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Meido nara Touzen desu

Chapitre 36

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Chapitre 36

Chapitre 36

Chapitre 36/4090%~5 min de lecture926 mots

Puis – un mois plus tard, au manoir du comte.

« Oh, Mona. En y regardant bien, tu as vraiment l'air d'une jeune fille de la ville. »

« Tu me fais un compliment ? »

Mona, une servante du manoir du comte Markwood ayant changé sa tenue de femme de chambre contre des vêtements civils, entrait dans la cuisine.

Elle fut alors repérée par Tomes, le jardinier qui terminait son thé.

« Hoho. Bien du travail jusqu'à présent. Tiens, prends ça pour te faire une somme départ. »

Roy, le cuisinier qui sortit de l'arrière-cuisine, dégageait une délicieuse odeur de pâtisserie.

Le sac qu'il lui tendait était encore tiède.

« Des cookies ! Ouah, merci beaucoup. Si je les donne à mes frères et sœurs, ils vont être enchantés. »

« Cache-les quand tu quitteras le manoir. J'ai prélevé les provisions stockées ici pour les confectionner. »

« Ça ne pose aucun souci. On ne le découvrira jamais. »

Mona ouvrit le sac et saisit aussitôt le premier cookie pour le porter à sa bouche.

Tomes le regardait avec envie, mais Roy fit un geste dissuasif en précisant : « Ce n'est pas pour que tu les offres au vieux, quand même. »

« J'ai parfaitement compris... Mais dis donc, Mona. N'a-t-on pas beaucoup insisté auprès de toi pour te convaincre de rester ? »

« Disons que oui. Mais j'avais déjà tranché pour mon mariage chez moi depuis longtemps, alors c'était inéluctable. »

« Tout à fait. Mais du coup, en plus du personnel féminin déjà réduit... Le manoir va-t-il survivre ? »

Résidant dans un petit abri installé au fond du parc, le jardinier Tomes mettait rarement les pieds à l'intérieur du manoir.

« Je m'en fiche. C'est leur propre faute, après tout. »

« Déjà un mois passé depuis ce jour-là. L'arrivée dudit envoyé du duché Walter avait provoqué une vraie pagaille. »

Un mois s'était écoulé depuis que le comte Markwood avait ordonné au majordome de mener une enquête – il fallait convenir qu'au terme de cette période, divers bruits affluaient spontanément au manoir sans qu'il soit nécessaire de lui fournir des rapports.

Il s'agissait des prouesses accomplies par les femmes de chambre à la mine Izumi.

Éclatant de rage à cette nouvelle, le comte avait immédiatement rétrogradé le majordome au rang de simple valet et licencié la maîtresse d'écurie ainsi que plusieurs domestiques, regrettant vivement d'avoir chassé des collaboratrices aussi compétentes.

Refusant naturellement de leur remettre quoique ce soit comme lettre de recommandation.

« C'est évident. Moi-même je l'ignorais, mais Nina s'était donnée la peine de tout consigner par écrit concernant le travail, et il a incendié ces documents ? C'est dépassé. Pour ne rien arranger, il est allé se vanter de cette méprise auprès du comte, ce qui alourdait l'atmosphère pour les autres servantes. »

« À ce moment-là, le spectacle était impressionnant. Je passais par hasard pour solliciter le comte concernant la cuisine, mais les hurlements résonnaient jusque dans le couloir. Il avait crié comme si c'était la fin des temps et on prétendit qu'il fracassa sa perruque contre le parquet. »

« C... C'était incroyable... »

« Enfin, grâce au départ de ces employées inefficaces, le manoir retrouve enfin son souffle. »

« Et toi, Roy, qu'as-tu prévu ? Comptes-tu rester encore ici ? »

« Non, je prévois moi aussi de démissionner avant la fin de l'année. Une connaissance m'a en effet ouvert une opportunité : il dirige un établissement important dans l'Empire de Freiden et me propose d'y prendre les rênes du service culinaire... »

« Ohlàlà ! Pas mal du tout ! Diriger la brigade signifie présider à tous les cuisiniers, n'est-ce pas ?! »

« Exactement. ……Par contre, Tomes, quelle sera ta prochaine étape ? Il n'y a aucun avenir à traîner dans un manoir en pleine déconfiture. »

Pris à partie, Tomes reposa sa tasse de thé et répondit :

« Moi, je reste. Je n'ai plus l'élan pour déménager... Si mes forces me quittent, je vous prierai de m'installer près de son fils et de sa bru. »

« ...Comprends. Je comptais justement retenir tes compétences de jardinier, vieux. »

« Certes. On relève difficilement un expert de votre calibre. »

« Assez de compliments, vieillir ne rapporte rien. Et sinon, Mona, tu es prête ? Si tu ne file pas, tu vas rater ton départ. »

« Ah, tant pis ! C'est vrai. Eh bien, portez-vous bien. Je souhaitais vous voir à la cérémonie, mais impossible d'y remédier. Je vais fonder ma famille et être heureuse ! »

Mona lança ces mots avec un sourire radieux avant de quitter la cuisine.

« ...Ce genre de promesse, on ne dit pas ça aux parents normalement ? »

remarqua Roy,

« Bah, vis-à-vis d'elle, on tenait sûrement lieu de figure paternelle. »

« Hé hé, oublie le vieux, mais moi aussi ? »

« Si cette équivalence te gêne, marie-toi vite alors. »

Renvoyé du tac au tac par Tomes, Roy haussa les épaules en signe de reddition.

« Pour Mona, c'est sûrement Nina qu'elle aurait préférée convier au mariage. »

« Précisément, c'est pourquoi ce serait superflu de le mentionner, le vieux. Mais dis-moi, où diable est-elle en train de farfouiller, celle-là ? »

Au-dehors de la porte de service de la cuisine, une vive lumière inondait la cour.

Ils évocèrent tour à tour la jeune domestique qui passait régulièrement par cette ouverture.

Tous deux pensaient à l'unisson.

Qu'ils ne rencontreraient plus jamais une femme de chambre d'une telle valeur.

***

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