Le soleil s'apprêtait à se lever lorsque la voiture emportant le général McGregor et son épouse quitta son domaine.
Comme l'avait prévu le général McGregor, ils voyageaient léger, avec une seule voiture attelée. Leur fortune et leurs objets de valeur avaient été envoyés par un autre itinéraire hors de la capitale.
« C'est calme. » s'exclama le général McGregor, l'air perplexe.
« Que veux-tu dire par calme, mon cher ? » demanda son épouse, confuse. « Il n'est pas encore l'aube, donc il n'y a personne dans les rues à cette heure. »
« Je le sais. Mais ça ne me plaît pas. C'est trop calme. » Le général McGregor grinca des dents. « Toi, soldat. » Il héla un cavalier qui les escortait.
« Oui, général ? » Le soldat tira sur ses rênes et s'approcha de la portière.
« L'armée de l'ouest est-elle à l'endroit où je l'ai ordonné ? » demanda le général.
« Oui, général. Ils ne sont qu'à quelques kilomètres des remparts de la capitale. » répondit le soldat. « Ils sont en attente, prêts à recevoir vos ordres, mon seigneur. »
Le général McGregor hocha la tête, satisfait. Une fois hors de la capitale et réuni avec son armée, ils comptaient assiéger la capitale. Il renverserait le roi de son trône et prendrait sa place comme nouveau roi d'Alvannia. Un rictus se dessina sur ses lèvres.
« Général, la porte sud est en vue. » dit le soldat.
« Bien. » dit le général. « Une fois franchie la porte, accélérons. Transmettez l'ordre aux autres hommes. »
« Compris. » répondit le soldat en hochant la tête. Il repartit vite pour relayer les ordres du général aux autres hommes.
Les rues sont vraiment trop calmes. Le soleil vient à peine de projeter ses premiers rayons du matin. Le général McGregor ne peut supporter un tel silence. Aucun roturier n'est encore sorti, pas même un chien ou un chat errant dans les rues. Il a l'impression que ce secteur a été déserté.
« Général, nous avons passé la porte sud. » cria un soldat depuis l'extérieur de la voiture.
Le général éprouva un soulagement en sachant qu'ils avaient quitté la capitale. « Alors foncez, pressez-vous. »
« Compris. » répondit le soldat. « Vous avez entendu le général, pressons-nous vers le camp. » Il transmit les ordres aux autres hommes.
« Hiyah ! » dirent les soldats l'un après l'autre. Le bruit des sabots martelant le sol se fit entendre. La voiture où se trouvaient le général et son épouse s'élança également.
Au bout de quelques minutes de galop, leur élan ralentit et s'arrêta.
« Qu'est-ce qui se passe, pourquoi nous arrêtons-nous ? » rugit le général de colère.
« Mon seigneur, un barrage bloque notre route. Les chevaliers royaux ont établi un poste de contrôle. » rapporta un soldat.
« Quoi ?! » Le général fut surpris. Il n'avait jamais imaginé que les chevaliers royaux dresseraient un barrage à seulement quelques kilomètres de la capitale.
En y réfléchissant, les soldats qui l'escortent sont assez nombreux. Si un combat éclatait dans la capitale, de nombreux civils deviendraient des victimes collatérales de leur escarmouche.
« C'est ton œuvre, hein, Robert ? » Le général McGregor serra les poings.
« McGregor, je sais que tu es là. » La voix du général Robert se fit entendre.
Le général McGregor eut un rictus sarcastique et allait ouvrir la portière lorsque son épouse le retint.
« N-Ne me laisse pas derrière. » Le visage de son épouse était rempli d'effroi. Elle avait saisi la situation : cela finirait en bataille entre les chevaliers royaux et le peloton de l'armée de l'ouest qui les escortait.
« Tsk. » Le général McGregor regarda son épouse avec irritation. Un champ de bataille n'est pas place pour une femme. Elle ne serait à coup sûr qu'un fardeau pour lui.
« Toi, » Le général désigna l'un des soldats. « Prends mon épouse et trouve un chemin sûr vers le camp de l'armée de l'ouest. »
« Compris. » Le soldat s'inclina. « Madame. » Il tendit son bras vers l'épouse du général.
L'épouse saisit la main du soldat et fut hissée sur son cheval.
« À vous deux, je suis sûr que vous pourrez passer inaperçus des chevaliers royaux. » expliqua le général McGregor à son épouse.
« Mon cher, sois prudent. » dit l'épouse.
« Ne t'inquiète pas, je ne laisserai pas Robert me vaincre ici. » dit le général McGregor avec assurance.
Après quelques mots, le soldat emmenant l'épouse du général s'enfonça dans le bois épais qui bordait la route et disparut dans son ombre.
Le général McGregor descendit de la voiture et aperçut le général Robert à la tête des chevaliers royaux.
« Robert, beau-frère. Quelle ironie que ce soit toi que le roi a envoyé pour m'arrêter. » dit le général McGregor sur un ton sarcastique. « Ne penses-tu pas que le roi te suspecte, toi aussi, de trahison ? »
Le général Robert sait ce que signifient les mots de McGregor. C'est vrai, le roi Édouard le suspecte également. C'est pourquoi il a ordonné au général Robert d'être celui qui arrêterait son beau-frère, pour voir si son allégeance allait encore au roi.
« Robert, il n'est pas encore trop tard pour me rejoindre. Avec nos deux armées, nous pouvons renverser ce roi et régner sur Alvannia ensemble, toi comme mon bras droit. » dit le général McGregor. « Qu'en dis-tu ? »
Le général Robert regarda McGregor sérieusement. Un homme si ambitieux, à la tête d'une puissante armée et détenant un tel pouvoir, est vraiment effrayant. Un tel pouvoir peut tordre un homme autrefois honnête et bon pour en faire un monstre assoiffé de pouvoir, comme celui qui se tient devant lui.
Le général Robert poussa un profond soupir. C'est regrettable que son beau-frère, qui fut autrefois son frère d'armes pendant la guerre, soit devenu un ennemi du pays.
« McGregor, pourquoi ne pas te rendre simplement ? » dit le général Robert. « Une fois arrêté, je plaiderai assurément pour toi devant Sa Majesté afin que tu évites la peine de mort. Nous pouvons encore empêcher cela. Ce sont les civils à l'intérieur de la capitale qui souffriront si tu persists. »
« Hahaha ! » Le général McGregor éclata de rire en entendant les paroles du général Robert. « Comme tu es naïf, Robert. Tu sais que la peine pour trahison est la mort. Je n'ai d'autre choix que de passer en force et de me battre. Robert, penses-tu que ces misérables chevaliers royaux qui t'accompagnent puissent faire le poids face à mes hommes de l'armée de l'ouest ? Pourquoi ne pas voir ça par nous-mêmes ? »
Le général McGregor agita la main, faisant signe à ses hommes. Les soldats dégainèrent leurs épées, prêts à attaquer.
« Tsk, McGregor, tu ne me laisses pas d'autre choix. » Le général Robert agita également la main et les chevaliers royaux se préparèrent à l'attaque.
Dans une telle situation, une bataille est désormais inévitable.