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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 901

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Chapitre 901

Chapitre 901

Chapitre 901/106185%~8 min de lecture1 442 mots

Cela n'avait aucun sens. Pourquoi cet homme se trouvait-il ici ? Peris était confuse. Et elle activa par réflexe la barrière de transfert.

C'était par hasard qu'elle avait découvert ce village nommé Rōsana. On le lui avait indiqué dans la boutique où elle s'était procuré ce champignon, le karu, qui avait plu à du premier coup. Il existait un champignon qu'on ne pouvait récolter que pendant une période très courte, d'une saveur absolument exquise, mais comme sa saison de cueillette était brève et que sa saveur s'évanouissait au fil du temps après la récolte, il n'était consommé qu'aux alentours de Rōsana. Peris s'y était intéressée.

Le tenancier avait dit que la saveur se perdait, mais elle disposait du stockage infini qu'elle avait emprunté à . Une fois dedans, la saveur ne s'altérait pas. Elle partit à la recherche de ce village.

C'était un minuscule hameau qu'on n'hésiterait pas à qualifier de village niché au cœur de montagnes escarpées. À pied depuis Agartha, il fallait des mois de marche. Mais elle savait voler. Le vol était même l'une de ses spécialités. Certes, elle ne pouvait pas emporter sur son dos des enfants comme ou Aliria, mais seule, elle avait l'assurance de franchir des sommets d'altitude.

Parmi les plusieurs barrières de transfert que avait tendues, elle choisit celle qui était la plus proche de Rōsana. Même ainsi, s'il fallait marcher depuis là, il fallait gravir de hautes montagnes, ce qui représentait cinq jours de trajet. Mais avec ses ailes, elle pouvait y aller en à peine une heure. Le problème, c'est que les hautes montagnes abritent souvent des dragons qui affectionnent le froid. Si elle empiétait sur leur territoire, ce serait des ennuis. Elle mit son odorat exceptionnel à profit pour choisir une route qui ne sentait pas le dragon.

Le village fut vite trouvé. Déjà, à l'approche, un parfum de champignon flottait jusqu'au ciel. Certes, seul le nez de Peris pouvait le discerner, mais en suivant cette senteur, elle localisa le village sans peine.

L'intérieur du village baignait dans l'effluve des champignons. Non content de cela, les arômes de multiples herbes sauvages et plantes de montagne s'y mêlaient. C'était l'automne, la saison des récoltes, sans doute. Une situation à en être étourdie.

Peris se mit immédiatement à écumer les boutiques. Partout, on vendait des plantes de montagne fraîchement cueillies dans la nature, au point qu'elle en vint à hésiter sincèrement sur ce qu'elle allait acheter. Une telle situation était pour elle extrêmement rare. D'ordinaire, elle peut identifier en un instant les meilleurs ingrédients d'une ville ou d'une boutique, si bien qu'elle n'hésite jamais.

Elle acheta tout ce qui tombait sous la main : ignames sauvages, plantes de montagne fraîchement cueillies, fruits comme le raisin ou le kaki. Le kaki surtout est son grand favori. Elle aime bien ceux qui ont du croquant, mais elle préfère les manger à la cuillère, une fois qu'ils sont devenus tout mous de surmaturité. Elle affectionne aussi ces kakis astringents que s'est procurés on ne sait où et qui, séchés au soleil, deviennent des kakis secs. C'est amusant de voir comme un kaki aussi amer peut devenir si doux rien qu'en étant mis au soleil. Elle en demanda au marchand, mais celui-ci rit en secouant la tête.

Et le champignon dont elle avait ouï parler se vendait au fond du village. Juste derrière la boutique s'ouvrait l'entrée d'un sentier de montagne. À en juger par les lieux, ce vieillard rentrait de la montagne et ouvrait boutique sur-le-champ. Une échoppe sommaire, juste une natte posée à même le sol.

Devant la boutique, une grande hotte était posée, flanquée de chaque côté d'un petit zaru. Il devait porter la hotte sur le dos, y fourrer ses cueillettes, et glisser le reste dans les zaru qu'il tenait. L'allure de la boutique permettait d'imaginer aisément sa méthode de récolte.

Des zaru s'élevait un parfum raffiné. Peris jugea intuitivement qu'il valait mieux en faire un bouillon que de les manger tels quels. Des idées de plats utilisant ce bouillon lui affluèrent à l'esprit.

Sans la moindre hésitation, elle dit au marchand qu'elle lui prenait ce champignon. Il rit aux éclats, bombant le torse en affirmant que c'était la cueillette du jour, le meilleur champignon du village. Et il complimenta le flair de Peris, qui avait décidé de l'acheter sans sourciller.

L'homme l'engagea à prendre aussi les champignons qui étaient dans le zaru d'à côté. C'était apparemment sa recommandation numéro un. Mais le nez de Peris n'y détectait aucune odeur. Pourtant, une fois goûtés, ils se révélèrent d'une saveur profonde. Elle comprit pourquoi l'homme les vantait avec une telle assurance. Peris declara qu'elle prenait le lot entier au prix qu'il voudrait. Ce fut l'instant d'après. Elle se prit une charge frontale de cet homme.

Même s'il avait pris forme humaine, on voyait tout de suite que c'était approximatif. Par instinct, elle se transféra au manoir de la capitale impériale. Mais l'homme avait lui aussi effectué un transfert de la même manière. Visiblement, il ne la voyait pas. Il regardait autour de lui, l'air perdu. C'était la cabane construite dans le jardin du manoir de la capitale. Plusieurs barrières de transfert y étaient installées.

Amener cet homme ici était une mauvaise idée. Il fallait absolument l'éloigner. Peris monta sur la barrière de transfert la plus proche, celle qui menait à Dorga.

« Hein ? »

La silhouette de l'homme n'était plus là. Apparemment, s'il n'était pas en contact physique avec elle, il ne la suivait pas dans le transfert. Faute de mieux, elle retransféra une nouvelle fois au manoir de la capitale.

L'homme continuait de regarder autour de lui, l'air hébété. Mais soudain, son expression changea, il fixa Peris intensément. Son nez frétillait. Il semblait humer le parfum que Soleil avait préparé.

À ce rythme, elle allait se faire repérer. Peris ouvrit la porte sur un réflexe et se mit à courir vers le manoir. Aubauto fut surpris par l'ouverture brutale, mais il avait perçu que l'indéfinissable parfum qu'il humait depuis tout à l'heure s'éloignait.

Elle sortit. Le paysage lui disait quelque chose. Elle comprit tout de suite qu'il s'agissait de l'endroit où elle avait parlé avec Peris. L'expression de cette dernière à ce moment-là lui revint en mémoire avec une netteté vive. En même temps, lui revinrent les souvenirs amers : l'attaque des harpies, ce couple bruyant, et le choc qui l'avait projeté au sol.

Cette senteur menait vers le manoir. Il n'avait pas réalisé qu'il s'agissait de celle de Peris, mais Peris sortait de ce manoir. C'était donc là qu'elle se trouvait.

Il se mit à marcher vers le manoir, d'un pas lent mais à grandes enjambées. Cette fois, il ramènerait Peris avec lui. Et tous les deux vivraient ensemble en cet endroit.

Aubauto y songea tout en défaisant sa forme humaine. S'il était avec lui, elle n'aurait plus besoin de prendre forme humaine. La forme humaine diminue inévitablement les capacités. Peris elle-même devait se sentir à l'étroit sous cette forme. C'était lui qui la libérerait de cette contrainte.

Il s'approchait du manoir, un pas, puis un autre. À chaque pas, les battements de son cœur s'emballaient.

***

Lorsque Peris entra dans le manoir, Riko s'y trouvait. Elle avait Seisam sur les genoux et lui lisait un album illustré. Autour d'elle, Faruko était assis, écoutant lui aussi l'histoire de Riko. En voyant cette scène, Peris supposa qu' et Aliria devaient être dehors à jouer, et qu'Idée et Pia étaient sans doute encore au village nain d'Agartha.

« Bienvenue, Peris. »

Riko lui adressa un regard doux. D'ordinaire, elle aurait répondu « Je suis rentrée » d'une voix gaie, en discutant des ingrédients achetés dans la journée pour décider du menu du soir, mais la situation ne s'y prêtait pas.

« Riko-sama, fuyez ! »

Les mots lui échappèrent. Riko afficha un air perplexe.

« Qu'y a-t-il ? »

« Ce Bérial qui est venu l'autre jour... Il est venu. »

« Mon Dieu. »

Riko referma son livre et se leva. Seisam et Faruko la regardaient, intrigués.

« Riko-sama... fuyez. »

« Ça va. »

« Mais... »

« Est-ce que cette personne pense à Peris, je me demande ? »

« ... Je ne sais pas. »

« Je vais aller voir la situation. »

« Riko-sama ! »

À la voix de Peris, elle sourit doucement et s'en alla d'un pas tranquille vers la porte de service. Mais Peris ne pouvait pas la laisser y aller seule. Elle ne pouvait pas risquer qu'il lui arrive le moindre mal.

« Riko-sama. »

En disant qu'elle passerait devant, elle sortit à son tour. Et là s'étendait un spectacle inattendu.

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