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Little Tyrant Doesn't Want to Meet with a Bad End

Chapitre 270

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Chapitre 270

Chapitre 270

Chapitre 270/58246%~10 min de lecture1 933 mots

Peu avant minuit, dans la salle à manger du Manoir Azur, loin du quartier central de l'académie, Roel observait, les joues crispées, l'homme aux cheveux noirs assis en face de lui engloutir sa nourriture.

En tant qu'héritier d'une maison marquisale, Roel avait croisé quantité de jeunes maîtres et de jeunes demoiselles, mais jamais il n'en avait vu aucun dévorer son repas avec une telle voracité. Voyant Paul faillir s'étouffer en fourrant un pilon de poulet dans sa bouche, il eut l'impression d'avoir recueilli un mendiant à sa table.

Tu es là juste pour te goinfrer à mes dépens ? On est censés discuter en mangeant, et tout ce que je vois, c'est toi qui manges et moi qui parle !

Roel soupira doucement avant de porter une gorgée de vin à ses lèvres. Il ne put s'empêcher de comparer le jeune homme face à lui à l'autre membre des Ackermann, bien plus gracieux.

Ils venaient de la même famille, et pourtant il y avait un gouffre entre eux.

Pendant ce temps, Paul fit passer tout ce qu'il avait en bouche d'une large gorgée d'eau, puis poussa un soupir satisfait. On aurait dit qu'il revenait à la vie.

« Grand frère Roel, merci pour le repas. Mes manières de table étaient sans doute un peu... déplacées, vu comme j'avais faim. Désolé pour ça. »

« Tu n'as pas mangé de la journée ? Pourquoi ? »

« Hahaha, j'ai perdu mon argent de poche, du coup je crève la dalle depuis deux jours. »

« ... »

Pourquoi ne pas te perdre toi-même, tant qu'à faire ? Ah, attends une seconde !

En regardant le jeune homme qui se grattait la tête, gêné, Roel se souvint tout à coup qu'il y avait bien un tel événement dans *Yeux du Chroniqueur*. Peu après son inscription à l'académie, Paul avait perdu son argent et avait failli s'évanouir au pied d'un bâtiment après deux jours sans manger. C'était à ce moment-là que Charlotte Sorofya était tombée sur lui.

Charlotte l'avait reconnu comme celui qui avait bloqué son carrosse sur le chemin de l'académie. Elle aurait dû lui vouer une haine profonde, mais son état pitoyable avait éveillé sa pitié. Elle lui avait offert un repas, ce qui avait laissé Paul profondément reconnaissant. Cela était devenu l'un des éléments cruciaux pour le développement de leur future relation.

Censé être le premier événement significatif entre Paul et Charlotte après leur rencontre, Roel avait d'abord songé à s'en mêler par sécurité. Mais il avait tout bonnement trop de choses à gérer et cela lui avait échappé.

Qui aurait cru que Paul finirait par venir le trouver de lui-même ?

Mange tout ce que tu veux, gamin !

La prise de conscience soudaine de l'importance de ce repas remonta considérablement le moral de Roel, si bien que son expression devint bien plus aimable. D'un large geste de la main, il commanda quelques plats d'accompagnement pour que Paul puisse manger à sa faim.

Malgré l'énorme divergence par rapport au jeu, ce aurait été mentir que de dire que la trame d'origine ne le préoccupait pas. Ne serait-ce que pour écarter la plus infime chance que les choses tournent mal, il pensait qu'il devait se remémorer tous les événements marquants du jeu et tenter de briser tous les drapeaux de mort.

C'était simplement épuisant, surtout maintenant qu'il avait les mains pleines de toutes sortes d'affaires. Par-dessus le marché, cette méfiance à l'égard des deux jeunes filles le mettait mal à l'aise.

C'était donc un soulagement que Paul provoque des changements de son propre chef, au point que Roel n'ait même pas à se mettre en garde. Peut-être, au vu de leur amitié, Paul essaierait-il même d'éviter Nora et Charlotte.

Mis à part leurs besoins biologiques, les hommes restaient plus enclins à chercher de l'aide auprès d'autres hommes. C'était de toute façon plus simple de partager leurs soucis entre frères, et ils n'avaient pas l'impression de perdre leur dignité.

Pour exprimer sa gratitude à Paul et l'encourager à recommencer, Roel déboucha spécialement un cru exclusif de trente ans de sa cave. C'était le meilleur qu'il avait pour l'instant, puisque tout ce qui s'y trouvait provenait de cadeaux de l'académie. S'ils avaient été au manoir des Ascart, Roel n'aurait pas hésité à ouvrir ces rares bouteilles centenaires !

Paul fut touché par la générosité de Roel. En vérité, ils ne s'étaient croisés que quelques fois jusqu'ici, mais ce dernier semblait toujours là pour lui aux moments cruciaux, que ce soit pour le guider vers l'académie ou le soutenir face aux aînés d'Austine. Et Roel ne lui avait jamais rien demandé en retour.

Même lorsqu'il s'était présenté sans invitation pour squatter un repas en pleine nuit, Roel l'avait accueilli chaleureusement comme un véritable ami. Il était ému par ces sentiments, mais en même temps, cela rendait difficile d'exprimer l'autre intention qui l'avait poussé à venir.

« Qu'est-ce qui ne va ? N'hésite pas à dire ce que tu as en tête », dit Roel en remarquant l'air hésitant de Paul.

Ce dernier mit un moment à rassembler son courage avant de parler.

« Grand frère Roel, est-ce que je... peux rejoindre ta faction ? »

« ... »

Roel fut saisi par cette demande soudaine à laquelle il ne sut pas répondre sur l'instant, et son silence fit monter la tension dans la salle à manger. Il posa sa coupe de vin pour scruter Paul, se trouvant face à un dilemme.

Il y avait un personnage clé qu'il ne pouvait pas ignorer dans l'affaire de Paul, et c'était sa sœur aînée, Lilian Ackermann.

Il était tout naturel que Paul rejoigne la Faction Pourpre-Rose de Lilian, puisqu'ils étaient de la même famille, mais le tumulte survenu avant la cérémonie d'entrée semblait l'en avoir dissuadé.

« Beaucoup de ceux qui scandaient étaient des étudiants d'Austine, donc rejoindre la Faction Pourpre-Rose, ça fait un peu... Hahaha. »

Un sourire auto-dérisoire aux lèvres, Paul révéla l'intention derrière sa demande. Ne trouvant plus les mots pour continuer, il tenta de masquer son malaise par un rire.

Roel fronça les sourcils en entendant ces mots, sentant quelque chose remuer en lui.

En tant que fils illégitime, Paul se trouvait dans un environnement sans doute plus hostile que celui de Roel. Si les descendants de la maison Ascart avaient de nombreux ennemis cachés dans le monde, du moins Roel occupait-il en surface une position plutôt privilégiée.

La Théocratie de Saint Mesit était prospère et stable, et la maison Ascart commandait une grande puissance militaire. Grâce à la relation étroite entre un certain ancêtre qui possédait une énorme collection de journaux intimes pervers et son suzerain, son territoire était également vaste.

Roel était à peu près assuré pour la vie tant qu'il ne faisait pas de grosses bêtises, et il était respecté où qu'il aille.

En revanche, pour Paul, c'était différent. Il était techniquement un prince, mais sans droit à l'héritage. Son statut de fils illégitime était constamment critiqué par les autres, et ses deux frères aînés ne souhaitaient rien de plus que sa mort.

Quant à sa sœur aînée... il était difficile de dire si c'était à cause de l'intervention de Roel, mais Lilian ne semblait pas se soucier de Paul autant que dans le jeu.

Elle n'est pas censée être une bro-con ? Pourquoi ne fait-elle rien alors ?

Quoi qu'il en soit, l'animosité écrasante dirigée vers Paul en faisait une victime constante d'isolement, de remarques venimeuses et d'oppression. En vérité, il faisait déjà preuve d'une force d'esprit remarquable pour avoir tenu aussi longtemps dans un tel environnement.

En tant que personne connaissant Paul le mieux, Roel se sentait enclin à l'aider, mais il nourrissait des doutes sur le fait que ce dernier veuille rejoindre sa faction.

« Je comprends pourquoi tu refuses de rejoindre la Faction Pourpre-Rose, et je sais qu'il t'est impossible d'entrer dans la Faction Rose-Rouge ou la Faction Rose-Dorée à cause de l'hostilité de leurs membres. Cependant, tu devrais savoir que je suis un noble de la Théocratie, et rejoindre ma faction ne ferait qu'aggraver ta situation. La chose normale pour quelqu'un dans ta position serait de ne rejoindre aucune faction, alors qu'est-ce qui a motivé ta décision ? » demanda Roel.

Paul était en fait un étudiant libre, sans faction, dans *Yeux du Chroniqueur*. Il avait même fondé le Club des Requêtes, qui était en gros un club « je ferai tout ce que le client demande », le genre de chose que seuls les protagonistes d'animes et de mangas font.

De tels clubs recevaient généralement des demandes triviales pour retrouver des animaux perdus, mais curieusement, le Club des Requêtes de Paul était entré en contact avec des complots et des conspirations. C'étaient ses activités dans ce club qui avaient provoqué sa rencontre avec l'antagoniste principal de l'arc de l'académie, à savoir Roel.

Quelle suite de raisonnements avait bien pu amener Paul à changer d'avis pour rejoindre une faction au lieu de se débrouiller seul ?

Roel voulait la réponse à cette question, et Paul hésita longuement avant de répondre.

« J'ai besoin d'un terrain d'entraînement. Je veux devenir fort, comme toi, grand frère Roel ! »

« Ah ? »

Les mains qui se refermèrent soudain sur les siennes et le regard brillant planté dans le sien laissèrent Roel coi. Son expression devint lentement étrange.

Ce n'était pas vraiment mon intention première...

Roel s'excusa platement dans sa tête avant de se pencher sur un autre problème.

« Et Lilian, alors ? »

« Je lui expliquerai... même si je risque quand même de t'embêter avec ça, non ? » dit Paul en baissant la tête, abattu.

La tension entre lui et les nobles d'Austine s'aggraverait avec cette décision, et cela ébranlerait probablement la position de Roel aussi. La prise de conscience des implications fit réaliser à Paul que sa demande était égoïste, et il commença à avoir des secondes pensées. Mais avant qu'il ne puisse se rétracter, Roel avait déjà parlé.

« Quelles bêtises racontes-tu là ? »

La voix soudaine, imposante, fit relever la tête à Paul, qui fut surpris de voir un froncement de sourcils désapprobateur raraire sur le visage habituellement doux de Roel.

« M'embêter ? Tu parles des imbéciles ignorants qui t'en veulent sans raison ? Ou peut-être des laquais des deux autres princes d'Austine ? C'est absurde. Tu crois que j'aurais peur d'eux ? »

Roel leva la main droite, révélant l'anneau bleu pâle à son doigt.

« Être Porteur d'Anneau, ce n'est pas seulement un honneur ; c'est une responsabilité. En tant que l'un des leaders de l'académie, il est de mon devoir de faire respecter la justice et de maintenir un environnement propice aux études pour les étudiants. Toute oppression qui se produit dans l'académie est une insulte à mon honneur, sapant le prestige de l'Anneau Bleu-Rose que je porte.

« Ces chiens lâches qui aboient sur toi pour étouffer leur peur parce qu'ils n'osent pas questionner leur père, tu penses qu'ils pourraient m'impressionner ? Si c'est ce que tu penses, tu me sous-estimes sacrément. »

Sous le regard du Paul stupéfait, Roel se leva, saisit son bâton et s'avança vers la porte d'un pas assuré.

« J'accepte ta demande. Tu es membre de ma Faction Bleu-Rose à partir d'aujourd'hui, alors assure-toi de déposer ton formulaire de candidature demain. Il se fait tard, va te reposer. »

Laissant ces mots derrière lui, Roel quitta la pièce, laissant Paul fixer sa silhouette qui s'éloignait, hébété. Il soupira doucement avant de s'affaisser sur sa chaise.

« Quand est-ce que je pourrai devenir comme ça, moi... » marmonna-t-il, les yeux brillants d'admiration.

Traduit par Sakura no Hana — soutenez leur travail en les suivant.

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