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Little Tyrant Doesn't Want to Meet with a Bad End

Chapitre 560

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Chapitre 560

Chapitre 560

Chapitre 560/70280%~8 min de lecture1 506 mots

Ce fut l'information la plus précieuse que Roel obtint en endurant la torture de parcourir les souvenirs fragmentés et dépravés du tréant déchu. Ce n'avait été qu'un court échange, mais il révéla le but de l'ennemi.

Depuis le début, Roel pensait que « le Collectionneur » n'était qu'un pseudonyme quelconque choisi par le chef de la Guilde des Connaisseurs, mais il semblait y avoir plus. La conversation révéla que le Collectionneur collectait les corps des Ardes dans le but de lever une sorte de sceau.

Roel ne savait pas ce qu'était ce sceau, mais il put en deviner la nature d'après la réaction du tréant déchu.

Le tréant déchu nommé Orked avait offert le cœur de Véronique au Collectionneur sur ses simples paroles, et cela n'était pas à prendre à la légère. Le cœur était important pour Orked aussi ; il comptait dessus pour maintenir sa forme humaine et réprimer sa folie. En fait, il l'avait protégé méticuleusement durant son combat contre Roel.

Qu'est-ce qui avait bien pu pousser Orked à offrir si enthousiastement quelque chose d'aussi important au Collectionneur ?

La réponse apparut immédiatement à Roel quand il considéra l'histoire du tréant déchu en tant que Grand Prêtre de la Cité sans Nuit Portas — l'éveil du Sauveur.

Cela expliquait pourquoi les Ardes comme les Ascart avaient été pris pour cible sans relâche par les adorateurs du Sauveur au fil des ans. Si les archives historiques n'en faisaient pas mention, les autres races avaient probablement scellé le Sauveur déchu après qu'il eut sombré dans le sommeil, les ancêtres de la Lignée des Faiseurs de Rois jouant un rôle crucial dans le processus.

La présence du sceau et la pression des autres races avaient empêché les Déchus d'éveiller le Sauveur jusqu'ici, mais la balance commença à pencher en sa faveur lorsqu'il s'éveilla brièvement vers la fin de la Deuxième Époque. Les adorateurs du Sauveur grossirent rapidement les années suivantes, faisant naître une lueur d'espoir, mais ils réalisèrent vite que nul ne pouvait pénétrer la Barrière du Royaume des Rêves hormis les éveillés de la lignée des Ardes.

C'est pourquoi les adorateurs du Sauveur attaquèrent avec furie les Ardes et volèrent les corps de leurs éveillés. Ils espéraient défaire le sceau du Sauveur par un rituel. D'après ce qu'avait dit le Collectionneur, ils étaient déjà sur le point de réussir.

« Je suspecte que les Déchus ne sont qu'à une pièce de compléter leur clé. Cela signifie que le Collectionneur ne cessera pas son agression contre nous, et que nul d'entre nous ne peut se permettre d'être vaincu », dit Roel d'une voix grave.

Lilian plongea dans de profondes réflexions.

Leur destin ne leur appartenait plus désormais qu'ils savaient ce que visaient les Déchus. S'ils faisaient un faux pas, ils risquaient fort de devenir la clé finale nécessaire pour briser le sceau du Sauveur, déclenchant sur le monde une catastrophe sans précédent.

L'ampleur des enjeux accumulait une montagne de stress sur leurs épaules. Même la d'ordinaire composée Lilian arbrait un froncement de sourcils rare.

Qu'il s'agisse de leur haine ancestrale, de la calamité dévastatrice qui résulterait de l'éveil du Sauveur, ou de leur propre survie, la coexistence avec les Déchus était impossible. C'était eux ou nous. La paix ne reviendrait jamais dans leurs vies tant qu'ils n'auraient pas écrasé les Déchus.

Une fois leurs tourments actuels éclaircis, Lilian porta son attention sur Roel, qui n'avait pas dit un mot depuis un moment. Elle se remémora soudain ses paroles d'avant, ce qui accentua encore son froncement.

Roel avait mentionné plus tôt que nul d'entre eux ne pouvait se permettre d'être vaincu — ce qui n'était pas faux — mais ces mots portaient la connotation subtile de « nous ne pouvons pas nous permettre de prendre le moindre risque et devons rester sur la défensive ».

Mais ce problème pouvait-il se résoudre en restant purement sur la défensive ?

Sans nul doute, les Déchus continueraient d'attenter à leurs vies jusqu'à ce qu'ils finissent par réussir, et ce n'était pas quelque chose que qui que ce soit puisse endurer. Même s'ils essayaient de rester sur leurs gardes, il était inévitable que des failles finissent par apparaître avec le temps.

Lilian ne pensait pas possible que le perspicace Roel n'y ait pas songé, ce qui signifiait qu'il la manipulait pour qu'elle adopte des manœuvres défensives. Quant à la raison pour laquelle il ferait cela…

« Tu as dit que nul de nous ne peut se permettre d'être vaincu. Cela devrait être possible pour moi vu la puissance défensive de mes Dix Forteresses… mais je ne crois pas pouvoir me résoudre à me terrer en lieu sûr pendant que l'homme que j'aime risque sa vie sur le champ de bataille. »

« Senior, que dis-tu ? »

« Ne devrais-tu pas savoir mieux que quiconque ce que je dis ? » répondit Lilian calmement.

Elle fixa Roel de ses yeux perçants, certaine de ses arrière-pensées. Sous ce regard intense, les yeux de Roel ne purent s'empêcher de vaciller légèrement.

« Laisse-moi deviner. Tu espères que je me place sous la protection de l'armée alliée à la Frontière Orientale pendant que tu te débrouilles seul avec les Déchus en secret. Tu ne m'en parles que parce que tu crains que je ne sois vulnérable sans connaître les menaces potentielles autour de moi, sans quoi tu serais parti pourchasser le Collectionneur sans me dire un mot », dit Lilian avec un hmpf.

« … »

Ses pensées mises à nu, Roel détourna gêné le regard. Lilian poussa un soupir de soulagement en voyant sa réaction, puis son visage s'assombrit vite de déception.

« Je pensais que tu compterais davantage sur moi après cet événement, mais ton premier réflexe est encore de m'écarter dès qu'un problème majeur survient. Suis-je si peu fiable à tes yeux ? Ou me vois-tu comme un fardeau ? »

« Pas du tout ! »

Roel réfuta ses mots sur-le-champ en voyant son abattement. Il exhala doucement avant de s'expliquer.

« Je pense juste que les Déchus sont bien trop dangereux. Même les Ardes n'ont pas réussi à les vaincre à l'apogée de leur puissance. S'il t'arrivait quelque chose, je ne pourrais pas vivre avec moi-même.

« D'ailleurs, il me semble bien plus approprié que ce soit moi, descendant direct des Ardes, qui m'occupe des Déchus. Certes, tu possèdes aussi la Lignée des Faiseurs de Rois, mais tu n'es pas membre de la maison Ascart. T'impliquer serait malvenu », dit Roel sincèrement.

Peu à peu, ces paroles dissipèrent la déception de Lilian. Elle fit un pas en avant et enlassa Roel.

« Senior ? »

« Je suis touchée que tu te soucies de moi, mais comme tu l'as dit, les Déchus sont un groupe dangereux. Je ne pense pas pouvoir me pardonner si tu te mettais en danger. Ma vie ne serait plus qu'un cycle sans fin d'auto-reproches et de chagrin. Quel serait l'intérêt de vivre alors ? D'ailleurs, si je ne suis pas membre de la maison Ascart, cette affaire me concerne tout autant », dit Lilian solennellement.

« Hein ? »

Perplexe, Roel exprima son doute. Le visage de Lilian se mit à rougir.

« Je ne suis peut-être pas membre de la maison Ascart, mais mon enfant le sera », murmura-t-elle la tête baissée.

« ! »

Le corps de Roel se raidit au moment où il entendit ces mots, et ses yeux dorés se rétrécirent de stupeur. Lilian refoula sa gêne et se força à continuer.

« Même s'il n'est pas possible d'en avoir un dans les prochaines années, ce n'est qu'une question de temps avant que nous ayons un b-bébé. En tant que mère, il est hors de question que je laisse qui que ce soit faire du mal à mon enfant. »

La voix de Lilian devint lentement ferme et résolue. Ce contraste si saisissant avec son attitude habituelle, composée et posément maîtrisée, prit Roel de court. D'ailleurs, Lilian elle-même fut surprise par sa propre attitude.

Elle ne ressentait pas grand-chose face à un ennemi affichant une intention meurtrière à son égard. Elle se contentait d'effacer nonchalamment cette personne de la surface du monde.

Pourtant, peut-être parce qu'elle était sensible après avoir entendu le sort de Véronique, l'idée que quelqu'un cherche à tuer son futur enfant et lui arracher le cœur éveilla sa rage et son intention meurtrière. Ses yeux améthyste se fendirent en fentes acérées.

« … »

Face à la réaction de Lilian, Roel dut admettre que ses paroles avaient du sens. Il était injuste de sa part de l'exclure de quelque chose qui la concernait au premier chef, même si sa décision était motivée par le désir de la protéger.

'Un enfant, tout de même ?'

Roel fut ému par l'avenir décrit par Lilian, mais il secoua vite la tête en se remémorant leur situation actuelle.

'C'est un beau rêve, mais il faudra probablement longtemps avant qu'il ne se réalise.'

Roel soupira sur ce rêve lointain en enlaçant la femme devant lui. Il ignorait encore que tout était déjà scellé.

Traduit par Sakura no Hana — soutenez leur travail en les suivant.

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