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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 807

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Chapitre 807

Chapitre 807

Chapitre 807/100181%~7 min de lecture1 329 mots

Dans la capitale de la Théocratie de Crimiana, Aphrodité, un épais rapport venait d'être achevé au temple du pape et s'apprêtait à être remis à Vielle.

Elle alignait les documents sur le bureau de son bureau, y griffonnant quelque chose au stylo, l'air visiblement réjouie.

« Excusez-moi. »

Un jeune cardinal entra en s'inclinant respectueusement. Vielle lui jeta un coup d'œil, posa sa plume et redressa sa posture.

« J'apporte le rapport. »

« Merci pour votre peine. »

Elle lui adressa un sourire engageant pour le remercier. Lui ne broncha pas, se contenta de dire « Excusez-moi », s'inclina et quitta la pièce.

Tout en observant son dos s'éloigner, Vielle songea en elle-même qu'il était un homme remarquablement compétent.

La plupart des hommes, immanquablement, dirigeaient leur regard vers sa poitrine. C'était calculé : elle portait des vêtements légèrement trop petits pour que la forme de ses seins soit bien visible. À cette distance, n'importe quel homme, ne serait-ce qu'un instant, posait les yeux sur sa poitrine. Mais celui-ci, pas le moindre geste. Indifférent aux femmes ? Ou bien faisait-il semblant de ne pas regarder tout en observant ?

Sans doute scrute-t-il le décor dans son ensemble, moi y comprise.

Vielle esquissa un sourire amusé à cette idée. Si l'on y réfléchit, il a dû mettre au point toute une stratégie pour ne pas laisser percevoir son désir devant elle. Cette pensée rendait ce jeune cardinal tout à fait charmant à ses yeux.

Elle tendit lentement la main vers le rapport posé devant elle et se mit à le lire page après page avec soin.

Pas une coquille, pas une faute de frappe. Les rapports qui lui parvenaient passaient tous par plusieurs relectures, donc de tels défauts étaient quasi inexistants. En revanche, elle relevait çà et là des passages qui la laissaient perplexe. C'étaient des endroits où l'on avait corrigé des erreurs grammaticales ou des incohérences logiques. Vielle n'appréciait guère ce genre de retouches. Ces passages-là correspondaient souvent à des moments où l'auteur avait écrit sur l'élan. Paradoxalement, ce sont justement ces phrases grammaticalement chaotiques qui restitue parfois la vérité. Elle avait demandé à ses subordonnés de laisser ces parties brutes dans la mesure du possible, mais l'intention ne semblait pas encore bien comprise.

Elle poursuivait sa lecture en soupirant. Le contenu concernait le roi d'Agartha.

Il s'était rendu secrètement au royaume de Minzu. Non content de cela, il s'était également rendu au village de Torua, dans ce même royaume. Inutile de dire que sa mère y habitait.

Le rapport consignait les déplacements du roi d'Agartha, mais aussi les analyses de ceux qui avaient enquêté. Celles-ci couvraient un large éventail : la situation politique de Minzu, celle d'Agartha, de nombreuses relations interpersonnelles. D'où l'énorme volume du document. Vielle en lut une dizaine de pages avant de juger qu'il n'avait aucune valeur.

Le roi d'Agartha détient un pouvoir qui dépasse l'entendement humain. Des cardinaux ordinaires ne peuvent pas analyser un tel individu. Seuls ceux qui l'ont affronté directement en ont la qualification.

Un instant, Vielle songea à arrêter sa lecture. Mais vu la quantité d'informations, elle ne pouvait exclure qu'il y ait quelque chose d'utile. Elle changea d'avis et reporta son regard sur le papier.

Elle pratiqua une lecture en diagonale, sautant allègrement les parties d'analyse. Puis sa main s'arrêta à un passage précis : la visite du roi d'Agartha au village de Torua où vivait sa mère.

Le rapport indiquait un séjour d'une trentaine de minutes à la résidence. N'est-ce pas trop court ? Vingt ans et plus sans se voir, qui plus est entre une mère et son fils. Trente minutes ne sauraient suffire.

Vielle feuilleta le rapport en cherchant l'article sur la venue du roi d'Agartha à la capitale de Minzu. À cette occasion, il s'était dirigé vers le manoir du duc Laurost et n'en était pas ressorti pendant un certain temps. La durée n'était pas précisée, mais comme il était apparu à Torua peu après, on peut imaginer qu'il y avait repensé à son enfance ou avait saisi quelque déclic. Sinon, il ne se serait pas rendu jusqu'au village de sa mère.

… Que s'est-il passé exactement à Torua ?

Vielle posa le rapport sur le bureau, s'enfonça dans son fauteuil, leva les yeux au plafond et ferma les paupières pour imaginer.

… Sa mère lui a-t-elle dit qu'il n'était pas son fils ?

Cela expliquerait que l'entrevue se soit terminée en trente minutes. Pourtant, le rapport dit que le roi d'Agartha est sorti du manoir sans paraître abattu. L'absence de détails supplémentaires suggère qu'il avait son attitude habituelle. Un homme peut-il rester calme après un tel rejet de sa mère ?

Reste l'hypothèse où la conversation n'aurait pas pu s'établir. Le rapport mentionne que sa mère, Meruru, sort du manoir quelques fois par an mais ne prononce pas un mot. Elle est peut-être dans un état où elle a perdu presque toute volonté propre. Dans ce cas, la brièveté de la rencontre s'explique.

« Bon, observons encore un moment les agissements de cette personne. Si ce coup lui a laissé une blessure au cœur, quelque fissure finira par apparaître. D'ici là, je m'en tiens à l'attente. »

Vielle murmura pour personne. Elle reprit le rapport et se remit à en tourner les pages distraitement.

« Tiens, le roi de Minzu manifesterait l'intention de participer aux affaires de l'État ? Cet archétype de l'incompétence, quel vent le pousse ainsi ? … Le chancelier a sans doute réussi à le convaincre. »

Vielle ricana et referma les yeux vers le plafond.

C'était en soi une excellente nouvelle pour Minzu. De quoi soulager un peu les tourments de ce chancelier… Tandis qu'elle y pensait, une pointe de malice germa en elle.

… Le roi de Minzu préparait une invasion de son voisin Hida, si je me souviens bien. Hida est riche en ressources minérales. Laisser tomber le rideau comme ça serait gâcher.

Elle porta son regard sur l'immense mappemonde accrochée au mur face à elle. Après l'avoir contemplée un moment, elle eut une idée, acquiesça, saisit le stylo à portée de main et se mit à griffonner sur une feuille.

Peu après, elle battit des mains. Un jeune homme entra aussitôt. Vielle lui tendit le papier, la voix gaie.

« Remettez ceci au cardinal Mainsave. Juste le lui donner, c'est tout. »

« Certainement. »

L'homme s'inclina respectueusement et quitta la pièce.

… Il a bien regardé, celui-là.

Vielle le songea en souriant. C'est si facile de captiver le cœur des hommes, se vanta-t-elle en se levant pour s'étirer. Puis elle quitta son bureau pour regagner sa chambre.

« C'est… un bien précoce retour… »

La servante qui la servait d'ordinaire s'empressa de s'incliner. Vielle en parut satisfaite.

« Je vais prendre un bain. Préparez. »

« Entendu. »

La servante s'esquiva prestement vers la salle de bain. Vielle la suivit.

La servante remplit la baignoire d'eau par magie en hâte. Heureusement que le nettoyage de la salle de bain était déjà fait. Pendant que Sa Sainteté le pape se baignerait, elle achèverait celui de la chambre. Tout en songeant à cela, Vielle fit apparaître une petite boule de feu qu'elle plongea dans la baignoire. Aussitôt, de la vapeur s'éleva.

Elle trempa la main droite pour vérifier la température. Un peu chaud, comme le préférait Sa Sainteté. Au moment où elle se tourna, prête, elle vit Vielle, entièrement nue, se tenir devant elle.

« E-excusez… moi. »

« Attends. »

Elle retint la servante qui s'apprêtait à fuir, et adopta une pose imposante, exhibant son corps.

« Qu'en penses-tu, de mon corps ? »

« C-c'est… d'une beauté qui ne semble pas de ce monde, véritablement… splendide. »

Le visage écarlate, la servante jetait des regards furtifs sur son corps. Vielle afficha une mine satisfaite et lui ordonna de se retirer.

Seule dans la salle de bain vide, immergée dans l'eau chaude, elle murmura pour personne.

« Les failles pour s'infiltrer dans Agartha… sont encore bien étroites… »

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