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Little Tyrant Doesn't Want to Meet with a Bad End

Je nourris, je récolte, je me réjouis

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Chapitre 9

Je nourris, je récolte, je me réjouis

Chapitre 9/8971%~12 min de lecture2 307 mots

« Tiens, . Goûte cette saucisse fumée. »

Le soir, dans la salle à manger, une jeune fille aux cheveux d'argent était assise à côté de . Le regardant, une rougeur gênée teintant ses joues, elle entrouvrit ses lèvres semblables à des cerises et attendit que le mets délicieux vienne se poser directement dans sa bouche.

« Miam. »

Elle mordit dans la saucisse fumée, faisant exploser le jus de viande dans sa bouche.

Bien qu' fît déjà de son mieux pour se montrer aussi distinguée et convenable que possible, un mince filet de graisse finit tout de même par couler le long de son menton. La prise de conscience de son comportement peu élégant lui empourpra le visage plus encore.

Voyant ce spectacle, sourit avec bonté en saisissant une serviette pour essuyer soigneusement son visage.

« Grand Frère… je-je vais le faire moi-même. »

« Laisse-moi faire. »

Insista en accélérant légèrement ses gestes. De pure gêne, baissa le regard, n'osant regarder en face.

(Points d'Affection +200 !)

Oooh , je t'adore !

Voyant ses Points d'Affection grimper à un rythme dément, les sentiments de pour se muèrent, en l'espace d'une seule journée, d'une peur profonde en une adoration fanatique. Il commençait à comprendre les sentiments de ces fanboys pourchasseurs d'idoles.

Ce qu'il ignorait, cependant, c'était que ses attentions prévenantes poussaient peu à peu la réservée sur le chemin d'une fangirl, elle aussi. Si l'on pouvait scruter le monde vibrant à l'intérieur de son cœur, on serait vraiment surpris qu'elle parvienne encore à conserver une expression aussi impassible sur le visage.

Grand Frère est une personne si douce et si gentille. Il prend tant soin de moi, alors même que nous ne sommes pas de vrais frère et sœur.

Ma poitrine est toute chaude, et je ne veux pas me séparer de lui. M-mais si je me montrais trop collante maintenant, ne le rebuterais-je pas ?

serra fort ses petits poings en se remémorant la douleur que lui avaient infligée ces enfants qui l'avaient opprimée. Il y avait eu aussi ceux qui, curieux à son égard, avaient tenté de l'approcher en lui témoignant de la bienveillance, mais elle sentait que était différent. Ses épreuves l'avaient rendue extrêmement sensible aux fluctuations émotionnelles de son entourage, et elle sentait que la bienveillance de à son égard venait du plus profond de son cœur.

voulait lui ouvrir son cœur ; elle était restée seule bien trop longtemps. Elle s'était noyée dans la malveillance des autres si longtemps qu'elle était désespérée de tendre la main vers la lumière et la chaleur devant elle, mais elle était tout bonnement incapable de se défaire de ses insécurités.

Et s'il n'était bon avec moi que par une fascination passagère ? Tout comme les enfants finissent par se lasser de leurs jouets, me rejettera-t-il une fois qu'il aura perdu tout intérêt pour moi ?

Les épreuves qu'elle avait traversées enfant l'avaient rendue bien trop sur ses gardes, mais elle croyait aux paroles de son défunt père — le véritable amour saura résister à l'épreuve du temps.

La jeune fille aux cheveux d'argent tenta de son mieux de se retenir, mais il lui était difficile de se calmer devant une personne qui se mettait en quatre pour être gentille avec elle.

N'eût été le fait qu'ils ne se connaissaient que depuis une seule journée, aurait déjà serré dans une étreinte bien fort et frotté sa joue contre la sienne !

C'était bien trop rapide ! Les Points d'Affection d' à son égard crevaient le plafond comme une fusée, transperçant l'atmosphère !

Sans compter qu' était aussi incroyablement mignonne, surtout quand sa peau claire se teintait d'une pointe de rougeur. Elle était aussi polie et obéissante malgré son jeune âge. n'aurait pas eu l'ombre d'un doute si avait affirmé être un ange !

Comment diable l'autre avait-il seulement pu songer à céder une sœur aussi adorable ? Bon sang, je trancherai la tête de quiconque osera me l'arracher ! Même si la Maison Ascart doit tomber, personne ne m'enlèvera !

Tout en réaffirmant ses principes centrés sur , continua de porter de la nourriture à la bouche d'. Comme avait déjà éveillé sa Lignée de Bronze, elle n'avait nul besoin de s'inquiéter pour sa silhouette ; la lignée garantirait qu'elle demeurerait toujours dans sa plus belle forme.

Débarrassé d'un tel souci, put y aller à fond dans son nourrissage. Ce n'est que lorsqu' agita docilement la main en indiquant qu'elle ne pouvait plus rien avaler que se résolut enfin à s'arrêter.

Même après avoir fini leur dîner, le petit duo était encore réticent à se séparer, aussi bavardèrent-ils un moment de plus. Ce n'est que lorsqu', fatiguée, se frotta les yeux qui se fermaient que lui dit enfin de regagner sa chambre pour se reposer.

Le ne rentra pas non plus pour le dîner. Une telle situation était courante depuis fort longtemps, aussi ni ni les domestiques n'en furent-ils surpris.

De retour dans sa chambre, passa encore deux heures à lire avant que son petit corps ne finisse par céder à la fatigue. Avec le soutien d', il grimpa sur son lit et se blottit dans le confort chaud de sa couette.

Trop de choses s'étaient produites aujourd'hui — le retour de ses souvenirs passés, la rencontre avec , l'arrivée du Système, et les plans d'avenir qu'il avait échafaudés pour faire face au danger qui l'entourait. Même un adulte serait épuisé d'avoir à gérer tant d'affaires d'un coup, à plus forte raison un garçon de 9 ans.

, ayant dépensé son esprit et son corps aujourd'hui, sombra vite dans le royaume des rêves.

Pendant ce temps, , qui était sur le point de sortir de la chambre, se surprit soudain à méditer sur tout ce qui s'était passé plus tôt dans la journée. Elle jeta un nouveau regard au visage adorable du petit garçon assoupi sur le lit et se remémora les changements qui s'étaient opérés en lui.

(Points d'Affection +50 !)

« J'imagine que je vais rester encore un petit moment, alors. »

Marmonna avant de quitter la chambre d'un pas silencieux et leste.

Un mois plus tard, dans les terres agricoles situées à la périphérie de la Cité d'Ascart, une foule s'était formée devant le Moulin du Seigneur du Fief.

Sous le soleil éblouissant, était en plein labour de son champ quand il remarqua la foule qui se rassemblait devant le moulin. Il jeta aussitôt sa houe et remonta son pantalon. Avec la ténacité d'un tigre affamé, il empoigna le sac de blé posé au bord du champ et se rua de toutes ses forces vers le moulin. En chemin, il n'oublia pas non plus de héler son fils.

« , arrête de traînasser avec ce fichu âne ! Dépêche-toi d'appeler ta mère pour m'aider à transporter les récoltes. Le moulin a ouvert ! »

était plus un homme d'action que de paroles. Il flanqua un bon coup de pied au derrière de son fils, qui nourrissait leur âne, avant de reprendre sa charge vers le moulin. Ce n'était pas que fût un homme impatient, mais il avait tout bonnement trop de concurrents à qui se disputer la place.

Si l'on contemplait les terres agricoles depuis le ciel, on verrait des dizaines de personnes courir frénétiquement, des sacs de blé dans les mains, en direction du moulin. Elles avaient des points de départ différents — certaines plus proches que d'autres — mais s'il y avait une certitude, c'est que n'était pas dans une position très avantageuse.

Fils de banshee ! n'est-il pas censé être boiteux ; comment court-il aussi vite ? Et cet aussi ! Ta famille n'a de toute façon pas beaucoup de blé, alors pourquoi cours-tu si fort ?

Le coureur vieux inspecta les redoutables concurrents de la course et fronça sombrement les sourcils. Il comprit qu'il devrait tout donner aujourd'hui, ou bien… il ne pourrait pas payer ses impôts aujourd'hui !

Eh oui ! , le boiteux vieux George devant lui, sur sa gauche, et les dizaines d'autres se battaient pour payer leurs impôts !

Comment les gens du peuple payaient-ils leurs impôts en ce monde, vous demandez-vous ? Cette question d'ordinaire compliquée avait une réponse très simple pour ceux qui travaillaient aux champs — en remettant une portion des récoltes qu'ils cultivaient.

Il va sans dire qu'ils ne pouvaient pas se contenter de remettre les récoltes fraîchement moissonnées au champ. Non, ces récoltes devaient d'abord être transformées. Le processus de taxation consistait à porter le blé moissonné au Moulin du Seigneur du Fief pour le réduire en farine. Les percepteurs en prélevaient alors une portion à titre d'impôt avant de cocher le nom de la famille.

Les années précédentes, il y aurait tout de même eu des gens se rendant au Moulin du Seigneur du Fief pendant la saison des moissons, mais les files n'auraient certainement pas été aussi longues. Cette année, en revanche, tous les fermiers couraient avec un tel désespoir que quiconque n'y connaissant rien aurait cru que la Faucheuse leur courait après.

La raison de cette différence était le percepteur itinérant nouvellement nommé du Fief d'Ascart — .

, le jeune maître et unique héritier de la Maison Ascart, n'avait que 9 ans, aussi n'était-il pas étonnant que eût reniflé de dédain en apprenant que ce petit morveux était devenu percepteur. Il pensait que les nobles s'amusaient encore comme d'habitude, mais bientôt, il entendit des nouvelles qui chassèrent vite son mépris initial.

Les nouvelles venaient des fermiers qui avaient croisé en se rendant au moulin pour payer leurs impôts, et elles se composaient de deux informations clés.

D'abord et avant tout, quand était le percepteur, les fermiers contribuables n'avaient pas à tourner eux-mêmes la meule au Moulin du Seigneur du Fief.

Afin d'empêcher les fermiers de sous-payer leurs impôts, on attendait d'eux qu'ils moulent leur blé sur place, et la meule devait être tournée à la main. Les plus aisés pouvaient amener leurs ânes, mais le problème était que leurs ânes privés risquaient alors d'être réquisitionnés pour un usage public.

Les mots ne suffiraient pas à décrire à quel point il était épuisant de tourner la meule à la main. pouvait s'en plaindre des jours entiers !

Cependant, au moulin où percevait les impôts, tout était différent. Les fermiers n'avaient qu'à remettre leur blé aux fonctionnaires et attendre à l'écart, et un moment plus tard, leur blé se muait comme par magie en farine.

Cela paraissait trop beau pour être vrai, mais ne pensait pas qu'il y eût là quoi que ce soit de louche. Le vieux était un magicien renommé de la Théocratie de Saint Mesit, aussi allait-il de soi que son fils était forcément un magicien talentueux lui aussi. Pour le commun des mortels, il n'y avait tout bonnement rien que les magiciens ne pussent faire.

Mais ce n'était pas tout. Si l'avantage de ne pas avoir à tourner la meule à la main était bienvenu parmi les fermiers, il ne suffisait pas à rendre fous les fermiers plus aisés, dont lui-même. Ce qui fit vraiment détaler frénétiquement leurs vieux os, ce fut l'information suivante qu'ils entendirent.

À savoir que les impôts perçus quand était de service étaient en réalité inférieurs à l'ordinaire !

Les fermiers n'étaient pas instruits, mais ils avaient du bon sens pratique. Ils étaient exceptionnellement calculateurs quand il s'agissait du paiement des impôts.

Quand proposa de moudre le blé à leur place, la première chose qui inquiéta les fermiers fut d'être surtaxés. Le fait de ne pouvoir voir de leurs yeux le blé transformé en farine les laissait un peu mal à l'aise.

Mais après une série de calculs minutieux pour déterminer s'ils s'étaient fait arnaquer, ils parvinrent à une conclusion stupéfiante — au lieu d'être surtaxés, ils étaient au contraire sous-taxés !

D'après la moyenne des estimations recueillies auprès des calculs des fermiers, ils étaient sous-taxés de plus de 10 %, certains même près de 20 % !

Dès que la nouvelle s'ébruita, tous les fermiers qui n'avaient pas encore payé leurs impôts virent complètement rouge. Une baisse de 20 %, c'était une somme d'argent énorme ! Ces récoltes économisées pouvaient être vendues à la capitale et servir à acheter plein de bonnes choses. C'était particulièrement significatif pour les fermiers aisés comme .

L'argent que économiserait grâce à l'impôt réduit suffirait à organiser une cérémonie de mariage convenable pour son fils !

Le seul dommage, c'était que n'avait pas de moulin fixe où il officiait, aussi était-il impossible de prédire où ou quand il apparaîtrait. était arrivé en retard la fois précédente et s'était retrouvé en queue de file, si bien que ce n'était même pas près d'être son tour quand le moulin ferma au coucher du soleil.

Le seul fait de se remémorer combien il s'était senti lésé alors envoya une décharge d'énergie parcourir le corps du vieux , lui octroyant la force de distancer le boiteux vieux George dans la course au Moulin du Seigneur du Fief.

Pendant ce temps, en tête de la longue file devant le moulin, un adorable petit garçon était assis devant une petite table ronde, savourant tranquillement son thé de l'après-midi. Ses yeux d'or étincelants se posèrent sur les fermiers qui accouraient de toutes leurs forces, et un sourire chaleureux se déploya sur son visage.

(Points d'Affection +100 ! Points d'Affection +120 ! Points d'Affection +80 ! Points d'Affection +110…)

Traduit par Sakura no Hana — soutenez leur travail en les suivant.

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