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Loner Life in Another World

Chapitre 257

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Chapitre 257

Chapitre 257

Chapitre 257/30485%~13 min de lecture2 482 mots

63e jour, avant midi, château de Muri Muri

Le temps a manqué, j'ai fait sortir la déléguée en armure en avant.

(À contrecœur.)

Elle rechignait, partir allait mais le costume lui déplaisait.

Je l'ai fait guider par le clan de la petite suiveuse pour qu'elles fassent de la guérilla en défendant bourgs et villages, comme c'était sur le territoire d'un noble allié du premier prince, ils étaient sans méfiance et ça s'est retourné contre eux.

L'armée du premier prince aurait attaqué un village, qui plus est pas une unité isolée qui aurait pété un câble mais une vraie unité de l'armée du premier prince. Le clan de la petite suiveuse, sentant le mauvais vent, avait évacué les villageois mais le chef du village et les hommes restés pour les travaux des champs n'ont pas pu partir, ils ont été tués, vivres et argent volés. En plus, leur but semblait être les femmes, si ça continue les bourgs et villages d'ici la frontière risquent d'être piétinés, même sur le territoire d'un noble allié ils s'en fichent, c'est du niveau simple bandits.

J'ai confié l'« armure d'argent » de la déléguée en armure et lui ai refilé à la place une « cotte de mailles à pointes » invendue de l'équipement de labyrinthe, elle a horriblement rechigné… mais une fois mise, c'était terrible.

« Non mais, regarde ? Une armure infâme qui a l'air sortie tout droit d'un manga post-apo, ça fait bien plus peur pour intimider, si avec ça tu tiens ta Morning Star en disant « y a pas d'méchants par iciii ? » tout le monde fuit direct, c'est parfait ! Ouais, c'est bon, personne n'osera t'approcher. Wahhh… non, rien, rien ! Ouais, ça te va… ça te va bien, enfin… bref, fonce ! Alors prudence, compte sur toi ? Allez, bonne route ! »

La déléguée en armure, les yeux mouillés, vêtue d'une armure noire et rouge criblée de pointes, d'une cruauté telle que même un seigneur démoniaque en pleine apocalypse en aurait reculé, est partie. La défense a chuté mais personne n'arrivera à la toucher… et rien qu'à la voir, n'importe qui fuira sans combattre, ouais, ça faisait peur ! Cette armure en impose plus que l'Impératrice du Labyrinthe elle-même, c'est dire ! Du coup je comprends pourquoi elle ne se vendait pas ! Évidemment que personne ne l'achetait !

On prépare les montures de la division de la garde rapprochée capables de déplacement rapide et les chevaux à compétences de chez papa Meri, le carrosse-lit de luxe pour inviter les belles chevalières est aussi prêt. Il ne reste plus qu'à fourrer l'oncle royal dans le carrosse rapide déjà modifié — celui qu'on se fiche qu'il s'abîme — et foncer. L'ennemi semble dispersé mais la pire unité serait celle où se trouve le prince, donc si on la pulvérise en premier, le reste suivra probablement la ligne de l'Église pour filer droit vers la frontière.

Faut en finir vite, sinon on va se retrouver avec rien que des vieux, encore un prince vieux, saturation de vieux, les vieux de l'autre monde vont dépasser la limite de tolérance et déborder, on en est à un pas. Donc on efface.

Une armée qui attaque des villages pour les femmes et l'or, ce ne sont que des bandits, pas besoin de cour martiale. Protéger le peuple, c'est le devoir de l'armée ; si elle ne le fait pas, elle ne sert à rien, et si au lieu de protéger elle attaque, mieux vaut l'effacer pour le bien du monde et le mien, vu que de toute façon ce n'est qu'un ramassis de vieux.

Voilà que l'oncle royal se fait fourrer dans le carrosse par papa Meri, il est bouleversé, paniqué, mais son regard est fixé. Il compte sauver le royaume par cette négociation, sa résolution est prise. Enfin, la possibilité de négocier est aussi inexistante que l'intelligence des abrutis. Nulle ? Complètement nulle ?

On fonce.

Si c'était pour ça, j'aurais dû attaquer d'emblée, toujours en retard.

Tous les chevaux ont un tasuki d'« Accélération », pour les bêtes c'est du direct live mais vu qu'on va tout droit, y'a pas de souci. En deux heures on y est, et cet endroit est géographiquement le top. Un lieu de négociation ultra-favorable pour des pourparlers profonds, profonds, jusqu'au fond du fond. Je veux arriver avant pour préparer, alors on se dépêche.

« Mais c'est quoi ce délire ? Les belles chevalières sont parties au donjon avec la déléguée et les autres ? Et même Merimeri est partie ? Il ne reste que des vieux à 100 % ! Pourquoi vous faites un état 100 % vieux ? Si moi aussi je choppes le virus vieux, on fait comment ? C'est quoi ce phénomène de concentration de vieux ? Si vous condensez les vieux et que ça fusionne, ça y est, l'autre monde périt par les vieux, c'est sûr ! Sûr que ça ne doit pas se diviser ! Parce que c'est des vieux, bordel ! »

Je râle mais y'a que des vieux, personne ne me répond, seul en carrosse à me parler tout seul. L'absence de la déléguée en armure et de Slime-san, c'est quand même vachement solitaire, j'étais tout seul tout le temps, mais sans m'en rendre compte j'ai été contaminé par le bordel joyeux et bruyant de l'autre monde.

Et nous voilà arrivés à l'armée du premier prince, ou plutôt on est arrivés trop vite, ils sont encore en train de palabrer.

Les oncles royaux négocient sans fin pour négocier, promesses, conditions, bla-bla. Bon, peu m'importe ? J'ai l'avantage du terrain, ni le ciel ni les hommes ne sont avec nous, mais si on coule le ciel et les hommes ennemis en même temps, y'a plus de problème.

Les vieux parlent longuement, interminablement. Et on m'a livré l'« armure d'argent » — mais vide, l'Impératrice du Labyrinthe n'est pas dedans, donc forme normale, parce que sinon c'est érotique ? Non, sérieux. Cette courbe, cette érotisme, c'est assez pour ouvrir une nouvelle porte aux goûts d'un lycéen, c'est dangereux niveau yabai !

« Tuez. »

Enfin, la négociation inutile et vaine semble finie, ou plutôt j'en avais marre d'attendre. Depuis le moment où les abrutis nous ont encerclés en se moquant des abrutis, c'était déjà plié, mais ils ont traîné démesurément. C'était long comme une réunion entre filles, mais là ce sont des JK alors que nous c'est des vieux, alors on les coule. Les ordures, on tire la chasse !

« Gamin ! Fuis. Désolé. »

Nan mais vieux, t'es dans le chemin, bouge pas ? Si tu bouges tu tombes et tu coules ? T'es un vieux, je t'aide pas ? Vraiment.

« Euh… vieux par intérim ? Non, même pas intérim, le principal est déjà bien assez vieux, alors un vieux qui fait l'intérim d'un vieux ? En fait, vieux. T'as pas le droit de gêner, hein ? C'est déjà livré, trop tard pour annuler, déjà reçu, retour impossible, paiement à la livraison facturé à l'expéditeur, arnaque totale ? Genre ça ? »

Une fois livré, c'est fini ? Si l'armure d'argent avait été livrée avec son contenu, ça serait fini avant même de commencer ? Bon, comme elle a été livrée, je vais la faire bien réceptionner, mon petit cadeau de bienvenue.

« C'est pas trop con ? Pourquoi attaquer un émissaire désarmé en arrivant en infanterie lourde full équipée avec de grands boucliers ? Et pourquoi pas envoyer des éclaireurs checker le terrain ? Y'a pas de plaine pareille par ici ? Faire la guerre sans carte, c'est trop con, sérieusement je déteste ! Toutes mes préparations acharnées jusqu'ici, c'était quoi ? C'est trop con, le prince est un cochon ? Pourquoi un cochon comme prince ? Y'avait aussi un orc comme seigneur avant, mais manque de personnel jusqu'au prince cochon ? Au moins l'orc avait forme humaine, c'est encore mieux que le cochon… ah ? Les deux se valent, non ? Genre ça ? »

C'était fini avant même de commencer, trop con, ou plutôt c'était des cochons ? Le problème de pénurie de personnel de l'autre monde a l'air profond, il grogne *buhi buhi* mais… son regard ? Qu'est-ce qu'il a ? Des reproches sur mon regard doux et plein de compassion ? C'est sûrement les yeux du cochon qui sont troubles. Bon, je vais le laver à grande eau dans la boue du marais.

Je relâche la « magie de terre » qui « contrôlait » le sol en le durcissant. Parce que sinon, c'est un marais, hein ? Genre ça ?

………… Il braille quelque chose ? Bon, le dialogue c'est important, il doit bien avoir ses raisons, alors écoutons.

« Aider ? Vous avez aidé ? Protéger le peuple, c'est le devoir de l'armée, mais les gens du village que vous avez attaqué ont crié « aidez-nous » et vous, vous les avez aidés ? Vous n'avez pas aidé, pire, vous les avez tués, et vous croyez vraiment qu'en hurlant « aidez-moi » on va vous aider ? Vous avez trop déchu en militaires, vous êtes devenus des bandits, alors en prime, coulez au fond, comme ça tout le monde sera content, pas besoin de vous enterrer ? Vous ne croyez tout de même pas qu'on pleurera votre mort ? Si vous tuez, vous n'avez pas le droit de vous plaindre de mourir misérablement ? Si vous n'aimiez pas ça, vous n'aviez qu'à faire correctement votre travail de militaire, mais c'est trop tard, ouais, je n'aide pas ? »

Le cochon a l'air d'être un prince-cochon, un prince-cochon c'est rare, si c'est une espèce en danger protégée, ça m'embête, alors je le laisse en vie, le reste, l'oncle royal décidera.

Le cochon grogne encore *buhi buhi* ?

« Qu'est-ce que c'est ! Qu'est-ce que c'est que ça ! Qu'as-tu fait, qu'as-tu fait, espèce de… Gbah ! »

Il saoulait, je lui ai grillé le crâne, de toute façon tes racines capillaires sont mortes, enfin elles viennent de mourir. Par contre, les crânes des otakus, ça ne grille pas facilement, alors que là, c'est parti tout seul, c'est presque décevant.

« Non, mais c'était un marais dès le début ? J'avais juste durci la surface, si vous plongez en armure lourde dans un marais, vous coulez, c'est normal ? Maintenant le sol n'est plus durci, plus vous bougez plus vous coulez, même sans bouger vous coulez, et même si vous ne coulez pas, je vous y fais couler ? Bref, vous coulez ? Coulez donc. »

Qu'il me demande ce que j'ai fait, je n'ai rien fait, j'ai juste arrêté de faire, me faire porter le chapeau, quel cochon infâme ! C'est à cause de ce genre de type qui balance n'importe quoi sur mon dos que je me fais mal comprendre et que je me fais sermoner tous les jours, interminablement ! Oui, c'est sûr, si je me fais engueuler, c'est la faute de ce cochon !

Une fois l'armée du cochon silencieuse, nous non plus on ne dit rien ?

L'oncle royal est figé, alors je vais le faire ramener chez papa Meri, qui doit déjà être en route pour la capitale.

Rester figé sans bouger, c'est moins chiant, mais me faire dévisager par un vieux, c'est dégoûtant, y'a pas de demande ! Le BL autres-mondes vieux, hors de question ! Ou plutôt, cette situation où tout le monde est vieux, c'est inacceptable ! Vite, je veux rejoindre la déléguée en armure pour recharger en regards de travers et en passion de lycéen, parce que le regard fixe d'un vieux, qui en veut ?

De peur de me faire hurler dessus si j'oublie, je range soigneusement l'« armure d'argent » et, tant qu'à faire, je « contrôle » pour qu'ils ne coulent pas les armes un peu intéressantes avec compétences de l'armée du premier prince, je les range ensemble. Les armures des vieux qui ont coulé, trempées dans la boue du marais avec leur odeur de vieillesse, les JK n'en veulent pas, on laisse pourrir.

L'oncle royal est toujours figé, on le balance dans le carrosse, les gars de la garde sont assez brutaux mais… incompétents, mais c'est le roi, même par intérim ? Bon, c'est un vieux, donc ça va.

« Alors, bon boulot, ou plutôt bonne livraison, ou plutôt vieux bon courage ? Non, le vieux, il n'a pas à faire bon courage ? Genre ça ? »

Il regarde encore ? C'est pour ça que les vieux, y'a pas de demande ? Je te grille ?

Il est hébété. Il n'a sûrement rien compris, ce vieux n'est qu'un sans-cerveau qui court partout en foutant le bordel, incapable de quoi que ce soit, il ne fait qu'empirer les choses, un vieux qui ne fait que se débattre, se débattre, se débattre sans fin.

Il ne s'en rendra probablement jamais compte, qu'il a sauvé le royaume, il ne se rendra compte ni de la fierté qu'il y avait dans ce combat pathétique.

Qu'il ne s'est même pas aperçu que cette lutte misérable, lamentable, pitoyable, était sa fierté.

Une maison royale, si elle perd sa fierté, vole en poussière, mais ce roi par intérim, sans cerveau, sans talent, sans savoir, sans force, qui ne pouvait que ramper misérablement, a montré sa fierté à la maison royale. Haï de tous, détesté, moqué, insulté, il a prouvé que cela atteignait bel et bien la maison royale.

S'il est incompétent, qu'il prenne des conseillers compétents. La méthode papa Meri.

S'il n'a pas de talent, qu'il recrute ceux qui en ont. Moi, je recrute de belles assassines, mais y'a pas de candidatures ? Ou plutôt, je me fais agresser ?

S'il est ignorant et sans force, qu'il entraine ses vassaux et nobles. De toute façon, s'ils subissent de force des « entraînements » qui sont des raclées, ils deviendront forts malgré eux, et l'effet régime est garanti ?

Un roi n'a qu'à être fier de penser à son peuple, juste ça, mais sans ça, rien ne commence.

Transmettre cette fierté, c'est la tradition. Si elle s'interrompt et ne se transmet pas, la maison royale s'éteint simplement.

Rampant misérablement, lamentablement, il n'a pas oublié le peuple, il pensait que c'était normal pour un incompétent, une fierté vaine et stupide. C'est pour ça que le royaume survivra.

De toute façon, papa Meri et la princesse ne l'ont pas abandonné, n'ont pas renoncé, et même le frère idiot a su montrer sa fierté, alors si on vire les nobles vendus, le royaume se relèvera.

Bon, si ça rate, on l'écrase, mais si le royaume sans nom que je ne connais même pas s'effondre et qu'un nouveau pays avec un nouveau nom apparaît, ce sera super chiant, alors mieux vaut le laisser vivre, parce que plus il y a de noms, plus c'est la galère ? Je n'arrive même pas à retenir « royaume de machin-chouette » ?

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