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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 853

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Chapitre 853

Chapitre 853

Chapitre 853/106180%~7 min de lecture1 344 mots

Dans la capitale de la Théocratie de Crimiana, Aphrodité. Vielle était seule, plongée dans ses pensées, dans sa chambre du palais papal. Elle était enfoncée dans son fauteuil, les jambes croisées, le regard tourné vers le plafond... Même s'il s'agissait de sa propre pièce, il était rare qu'elle s'y laisse aller à une telle posture.

Naturellement, elle avait interdit à ses proches collaborateurs d'entrer sans être appelés. Personne ne viendrait jeter un œil par mégarde. Elle pouvait se livrer à ses réflexions en toute quiétude.

Ce qui occupait son esprit, c'était son séjour à Agartha. Honnêtement, c'avait été agréable. Ressourçant. Elle avait l'impression que toute sa fatigue mentale s'était envolée.

Honnêtement, elle n'aurait jamais cru que son cœur et son corps pourraient récupérer à ce point. Elle en était même venue à vouloir y retourner au plus vite pour prendre un nouveau congé.

Le but initial de sa visite à Agartha était de stopper l'invasion du royaume de Kedaka par l'Empire de Daora et d'obtenir une réduction des réparations. Elle jugeait les chances minces, mais dans l'espoir d'un miracle, elle s'y était rendue en urgence par transfert. Pourtant, comme prévu, le roi d'Agartha avait refusé sa proposition. Pire, il avait mis un terme à ce conflit exactement selon son propre scénario. L'acte d'avoir ordonné la cessation des hostilités à l'empereur de Daora, Ganobu, pour faire valoir l'existence de la Théocratie de Crimiana, en paraissait presque ridicule.

Dès qu'elle eut compris que le scénario qu'elle imaginait était irréalisable, Vielle renonça à toute arrière-pensée politique et se consacra pleinement au tourisme à Agartha. Ce choix porta-t-il ses fruits ? Aujourd'hui, son corps était plus léger que jamais, les légers maux de tête qui la tourmentaient depuis un moment avaient disparu comme par enchantement, et elle avait le sentiment que son esprit n'avait jamais été aussi clair.

C'était ce qu'on appelle être en pleine forme. Elle se sentait capable de résoudre n'importe quel problème.

Pourtant, par une ironie du sort, alors que son état physique était optimal, la Théocratie de Crimiana ne faisait face à aucun problème majeur. Vielle refoula une émotion indicible, se disant que c'était tant mieux, que c'était préférable ainsi.

Son meilleur souvenir de son séjour à Agartha restait le dîner chez les . Tous les plats servis étaient délicieux, des saveurs qu'on ne trouverait jamais à Aphrodité. Rien d'extraordinairement rare, d'ailleurs ; beaucoup étaient des mets qu'elle avait l'habitude de manger. Pourtant, ils lui avaient paru meilleurs. Pourquoi donc ? Sans doute l'acte de partager un repas en riant à plusieurs influençait-il le palais. C'est ainsi que Vielle l'analysa.

Elle avait dîné avec maintes familles royales, mais une table aussi animée, on ne la verrait guère que chez le roi d'Agartha. La première fois, elle en avait été surprise. C'était presque l'ambiance des gens du peuple. Pas celle de la noblesse. Pourtant, le roi d'Agartha le faisait exprès. Quand elle en demanda la raison, il lui répondit que c'était meilleur quand tout le monde mangeait ensemble. Elle en fut surprise une seconde fois.

Mais ce qui la frappa aussi, c'était que, malgré l'animation, les manières de table de tous étaient d'une raffinerie stupéfiante. Même les enfants trop jeunes pour qu'on puisse dire leur âge maniaient couteau et fourchette avec aisance. Une table pour le moins mystérieuse.

Ses pensées dérivèrent naturellement vers les épouses du roi d'Agartha. C'étaient indéniablement elles qui avaient bâti ce foyer. Comment parlaient-elles à construire des relations entre femmes, exemptes de toute jalousie ou mesquinerie... ? L'influence de la reine légitime, Rikolet, y était sans doute pour le plus grand.

Cette beauté, cette noblesse, sous quelque angle qu'on les regarde, elles sont de premier ordre. Vielle ne se sentait pas capable de la surpasser. C'est probablement pour cela que les autres épouses n'avaient même pas l'idée de tenter de la devancer.

D'ailleurs, leur compatibilité devait être exceptionnelle. Quand tous deux se tenaient côte à côte, on voyait clairement qu'ils s'aimaient et se respectaient mutuellement. Sans doute n'avaient-ils même pas besoin de mots pour se comprendre. On pouvait dire sans exagération qu'ils formaient le couple idéal.

Leur compatibilité physique devait l'être tout autant. Une femme passée la trentaine qui conserve une telle beauté ne le peut que si son mari continue de lui vouer un amour profond. Et le fait que le roi d'Agartha puisse encore aimer la reine Rikolet après toutes ces années de mariage tenait sans doute à une compatibilité charnelle hors du commun, analysa Vielle.

Mais, tout de même, non...

Si belle et si bien assortie physiquement qu'elle fût, un homme finit par chercher d'autres femmes. En y pensant, les visages des autres épouses lui revinrent à l'esprit.

La plus sensuelle d'entre elles, sans conteste, était la reine Meiriasu. Ceux qui la connaissent pourraient en être surpris, certains même s'en offusqueraient, mais l'œil que Vielle s'était forgé pour juger les gens lui disait qu'elle appartenait indubitablement à cette catégorie.

Elle imagina la chambre de la reine Meiriasu. Au début, elle laissait le roi faire à sa guise, puis, à un certain moment, elle reprenait les rênes. Probablement finissait-elle par chevaucher son mari, bougeant lascivement les hanches. Ainsi satisfaisait-elle son époux tout en se satisfaisant elle-même...

... L'archétype même de la dame le jour, de la courtisane la nuit.

Vielle en murmura dans son for intérieur en riant doucement.

À l'opposé de la reine Meiriasu se tenait la reine Considie. Elle portait sans aucun doute un complexe majeur sur son corps. L'acte conjugal en lui-même ne lui déplaisait pas, mais l'idée qu'on voie son corps lui était insupportablement honteuse. De ce fait, elle devait désirer instinctivement l'amour de son mari tandis que son corps refusait de bouger. Pourtant, si on la sollicitait, elle répondait...

... L'éternelle vierge. De quoi rendre les hommes fous.

Vielle songea ensuite à la reine Soleil. Avec son allure, on la prendrait pour la luxure incarnée, semblant réclamer sans cesse, jour et nuit, mais Vielle l'analysait comme étant en réalité d'une simplicité surprenante.

La reine Soleil possédait sans doute, sur le plan technique, des compétences qui dépassaient de loin celles des autres épouses, mais son point faible majeur était son manque d'endurance. Ce corps frêle et cette poitrine disproportionnée la fatiguaient vite en cas d'effort intense. Elle ne prenait probablement l'initiative que dans des circonstances bien précises.

En revanche, elle acceptait toutes les exigences de son mari. Aucune position ne la rebutait, elle semblait même prendre joie à ce qu'on lui fasse de telles demandes. L'image d'une esclave qui se meut au bon vouloir de son maître se dessinait.

À l'opposé, la reine Matkal. C'était une militaire en activité, toujours à l'entraînement. Pour ainsi dire, elle avait une endurance inépuisable. Elle n'avait sans doute pas horreur des ébats avec son mari, bien au contraire, mais sa nature de soldate la poussait sans doute à les limiter au strict minimum. Elle savait pertinemment que si elle laissait libre cours à ses désirs, elle sombrerait sans fond dans cette relation. Pour l'éviter, elle réprimait ses envies par une volonté de fer.

Mais une fois seule avec son mari, elle les faisait exploser. Elle le réclamait elle-même, formulait diverses demandes. Elle le retenait longtemps pour assouvir ses propres désirs : telle était la reine Matkal.

Pour le roi d'Agartha aussi, y répondre trop souvent devait être éprouvant, mais comme c'était rare, leurs étreintes faisaient office de bon épice. Elle était probablement la seule parmi les épouses à exprimer ses désirs et à les réclamer, et pour lui, y céder était peut-être, en un sens, le plus simple.

... C'est sans doute parce que de telles épouses, si différentes, l'entouraient en équilibre que l'esprit du roi d'Agartha restait stable et que la paix régnait dans le foyer.

— En d'autres termes, tant que les fonctions masculines de Sa Majesté ne faibliront pas, Agartha n'aura pas de faille, songea-t-elle.

Et Vielle de rire, fufufu.

— ... M'avez-vous appelée ?

Une servante entra soudain. Elle avait dû prendre le rire de tout à l'heure pour un appel. Vielle secoua la tête en souriant. Son expression portait quelque chose comme une mélancolie...

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