Dès qu’ils eurent commencé à échanger quelques mots, la boue environnante parut se fissurer, et d’autres bêtes à quatre pattes en sortirent peu à peu. Elles fixaient et Leng Shuang, qui ne se trouvaient pas bien loin. Soudain, elles ouvrirent la gueule pour hurler, et ces créatures les entourant bondirent aussitôt, fonçant sur les deux femmes.
Elles tapèrent du pied le sol pour s’élever dans les airs. En plongeant le regard vers le bas, elles découvrirent une myriade de bêtes à quatre pattes détalant en tous sens. À voir l’essaim si dense, elles estimèrent en avoir sous les yeux entre deux et trois cents. Les unes frappaient le sol de leur queue en rampant, les autres franchissaient le ruisseau adjacent, tandis que d’autres continuaient de hurler le regard fixé sur elles.
Soudain, un cri strident fendit le ciel. Les deux femmes se tournèrent et virent un vol d’aigles chauves géants au plumage noir fondre droit sur elles.
lança un ordre en condensant son énergie spirituelle pour se déplacer dans les airs, mais les aigles chauves géants étaient d’une rapidité exceptionnelle. En un clin d’œil, ils interceptèrent les deux femmes, les encerclèrent et leur barraient toute possibilité de traverser le ruisseau.
L’un des aigles chauves géants poussa un hurlement féroce, dévoilant ses serres acérées dans l’intention de les saisir. Son bec rouge et pointu tel une lame longue claqua vers elles en battant des ailes, lançant plusieurs lames de vent. Des vagues d’attaques s’abattirent successivement sur elles, sans même leur laisser le temps de reprendre souffle.
articula une menace glaciale. D’un geste ample du poignet et de sa manche, elle leva la main et projeta une flamme qui s’empara immédiatement des abords.
Une aura antique et écrasante accompagna le brasier. Quelques aigles chauves géants battirent des ailes précipitamment pour prendre la fuite dans la panique. Celles qui tardèrent d’un instant furent calcinées ; le feu prit aux plumes de leur corps. Bientôt, des cris perçants résonnèrent tout autour, et à mesure que les flammes rongeaient la matière, une odeur nauséabonde emplit l’air.
Sensant peut-être cette aura antique et écrasante, les bêtes à quatre pattes jusque-là si agressives commencèrent à gémir et tentèrent de s’enfouir sous la terre.
Leng Shuang suivait à ses côtés et observa ces aigles chauves géants enflammés pousser des cris avant de se jeter tête baissée dans le ruisseau ci-dessous. Ils n’eurent pas le temps de toucher l’eau qu’ils furent engloutis en une seule fois par les bêtes à quatre pattes qui attendaient là, gueules béantes.
jeta un coup d’œil vers le bas, vit les aigles chauves géants mourir ou prendre la fuite, et n’y porta plus aucune attention. « Allons-y ! » annonça-t-elle à Leng Shuang. À peine ces mots sortis de sa bouche, elle se dirigea déjà vers l’autre rive du ruisseau.
Leng Shuang reporta un instant son regard sur les bêtes à quatre pattes, puis suivit l’exemple de et repartit. En chemin, masqua son aura ; sans cette précaution, aucune bête féroce n’aurait osé s’approcher d’elle d’un seul pas.
Contemplant la maîtresse devant elle, vêtue d’une robe rouge, qui s’élançait dans les airs sans la moindre retenue, et constatant sa désinvolture naturelle, son regard se fit peu à fait plus doux. Depuis qu’elle avait suivi sa maîtresse, elle l’avait vue gagner en puissance graduellement, traverser d’innombrables épreuves et tribulations, et devenir le Souverain du Ciel et de la Terre…
Bien que sa puissance n’ait pas encore retrouvé son apogée, avec le génie inné de sa maîtresse, elle était convaincue qu’il ne tarderait pas : elle retrouverait ses forces précédentes, ou même les surpasserait !
Trois mois plus tard, au petit matin, se tenait au sommet d’un pic montagneux. Le regard porté sur les arbres alentours et les crêtes superposées, son humeur devint légèrement anxieuse.
Sans même évoquer le délai écoulé depuis son départ, cela faisait désormais trois mois qu’elle et Leng Shuang avaient pénétré au cœur de la Forêt Enchantée Verdoyante. Durant ce laps de temps, elle avait sillonné tous les lieux indiqués sur la carte ; bien qu’elle eût élargi le périmètre de ses recherches, toujours aucun indice concernant l’Ancien Renard Spirituel à Neuf Queues ne lui était parvenu.