Ensuite, l'état d'Albe alternait entre amélioration et aggravation.
Il retrouva un temps conscience, mais son rythme cardiaque diminua graduellement par la suite. Comme on pouvait dire qu'il y avait une probabilité extrêmement élevée que son cœur s'arrête dans cet état, Mei et les autres continuèrent d'administrer des médicaments à intervalles réguliers tout en prodiguant des sorts de guérison.
Pourtant, son cœur ne récupéra pas et s'affaiblit progressivement. Dans cet état, il était évident qu'il ne pourrait plus faire circuler le sang dans tout son corps et qu'il mourrait. Mei et les autres s'efforcèrent de le faire guérir en lui administrant de nouveaux types de médicaments.
En un sens, c'était un acte qui relevait de l'expérimentation humaine. Mais grâce à cela, la vie d'Albe fut maintenue, et en même temps, on put dire que cette approche contribua grandement, au final, au développement de la médecine de ce monde.
À l'origine, le médicament créé par Mei faisait croître explosivement les muscles du corps en un court laps de temps. Ses effets secondaires n'avaient pas du tout été vérifiés, mais grâce au cas d'Albe qui survenait cette fois, on put examiner en détail le processus de ces effets secondaires.
Pour Albe, en revanche, c'était une souffrance infernale. Il erra plusieurs fois au bord de la mort, et à chaque fois, il fut ramené dans ce monde par une force puissante. Parallèlement, les rêves qu'il faisait pendant son sommeil étaient invariablement des cauchemars. Affaibli à l'extrême, il ne pouvait même plus parler. Malgré cela, les médecins ne cessèrent pas le traitement.
Mei était profondément tourmentée. On pouvait dire que la possibilité de sa guérison était faible. Le seul recours, c'était que continue de lancer des sorts de guérison, mais elle jugeait que même cela rendrait difficile de prolonger sa vie jusqu'à son terme naturel.
Elle savait bien qu'Albe continuait de souffrir. Honnêtement, elle pensait qu'il vaudrait mieux le laisser mourir paisiblement ainsi. Mais si elle ne développait pas un remède spécifique pour ce médicament, il y avait une probabilité qu'on mène des attaques en utilisant des vies humaines comme boucliers, et en fait, l'information parvint qu'un certain pays formait des unités d'assaut utilisant ce médicament pour mener la guerre à son avantage. Mei ne supportait pas que des gens innocents perdent la vie à cause de sa propre création. Elle endurcit son cœur et décida de se concentrer sur le maintien en vie du patient devant elle.
De son côté, avait aussi des raisons de devoir maintenir Albe en vie. Le royaume de Labade et l'Empire de Banarist avaient aussitôt envoyé des émissaires pour l'interroger. L'émissaire du royaume de Labade arriva rapidement et interrogea Albe, mais lui garda le silence total sans rien dire, et la situation était dans l'impasse. Parallèlement, des pays ayant subi des dommages par son poison demandaient son extradition ou l'interrogeaient sur le poison, et diverses situations nécessitaient d'être gérées.
Surtout, l'Empire de Banarist montrait une grande impatience, envoyant une lettre rédigée sur un ton ferme disant qu'ils récupéreraient la personne d'Albe coûte que coûte. On avait l'impression que cet empire ne se souciait pas qu'Albe meure en chemin, ou plutôt, qu'il voulait au plus vite lui ôter la vie.
avait accordé l'autorisation d'interroger, mais comme Agarta avait aussi failli subir des dommages du poison, il répondit à l'Empire de Banarist qu'ils mèneraient l'interrogatoire d'Albe et l'élucidation de ce poison. Ce qui revenait à refuser implicitement l'extradition, et une certaine tension parcourut les deux pays.
Quant à ce poison, on sut par les Porsehai que c'était une œuvre acclamée comme un chef-d'œuvre suprême. Complètement sans goût ni odeur. Albe avait créé quelque chose d'impossible selon le bon sens des poisons.
L'élucidation de ce poison fut extrêmement difficile. Cependant, avec la participation d'Escalina, elle progressa à une vitesse surprenante.
Ce qu'elle pointa, ce fut d'abord l'odeur émanant de ce poison. C'était une odeur que seule elle pouvait percevoir. Parallèlement, elle pointa aussi que ce poison possédait une couleur. Les Porsehai identifièrent les substances possédant de telles odeurs et couleurs à partir de ses dires.
Au fur et à mesure que l'élucidation du poison progressait, on comprit que c'était quelque chose qui dépassait l'imagination. D'ordinaire, pour créer un poison, on mélange divers poisons, mais celui qu'Albe avait créé était produit par une réaction chimique.
Lui-même gardait le silence total sans parler, mais l'avis unanime des Porsehai était que c'était probablement quelque chose né par hasard. Toutefois, il était clair qu'il avait répété d'innombrables expériences pour le découvrir.
Entendant ce rapport, poussa un grand soupir.
« S'il a le talent de créer une chose pareille, s'il l'utilisait pour sauver les gens, il aurait gagné la renommée, pourtant. »
« Il arrive souvent que les gens ne remarquent pas leur propre talent. »
Riko, qui se tenait devant , murmura.
« Sa propre personne, son entourage... Ce qu'on pense soi-même et ce qu'on voit de l'extérieur sont souvent très différents. Moi aussi, je pensais que ma situation était malheureuse, mais à y repenser maintenant, j'étais enveloppée d'un grand amour. Lui aussi... s'il avait pu changer de perspective, ça aurait été bien, mais... »
Aux mots de Riko, hocha grandement la tête. Riko arbora une expression décidée et’ouvrit la bouche.
« L'interrogatoire par l'émissaire de l'Empire de Banarist semble fini. De mon côté aussi, je vais essayer de lui parler. »
« C'est ça. Enfin, il ne parlera pas, je pense... »
Riko baissa la tête en esquissant un sourire face à qui arborait un sourire amer.
***
Albe faisait un rêve. Un rêve où il rédigeait fébrilement une thèse dans sa chambre.
C'était une grande découverte du siècle. Une découverte dont même ce père difficile fit l'éloge. Il allait l'écrire en thèse et l'annoncer au monde. Probablement le monde en serait bouleversé. Sa propre renommée monterait en flèche. Son père lui dit qu'il lui ferait succéder. Il pourrait obtenir un grand pouvoir de parole dans l'Empire. Vite, finir la thèse...
La plume n'avance pas. Frustrant. La plume ne suit pas le développement dans sa tête. Il faut écrire vite. Il va oublier le contenu de sa tête... Vite, vite...
Il s'éveilla soudain. Ah, c'était encore un rêve, et un sentiment de désespoir monta. Une sensation vécue maintes fois. Le seul soulagement, c'est qu'il n'y a personne devant ses yeux. Jusqu'à tout à l'heure, quand il s'éveillait, il y avait des visages d'hommes vêtus de tenues somptueuses.
C'étaient des types insupportables. Quoi qu'on lui demande, il garda obstinément la bouche close. Il n'y a pas moyen qu'ils comprennent ses sentiments. L'émissaire de Banarist dit qu'il le ramènerait à l'Empire coûte que coûte et essaya de le tirer du lit. Il fut arrêté par les autres hommes et sévèrement grondé. Il trouva ça bien fait.
Songeant que c'avait été jouissif à ce moment, Albe esquissa un léger sourire. Immédiatement, une forte léthargie et une difficulté à respirer le saisirent. Maintenant, rien qu'en bougeant un peu le corps, il goûtait une telle souffrance. Il ferma les yeux involontairement et s'efforça de réguler sa respiration.
Il sent que la mort est proche. Dans ce cas, il veut aller vite dans l'au-delà. Mais ça ne semble pas permis. Jusqu'à quand doit-il goûter cette souffrance ? Le désespoir s'approfondit.
À ce moment, le bruit de la porte de la chambre qui s'ouvre se fit entendre. Des pas approchent. Albe pensa que ces pas étaient un son qu'il n'avait jamais entendu jusqu'ici.
Ni lents ni rapides. Ils approchent vers lui à un rythme constant. C'était un rythme agréable.
À mesure que les pas approchent, une bonne odeur lui chatouille le nez. Une femme ? À cause de l'odeur, il a l'impression que c'est une femme d'un rang très noble.
Les pas s'arrêtèrent. Albe ouvrit lentement les yeux. Là, se trouvait une déesse...