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Little Tyrant Doesn't Want to Meet with a Bad End

Chapitre 34 : Est-ce de la corruption ?

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Chapitre 34

Chapitre 34 : Est-ce de la corruption ?

Chapitre 34/34100%~9 min de lecture1 736 mots

L'hiver sembla arriver à pas de loup pendant que Roel et Alicia étaient absorbés par leurs études et leur entraînement. Les températures continuèrent de baisser, et il finit par neiger.

En contemplant le paysage du dehors, désormais drapé d'une couche de neige blanche, Roel ne put s'empêcher de ressentir une petite excitation. C'était presque comme si le monde l'invitait à sortir voir et à faire une bataille de boules de neige. Même Alicia, d'ordinaire calme et silencieuse, éprouvait l'envie de gambader par un temps pareil.

Malheureusement, Roel et Alicia étaient les seuls enfants de la maison Ascart, et Roel n'avait pas le cœur de jouer vraiment à fond contre elle. Ils se contentèrent donc de faire un bonhomme de neige ensemble.

Une superstition voulait qu'un hiver neigeux annonce un printemps généreux ; les paysans installés dans les faubourgs se réjouissaient donc eux aussi de ce temps.

La neige tomba plusieurs jours d'affilée avant que le temps ne se calme. Ce fut le lendemain du jour où elle cessa que Carter rentra enfin à la maison Ascart. Il semblait avoir beaucoup de travail sur les bras, au point de n'avoir pas le temps de se reposer chez lui. Même lors de ses rares journées libres, il emmenait les miliciens et les soldats à la montagne pour tenir la Chasse d'Hiver locale.

La Chasse d'Hiver était un événement incontournable de chaque fief. L'arrivée de l'hiver signifiait le dépérissement des plantes et des cultures, donc un manque de vivres et d'autres produits de première nécessité. À ces périodes-là, les nobles du lieu rassemblaient les hommes disponibles de leur territoire pour aller chasser les bêtes sauvages.

La viande des animaux abattus se mangeait, et l'on pouvait coudre leurs peaux ensemble pour en faire des manteaux. C'était l'un des moyens d'atténuer les difficultés qu'apportaient les rigueurs de l'hiver.

La nature de la Chasse d'Hiver avait pourtant changé au fil des ans, à mesure que la population apprenait à se préparer aux rigueurs de l'hiver et à y faire face. En outre, des mesures de secours avaient été instaurées pour aider les nécessiteux. La famine n'était plus un grand problème pour le petit peuple.

Aussi la Chasse d'Hiver s'était-elle muée en quelque chose qui tenait davantage de la fête.

Roel était encore trop jeune, et il ne voulait pas non plus laisser Alicia seule à la maison : il choisit donc de ne pas y participer.

Carter passa trois journées entières à la montagne avant de revenir enfin, une tête de cerf à la main.

« Qu'est-ce que... c'est que ça ? »

Roel ne pouvait qu'être saisi en voyant cette énorme tête de cerf à bois, presque de la taille d'une table.

'Si le reste du corps est à l'avenant... alors ce « cerf » fait à peu près la taille d'un éléphant !'

Et comme si sa taille démesurée ne suffisait pas, il avait aussi une allure passablement terrifiante.

Les trois rangées de dents affilées comme des rasoirs qu'il portait dans la gueule n'étaient absolument pas ce qu'on s'attend à trouver chez un herbivore. Ses bois présentaient un dégradé, d'un noir cendré à la base jusqu'au rouge sang à la pointe, et ils irradiaient une lueur cramoisie inquiétante dans l'obscurité. Bien que le cerf fût déjà mort, Roel sentait encore émaner de lui une aura oppressante.

« C'est un Cerf Corne-de-Sang qui a muté sous l'effet du mana, ce qui en a fait une bête vorace nourrie de viande. Il est assez rare d'en voir un devenu aussi grand. Je suis fier de dire que c'est notre plus belle prise de la Chasse d'Hiver. Heureusement que c'est moi qui suis tombé dessus, sinon il aurait pu causer des ravages parmi les habitants de la région. »

La façon dont Carter caressait l'énorme tête du cerf avec un air soulagé laissa Roel un peu sans voix. Son évaluation de la puissance de Carter en tant que Mage en Chef était en train d'être révisée à toute vitesse.

« Père, quelle était la puissance de ce cerf ? »

« Les Cerfs Corne-de-Sang sont d'ordinaire au Niveau d'Origine 4, mais celui-ci est plus gros que la normale, et les sorts qu'il lançait par ses bois étaient inhabituellement puissants. Je dirais qu'il n'était pas loin du Niveau d'Origine 3. »

« Ah bon ? Je comprends. »

Roel parla en posant sur Carter un long regard.

Son père n'avait jamais mentionné sa propre puissance auparavant ; mais après cet épisode, et même si Carter avait eu l'appui des soldats pour encercler le Cerf Corne-de-Sang, il fallait sans doute qu'il fût au moins au Niveau d'Origine 3 pour venir à bout de cette bête.

Le regard de Roel revint lentement sur l'énorme tête de cerf posée au sol. Ses bois eux-mêmes étaient aussi épais que ses cuisses. Cela lui fit prendre conscience que ce monde n'était peut-être pas aussi sûr qu'il l'avait supposé...

Quelques jours après la Chasse d'Hiver, Carter quitta de nouveau la maison Ascart, le travail l'ayant rattrapé une fois de plus. Roel et Alicia y étaient déjà habitués : ils n'en firent pas une histoire.

La vie suivit son cours jusqu'à ce que la visite inattendue d'un visage connu apporte à Roel une agréable surprise.

Arwen, le directeur de la succursale de la cité d'Ascart de la Compagnie marchande Sorofya, était passé en personne à la maison Ascart pour livrer une épée courte.

Roel n'avait plus été en contact avec Arwen depuis leur transaction, trois mois plus tôt. C'était une décision délibérée de sa part, car il n'avait pas l'intention de vendre autre chose du Système aux Sorofya.

Trois mois s'étaient ainsi écoulés. L'épée courte que Roel avait commandée aux Sorofya à l'époque était prête, et Arwen venait la livrer en personne.

Ce n'était pas comme si Roel était en mauvais termes avec Arwen : il aurait été grossier de le renvoyer sans raison. Il l'invita donc à prendre une tasse de thé dans leur salon de réception.

Ce à quoi Roel ne s'attendait pas, c'était de voir Arwen arborer un sourire radieux. Un sourire sincère, plein de bonheur et de gratitude, et non le sourire commercial habituel qu'il servait à ses clients.

« Jeune maître Roel, vous m'avez rendu un immense service ! »

Arwen saisit les mains de Roel dans son agitation, tandis que les Points d'Affection jaillissaient furieusement au-dessus de sa tête. La situation laissa Roel plutôt interloqué ; il n'avait aucune idée de la raison pour laquelle Arwen se comportait ainsi.

Remarquant l'air perplexe de Roel, Arwen se calma vite et lui expliqua la situation.

« L'acheteur de la Lampe Apaise-Âmes m'a chargé de vous transmettre ses sincères remerciements : il dit que les effets de la lampe ont largement dépassé ses attentes. Le siège central de Rosa a inscrit l'affaire à mon actif comme une contribution majeure, et je serai promu directeur du siège de la Théocratie de Saint Mesit, dans la Capitale Sainte, dès l'année prochaine. Je vous suis profondément reconnaissant, à monseigneur le marquis et à vous, de m'avoir soutenu pendant mon séjour ici. »

Roel cligna des yeux de surprise en entendant ces mots. Il n'aurait jamais pensé que la lampe qu'il avait vendue vaudrait à Arwen une aussi grande promotion.

Il faut savoir que c'était un poste très important au sein de la Compagnie marchande !

'Un instant, on dirait bien que les effets de ma lampe sont plus grands que je ne le croyais. Cela pourrait entraîner des changements imprévus dans la trajectoire du monde. Est-ce une bénédiction ou une catastrophe ?'

Roel connaissait bien l'effet papillon, où un seul changement peut avoir des répercussions considérables dans le futur. Il ne put s'empêcher d'éprouver un léger malaise à l'idée que l'avenir dévie de façon imprévisible à cause de ses actes.

Cela dit, à la réflexion, il jugea qu'il était vain de trop ruminer là-dessus. Il faut savoir qu'il était censé être un vilain destiné à être lynché d'ici quelques petites années ! L'avenir pouvait-il seulement être pire que cela ?

Et puis l'acheteur venait peut-être d'un pays inconnu, très, très loin de là...

'Comment la vente d'un seul objet pourrait-elle m'affecter aussi facilement ?'

Roel se rassura ainsi et rangea l'affaire dans un coin de sa tête. Il reporta son attention sur les deux coffrets de bois posés devant lui.

L'un des coffrets contenait une épée courte forgée dans un métal glaciaire de première qualité, réputé pour son prix exorbitant. L'épée courte avait un tranchant affilé comme un rasoir qui renvoyait un éclat froid, et sa faible longueur la rendait commode à porter sur soi pour une jeune noble soucieuse de se protéger. Elle venait avec un fourreau de bois noir magnifiquement rehaussé d'or et de jade.

Il était manifeste que cette épée courte valait une belle somme, sans doute plusieurs crans au-dessus de ce que Roel avait commandé et payé auparavant. Très probablement, Arwen avait « surclassé » la commande de sa propre initiative.

Le contenu de l'autre coffret était plus simple. Il était entièrement rempli de pièces d'or. D'un coup d'œil, Roel put estimer qu'il y en avait au moins plusieurs milliers à l'intérieur.

« Jeune maître Roel, en témoignage de reconnaissance pour votre soutien jusqu'ici, j'ai apporté 5 000 pièces d'or avec moi aujourd'hui. J'espère que vous les accepterez en gage de notre amitié. Sachez que les portes de notre siège de la Théocratie de Saint Mesit vous seront toujours ouvertes ! »

Un sourire éclatant aux lèvres, Arwen poussa les coffrets vers Roel, le pressant d'accepter ses présents.

Roel lui rendit son sourire. Il comprenait le raisonnement derrière ce geste. En somme, Arwen voulait être l'intermédiaire exclusif de toutes les ventes des trésors que Roel avait à proposer.

À vrai dire, Roel n'était pas rebuté par l'intention d'Arwen. Celui-ci était certes un commerçant en quête de profit, mais ce n'était pas un homme aveuglé par la cupidité.

Ainsi, Arwen aurait pu taire sa promotion et s'épargner 5 000 pièces d'or, mais il avait choisi d'être honnête, troquant un gain à court terme contre une relation de travail durable. Il savait où étaient ses priorités, et il savait agir en conséquence sans se laisser troubler.

Un homme qui sait renoncer au fretin pour ferrer un gros poisson est un homme qui sait faire des affaires.

Sur ces pensées, Roel se leva et tendit la main à Arwen.

« Oui. Je m'en remettrai à vous à l'avenir, alors. »

Traduit par Sakura no Hana — soutenez leur travail en les suivant.

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