« Je voudrais former un partenariat, ou plutôt une amitié avec vous. » Je souris avec entendement.
« Hein ?! » Jack parut confus et Brad surpris.
« Quoi ?! » Leon me regardait, interrogateur.
« Ne t'inquiète pas, Leon. Je sais ce que je fais, fais-moi confiance. » dis-je. Je pris sa main et la serrai doucement. Il sembla tendu au début, puis se calma. Il hocha légèrement la tête.
« J'ai entendu parler de vos « Bandits Cramoisis » de la part de mon grand-père. » dis-je. « Vous n'êtes pas juste un petit groupe de bandits comme vous venez de le dire. Je suis sûre que vous faites partie d'une grande organisation. »
« Eh bien, vos informations sont un peu correctes. » dit Jack. « Mais j'ai raison sur le fait que mon groupe de bandits ne hante que cette zone précise. Nous ne sommes qu'un petit groupe inclus dans une grande organisation. »
« Si mon intuition est bonne, vous êtes peut-être un parent du chef de cette « organisation ». » dis-je avec un sourire.
« Comment as-tu... » commença Brad d'une voix féroce, mais Jack lui fit signe de s'arrêter.
« Ce n'est qu'une intuition, comme je l'ai dit. » dis-je calmement. « Le mot « Cramoisi » doit bien venir de quelque chose. Alors j'ai pensé que peut-être il venait de leurs cheveux auburn, faisant d'eux le créateur ou le chef de l'organisation. Suis-je dans le vrai ? »
« Tu as d'excellentes capacités de déduction, Alicia. Tu as raison, le chef de l'organisation est mon père. » me loua Jack. « J'accepterais bien cette « amitié » de ta part, mais je veux aussi savoir qui tu es vraiment. C'est juste équitable, vu que tu as découvert mon identité par une déduction loyale. »
« Si tu acceptes de former une amitié avec moi, je serai ravie de te dire qui je suis. » dis-je.
« Attends. » chuchota Leon. « Es-tu sûre de ça ? »
« J'en suis sûre. » répondis-je sérieusement. « Je n'arrive pas à l'expliquer, mais j'ai le pressentiment que ce Jack sera un bon allié à l'avenir. »
« D'accord. » acquiesça Leon.
« Tu me fais confiance ? » demandai-je, surprise.
« Je fais confiance à ton jugement, Alicia. » dit Leon. Je ressentis du bonheur que Leon me fasse confiance. Notre relation ces deux dernières années était restée figée en celle d'une princesse et de son chevalier. J'aimerais aussi lui dire mes sentiments, c'est juste que je suis trop timide pour le faire.
Je regardai Jack avec une aura de royauté.
« Je suis la troisième princesse d'Alvannia, Alicia Von Heist. » me présentai-je avec la dignité d'une princesse.
Les deux jeunes hommes arboraient des expressions surprises. Mais après juste un instant, Jack retrouva son assurance arrogante habituelle.
« La princesse Alicia, hein ? » dit Jack. « Donc tu es la princesse oubliée. »
« Surveille ton langage, bandit. » siffla Leon. Il tenait toujours la garde de son épée.
« Détends-toi, pff. » dit Jack en plaisantant. « Je n'ai fait que dire ce dont le peuple parle. Mais je n'aurais jamais imaginé que la troisième princesse était aussi intelligente. Bon, oui, j'ai entendu dire qu'elle était une beauté capable de faire voguer mille navires. Une beauté dont même le prince héritier de Grandcrest est devenu éperdument amoureux. »
« Le prince héritier de Grandcrest ? » demandai-je curieusement. Je ne me rappelais l'avoir rencontré qu'une seule fois, lors de mon bal d'anniversaire.
« Eh bien, ce ne sont que des rumeurs. J'ai appris la nouvelle que le prince héritier a envoyé une lettre de fiançailles formelle là-bas il n'y a pas longtemps. » dit Jack.
« Je n'ai pas encore entendu parler de ça. » dis-je. « Bon, je suis restée isolée pendant longtemps maintenant. »
'Dès mon retour, je devrai demander à grand-père des nouvelles de ça.' pensai-je.
Je regardai inconsciemment Leon qui se tenait juste à côté de moi. Il semblait rougir et paraître plutôt timide. Ce spectacle me parut bizarre, alors je me frottai les yeux et regardai à nouveau. Je vis son expression sérieuse d'il y a un instant.
'Peut-être que je ne faisais qu'imaginer des choses.' pensai-je et haussai les épaules.
« Bon, de toute façon, revenons à notre discussion initiale. » dis-je. « Acceptes-tu mon « amitié » alors ? »
« Je ne vois rien qui s'oppose à l'accepter. » Jack avait un immense sourire. « Amis, alors. »
Je tendis la main et Jack la prit. Nous nous serrâmes la main pour sceller notre accord mutuel.