La fillette sourit, les yeux pétillants, et grimpa docilement sur son dos. Tout au long du chemin, elle gazouilla comme un joyeux petit oiseau, suivant les deux autres. Après avoir marché longtemps, elle demanda : « Grand Frère, tu es fatigué ? Yue'er peut descendre et marcher toute seule. »
« Non, je ne suis pas fatigué. Je peux encore te porter », répondit Hao'er en secouant la tête.
« Alors Yue'er va aider Grand Frère à s'essuyer toute la sueur~ » Voyant que la transpiration perlait sur son front, elle utilisa sa manche pour l'essuyer.
Sentant les petites mains maladroites de l'enfant lui essuyer le front, les yeux de Hao'er s'illuminèrent d'une chaleur douce tandis qu'il disait : « Si tu as faim ou soif, dis-le simplement à Grand Frère. »
« Mmh, c'est noté ! » Les deux acquiescèrent en chœur.
Ils marchèrent en s'arrêtant par instants, alternant repos et marche. À la tombée de la nuit, ils aperçurent un petit village.
« Il y un petit village devant ! » s'exclama Yue'er en désignant l'horizon du doigt.
Hao'er et Chen'er esquissèrent aussi un sourire. Ils avaient marché toute la journée, suivant le sentier de montagne, et ce n'était que maintenant qu'ils voyaient des traces d'habitation humaine.
« Allons voir et demandons aux gens comment cet endroit s'appelle », dit Hao'er en hissant Yue'er sur son dos et en emmenant Chen'er par un détour, grimpant un petit sentier qui menait au village.
C'était juste l'heure du crépuscule, et dans ce petit village de montagne reculé, une cinquantaine de foyers préparaient le dîner. La fumée s'élevait des cheminées, et l'arôme des plats emplissait l'air.
Lorsqu'ils arrivèrent dans le village, les trois enfants, qui mangeaient de la viande grillée depuis quelques jours, ne purent s'empêcher de s'illuminer en humant les délicieuses effluves qui s'échappaient de chaque maison.
« Ça sent si bon ! » Yue'er renifla de son petit nez, le visage empli de convoitise tandis qu'elle aspirait l'arôme de la nourriture.
« Grand Frère, asseyons-nous ici un moment », proposa Muchen en désignant une pierre voisine.
« D'accord », acquiesça Hao'er en la déposant. Il dit aux deux autres : « Attendez ici un instant, j'irai me renseigner devant. » Après leur avoir recommandé de ne pas s'éloigner, il se dirigea vers les maisons devant eux.
« Hein ? D'où sortent ces gamins ? » Une femme dans la trentaine sortit, éclaboussant l'eau qu'elle tenait dans ses mains devant la porte, et aperçut les trois enfants à l'entrée du village.
Cet endroit est isolé, et d'ordinaire bien peu de gens s'y rendent. La douzaine de foyers du village se connaissent tous bien et vivent en bonne entente. À cet instant, aux mots de la femme, quelqu'un dans la maison voisine asomma la tête pour regarder.
« Vraiment, il y a des enfants ? D'où viennent-ils ? Pourquoi je n'ai vu aucun adulte ? » Une autre femme, dans la quarantaine, intervint en sortant à son tour et regardant à gauche, à droite, tout autour. Ne voyant que les trois enfants, sans aucun adulte, elle ne put s'empêcher de trouver cela étrange aussi.
Hao'er n'avait guère eu de contacts avec les gens auparavant, et avec son caractère froid, il paraissait indifférent pour son jeune âge. Cependant, il était beau et dégageait une allure remarquable, si bien qu'on voyait au premier coup d'œil qu'il n'était pas un enfant ordinaire.
Peu à peu, les villageois qui s'étaient rassemblés comprenaient des femmes, des hommes et des personnes âgées. Finalement, un vieillard appuyé sur une canne en bois caressa sa barbe et regarda Hao'er en demandant : « D'où viens-tu, mon garçon ? Où sont les adultes ? »
Le regard de Hao'er balaya la foule avant de se poser sur le vieillard. Il s'inclina respectueusement et dit : « Grand-père, mon frère, ma sœur et moi nous sommes séparés de notre famille. Pourrions-nous nous reposer ici pour la nuit ? »
Le vieillard fut légèrement surpris. En regardant l'enfant, qui avait moins de dix ans, il fut frappé par ses bonnes manières. Chacun de ses gestes était même meilleur que ceux des Jeunes Maîtres de ces familles nobles qu'il avait vus auparavant. À cet instant, il dit : « Bien sûr, il n'y a aucun problème. »