« Kurono-kun, je t'aime. Je t'adore du fond du cœur. »
Une déclaration d'amour. Cette fois, ce n'est ni un rêve ni une illusion. C'est la réalité, ici et maintenant. Ce sont les sentiments sincères d'une personne envers une autre.
« Reste avec moi, et laisse-moi rester avec toi. »
La façon dont ses yeux bleu ciel étincelants me regardaient était indescriptiblement belle. Ses cheveux châtains relevés en chignon, sa peau blanc neige, ses oreilles elfiques effilées, tout en elle était à couper le souffle.
« Je ne veux plus qu'on soit juste aventurière et réceptionniste. Je veux plus, je veux plus de toi, Kurono-kun ! Alors s'il te plaît, mets-toi avec moi―― »
« Je suis désolé. » J'étais trop faible pour l'écouter jusqu'au bout.
C'est la première fois que je reçois des mots d'amour aussi directs de la part d'une fille. Je suis extrêmement heureux, parce que pourquoi ne le serais-je pas ?
J'aurais voulu dire oui tout de suite. J'aurais voulu aimer cette belle fille qui éprouvait des sentiments si profonds pour moi, moi de tous les gens. J'aurais voulu être avec elle pour toujours. J'aurais voulu la rendre heureuse. J'aurais voulu dire tout ça, mais...
« Je ne peux pas répondre à tes sentiments... Erina. » Dis-je fermement.
« ... Hein ? N-non... p-pourquoi ? » C'était incroyablement difficile de regarder Erina comme ça, les yeux écarquillés comme si c'était la fin du monde. Mais je ne peux pas reculer maintenant. Je ne peux pas fuir.
« Je ne peux pas te rendre heureuse. Et je suis sûr que je te rendrai triste. »
« Non... tu ne penses pas ça ! Tu peux me rendre heureuse, je sais que tu le peux ! »
Une fois dit, ça sonnait terriblement comme une excuse. Mais je suppose que c'est normal. Je ne lui ai jamais rien dit de moi, après tout. Je ne peux pas m'attendre à ce qu'elle comprenne alors qu'elle ne sait rien.
« Bientôt, je partirai pour la guerre contre les Croisés. »
« Beaucoup de gens partent ! Les chevaliers, les mercenaires, les aventuriers, tant de gens y vont. Je sais que tu reviendras, je t'attendrai ! »
« Même si je... » Je repris mon souffle. « Même si nous gagnons cette guerre, mon combat ne sera pas fini. »
Beaucoup de gens laissent leurs amants pour aller se battre. Et c'est bien. Ils peuvent se battre de toutes leurs forces, et s'ils reviennent vivants, ils peuvent se poser et fonder une famille avec leur moitié.
Mais moi, je ne peux pas faire ça.
« Qu'est-ce que tu... veux dire ? » demanda Erina hésitante.
« Je dis que j'ai une rancune personnelle contre eux. »
Spada part en guerre parce que l'autre côté prévoit d'envahir. Une fois qu'ils auront fini cette guerre défensive et repoussé l'ennemi, quelle raison auront-ils de continuer en envahissant Daedalus ? Selon Will, cette ligne de conduite serait en fait nuisible à Spada car elle pourrait inciter les cités-États voisines à agir contre eux. Par conséquent, il est dans l'intérêt de Spada d'éviter d'envahir ce pays qui est maintenant sous le joug de la Croix.
« Mon combat ne s'arrêtera pas même si nous gagnons la guerre. Ensuite, je me battrai pour libérer Daedalus. »
Je suis peut-être un aventurier de rang 5 puissant, mais je ne suis encore qu'une seule personne. Même si je jure de libérer Daedalus un jour, je ne pense pas avoir beaucoup d'influence sur la question.
Malgré tout, je dois continuer à me battre. Je dois éliminer le fléau des Croisés de Pandora. Sinon, nous n'atteindrons jamais la vraie paix.
Non, au fond, au plus profond de mon cœur, je pense même qu'il faut s'aventurer sur le continent d'Arc et détruire la République de Sinclair une bonne fois pour toutes. Éradiquer la corruption à la racine, en quelque sorte.
Mais je réalise que c'est trop. C'est trop détaché de la réalité, ça frôle le délire. Je n'ai même pas de plan, juste une idée.
Et même en mettant ça de côté, je m'emballe. On ne sait pas quel sera l'issue de cette guerre. Je pourrais mourir sur le champ de bien avant que Sariel n'apparaisse.
« Pourquoi... est-ce que je... ne suffirais pas ? » dit Erina, avec colère cette fois. « Tu choisirais de te battre pour toujours plutôt que de vivre heureux ici, à Spada, avec moi !? »
Ça sonnait comme si elle m'accusait d'être un fou, un berserker.
Je compte continuer à me battre contre les Croisés quoi qu'il arrive. L'ennemi est si vaste qu'il peut conquérir des nations et des continents. Je n'ai aucune raison de croire que je peux les battre à coup sûr, ni aucune garantie d'en réchapper vivant. Ils ont l'air d'apparaître partout où je vais. Ils me contraignent à me battre pour protéger ce qui m'est cher.
J'ai fait tout ce que j'ai pu pour faire front aux Croisés belliqueux. Tous mes efforts jusqu'ici ont visé à atteindre la force des Apôtres qui servent leur détestable Dieu Blanc, le plus fort des Dieux.
J'ai toujours pensé que c'est ce que je devais faire. Me battre, gagner en force, sinon je ne peux pas protéger tout le monde.
Mais, ouais, je commence à voir... c'est clairement pas la voie d'un mage comme je le clame toujours. C'est le chemin d'un guerrier qui ne peut pas s'arrêter de se battre, c'est le destin d'un berserker.
« C'est exact. Je choisirai le chemin de continuer à me battre. » J'acceptai sans broncher l'accusation d'Erina. « Tu sais, j'ai toujours trouvé que ce truc de "Berserker Cauchemar" était stupide et ne me allait pas. Mais me voilà maintenant. »
« Non, tu n'es définitivement pas un maniaque de la bataille, Kurono-kun ! Pourquoi tu continues à dire ça !? » hurla Erina. Elle me dit qu'elle sait que je suis encore un type ordinaire à l'intérieur. Elle a l'œil pour juger la nature des gens. C'est pour ça qu'elle est une réceptionniste si incroyable.
Je ne me sens pas mal à l'aise qu'elle me voie à travers. Au contraire, je suis content qu'elle me comprenne si bien.
Et c'est parce qu'elle le peut que――
« Je ne peux pas t'impliquer dans mon combat, Erina. »
Elle est encore une civile ordinaire. Mais si je le voulais, elle ne le serait plus. Elle pourrait se faire aspirer dans le marais sans fin de sang et d'os dans lequel je patauge pour atteindre mes objectifs. Je ne veux pas ça.
Lily et Fiona, elles, ce n'est pas elle. Mais si je suis honnête, je ne veux pas non plus qu'elles... bon, peu importe, je ne peux m'empêcher de compter sur elles.
« Je promets de défendre Spada. Pour que toi et tous les autres puissiez vivre en paix. Je ne peux qu'espérer que tu trouveras le bonheur dans cette paix, Erina. » Avec un homme fort qui restera à tes côtés, laissai-je non-dit.
« Comment je peux... je ne peux pas être heureuse... avec quelqu'un d'autre que toi... » Erina finit par fondre en larmes. Pourtant, comme pour montrer qu'elle refusait mon refus, elle vint se blottir contre ma poitrine et m'étreignit.
« ... Je suis désolé, Erina. » M'excuser est la seule chose que je sache faire maintenant. Je n'avais rien à dire qui puisse la consoler, rien pour l'empêcher de pleurer.
Pourtant, je ne l'ai pas repoussée non plus. Elle m'étreignait et je l'ai laissé faire... Je suis douloureusement conscient de à quel point ça me rend minable.
Je sais ce que je dois faire, alors je devrais juste le faire. Je ne peux pas continuer à être avec elle, comme ça.
« Arrêtons là. »
« N-non ! Non ! » Je m'éloignai d'elle même alors qu'elle suppliait d'une voix tremblante. Son visage était maculé de larmes mais restait beau. Comme s'il me tentait de l'étreindre ici et maintenant.
« S'il te plaît, Kurono-kun ! Juste, juste pour l'instant, fais de moi ton―― »
« Non, je t'en supplie. Ne fais pas ça... Ne me fais pas... regretter ça, plus que je ne le fais déjà. »
Erina est, une amie. Une réceptionniste de la guilde des aventuriers avec qui je m'entends bien.
S'il te plaît Erina, tu n'as pas à en faire plus que ça. Si tu me donnes encore plus de regrets que j'en ai déjà, si encore plus de culpabilité s'empile, je... j'aurais peut-être peur de mourir.
« Au revoir, Erina. » Je quittai la fille en pleurs. Sachant que ce pourrait être la dernière fois, je lui fis mes adieux. Pas une fois je m'arrêtai ou me retournai. Parce que si je le faisais, je reviendrais sûrement vers elle――
« C'est bien... c'est, pour le mieux. » En marmonnant ça pour moi-même, je finis par réaliser que j'avais moi aussi une larme qui coulait sur ma joue.
« ―― Ahh, donc c'est ça que tu voulais dire... pas vrai, Lily-san ? » Les commissures de mes lèvres s'étaient étirées en un rictus avant que je m'en rende compte. Je suis sûr que la seule expression sur mon visage à cet instant, c'est un sourire laid, tordu.
« Fufu, fufufu... » Je ne pus m'empêcher de rire. « Je n'ai bien sûr jamais douté de Kurono-san, nope, pas une seule fois. »
Kurono-san avait, après tout, rejeté la réceptionniste―― il avait rejeté Erina.
Elle avait passé toute la journée avec lui, accepté ses cadeaux, ri avec lui, le séduit, mais puis, juste comme ça, tout avait disparu. Elle avait été rejetée par Kurono-san.
Elle n'avait pas été choisie. Elle avait été refusée.
« Je me serais suicidée si c'était moi. » Ma voix sonnait si froide que j'en fus surpris.
Je sentis une émotion noire et laide, méprisante, bouillonner en moi. Je sais, je sais qu'il n'est pas bien d'être aussi méchante―― mais je ne peux pas m'arrêter, ça ne s'arrête pas. Ce sens profond, profond, cathartique de délice.
« Après tout, celle qui mérite Kurono-san plus que quiconque, c'est―― »
Erina ne comprend probablement toujours pas pourquoi Kurono-san l'a rejetée. Mais je ne lui en veux pas pour ça. Elle n'y peut rien. C'est une fille qui a vécu toute sa vie dans la paisible Spada. Elle ne connaît pas les épreuves de Kurono-san. Elle ne pourrait même pas imaginer la douleur pure qu'il a endurée. Même les aventuriers qui n'ont combattu que des monstres faibles ne comprendraient pas.
Seuls ceux qui ont vécu ses épreuves à ses côtés peuvent vraiment comprendre sa douleur.
« ―― Moi, bien sûr. Je serai celle qu'il choisira. Je serai celle qu'il aimera. »
Ah, j'ai été une telle idiote aujourd'hui. Comment ai-je pu croire sincèrement qu'une simple réceptionniste pouvait rivaliser avec mon amour ?
Après tout, je sais qui je dois vaincre pour le réclamer vraiment comme mien... non, laissons ça de côté pour l'instant.
Maintenant, je devrais me prélasser dans l'immense joie d'être en position où Kurono-san peut me choisir. Je devrais m'enivrer de cette félicité sombre.
« Je suppose que je devrais rentrer maintenant... fufu, peut-être que je pourrai trouver Kurono-san et rentrer avec lui~ » Étais-je peut-être déjà ivre de l'émotion ?
Je sortis de ma cachette derrière un des arbres et commençai à marcher vers l'avenue où Erina se tenait en pleurs. J'arrivais par derrière elle, assez près pour voir ses épaules trembler d'angoisse. Je pouvais aussi distinguer Kurono-san au loin, pas plus gros qu'une motte de poussière.
J'étais tentée de le rattraper comme une phalène vers la flamme. Ma tête était cotonneuse, et mes pieds légers comme l'air sur le chemin de pierre enneigé.
Au fait, je suis toujours déguisée. Si je l'appelle comme ça, il ne réalisera peut-être pas que c'est moi. J'enlevai mes lunettes et mon bandeau, et les rangeai dans ma sacoche subspace. La fausse coloration de mes yeux et cheveux partie, j'étais sur le point de croiser la pauvre perdante en amour quand,
« ―― Hei-!? Attends, toi là-bas ! » M'appela-t-elle d'un cri perçant, provocant. « J'ai dit, attends ! Tu es Fiona, non ? Fiona la Sorcière ! »
« ... Oui, » m'arrêtai-je et me retournai, « oui je le suis. Tu as besoin de quelque chose ? »
Ses yeux bleu ciel étaient voilés de rage. Donc elle connaît mon visage et mon nom. Elle est notre réceptionniste habituelle après tout. En d'autres termes, elle sait que je fais partie d'Element Masters.
« Pourquoi... es-tu ici... » Dit-elle, d'abord confuse, puis vint une réalisation, « tu as tout entendu... »
Cette femme est idiote ? Qu'est-ce que ça change que je sois là par hasard ou que je les aie entendus ou non. Son échec d'avant était totalement indépendant de moi.
Après tout, j'avais confiance que Kurono-san ferait le bon choix, et avec la tolérance de la Vierge Aria de la Bible de la Croix elle-même, j'ai regardé sans interférer le moins du monde. Elle ne peut ni me remercier ni me blâmer, car je n'étais pas impliquée.
« Réponds-moi... tu m'as trompée, pas vrai ? »
« Trompée ? Comment ça ? »
« Tu savais ce que je ressentais ! Et tu as regardé pendant que j'étais rejetée, et tu es là pour te moquer de moi, pas vrai !? Toi et Kurono-kun tous les deux ! »
J'instinctivement sortis Spitfire―― ou du moins j'en eus l'intention, mais je me ravisai. Ses mots tout à l'heure visaient clairement à me déstabiliser, mais si je réfléchis à pourquoi elle dit de telles choses, je ne suis pas si en colère.
« Donc tu sous-entends que Kurono-san, sachant ce que tu ressentais, t'a menée en bateau avant de te briser le cœur ? Et tu penses aussi que j'ai fait partie de son plan, et que je me suis moquée de ta sottise tout du long ? »
Tu crois que c'est une romance d'adolescents à ton académie ?
« C-c'est exactement ce qui s'est passé... pourquoi d'autre serais-tu là. Ce ne peut pas être une coïncidence ! »
« Eh bien, tu as raison. Aujourd'hui, toute la journée, j'ai suivi votre petit rendez-vous avec Kurono-san. Ce n'est pas une coïncidence si je suis ici en ce moment. »
« Je le savais ! Vous, vous avez piétiné mes sentiments... mes sincères, profonds... il devait être le mien... » Erina, la chose laide, grinça des dents de frustration en pleurant. Si seulement ses admirateurs, les étudiants et aventuriers qui cherchent encore ses faveurs, pouvaient la voir maintenant. Pourraient-ils encore l'aimer après avoir vu ça ?
Et je parie qu'elle ne réalise même pas que ce n'est pas juste son visage qui est si laid en ce moment, c'est son cœur.
« Donc, tu dis que c'est Kurono-kun qui a fait ça ? »
Cette garce venait de dire « Toi et Kurono-kun tous les deux », sous-entendant qu'elle pensait vraiment que Kurono-san était le genre de personne à faire quelque chose d'aussi bas.
« Q-quoi... ça veut dire. Bien sûr qu'il l'a fait ! »
« Je vois. Quel amour tu as. Tu me dégoutes. » Je crachai.
Erina a eu l'audace de douter de Kurono-san. Elle ne lui fait pas confiance. Elle ne croit pas en lui.
« Avoue-le, tu n'aimes pas vraiment Kurono-san, tu voulais juste être aimée. »
« Ta gueule ! Qu'est-ce que tu connais à mes sentiments !? »
« Tu veux que Kurono-san te protège, soit avec toi, te donne tout son amour. Mais toi ? Qu'est-ce que tu peux lui donner ? »
« C-c'est pas... évident ? Je ferais pareil pour lui, je lui donnerais tout mon amour, tout mon être ! »
Tout ton être, hein ? Cette sotte croit-elle honnêtement qu'offrir simplement son être lui vaudrait le droit d'être aimée par Kurono-san ?
« Tu sais quoi, et si je t'expliquais exactement pourquoi Kurono-kun t'a rejetée ? »
« Quoi, tu vas dire que je ne suis pas assez charmante ? Ne te moque pas de moi ! Je sais pertinemment―― »
« C'est parce que tu es inutile. » Je coupai court à son hystérie.
« ... In, utile... qu'est-ce que tu... ? »
« Tu ne te souviens pas de ce qu'a dit Kurono-san ? » Le défiai-je, « Il a dit qu'il allait continuer à se battre contre les Croisés―― »
La raison pour laquelle Kurono-san l'a tolérée aujourd'hui est clairement que, connaissant ses sentiments, Kurono-san voulait la laisser tomber doucement, de bonne foi. Il aurait pu éviter le rendez-vous et inventer n'importe quelle excuse. Par exemple, dire qu'il était déjà en couple avec moi, ou qu'on est déjà mariés ou... plein d'excuses, vraiment. Kurono-san s'il te plaît.
Bref, au final, Kurono-san lui a dit ses motifs. Qu'il vise à battre les Croisés, vaincre les Apôtres qui se vantent d'un pouvoir quasi infini de leur Dieu Blanc. Et pour ça, il a besoin de force.
Ce dont il n'a évidemment pas besoin, c'est de la passion d'une femme. Ça ne lui sert à rien là où il va.
« Est-ce que tu lui seras utile dans ses combats ? Est-ce qu'il pourra tuer plus d'ennemis avec ton aide ? Peux-tu ne serait-ce que lui offrir ton mana, la force dont il a besoin pour se relever ? »
« Euh, c'est... » elle hésita à répondre, « bien sûr que je ne peux pas... je suis une... »
Juste une réceptionniste ? Oui, je sais.
« Ça ne suffirait pas même si tu étais aventurière. Ton aventurier ordinaire n'est pas du tout assez fort pour se battre aux côtés de Kurono-san. »
Il faudrait être au moins au niveau de nous, Element Masters, pour gagner une place dans notre groupe. Toi de toutes personnes, tu devrais savoir à quel point c'est dangereux d'être dans un groupe au-dessus de son rang.
« Et si tu ne peux pas l'aider par ta force, as-tu un autre mérite qui pourrait alléger son fardeau ?
L'or, par exemple. Si elle était de haute noblesse ou une marchande éminente, elle aurait pu aider les efforts de Kurono-san en fournissant des fonds de guerre.
La meilleure chose suivante serait la technique et/ou la technologie. Simon-san, par exemple, a le cerveau pour développer de nouvelles armes puissantes pour lui, tandis que Regin-san est un forgeron qui peut travailler les armes maudites.
Erina, la réceptionniste, ne peut faire exactement aucune de ces choses.
« C'est ce que je veux dire par inutile. Tu es inutile. Tu ne peux qu'attendre et prier pour que Kurono-san revienne vivant. Tu es impuissante, une civile. Il n'a pas besoin de quelqu'un comme toi, parce que tu ne deviendrais qu'un fardeau pour lui. »
Il se battrait dans des batailles de vie ou de mort, pour ne revenir que tout juste vivant vers une femme frustrée qu'il soit parti si longtemps. Y a-t-il une fin à l'entitlement de cette femme ?
« C-c'est... pas, j'ai... »
Il semble qu'après m'avoir fait tout lui expliquer soigneusement, Erina a finalement compris. Sa colère d'avant partie, les seules émotions qui se lisaient sur son visage étaient l'abattement et l'incertitude.
« Et tu as même eu l'audace d'essayer de le convaincre d'arrêter de se battre. Se poser et fonder une famille avec toi ? Ne me fais pas rire. Tu as la moindre idée de pourquoi Kurono-san se sent comme ça ? Pourquoi il est devenu incapable d'arrêter de se battre ? » J'avais l'impression de m'emporter trop. « ... C'est insultant que tu penses pouvoir changer sa voie si facilement. »
Quiconque se met en travers du chemin de Kurono-san mérite le pire genre de mort. Je n'hésiterai pas à accomplir l'acte moi-même, que ce soit une réceptionniste de la guilde ou quelque princesse hautaine.
« Kurono-san n'a pas besoin d'une femme ordinaire comme toi. Quelqu'un qui peut le soutenir pleinement au combat, quelqu'un sur qui il peut compter, quelqu'un à qui il peut ouvrir son cœur, seule cette personne a le droit de se tenir aux côtés de Kurono-san. » Tu n'es clairement pas cette personne, mais moi je le suis. Cette partie est comprise. Je vois dans ses yeux qu'elle comprend pleinement et complètement mon point. Ces yeux bleu ciel pathétiques d'une mauvaise perdante. Et comme tel, je le dis comme c'est :
« Et je remplis ce rôle pour lui très bien, alors sois tranquille et trouve un homme plus fait pour toi. Si tu veux l'aider, alors reste hors de son chemin et ne le fais pas s'inquiéter inutilement. »
Maintenant que c'est fait, je crois que je dois rattraper un certain quelqu'un. J'ai passé tant de temps à parler que je ne voyais plus Kurono-san nulle part. Je devrais le trouver vite pour qu'on rentre ensemble.
« Non, mais... mais je... l'aime... j'aime, Kurono, -kun... »
J'ignorai la femme qui était revenue à pleurer. Je ne me sens plus menacée par cette femme égoïste qui ne voulait qu'être aimée.
Elle est jolie, j'admets, et sa grosse poitrine (pour une elfe) attire des hordes d'hommes je parie. Elle devrait juste se contenter de l'un d'eux. Je ne dis pas que c'est une mauvaise chose. Simplement que certaines formes d'amour exigent des niveaux intenses, presque surhumains, de résolution et de dévouement. Quelque chose qu'aucune personne ordinaire ne peut égaler. Et elle est une femme ordinaire.
« Bon, alors, si vous m'excusez, je dois y aller. Je souhaite sincèrement que ce seul refus ne te chagrine pas, et que tu trouves un nouveau bonheur. » Dis-je par courtoisie, lui lançant un dernier regard de dégoût avant de l'oublier complètement pour courir après Kurono-san.
Je sais. Je peux mentionner qu'il fait froid aujourd'hui, et le faire tenir ma main aussi... ufufu.