Aller au contenu principal

Little Tyrant Doesn't Want to Meet with a Bad End

Les squelettes du moulin

Little Tyrant Doesn't Want to Meet with a Bad EndLittle Tyrant Doesn't Want to Meet with a Bad End
Chapitre 11

Les squelettes du moulin

Chapitre 11/8971%~8 min de lecture1 560 mots

« Monseigneur, merci pour votre compassion. Que les bénédictions de soient avec vous ! »

Devant le Moulin du Seigneur du Fief, chargea sa farine sur sa charrette avant de s'incliner profondément devant en signe de gratitude. Derrière lui s'étirait une longue file de paysans qui le regardaient avec envie.

avait eu bien de la chance ce jour-là. C'était déjà l'heure de la débauche pour le percepteur quand son tour arriva enfin, mais le généreux et compatissant jeune maître remarqua qu'il avait péniblement traîné une énorme charrette de blé jusque-là et attendu de longues heures sous un soleil de plomb ; il fit donc une exception et prolongea le service d'une demi-heure. Grâce à ce coup de chance, parvint à payer ses impôts ce jour-là.

Il faut savoir que était un percepteur itinérant, ce qui signifiait qu'on ne savait jamais quand on pourrait le revoir. Naturellement, était plus que ravi de cette tournure des événements, et les autres lui enviaient profondément sa chance.

« Ce n'est pas grand-chose. Je termine simplement un peu plus tard que d'habitude. Veillez à bien vous préparer à l'arrivée de l'hiver avec la récolte que vous avez faite », dit avec un sourire chaleureux, les yeux fixés sur la lueur verte qui brillait au-dessus de la tête du vieux .

Ces mots ne firent qu'émouvoir davantage , au point que sa tête rayonnait d'un vert de prairie.

À cette vue, le sourire du « compatissant » s'élargit encore. Dans sa tête, il s'applaudit longuement d'avoir conçu un plan aussi brillant.

La bonté avait certes joué un rôle dans la décision de de prolonger le service pour traiter les impôts du vieux , mais ce qui avait pesé bien davantage, c'était que lui avait rapporté le plus de Points d'Affection lors du marathon champêtre de tout à l'heure : cent cinquante points, un chiffre stupéfiant !

en avait été profondément choqué.

Quelle merveilleuse moisson, qui rayonne d'un si beau vert ! Même moi, je m'en voudrais de refuser un cadeau pareil !

Ainsi, quand découvrit que le suivant dans la file était , il décida de rester pour une dernière grande récolte. Comme le prouvaient les faits, il avait eu raison. lui avait rapporté trois cents Points d'Affection d'un coup, l'équivalent de trois paysans !

« Jeune maître, il se fait tard. »

Le doux chuchotement d'une jolie servante chatouilla légèrement . Du fait de sa petite taille, avait dû se pencher en avant pour lui murmurer à l'oreille. Résultat : quand il tourna la tête vers elle, il se retrouva le nez planté dans la généreuse poitrine d'.

« ... »

« Jeune maître ? »

« Hum hum, ce n'est rien. »

ne ressentit rien, vu son jeune âge, mais son esprit d'adulte en éprouva tout de même une légère gêne. Il se ressaisit rapidement avant de se lever pour entrer dans le moulin en compagnie d'une parfaitement inconsciente.

Pendant ce temps, les autres domestiques commencèrent à remballer la table, la chaise et le service à thé. Les paysans encore dans la file soupirèrent de déception.

trouvait bien dommage de ne pas moissonner la récolte qui se tenait déjà devant lui, mais comme dit le proverbe, « trop de hâte gâte tout ». S'il continuait à accorder des privilèges spéciaux aux paysans sans réfléchir, ceux-ci finiraient tout bonnement par considérer son service comme un dû. À ce moment-là, les Points d'Affection qu'il pourrait tirer de chacun diminueraient considérablement.

Après un mois d'analyse, avait compris que le Système de Points d'Affection était plus complexe qu'il ne l'avait d'abord cru.

Prenons : s'il avait produit autant de Points d'Affection, c'était grâce au soulagement d'avoir réussi de justesse à passer avant la fermeture de la perception, mais aussi au plaisir et au sentiment de supériorité d'avoir vu un noble faire une exception rien que pour lui, devant tout le monde.

Tous ces facteurs avaient largement contribué à générer un total de trois cents Points d'Affection. Cependant, si n'avait pas choisi d'aller de moulin en moulin mais s'était fixé dans un seul, lui aurait tout de même été reconnaissant, mais assurément beaucoup moins.

Donnez à un homme un bol de riz, et il vous sera reconnaissant. Donnez-lui un sac de riz, et il deviendra dépendant de vous.

Pour dire les choses franchement, la clé pour gagner des Points d'Affection résidait dans le marketing de la rareté. Cela dit, les êtres humains sont des créatures compliquées, si bien qu'il n'existe pas de stratégie infaillible.

Ruminant tout cela, entra dans le moulin et vit six squelettes plantés d'un air hébété devant la meule. Un cercueil noir était posé sur le côté de la pièce, même s'il était déjà recouvert d'un voile blanc de farine.

Eh oui, c'était là la méthode que avait trouvée pour rentabiliser ses deux mille cinq cents Points d'Affection !

L'idée d'accompagner joyeusement les défunts avec des squelettes porteurs dansants était tellement révolutionnaire qu'il était impensable que quiconque dans le fief d'Ascart puisse l'apprécier ; gagner des pièces d'or ainsi était donc exclu. Cela dit, il serait merveilleux de récupérer ses Points d'Affection d'une manière ou d'une autre.

Il avait donc trouvé pour ces squelettes, bons à rien sinon pour leur endurance, un travail à leur mesure : la corvée de force.

La force combinée des six squelettes F+ suffisait au moins à rivaliser avec un âne, si bien que pousser la meule ne leur posait aucun problème. Il se trouvait en outre que le cercueil était un bon moyen de transporter la farine.

Les squelettes n'avaient qu'à déverser la farine du cercueil devant le moulin une fois celui-ci plein, et les autres domestiques la conditionnaient correctement avant de la charger sur la seconde charrette.

adressa un hochement de tête approbateur aux six squelettes, se disant qu'ils étaient au moins bons à quelque chose désormais. Puis, d'un claquement de doigts, les squelettes se replièrent prestement pour se loger dans le cercueil.

L'attitude de la Théocratie de Saint Mesit envers les morts-vivants relevait de l'approbation tacite. On disait que les morts-vivants existaient depuis la Première Époque de , aussi la Théocratie n'avait-elle rien contre eux. Tant qu'un magicien contrôlant des morts-vivants n'enfreignait aucune loi du pays, aucune mesure n'était prise contre lui.

Cela dit, l'apparition soudaine de quelques carcasses de squelettes provoquerait tout de même une grande panique parmi la population, aussi ne pouvait-il pas laisser les siens se promener en liberté. Pour cette raison, il les rangeait d'abord dans le cercueil noir avant de les transporter d'un endroit à l'autre.

savait aussi qu'il serait impossible de les cacher à ses domestiques à la longue, aussi affirmait-il que l'Armée des Squelettes Porteurs était un trésor conservé dans les caves de la maison Ascart. Il y avait de toute façon pas mal de vieilleries dans ces caves, au point que même le n'aurait pu affirmer avec certitude si elle s'y trouvait ou non.

Ahh, être issu d'une maison de magiciens, c'est tout de même bien pratique !

s'étira paresseusement le dos en sortant du moulin. Quelques gardes s'y engouffrèrent aussitôt pour en sortir le cercueil et le charger sur la seconde charrette. Quant à ce qu'était la première, il allait sans dire qu'il s'agissait d'un luxueux carrosse de transport réservé au fils du très estimé marquis !

Sous les acclamations des paysans, monta dans son carrosse de luxe et enfonça son petit corps dans le confortable sofa. le suivit dans le carrosse et s'assit sur la banquette d'en face. La portière se referma, et le cocher fit avancer l'attelage.

S'asseoir devant le Moulin du Seigneur du Fief pour superviser la perception était un travail qui semblait facile mais s'avérait en réalité incroyablement épuisant. Sans parler de la chaleur écrasante, devait constamment maintenir une posture digne devant les paysans, et cela suffisait amplement à user son corps fragile.

Après une longue journée de travail, , épuisé, put enfin se reposer un peu. Ses muscles, ankylosés par de longues heures d'immobilité, se dénouèrent peu à peu.

« Ahhhh, je vais mourir si je ne me recharge pas un peu avec tout à l'heure... »

marmonna , le regard vide, ce qui fit cligner des yeux d'incompréhension à , pourtant habituée depuis quelque temps à ses propos bizarres.

« Le jeune maître s'ennuie de ? Vous pourrez la voir dans un instant. Elle doit vous attendre à l'entrée principale. »

songea à la fille aux cheveux d'argent qui attendait à l'entrée de la maison Ascart chaque soir ces derniers jours, et un sourire d'adulte entendue se forma sur ses lèvres. Elle ne put s'empêcher de se dire que la jeunesse était une bien belle chose.

De son côté, se sentit un peu ragaillardi par les paroles d', se préparant à recevoir la plus belle moisson de Points d'Affection de la journée.

L'impatience peinte sur le visage du petit garçon, le luxueux carrosse franchit enfin les grilles du manoir du marquis. À l'instant où en descendit, la douce voix promise d' lui souhaita la bienvenue.

« Bon retour, grand frère ! »

Traduit par Sakura no Hana — soutenez leur travail en les suivant.

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.