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Little Tyrant Doesn't Want to Meet with a Bad End

Chapitre 164

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Chapitre 164

Chapitre 164

Chapitre 164/51232%~9 min de lecture1 765 mots

Dans une vallée montagneuse ombragée, Roel contemplait l'amas de montagnes au loin, hébété. Une femme aux cheveux dorés se matérialisa progressivement depuis les ténèbres, apparaissant sur le vieux trône face à lui. Sa silhouette élancée se devinait vaguement sous sa longue robe traditionnelle, et ses cheveux émettaient des particules de lumière dorée.

« Nous nous revoyons. Il semble que vous ayez surmonté la crise, bien que je doive avouer avoir été plutôt surprise de constater que vous n'avez pas utilisé ma bénédiction. Dois-je vous en complimenter ? Ou était-ce un acte intentionnel de votre part ? »

« Intentionnel ? Que voulez-vous dire par là ? »

« La peur et la terreur, ce sont les émotions que les humains portent naturellement à notre égard. Les êtres puissants comme nous sont voués à être craints. C'est l'instinct naturel des êtres intelligents que de redouter la manipulation. »

Roel plongea son regard dans les yeux lumineux et évaluateurs de la femme dorée devant lui, pesant soigneusement ses paroles.

« Je ne me méfie pas de vous. Plutôt que de dire que je ne veux pas utiliser votre sort, il serait plus exact de dire que je ne supporte pas de l'utiliser. »

« Vous ne supportez pas de l'utiliser ? »

Sous le regard perçant de Peytra, Roel baissa légèrement la tête, plongé dans ses réflexions, tentant de donner un sens à ses pensées.

'J'ai le pressentiment qu'un danger plus grand approche. Cela ne valait pas la peine de jouer mon atout pour l'escarmouche précédente. Je veux réserver mon plus grand pouvoir pour le moment le plus critique.'

« Oh ? Je ne pensais pas que vous ayez une si haute opinion de ma bénédiction. Cela me ravit d'entendre de tels mots. En effet, chérir la bénédiction que je vous ai accordée est une marque de respect envers moi. C'est plaisant de voir que vous connaissez le respect. »

L'humeur de Peytra semblait s'être améliorée, ses lèvres s'étirant en un sourire. Toutefois, un mince doute subsistait.

« J'ai remarqué que votre moi profond est en décalage avec votre âge. »

« Mon moi profond ? »

« Oui. Il est impossible de me mentir dans mon monde. C'est un lieu qui dépouille tous les déguisements pour révéler le véritable soi. »

« … Est-ce bien ainsi ? Cela expliquerait pourquoi je me sens un peu étrange ici. »

Roel acquiesça, réalisant enfin ce que était ce sentiment d'incongruité qui le poussait sans cesse. La femme scruta Roel intensément tandis que la lumière dans ses yeux fendus s'intensifiait.

« En tout cas, vous avez tenu la première promesse. Je devrais probablement, moi aussi, faire preuve de sincérité. »

Les yeux dorés de Peytra parurent briller plus fort encore. Sous son regard transperçant, Roel ressentit une légère brûlure dans les yeux, ce qui le fit légèrement plisser les paupières.

« Qu'avez-vous fait ? »

« Ce n'est qu'un petit cadeau. Vous le saurez quand vous activerez le sort », remarqua Peytra avec un sourire aux lèvres.

Ses yeux restaient fixés sur Roel, mais elle semblait voir quelque chose de bien plus loin. Un silence s'installa avant qu'elle ne presse ses lèvres et ne questionne.

« J'ai entendu dire de la part de ce gaillard que vous aviez une question à poser ? »

« Ce gaillard ? »

« Je fais référence à ce géant qui ne cesse de faire du vacarme dehors. Quel individu encombrant. »

« Hein ? Vous parlez de Grandar ? »

Devant les yeux écarquillés de Roel, Peytra acquiesça. Elle posa sa main sur sa joue et regarda Roel avec une lueur d'amusement dans les yeux. Une marque d'un grand intérêt.

« Il fait une crise parce qu'il ne peut pas entrer ici. Il me menace même de ne pas avoir de pensées à votre sujet. »

« Vous deux pouvez communiquer entre vous ? »

« Bien sûr. Vous êtes le médium qui nous relie l'un à l'autre. Néanmoins, je suis encore assez surprise. Comment avez-vous réussi à gagner un être comme lui à votre cause ? »

Roel ne put s'empêcher de pouffer en imaginant la scène de Grandar faisant une crise. Après réflexion, il formula prudemment sa réponse.

« Je suppose que c'est parce que nous sommes amis. »

« Amis ? »

Peytra écarquilla les yeux, incrédule face à sa réponse. Elle cligna plusieurs fois des paupières avant d'éclater de rire.

« Vous êtes devenu ami avec ce genre de type ? Hahaha, jeune homme, vous êtes vraiment intéressant ! »

Elle continua de rire un bon moment avant de se rappeler enfin le sujet principal. Elle porta son regard vers le monde extérieur lointain, ses yeux pétillant de curiosité.

« Montrez-moi la plus belle chose à propos du destin. Telle est ma requête. »

« … Vous aimez bien poser des questions épineuses, vous tous. Cela dit, le destin ? Ce terme est devenu sacrément familier ces derniers temps. »

« Faites-vous référence à la fille qui vénère la Déesse du Destin ? »

« Oui. »

Roel y réfléchit plus profondément, et il sentit que ce n'était pas seulement à propos de Charlotte. Tout semblait d'une manière ou d'une autre lié au destin, y compris la façon dont ils s'étaient rencontrés, ce qui avait créé un carrefour dans sa vie.

Non, pour être exact, ils étaient le carrefour l'un de l'autre. Leur rencontre avait définitivement créé d'énormes remous pour l'avenir.

Beaucoup trop d'événements choquants s'étaient produits récemment. Certains mystères sur lesquels il s'était penché avaient été élucidés, mais il se sentait encore comme un jeune élève commençant à peine à apprendre le monde. Sa connaissance partielle ne faisait que le laisser encore plus perplexe, le laissant avec de nombreuses spéculations sur sa lignée.

« Cette fille possède une lignée ancestrale rare bénie par la Déesse du Destin. Je suis d'accord pour dire qu'elle ferait une bonne partenaire de reproduction pour vous. »

« En effet… Hein ? »

Roel acquiesça instinctivement aux paroles sérieuses prononcées depuis le trône, pour voir ses pupilles se dilater de choc un instant plus tard quand son esprit distrait réalisa enfin ce qu'il venait d'approuver.

« Attendez un instant, de quoi parlez-vous ? »

« Hein ? Je dis simplement que vos deux lignées sont compatibles l'une avec l'autre. Une descendance issue de vous deux aura de grandes chances d'être également porteuse de lignée. »

« Non, je veux dire, pourquoi parlez-vous soudainement de reproduction ? Quel rapport avec quoi que ce soit ? »

« J'étais sous l'impression que vous deux formiez un couple. Me trompé-je ? »

Peytra cligna des yeux, confuse, ne comprenant pas où Roel voulait en venir. De son côté, Roel resta si coi devant ces mots qu'il ne sut même pas par où commencer à expliquer.

« Nous sommes un couple non marié, non marié ! Il n'y a pas de reproduction ici ! »

Roel insista, le visage furieusement rouge.

Une sensation étrange de déjà vu l'envahit, ne pouvant s'empêcher de se remémorer la conversation similaire qu'il avait eue avec Grandar à l'époque. Il ne put s'empêcher de se demander si c'était Grandar qui avait égaré Peytra sur ce terrain.

Pourtant, parler de reproduction si directement… Les êtres de l'ère ancienne sont-ils aussi francs ? Nous devrions vraiment pratiquer un peu de subtilité pour ce genre de choses !

Roel était si agité que le sentiment d'incongruité qu'il ressentait d'être dans ce monde s'allégea considérablement. Peytra fut un peu intriguée par ce phénomène, mais décida de ne pas y accorder trop d'importance. Elle leva les yeux vers la chaîne de montagnes au-delà d'elles avant de remarker avec ironie.

« Est-ce ainsi ? Mais… il semble que vous soyez le seul à le ressentir ainsi ? »

« Quoi ? »

« Vous devriez partir maintenant. »

Peytra lança un regard transperçant à Roel et lui rappela.

« N'oubliez pas ma question. Puissions-nous nous revoir, Roel Ascart. »

La voix douce résonna à ses oreilles avant qu'une tempête dévastatrice ne balaye les lieux, déchirant les alentours. La conscience de Roel s'estompa progressivement jusqu'à ce que tout devienne noir.

« … »

« Q-que devons-nous faire ? Sa température continue de chuter ! »

« L'œuf ne réagit plus. Cela semble être l'effet du sort d'absorption de Roel. »

Dans une cabine de navire exquisément conçue, Isabella observait le garçon allongé sur le lit, émanant des volutes de brume glaciale, le front plissé de soucis.

À l'époque, dès que Roel s'évanouit après avoir absorbé le mana gelé, Isabella le porta immédiatement dans cette cabine et fit examiner son état par un médecin. Heureusement, rien ne semblait anormal chez lui.

C'était simplement regrettable que Roel soit resté inconscient tout ce temps. Il ne put même pas assister à la brève fête organisée par tout l'équipage pour célébrer leur survie face à la crise.

Le sacrifice de Roel n'avait pas été vain pour autant. Son acte d'absorber le mana gelé réduisit le fardeau sur l'Âme Dorée, ce qui permit au SS Saint Mary de retrouver la plupart de ses fonctions habituelles. Sa vitesse augmenta significativement, et ses mesures défensives furent restaurées elles aussi.

Cependant, à peine une minute plus tôt, l'état de Roel prit soudainement un tour critique.

« C'est l'aura de givre provenant de l'œuf. Nous devrions pouvoir la réprimer avec l'Âme Dorée, de la même manière que nous l'avons fait avec l'œuf. »

« Tu as raison. »

Charlotte acquiesça, approuvant l'avis d'Isabella. Cependant, elle remarqua vite un problème.

Sous la répression de l'Âme Dorée, la température dans la pièce monta bien, mais l'aura de givre ne fit que refluer à l'intérieur de Roel, le plongeant dans un état encore pire qu'auparavant.

« Cela ne fonctionnera pas. Il est comme une éponge pour l'instant, et l'aura de givre est comme de l'eau pour lui. Essayer de réprimer l'aura de givre de l'extérieur ne marchera pas ; cela ne fera qu'aggraver son état. Ce qu'il nous faut faire, c'est presser l'aura de givre hors de lui. »

« M-mais que pouvons-nous faire ? »

Affolée, Charlotte interrompit aussitôt son manipulation de l'Âme Dorée en entendant la conjecture d'Isabella. Isabella se tourna vers Charlotte, qui semblait prête à éclater en sanglots à tout instant, et une idée lui vint soudain à l'esprit.

« Charlotte, il semble que nous ne puissions confier cette affaire qu'à toi, sa fiancée. »

Observant la jeune fille affolée devant elle avec solennité, Isabella leva la main avec grandeur pour désigner le garçon allongé sur le lit et ordonna.

« Vas-y, embrasse-le ! »

Traduit par Sakura no Hana — soutenez leur travail en les suivant.

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