Il avait dit cela à Weiss, mais Ren craignait que ses parents n'acceptent pas.
Pourtant,
« Incroyable, ils ont accepté si facilement… »
Non seulement Roy, mais même Mireille avait donné son accord.
De retour au manoir, après que Weiss leur eut expliqué la situation, ils avaient acquiescé sans difficulté.
Au début surpris, les deux avaient changé d'avis en apprenant que le chef des chevaliers Weiss, de la maison Clauzel, s'occuperait personnellement de l'enseignement.
« On a dit Roc Tsurugi, non ? Préparons de quoi passer la nuit au-delà. »
Weiss, qui marchait un pas devant, tenant une torche, dit cela.
Bien que la forêt en cette saison soit difficile à traverser sous la neige accumulée, lui ne semblait pas subir l'influence de la neige et avançait d'un pas puissant.
« Incroyable… »
La différence de force physique et de gabarit, sans doute.
De plus,
« Brouuu ! »
Un Petit Sanglier qui jaillissait fut abattu d'un coup d'épée à une main.
Son tronc ne broncha pas d'un millimètre, et la vitesse de sa lame était telle qu'on n'avait pas confiance pour la suivre des yeux.
« Jusqu'où va sa force ? »
Alors que Ren, marchant derrière, observait le dos de Weiss et y réfléchissait, ce dernier se retourna, semblant avoir remarqué son regard.
« Hm ? Qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Je pensais que Weiss-sama était incroyable. »
« Hahaha ! Pour si peu ! Un garçon comme toi deviendra vite plus fort que moi ! »
Weiss loua Ren tout en hissant sur son épaule le Petit Sanglier qu'il venait d'abattre.
Pour un vieux chevalier en apparence, quelle force physique dissimulait-il donc ?
« Bon, pour les monstres d'ici devant, je te les laisse. Tu peux te battre la nuit, toi ? »
« Je pense que c'est bon. J'ai déjà fait l'expérience une fois, et ça s'est bien passé. »
Cela dit, les seuls monstres apparus étaient des Petits Sangliers.
Qu'il fasse nuit ou que la neige gêne les mouvements, ce n'étaient pas des ennemis.
Pendant qu'ils visaient le Roc Tsurugi indiqué par Weiss, Ren élimina sans peine plusieurs Petits Sangliers.
Avec une déconcertante naturalité, comme s'il respirait.
« ……En effet. C'est compréhensible que mademoiselle ne fasse pas le poids. »
En chemin, Weiss murmura en observant sa façon de se battre.
« L'adversaire, c'est des Petits Sangliers, quand même. »
« Pourtant, tous d'un coup d'estoc au front. Il a transpercé la tête sans la moindre erreur. Et la vitesse de réaction était stupéfiante. »
Il avait un bracelet invoqué au poignet et l'Épée Démoniaque de bois à la ceinture, mais ce soir Ren maniait une arme en fer.
Simplement, se faire louer ainsi le mettait mal à l'aise.
Peut-être ne s'habituerait-il jamais aux louanges… Ren l'apprit avant même d'apprendre le bivouac.
—— Un moment plus tard.
Après avoir dépassé le Roc Tsurugi et marché encore un moment, leurs pas s'arrêtèrent sur une plaine où trônait un gros rocher.
Weiss, portant toujours le Petit Sanglier, s'approcha du rocher, avança jusqu'à une large excavation et fit signe à Ren de le rejoindre.
Là, ils purent échapper au froid de la neige qui tombait tranquillement.
« Il faut d'abord allumer un feu. »
Il y a plusieurs méthodes.
La principale utilisée par les chevaliers est l'artefact magique, paraît-il.
Mais sans artefact, on utilise une pierre à feu, et à défaut, en dernier recours, on frotte deux bouts de bois.
« Mais si le bois est humide, le feu ne prend pas. Il ne faut donc pas négliger la préparation avant d'en arriver à l'extrémité, et veiller à ne pas se retrouver dans cette situation. »
En disant cela, Weiss tendit à Ren une dague dans un fourreau en cuir.
« C'est un cadeau de ma part. L'embout du fourreau contient un minerai spécial. Le fourreau en cuir lui-même a été travaillé : si on y frotte fortement la pierre à feu, des étincelles jaillissent. »
« C'est vraiment bon ? Ça a l'air cher. »
« Pas tant que ça. À Clauzel, dix mille G — de quoi payer le salaire journalier d'un roturier — suffisent pour l'obtenir. »
Même si ce n'est pas donné, pensa Ren.
Pourtant, il accepta la générosité de Weiss sans arrière-pensée et, sur son invitation, tira la dague.
Pendant ce temps, Weiss sortit un bout de bois de sa poche et le posa au sol.
« C'est comme un entraînement, alors j'en ai pris un au manoir du garçon. Bon, je vais te montrer, puis tu essaieras. »
Weiss frotta habilement le couteau contre le fourreau.
Voyant des étincelles jaillir si aisément, Ren ne put s'empêcher d'admirer : « Oh ! »
À côté, Weiss esquissa un sourire et fouilla dans sa poche. Il en sortit une poignée de paille courte, y produisit à nouveau des étincelles.
Après plusieurs répétitions, une faible flamme s'alluma dans la paille.
« Je vais te faire faire cette amorce, toi aussi. »
« Compris. J'essaie. »
À l'essai, c'est à la dizaine de tentatives qu'apparurent des étincelles.
Weiss les transmit à une nouvelle poignée de paille pour créer l'amorce. L'outil semblait conçu pour faciliter l'allumage même aux débutants.
On lui apprit en même temps comment mettre le feu au bois, et Ren assimila la technique sans encombre.
« Le bois manquant, il faut aller le chercher, c'est ça ? »
« C'est aussi un entraînement, mais ce soir, pas la peine d'aller si loin. À partir de maintenant, on se réchauffera avec la flamme de l'artefact. »
Weiss glissa la main dans sa poche et en sortit un petit flacon.
Il en ôta le bouchon, le posa au sol, et après quelques secondes, il se mit à cracher du feu.
« Ça atteint tout de suite la puissance d'un feu de camp. En attendant, je vais t'apprendre une autre méthode d'allumage et le démantèlement des monstres. »
L'autre méthode consistait à frotter du bois.
D'abord, Weiss tailla le bois pour créer un dispositif propice à l'allumage.
Puis il montra comment l'allumer par friction.
Ren essaya à son tour, mais cette fois, cela prit bien plus de temps qu'auparavant.
Finalement, il parvint à faire du feu après plus de trente minutes de tentatives.
Ce fut le moment où il comprit du fond du cœur à quel point les outils de la civilisation sont extraordinaires.
« Le garçon a de bonnes dispositions. »
« ……Je trouve que ça a pris pas mal de temps, moi. »
« Pas du tout. Un débutant peine souvent rien qu'à faire de la fumée. Bon, passons au démantèlement. »
Le sujet était le Petit Sanglier transporté jusqu'ici.
On allait lui apprendre le traitement principal pour en faire de la nourriture.
« D'abord, pour la plupart des monstres, les parties comestibles… »
Comme Mireille le faisait toujours au manoir, Ren ne se démonta pas face aux viscères frais.
Il participa au démantèlement à partir de la moitié, sous la direction de Weiss.
En une petite heure, il acheva le travail en apprenant la saignée, le traitement de la fourrure et bien d'autres choses.
La viande prête fut embrochée sur des branches ramassées et grillée sur la flamme de l'artefact.
La viande grillée était parfumée, mais sans assaisonnement, elle manquait de goût.
« (Enfin, c'est pas mal.) »
Peut-être à cause de l'ambiance, on ne la trouvait pas mauvaise, étrangement.
« Au fait, une question. »
« Hm ? Quoi ? »
« Pourquoi êtes-vous partis du manoir juste avant le changement de jour ? Les préparatifs étaient prêts, mais il y a eu un délai avant le départ. »
« ………… Pour que cela n'atteigne pas les oreilles de mademoiselle. »
« Ah, ah… je vois… »
Si Ricia l'apprenait, elle insisterait pour venir aussi.
Mais Ren ne pouvait pas s'y opposer fermement, et Weiss non plus, Ren le savait bien.
C'est pourquoi, quand Weiss proposa de s'occuper de quelque chose, il ne dit pas de ne pas l'amener.
…… D'ailleurs, vu sa position, ce n'était pas une parole qu'il aurait dû prononcer.
« Demain aussi, on rentrera au manoir avant que mademoiselle ne se réveille. Ce sera un programme serré, mais… »
« Comparé au jour où j'ai combattu le Chef Wolfen, c'est léger. Ça va. »
« — ! Hahahaha ! Ah, c'est vrai ! C'est pour ça que le garçon, contrairement à mes subordonnés, ne laisse jamais échapper la moindre plainte ! »
Ren haussa les épaules en souriant amèrement.
Ensuite, on lui enseigna la manière de bivouaquer par temps froid, la garde, l'entretien du feu, et même les techniques de dissimulation en tel lieu.
Une seule nuit ne fait qu'effleurer la surface, mais un jour cela pourrait servir.
En y songeant, l'expérience de ce jour parut même un trésor précieux.
***
Le lendemain matin, il se leva avant le lever du soleil.
Bien qu'il n'ait dormi que la moitié de sa durée habituelle, ses yeux étaient étonnamment clairs.
Ils quittèrent le gros rocher, franchirent le Roc Tsurugi, traversèrent le pont sur la rivière.
Tous deux rentrèrent au village comme prévu, tôt, en marchant sur les chemins des champs sous la neige.
« On est rentrés tôt, hein. »
« Oui. Comme ça, mademoiselle ne doit pas être encore levée. »
Discutant gaiement, ils atteignirent le manoir comme prévu.
Mais, au moment où Ren posa la main sur la porte pour l'ouvrir — cet instant.
« Ah, bon retour. »
D'une voix légère comme un grelot, Ricia accueillit Ren avec un sourire étincelant.
Pourtant, cette pression indicible, qu'en penser ?
…… Pourtant, contre toute attente, elle n'était pas en colère.
« Tu as dû avoir froid ? … Inutile d'y aller à une heure pareille, non ? »
La raison du départ tardif étant Ricia, comment l'expliquer ?
Ren afficha un sourire forcé, se gratta la joue et brouilla les pistes.
« Enfin… même moi, je ne vais pas te demander de m'emmener en forêt au cœur de la nuit. C'est vrai que… le fait qu'on me l'ait caché m'a un peu vexée, mais… »
« Ahaha… »
« Mais c'est bon. Et puis, l'assaut d'aujourd'hui, je l'annule. »
Ren crut un instant qu'elle était fâchée, mais ce n'était pas le cas.
« Tu es fatigué, non ? »
« N-non, pas du tout ! Un peu, ça ne… »
« C'est bon. Si tu te forces et que tu tombes malade, ce sera embêtant. Hein ? »
La raison de l'annulation de l'assaut était la fatigue de Ren.
Weiss resta bouche bée de le voir se retenir alors qu'il était venu pour cet assaut.
« (…… C'est ça, ce truc.) »
Une sollicitude soudaine émousse les sens.
Pourtant, au vu de l'expression de Ricia, ce n'est pas du jeu.
…… Ses paroles tout à l'heure étaient sans nul doute sincères.
« Gagner contre toi fatigué ne me ferait absolument pas plaisir. »
Et la phrase qui suivit, elle aussi, venait du cœur.