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Monogatari no Kuromaku ni Tensei shite

Chapitre 104

Monogatari no Kuromaku ni Tensei shiteMonogatari no Kuromaku ni Tensei shite
Chapitre 104

Chapitre 104

Chapitre 104/20152%~9 min de lecture1 753 mots

Le temps remontait d'environ une heure, dans un coin de la capitale impériale.

« C'était drôlement bon. »

Ren, sortant d'un restaurant réputé, marmonna.

C'était un restaurant qui apparaissait aussi dans La Légende des Sept Héros. Les plats y étaient rendus en 3D soignée, de quoi titiller l'appétit des joueurs.

Une fois qu'il eut vu ces plats de ses propres yeux et rassasié son ventre, son impression se résuma à un mot : satisfaction.

Puisqu'il avait dû venir dans cette capitale qu'il évitait, un gain de ce niveau devait bien être permis.

Il s'apprêtait à rentrer à l'auberge, le regard tourné vers la grande rue menant à celle-ci, quand —

« Itai na ! »

« Hé ! Fais gaffe, vieux ! »

Comme il marchait dans une ruelle, un vieillard et de jeunes hommes qui avaient l'air d'être des aventuriers se heurtèrent l'épaule sous ses yeux.

Le vieillard, hardi, lança : « Aa !? C'est mutuel, non ! » et 자극a les jeunes aventuriers.

Mais Ren s'inquiéta pour les jeunes aventuriers.

Les environs étaient faiblement éclairés, pourtant, en voyant la carrure du vieillard, Ren comprit aussitôt.

(Cet homme, c'est un nain.)

Une taille semblable à celle du jeune Ren, et, en contraste, une carrure solide et musclée. Sa barbe laissée longue était frisée comme brûlée au feu, l'archétype même du nain de fantasy.

« At, attendez un peu ! »

Ren s'interposa entre eux et parla pour éviter la bagarre.

Les jeunes aventuriers, peut-être désarmés par l'intervention d'un gamin, lâchèrent aussitôt un « Bon, tant mieux pour toi, vieux » en guise de réplique de départ et s'en allèrent.

Ren, soulagé, regarda le vieux nain.

« Impressionnant, impressionnant ! La capitale n'est pas encore fichue, hein ! »

« …… Si je n'étais pas intervenu, ce jeune aventurier aurait été blessé, vous savez. »

« Hein ? C'est pas moi qui aurais été blessé, moi ? »

(Moi…)

Un sourire sec faillit apparaître sur les lèvres de Ren ; il le retint et répondit calmement.

« Quel que soit son niveau d'aventurier, dans un combat de force brute, le nain a l'avantage. Si l'autre sort son épée, ça devient incertain, mais. »

« …… Ho-ho, pour un p'tit gabarit, t'en sais pas mal. »

Le nain se pencha alors vers Ren.

Sans comprendre pourquoi, Ren s'exécuta malgré lui.

« Yoshi. On y va. »

Le vieux nain monta sans façon sur le dos de Ren et se fit porter.

Bien sûr, Ren resta coi. Le nain était lourd pour sa taille, et on devinait des muscles puissants sur tout son corps.

« —— Oui ? »

« Je viens de me fouler le pied. À toi, qui es si admirable, j'accorde le privilège de me porter. »

(Qui est ce type ?)

« Allez, allez, bougeons. »

Est-ce qu'il avait encore le droit de refuser ? Ren poussa un profond soupir, considéra que c'était aussi une forme de destin, et se mit à marcher malgré tout.

Mais un gamin portant un nain dans la capitale, ça attire l'œil.

La plupart des gens n'aiment pas être dévisagés par la foule.

Ren n'aimait pas particulièrement ça non plus, alors il voulait l'éviter.

« Par là. Y a mon atelier. »

Le nain porté désigna le chemin d'un doigt hautain. Le chemin indiqué menait dans les ruelles, donc la grande rue serait évitée.

Ren obtempéra sans résister et marcha une bonne demi-heure dans la capitale.

Puis, contrairement au début, le nain se tut.

Craignant qu'il ne se soit endormi, Ren eut sa réponse au bon moment.

« Gamin. »

« Oui, oui, quoi ? »

« —— Toi, t'as une compétence liée au renforcement physique, non ? »

Ce mot qui touchait au cœur le surprit intérieurement.

Pourtant, le jeune garçon feignit un calme au-delà de son âge.

« Je ne sais pas. Je n'ai jamais vérifié mes compétences. »

« Ho-ho… Jamais vérifié, hein. »

« …… Vous avez une drôle de façon de tourner les choses. »

« Désolé. C'est comme une déformation professionnelle. »

« Vous disiez tout à l'heure "atelier", ça a un lien ? »

« Ouais. Je suis forgeron et ingénieur de navires magiques. Et comme j'ai souvent affaire à ceux qui manient l'épée, c'est devenu un réflexe. »

C'était une raison pour laquelle Ren put hocher la tête en se disant « C'est vrai. »

« Mais cumuler forgeron et ingénieur de navires magiques, c'est rare, non ? »

« On me le dit souvent. Mais bon, c'est pas des métiers sans aucun lien non plus. Les deux travaillent le métal et les matériaux de monstres. Si on creuse, y a des points communs. »

« Aa… C'est comme ça, hein. »

« La prochaine fois, je te fabriquerai un truc. Mieux vaut pas une épée, ceci dit. »

« He ? Pourquoi pas une épée ? »

Pour un forgeron, on s'attendrait à ce qu'il forge aussi des épées ; Ren inclina la tête devant cette exclusion d'emblée.

Le nain désigna alors l'épée démoniaque que Ren portait à la ceinture, et donna sa raison.

« Ça, c'est un outil magique ou un truc du genre ? »

Encore.

Combien de fois allait-on lui asséner ce genre de parole qui vise juste ?

« Non. »

« Pas du tout… mais le truc bizarre, c'est que je n'entends pas la voix du matériau venant de celui-là. Ni du métal, ni du matériau de monstre. »

« Une épée qui émet une voix… —— »

« C'est bizarre ? Je comprends le sentiment. Le monde est large, mais je suis sans doute le seul à l'entendre. »

Ren doutait de la part de vérité à accorder à ce récit. Deux fois que le cœur du sujet était visé, il ne pouvait s'empêcher d'y penser.

Ren ne répondit pas davantage.

De son côté, le nain, semblant convaincu tout seul, marmonna « Maa ii ka ».

« Oups, bientôt l'heure. »

Le nain descendit du dos de Ren et posa le pied sur les pavés.

À l'impact, il laissa échapper une plainte douloureuse et ses yeux se voilèrent légèrement de larmes. Visiblement, il faisait le dur.

« C'est déjà bon ? »

« Ouais. D'ici je cours jusqu'à chez moi ! Alors, à une prochaine ! »

Sans se soucier des sentiments de Ren, le nain s'en alla en courant tout seul.

En voyant son dos s'éloigner, Ren sourit amèrement.

Arrivé là, il essayait de rentrer tout seul ; s'il a mal, il n'a pas à se forcer… pensa-t-il, et il regarda partir ce dos jusqu'à ce qu'il disparaisse.

Ren, resté seul, dit :

« …… Il a dit qu'il me fabriquerait un truc, mais avec un départ comme ça, y aura pas de prochaine fois, hein. »

Ce n'était pas qu'il l'attendait particulièrement, mais il le dit avec résignation.

Bon, lui aussi va rentrer à l'auberge.

Quelle qu'en soit la forme, il avait aidé quelqu'un ; ce n'était pas une mauvaise sensation. Rumine les mots du nain qui avaient laissé une impression vive, Ren s'apprêtait à prendre le chemin du retour ——

—— Ce fut un instant plus tard qu'il eut un sursaut.

Ce quartier s'étendait en un paysage vallonné et calme.

Ren avait gravi la pente en suivant les indications du nain, l'esprit happé par les paroles lourdes de sens de ce dernier.

Maintenant qu'il se calmait et regardait autour de lui, un paysage particulièrement familier s'étendait.

En contrebas de la pente, des maisons serrées les unes contre les autres et de nombreux magasins éclairés par des réverbères noirs d'antiquité s'offraient à la vue.

Mais ce n'était pas ce paysage qu'il devait regarder.

Ren inspira longuement, « suu… », et porta son regard sur le terrain plat un peu plus loin.

Là trônait un gigantesque lieu d'apprentissage.

—— L'Académie des officiers impériaux.

Le quartier académique.

C'est ainsi qu'on appelle ce secteur, où se dresse le plus grand et le plus célèbre établissement du pays, dont les fenêtres étaient encore allumées çà et là. Il y aurait encore du monde à l'intérieur.

Cet établissement, Ren le contemplait en silence depuis la pente éloignée.

Un vaste jardin verdoyant, plusieurs ensembles de bâtiments de recherche, l'immense édifice au toit d'un bleu outremer profond ; il le fixait, immobile.

« …… »

Une émotion complexe, jamais ressentie, parcourut tout son corps.

L'envie pathétique de fuir immédiatement, et le fort sentiment de s'opposer au destin en se disant : même face à ça, je ne perdrai pas.

Quand il s'en rendit compte, plusieurs minutes s'étaient écoulées.

—— *Kotsun*.

Tout à coup, un pas résonna derrière Ren.

Ce bruit, seul, se rapprochait de lui.

« Yo, Ren Ashton. »

Une voix d'homme.

Il n'avait jamais entendu cette voix, pourtant Ren la connaissait.

Ren se tourna vers son propriétaire pour répondre.

Mais comme celui-ci dit « Reste comme ça », Ren attendit son arrivée sans quitter l'Académie des officiers impériaux des yeux.

Sans tourner le visage vers l'homme qui se tenait à ses côtés, Ren prit la parole.

« Dans ce cas, pas besoin de me remercier. Vous l'avez déjà fait maintes fois par lettres. »

« C'est vrai. Alors, fais selon ton cœur. »

C'était une sensation étrange.

C'était leur première rencontre, et l'autre occupait une position spéciale, pourtant une sorte de relation de confiance régnait entre eux.

Un silence qui pouvait s'appeler une quiétude née de la compréhension mutuelle.

« Qu'as-tu pensé de l'école où le vicomte Given t'a invité ? »

« Je me demande, encore maintenant, si ce type a vraiment pu écrire une lettre de recommandation. »

« Ku, kuku… hahahahaha ! Ah, si c'est ça, c'est une inquiétude inutile ! Ce gars a dû pouvoir pondre une lettre de recommandation ! À l'époque, en tout cas ! »

« C'est comme ça ? »

« Ouais ! Il a quand même été adjoint au ministre de la Justice ! Ceci dit, même avec une lettre, ça ne dispense que de quelques épreuves écrites. L'examen final qu'a passé Fiona, lui, n'était pas évitable. »

En y repensant, même le vicomte Given ayant pu préparer une lettre, le fait que Fiona ait passé l'examen laissait un doute.

Entendant la raison, Ren eut l'impression de se frapper le genou.

Finalement, tous deux se tournèrent l'un vers l'autre en même temps.

Enfin, leurs regards se croisèrent.

« —— Enchanté. Ren Ashton. »

« —— Enchanté. Yurisis Ignart, marquis. »

Il n'y avait pas de promesse.

Pourtant, tous deux venaient de faire leur rencontre ici.

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