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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 787

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Chapitre 787

Chapitre 787

Chapitre 787/100179%~6 min de lecture1 130 mots

Trois jours plus tard, le roi Riiji fit préparer un carrosse et se mit en route pour Agartha.

Les remontrances du chancelier Mura et des autres serviteurs n'eurent aucune prise sur lui. Quoi qu'on lui dise, il ne jurait que par son départ pour Agartha, allant jusqu'à en organiser lui-même les préparatifs.

On ne saurait qualifier cela de préparatifs, même par flatterie. Il ordonna à ses valets de réunir ses objets favoris — les bijoux qu'il posait d'ordinaire à son chevet, son fauteuil fétiche, son pyjama et autres effets personnels — et s'en tint là.

Pourtant, le roi Riiji était sérieux. Il s'imaginait qu'une fois ces affaires rassemblées et le carrosse prêt, il pourrait gagner Agartha.

Face à pareil comportement, le chancelier Mura se tenait la tête. Dans l'esprit de ce roi, la notion même de gouverner le pays n'existait pas.

Toutefois, les serviteurs connaissaient bien l'entêtement de leur maître. Une fois qu'il passait à l'acte, l'arrêter relevait de l'exploit.

Le chancelier Mura fronçait les sourcils devant ce caprice, mais songea simultanément à en tirer parti. La réponse lui vint vite.

Ses subordonnés étaient tous d'une fiabilité absolue. L'aller-retour entre Agartha et Minzu demandait près d'un mois. En un mois, le pays pourrait tourner sans lui, jugea-t-il.

C'était d'ailleurs l'occasion idéale de tester si la marche de l'État pouvait se passer de chancelier. Lui-même n'avait pas l'intention de demeurer en poste des décennies encore. Arrivé à un certain point, il comptait passer la main à la génération montante et couler une retraite paisible. Ce voyage à Agartha ferait donc une excellente répétition générale pour l'avenir.

Le chancelier Mura trancha. Et dès lors, les préparatifs furent boucler en un temps record.

Il confia l'intérim à Galera, son bras droit, lui déléguant l'ensemble des dossiers. Et il parvint, en une seule journée, à régler vivres, tenues et mille autres détails pour le voyage aller-retour.

Grâce à cette efficacité, le roi Riiji s'ébranla d'excellente humeur vers Agartha. Le chancelier Mura et vingt hommes triés sur le volet suivaient le cortège.

Le voyage se déroula sans la moindre anicroche. Au fil des jours, l'approche d'Agartha ne faisait qu'exalter davantage le roi.

Avant le départ, le chancelier avait fait préparer un cheval rapide. Naturellement, c'était Dango — qui avait mené les pourparlers avec l'Empire de Hidêta — qu'on chargea de la mission. On ne put guère lui accorder de repos après son long retour depuis Hidêta, mais Dango ne pipa mot et s'acquitta de sa tâche.

Tout au long du trajet, le chancelier ne manqua pas d'envoyer des courriers aux pays traversés. Il y fit savoir, à dessein, que le roi Riiji se rendait en personne à Agartha. En proclamant l'amitié entre Minzu et Agartha, il visait à rehausser le prestige de son royaume.

Cette ruse porta ses fruits. Plusieurs États alliés à Minzu dépêchèrent même des escortes jusqu'à leurs frontières pour accompagner la suite royale. D'autres, sans qu'on le leur demande, proposèrent vivres et eau. Tous espéraient, en obligeant Minzu, bénéficier des retombées de son alliance avec Agartha. Exactement ce qu'avait prévu le chancelier Mura.

…… Si, par malheur, le roi venait à irriter le roi d'Agartha au point de rompre les relations, voire de provoquer une invasion, ces pays se rangeraient en masse derrière Agartha.

Le chancelier suivait le paysage par la portière, songeant vaguement à cela. D'ordinaire, il en aurait ri, mais avec ce roi, l'hypothèse n'était pas impossible. Surtout, ce monarque notoirement amateur de belles femmes pouvait fort bien exiger de rencontrer les épouses du roi d'Agartha. Si la demande était fondée, passe encore ; mais s'il y mettait son appétit à nu, la réaction de l'hôte était prévisible. D'autant que la politique intérieure d'Agartha relevait de Rikolet, et les affaires militaires de Matkal — toutes deux épouses du roi. Si elles devaient intervenir, nul ne savait ce que le roi Riiji serait capable de dire.

L'inquiétude du chancelier Mura se concentrait là. Le trajet lui-même ne posait guère de souci, offrant même un certain confort, mais à mesure qu'on approchait d'Agartha, son anxiété grandissait.

Un demi-mois après avoir quitté Minzu, le cortège atteignit enfin Galby.

« Voici donc Agartha ! »

À peine descendu du navire, le roi Riiji lança cette exclamation. Le chancelier Mura lui répondit sur le ton qu'on prend avec un enfant.

« Certes, ceci est territoire d'Agartha, mais ce n'est pas la capitale. Il faut encore deux jours environ pour rejoindre Agartha. »

« Je le sais, une chose pareille ! Impudent ! »

L'humeur du roi bascula en un instant. La raison était connue : l'abstinence forcée.

Le chancelier Mura, passé la cinquantaine, pouvait se passer de femmes ; les soldats, absorbés par leur mission de protection, n'avaient pas ce souci. Mais le roi Riiji manquait d'expérience pour contenir ses désirs. Cloîtré dans son palais, c'était son premier voyage hors des murs ; une demi-lune de continence était une épreuve inédite. Le chancelier l'avait bien compris et avait songé à lui ménager une issue discrète, mais le voyage étant officiel, cela s'avérait délicat.

D'ordinaire, le chancelier aurait trouvé le moyen d'arranger ça dans le secret ; mais lui-même vacillait un peu sur le plan mental.

La cause : les dépenses inconsidérées du roi. Minzu n'était pas un pays riche. Ce déplacement n'était pas non plus financé à l'aise. Qu'à cela ne tienne, le roi Riiji dilapidait comme s'il n'en avait cure. Le poste le plus lourd fut le navire pour rallier Agartha.

Sur le continent de Kanwa, maintes compagnies maritimes existaient, mais le roi s'entêta pour la plus prestigieuse, Keida. Cette firme opérait des navires réservés à la famille royale, réputés pour leur faste.

Le roi Riiji les avait découverts dans des prospectus. Il exigea donc de faire la traversée à bord d'un bâtiment Keida, et ne céda pas.

Certes, le navire était somptueux. La table excellente, le roi comblé. Seulement, la facture dépassa de loin les prévisions du chancelier — un zéro de trop, pour ainsi dire.

Le roi réclamerait sans doute le même Keida pour le retour. Mais les fonds manquaient. Même le coût du séjour à Agartha était incertain.

Pour obtenir une audience, il n'était pas rare d'attendre plusieurs jours une fois sur place. Il fallait loger la suite dans un établissement de standing convenable ; au total, trois jours sur place étaient la limite.

Le chancelier Mura se retourna machinalement vers le navire qu'ils venaient de quitter. Un beau bâtiment, indéniablement. Mais le montant réclamé différait largement du devis initial. Il ne l'admettait pas. Le roi avait ordonné de payer, il avait fallu s'exécuter ; pourtant, il ne comprenait pas ce qui justifiait un tel écart.

« Qu'attends-tu, en route ! »

La voix du roi Riiji le rappela à lui. Le chancelier monta en carrosse, écrasé par un stress indicible.

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