Aller au contenu principal

Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 868

Kekkaishi e no TenseiKekkaishi e no Tensei
Chapitre 868

Chapitre 868

Chapitre 868/106182%~7 min de lecture1 310 mots

Alors que Mei poursuivait ses entretiens avec le roi Sheng, la relation entre Kaltze, son épouse Sami, connaissait elle aussi une évolution progressive.

Les suivantes venues de l'empire de Daora étaient déjà arrivées, et l'entourage de Sami se trouvait peu à peu composé de personnes acquises à l'empereur Ganobu. Sa nourrice, Kawaba, imposait les coutumes de Daora à Sami, même ici, au royaume de Tarukato.

Par exemple, à Daora, quand un couple va se coucher, c'est le mari qui rejoint la chambre de sa femme. À l'inverse, ici, au royaume de Tarukato, c'est la femme qui se rend dans la chambre de son mari. Kawaba refusait obstinément de laisser Sami sortir de sa chambre, affirmant que si Kaltze tenait absolument à partager sa couche, c'était à lui de venir dans sa chambre, et elle ne céda pas.

Cette situation mettait Tomisa, chargée de la surveillance sur ordre du roi Sheng, dans l'embarras. Même avec son expérience de cent combats, elle ne parvint pas à faire fléchir Kawaba.

Mais pour Tomisa, il était absolument inconcevable de laisser le prince héritier Kaltze aller seul dans une chambre grouillant d'agents de Daora. Une telle démarche risquait de faire tomber Kaltze lui-même sous le contrôle de Daora. Comme solution de compromis, elle proposa de créer une nouvelle chambre à coucher, distincte des deux appartements, et obtint un accord de principe, mais on lui fit encore force menus reproches quant à l'emplacement de cette pièce.

Kawaba voulait, autant que possible, écarter Sami de Kaltze. Elle en venait même à penser qu'il valait mieux qu'elle soit détestée. Kaltze était un homme de grande taille, à la carrure solide. Qui plus est, il avait la main assez sanglante pour avoir égorgé sa propre sœur aînée, Sanjo, de façon atroce. Si un tel homme partageait la couche de la frêle Sami, il était évident qu'elle serait piétinée par la force. Confier Sami à un tel homme était, pour Kawaba, tout bonnement impensable.

Pourtant, contre toute attente, Sami ne manifesta aucune répulsion à l'égard de Kaltze. Lorsque ce dernier fit savoir, en cédant, qu'il passerait les nuits dans la chambre de Sami, celle-ci, sous le regard ahuri de Kawaba et des siennes, laissa même percer une expression de joie.

Et vint enfin leur première nuit. Kawaba avait enjoint Sami de crier et de fuir la pièce au moindre geste brutal, mais contre toute attente, elle ne quitta la chambre qu'au matin, et après le départ de Kaltze, elle déclara aux inquiètes Kawaba et compagnie que cet homme était un homme doux.

De même, Tomisa, qui n'avait pas dormi de soucis, immobile dans le couloir menant à la chambre de Sami, resta coi en revoyant Kaltze réapparaître avec un air détaché.

Une fois rentré dans ses appartements, il dit crûment à Tomisa qu'il était devenu un vrai couple avec Sami, ajoutant qu'elle n'était pas aussi mauvaise femme qu'on le pensait, et qu'elle n'avait rien à voir avec Sanjo, en riant.

Par la suite, Kaltze continua de se rendre chaque nuit dans la chambre de Sami. Kawaba, qui montrait ouvertement son dégoût en sa présence, fut rappelée à l'ordre par Sami, qui se mit à le servir avec empressement. De son côté, Kaltze aussi multipliait les sujets de conversation pour prendre plaisir à leurs échanges.

En discutant, ils eurent tous deux la même impression : l'autre savait, contre toute attente, bien des choses. Sami, en tant que fille de l'empereur, avait reçu une éducation d'élite dès l'enfance, et Kaltze, bien que quatrième fils et peu susceptible de monter sur le trône, avait acquis de vastes connaissances grâce aux efforts d'éducation de son entourage.

Sami excellait en histoire et en littérature, tandis que Kaltze maîtrisait les choses de la nature : aliments, insectes, et même géologie. Échanger sur ces thèmes était pour eux la plus grande stimulation qui soit.

Le fait que leur première impression mutuelle n'ait pas été mauvaise fut aussi un facteur majeur de leur rapprochement. Sami adorait son père, Ganobu. Elle souhaitait épouser un guerrier comme lui. Kaltze était exactement ce genre d'homme fort, un guerrier comme son père, et elle en vint à éprouver de l'affection pour lui, presque sur le coup de foudre.

De son côté, Kaltze fut séduit par les yeux intelligents de Sami et sa posture droite, sa tenue digne. Cela lui rappelait sa défunte concubine favorite, Korui, et cette ressemblance suffisait à apaiser le chagrin de l'avoir perdue.

De plus, leur compatibilité physique était excellente. Plus ils partageaient la couche, plus ils comprenaient qu'ils pouvaient se guérir mutuellement, et ils finirent par rechercher activement l'intimité l'un de l'autre.

Kawaba et Tomisa, toutes deux, perçurent ces changements avec une acuité sensible. Et elles en ressentirent une angoisse indicible.

Kawaba rapporta minutieusement à l'empereur Ganobu les moindres évolutions de Sami. Puis elle gronda Sami en lui intimant de ne jamais oublier les ordres de son père, Ganobu. De son côté, Kaltze se fit sermonner par Tomisa pour qu'il cesse de courir si assidûment chez Sami, et on lui conseilla de prendre une concubine.

Face à l'attitude de leur entourage, c'est Sami qui réagit la première. Pour elle, Kawaba était une mère de substitution, et ses mots avaient un poids immense. Se voir interdire de s'approcher de Kaltze par Kawaba devint un fardeau écrasant pour elle, qui voulait passer chaque minute, chaque seconde auprès de lui. Peu à peu, elle s'amaigrit, et se mit à verser des larmes sans raison apparente.

Kaltze ne l'ignora pas. Mais Sami refusa obstinément de dévoiler son cœur. Il en parla à Tomisa, qui acquiesça largement.

À cet instant, Tomisa eut la certitude de sa victoire. L'occasion de s'immiscer dans le cœur de Sami se présentait. Si elle résolvait ce problème, elle pourrait rallier Sami définitivement à sa cause. Elle ne laisserait pas filer cette aubaine. Elle réprima de justesse l'envie de frapper dans ses mains de joie.

« Entendu. Bien. Je vais m'en charger. »

Tomisa baissa la tête en prononçant ces mots.

Elle alla sur-le-champ en rendre compte au roi Sheng. Le roi lui-même partageait l'avis de Tomisa. Il ferma les yeux pour réfléchir.

« Faire appel à Meiriasu-dono ? »

« Oui. J'y pensais également. »

Aux mots du roi Sheng, Tomisa répondit par un sourire. Sheng en esquissa un, amer.

« À ce que j'ai vu, Meiriasu-dono est une femme d'une grande douceur. Entre eux deux... Non, en tant que médecin, elle comprendra immédiatement la cause en examinant Sami. Et si elle nous indique la solution... nous pourrons rallier Sami à notre camp. »

« Je suis du même avis. Sami-sama est éprise de Kaltze-sama. Si on lui permet de rester auprès de l'homme qu'elle aime, elle jurera fidélité à Tarukato pour l'éternité. Les femmes sont guidées par les sentiments. Si on joue sur ce registre, si on s'y prend bien, une femme n'hésitera pas à risquer sa vie. »

« C'est une femme qui parle ainsi ? »

« Ah... Voilà ce que c'est que de parler sans réfléchir. Comme c'est indécent. »

« "Indécent" n'est pas un mot qui te va. »

Riant ensemble, ils échangèrent ces propos. Peu après, Tomisa reprit un air grave et joignit les mains devant le roi Sheng.

« Je sollicite l'honneur de me charger moi-même de la demande auprès de Meiriasu-sama. »

« Soit. Mais moi et Kaltze y assisterons aussi. »

« Cela ne va pas. »

« Pourquoi ? »

« C'est une consultation privée. Je souhaite y aller seule. »

« Non, Meiriasu-dono est l'épouse du roi d'Agartha. En pensant aux relations avec Agartha... »

« C'est justement parce que c'est une affaire privée. Une conversation privée n'a pas besoin de nombreux participants. »

« ... Même en vieillissant, ton entêtement ne change pas. »

« Tout cela pour Votre Majesté, pour Kaltze-sama. J'y mettrai ma vie. »

Le roi Sheng afficha à nouveau un sourire amer...

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.