Cependant, lorsqu'il retrouva son calme et songea à remercier la femme qui lui avait sauvé la vie, il s'aperçut que celle vêtue de rouge avait disparu.
Il s'écria en tournant la tête de tous les côtés, mais nul être vivant ne répondait à ses appels. La femme avait fondu comme neige au soleil, laissant derrière elle aucune trace, comme si elle n'avait jamais existé. S'il n'avait eu sous les yeux le Loup Démonien agonisant devant lui, il aurait vraiment cru que ses graves blessures n'étaient qu'une hallucination.
De son côté, chevauchait l'aigle pour regagner la falaise surplombant la scène. Elle sauta dans le nid, se cala confortablement, poussa un long soupir, puis sortit une gourde de son espace de stockage, y prit une gorgée de vin et déclara : « L'aigle, ton nid est plutôt doux, et l'herbe dedans est aussi fort agréable. Au moins, tu as un confortable réduit dans cette forêt. »
Un léger sourire aux lèvres, elle leva les yeux vers les étoiles scintillant dans la voûte céleste, puis ajouta : « Tu peux même admirer le ciel nocturne et la lune quand tu veux. »
À ces mots, l'aigle tressaillit de la commissure des lèvres. Battant des ailes, il recula sur le bord du nid et demanda : « Pourquoi es-tu partie aussi vite après avoir sauvé cet individu ? C'est un humain, toi-même. »
« Puisque je me trouve ici, il m'est impossible de repartir sitôt. De plus, le vieillard qui m'a envoyée en ce lieu voulait probablement éviter que je vienne juste faire un tour et m'en aille à tout vent. Je vais réfléchir et voir comment m'acclimater à cet endroit. Demain, j'affronterai les bêtes démoniaques pour entraîner mes techniques. »
Elle vida le reste de sa gourde, la bouche relevée, et lorsque l'aigle la fixa, sourit et lança : « Quoi ? Tu cherches à me chasser ? Tu craindrais que je ne m'approprie ton nid ? »
L'aigle s'éclaircit la gorge avant de répondre d'un ton bas : « Bien sûr que non. » Même s'il en pensait autre chose, il n'aurait jamais osé le formuler à voix haute. Il était question d'une humaine hors norme, capable d'anéantir un Loup Démonien d'un seul coup. De toute façon, elle resterait humaine et ne garderait pas son nid éternellement.
Le simple fait d'être associé à un tel casse-pieds lui suffisait amplement. S'il l'avait su plus tôt, il se serait tenu à bonne distance.
« Hé hé, rassure-toi, je pars demain. Je ne fais que louer ton nid pour passer la nuit. » En parlant, elle reprit quelques gorgées supplémentaires, rangea ensuite la gourde dans son espace de stockage, et lança quelques fruits spirituels aux oisillons avant de fermer les yeux pour se reposer.
Dès qu'ils aperçurent les fruits spirituels, les oisillons poussèrent des cris d'allégresse. Ils fondaient dessus et s'empressaient de becqueter leur contenu.
Une fois assoupie, dormit jusqu'au lendemain matin.
Bien que l'aigle veillât toute la nuit, il évitait soigneusement de poser son regard sur et se contentait de lui jeter de discrets coups d'œil. Pourtant, lorsque l'aube pointa et que le jour se levait, son attention dévia involontairement vers elle. Sur le point de détourner les yeux, il les écarquilla, figé par l'incompréhension.
Comment cette humaine s'était-elle métamorphosée en Bête Dévoreuse de Nuages ?
Il fixait la Bête Dévoreuse de Nuages au pelage roux par-dessus ses grands yeux ronds. Pendant un instant, il resta sans voix, incapable de saisir la logique d'une telle situation. Par quel miracle cette jeune femme séduisante pouvait-elle prendre successivement l'apparence d'un oiseau, d'une humaine et enfin d'une Bête Dévoreuse de Nuages ?
Les oisillons s'étaient également réveillés dès l'aube et, voyant l'humaine changer à nouveau d'aspect, ils se renfrognèrent en boule et gardèrent un silence prudent.
Ainsi, leurs petits yeux se fixèrent sur la Bête Dévoreuse de Nuages endormie au cœur de leur nid, jusqu'à ce que la petite créature remuât le corps, tendît un membre et bâillât à la manière humaine avant d'ouvrir les paupières.
À peine eut-elle ouvert les yeux qu'elle découvrit une patte velue. Figée, elle cligna des paupières, persuadée d'avoir mal vu. Mais après avoir refermé les yeux pour mieux regarder, la patte velue demeurait bien là.
Elle roula immédiatement sur le flanc et se redressa.