enlevé avec Ricia, n'est-ce pas ? »

Weiss acquiesça doucement, le regret encore présent.

Mais,

« Même ainsi, je dois croire en Ren Ashton, m'en remettre à ses qualités »

Le baron Klausel croyait.

Avec la force dont on murmure que dispose Ren, il doit pouvoir s'échapper des brigands.

Et si Ricia est avec lui, cette situation aussi, peut-être…

« Messieurs, l'heure est venue »

Un fonctionnaire du ministère de la Justice l'annonça.

L'homme, debout au centre de la salle, balaya l'assistance du regard, confirma que tous les regards convergeaient vers lui, et prononça la phrase suivante.

« Conformément à la grande loi impériale, la plaidoirie va s'ouvrir. D'abord, le demandeur… »

D'un côté, le vicomte Given tout en aisance.

De l'autre, le baron Klausel sans aisance.

Si Ren avait été là, il aurait murmuré que c'était une partie jouée d'avance ; la plaidoirie commença par le vicomte Given.

… Cette plaidoirie suivit exactement le déroulement prévu.

Bien sûr, le baron Klausel n'était pas resté les bras croisés.

Il avait anticipé les arguments du vicomte Given et préparé plusieurs éléments de réplique.

Combien de chevaliers dépêchés, quels résultats obtenus, etc.

Il présenta aussi la situation réelle des dommages subis par les villages proches du territoire du vicomte Given, pour démontrer que les dires de ce dernier étaient erronés.

Pour du travail fait en peu de temps, c'était au-dessus de tout éloge, au point de surprendre le vicomte Given qui faisait mine d'être serein.

Pourtant, tout fut vain.

Finalement, le fonctionnaire du ministère de la Justice donna raison au vicomte Given.

Comme si tout était décidé d'emblée, sans la moindre hésitation.

« Le jugement de cette affaire sera rendu par nos soins, le ministère de la Justice, après examen approfondi basé sur la plaidoirie, conformément à la grande loi impériale. L'annonce aura lieu demain matin, à la même heure que l'ouverture de la plaidoirie d'aujourd'hui. Prenez garde de ne pas l'oublier »

C'est un jugement qu'on connaît d'avance.

Le baron Klausel baissa la tête, un sourire amer aux lèvres.

« On aura gagné deux jours tout au plus »

Quand un noble est condamné, l'usage veut qu'il soit transféré à la capitale.

Mais si le baron Klausel est transféré, il n'y aura plus personne pour gouverner ce territoire. Ce n'est pas qu'on doive désigner son successeur, mais il faut donner des instructions aux fonctionnaires et chevaliers qui restent.

En d'autres termes, le temps nécessaire à la passation sera accordé.

« Non, on peut en gagner davantage. Il suffit de déposer un recours contre la décision, puis de comparaître au jugement de la capitale. Si ça ne suffit encore pas, le jugement divin… »

« Inutile. Dans cette ambiance, on nous fera obstruction avant même l'ouverture. Ils brandiront l'affaire de Ricia et des autres pour me menacer, c'est certain »

Weiss le pensait aussi, mais l'entendre de la bouche du baron Klausel attisa sa colère jusqu'à l'insupportable.

Weiss dévisagea le vicomte Given et les siens, mais ceux-ci n'en avaient cure.

« Vicomte »

« Oui. Grâce à notre précipitation, l'ingérence de la faction impériale n'a pas encore eu le temps d'intervenir. On va enfin pouvoir en finir »

Le vicomte Given souriait de l'autre côté.

Il fronça les sourcils devant l'attitude fière du baron Klausel, ressentant une légère irritation.

Mais victoire reste victoire.

Il n'y a plus aucune possibilité de résistance, songea-t-il en exhalant.

— Le lendemain matin.

Le fonctionnaire du ministère de la Justice reconnut la culpabilité du baron Klausel et jugea qu'il méritait une sanction.

Pourtant, le contenu de la peine n'était pas encore fixé.

Dans un cas comme celui-ci où un noble est puni, c'est in fine l'approbation de l'empereur qui valide l'exécution.

Bien sûr, l'empereur décide avec l'avis du sénat et d'autres conseillers, ainsi que du ministère de la Justice, ce qui garantit l'équité.

… La raison de tant d'étapes, c'est que la peine nobiliaire peut aller jusqu'à la confiscation du fief ou la destitution du titre, et que c'est l'empereur qui en décide.

S'il y a exécution, l'impact est majeur, ce qui entre aussi en ligne de compte.

Quoi qu'il soit, il n'est pas aisé de renverser un jugement passé par l'étape du procès.

Sous peu, les résultats de ce jugement parviendront aux oreilles de l'empereur, et l'avenir du baron Klausel, transféré à la capitale, sera scellé.

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