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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 659

Kekkaishi e no TenseiKekkaishi e no Tensei
Chapitre 659

Chapitre 659

Chapitre 659/74189%~8 min de lecture1 483 mots

Quand il se réveilla, la pièce était claire. Il semblait que le matin était déjà arrivé. Albe se redressa lentement.

« Iteté... »

Il ressentit une douleur lancinante dans les jambes et les hanches. C'étaient des courbatures. Assis sur le lit, il poussa un gros soupir. Il se leva lentement, mais à chaque mouvement, une douleur lui parcourut le corps.

Il parvint enfin à ouvrir la porte et sortit de la pièce. C'étaient sans doute des aventuriers ; il vit des hommes-bêtes marcher bruyamment dans le couloir. Ils passèrent devant lui sans même lui jeter un regard. Leur dos semblait débordant d'espoir et de vitalité. Albe poussa malgré lui un petit soupir.

Moi aussi, je voulais vivre librement comme eux. À l'instant où il pensa cela, il réalisa soudain sa situation. Oui. Ce père était mort. Il l'avait enterré de ses propres mains. Maintenant, il était libre, tout comme eux.

En y pensant, il eut l'impression que son cœur s'allégeait. Il descendit l'escalier en bougeant tant bien que mal ses jambes qui ne voulaient pas coopérer, et un spectacle ressemblant à une salle à manger s'offrit à lui. L'appétissante odeur de viande grillée parvint à ses narines. À cet instant, une faim violente l'assaille.

Comme attiré, il entra dans la salle à manger. C'est là qu'il comprit pour la première fois qu'il était l'heure du déjeuner. Au comptoir, un homme d'âge mûr continuait de poser un regard perçant sur les clients, comme pour les intimider. Devant lui attendaient les hommes-bêtes qui venaient de passer devant lui. Alors qu'il observait, se demandant ce qu'ils faisaient, ils prirent leurs plateaux-repas et s'assirent à des places libres.

Juste derrière eux, un jeune homme à l'allure d'aventurier s'avança vers l'homme avec un plateau. Sur le plateau se trouvaient plusieurs récipients vides. L'homme, sans quitter son regard perçant, y servit la nourriture avec une grande cuillère, d'un geste habile. Apparemment, ici, il fallait se faire servir par cet homme.

Albe prit un plateau qui se trouvait à proximité, y posa plusieurs récipients vides, et s'approcha de l'homme. Les plats se succédaient, remplissant les assiettes les unes après les autres. Mais pas tous les récipients ne furent remplis ; le geste de l'homme s'arrêta. Albe le fixa malgré lui avec colère.

Sans quitter Albe de son regard perçant, l'homme releva le menton d'un coup sec. Son attitude disait clairement : « Il n'y a plus rien à te donner à manger. »

Une colère irrationnelle monta en lui. Mais dans un rapport de force pur, Albe n'avait aucune chance. Il s'éloigna en rongeant son frein.

Il prit place à une table libre, plateau en main. C'était juste à côté des hommes-bêtes d'à l'heure. Ils semblaient discuter de la prochaine ville vers laquelle se rendre. Peut-être parce qu'ils étaient entre hommes-bêtes, tous conversaient gaiement. En voyant cette scène, Albe fut submergé. C'était des compagnons comme ça qu'il voulait. Exactement la scène qu'il avait désirée se trouvait là.

La distance qui les séparait n'était que de quelques mètres. Mais la distance de leurs cœurs était de milliers de kilomètres. C'est en pensant cela qu'il portait la nourriture à sa bouche.

Ce n'était pas mauvais. Mais ce n'était pas bon non plus. Pourtant, son ventre se remplit amplement.

Albe se leva et regagna sa chambre en supportant la douleur. Il s'allongea à nouveau sur le lit et regarda le plafond vaguement.

Il hésitait un peu. Selon le plan initial, il devait jeter du poison dans le puits. Il comptait profiter du tumulte qui s'ensuivrait dans la ville pour s'enfuir au pays voisin. S'il le faisait, ces hommes-bêtes pourraient bien mourir. Il sentait que s'il leur ôtait la vie, il ne parviendrait plus jamais à obtenir ce qu'il désirait. Des compagnons de confiance, une famille chaleureuse... Ce genre de choses, avec de l'argent et de la renommée, on peut s'en procurer autant qu'on veut. Il avait l'impression qu'un autre lui-même lui murmurait cela au fond de lui. En fait, son père était ainsi. Entouré de nombreuses personnes, toujours des belles femmes à son service... C'était précisément ce que son père avait obtenu grâce à l'argent et à la renommée. Moi aussi, je deviendrai comme ça...

Alors qu'il y pensait, la somnolence l'assaillit à nouveau. Albe cessa de réfléchir et se livra à ce sommeil.

***

Il se réveilla, c'était la nuit.

Il se redressa et regarda autour de lui. Son corps lui faisait toujours mal, mais il avait l'impression que c'était un peu mieux qu'avant. Peut-être son corps s'était-il habitué à la douleur. En y pensant, il sortit lentement du lit.

Il se tint près de la fenêtre et regarda dehors. Là s'étendait un ciel étoilé. Machinalement, il'ouvrit la fenêtre et se pencha pour contempler le ciel.

Une étoile brillait particulièrement. C'était sûrement l'étoile du Nord. C'était rare de la voir si distinctement. Il resta un moment fasciné par la beauté du ciel étoilé.

Soudain, l'urgence de quitter cet hôtel immédiatement monta en lui. Il se souvint qu'il devait échapper aux poursuivants de Masu Ion. C'était la situation idéale pour se déplacer sans se faire remarquer.

Il sortit son sac, en retira deux pièces d'or et les lança négligemment sur le lit. Avec ça, le tenancier n'aurait rien à redire. Tout en pensant cela, il mit le sac sur son dos et'ouvrit lentement la porte.

Il y eut un silence profond et une obscurité épaisse, sans le moindre bruit. Il remarqua alors une petite lumière allumée dans l'escalier. Albe avança dans le couloir sans faire de bruit et descendit l'escalier. Une fois sorti de l'auberge, il se dirigea rapidement hors de la ville.

Ensuite, il continua de marcher sans relâche, l'étoile du Nord dans le dos. Étrangement, la douleur corporelle qu'il ressentait le matin avait disparu. Mais après avoir marché un moment, il commença à sentir progressivement une douleur aux jambes.

Pourtant, il ne s'arrêta pas. Il voulait avoir fui au pays voisin avant que la nuit ne se lève complètement. À ce moment, il sentit un choc dans son corps.

« Gah ! »

Il poussa un cri involontaire. Quand il reprit conscience, le ciel étoilé s'étendait devant lui. Tout à coup, il entendit un bruit qui s'approchait à une vitesse incroyable. Qu'est-ce que c'est ? Au moment où il pensa cela, sa vision devint noire.

« Ah !? Un humain ? »

Il reprit ses esprits au cri de l'homme. On lui maintenait apparemment le visage plaqué au sol avec une main. Portait-il des gants en cuir ? Une odeur indéfinissable de bête lui piqua le nez.

La main qui lui écrasait le visage avec brutalité se retira. Devant lui se trouvait un visage d'homme-bête. Albe avait déjà vu ce visage.

... L'homme-bête vu à l'auberge.

C'était l'homme qui, quelques heures à peine plus tôt, discutait gaiement avec ses compagnons dans la salle à manger de l'auberge. Pourquoi cet homme est-il ici ? La tête d'Albe était en pleine confusion.

« Où est l'orque, bon sang... »

À peine cette voix entendue, il perçut la présence de plusieurs personnes qui s'approchaient. En y regardant de plus près, c'étaient bien les hommes-bêtes vus dans la journée.

« Puisqu'il a pu voyager seul jusqu'ici, ça veut pas dire que la horde d'orques est déjà partie loin ? »

« Ouais. C'est fort probable. »

« On rentre pas aujourd'hui ? »

Un tel échange se tenait au-dessus de la tête d'Albe. Il regardait cette scène, hébété, sans bouger.

Soudain, son corps s'allégea. L'homme qui était monté sur lui s'était écarté. Les hommes-bêtes partirent sans rien dire à Albe.

Il se redressa lentement. Il sentit son cœur battre à tout rompre. Il calma sa respiration saccadée. À ce moment, il entendit le bruit de l'eau qui coule. Il y avait apparemment une rivière près de là.

Elle se trouva tout de suite. Albe retira ses vêtements, ne gardant que ses sous-vêtements, et entra dans la rivière. Le fait d'entendre le bruit de l'eau qui coule prouve que cette rivière est peu profonde. C'était un savoir que son père lui avait enseigné.

Il puisa l'eau de la rivière avec ses mains et se lava le visage et le corps. La douleur qu'il ressentait par moments devait venir d'éraflures faites en tombant. En y pensant, une colère irrationnelle monta en lui.

Pourquoi dois-je subir ça ? ... Oui. C'est la faute de ces hommes-bêtes. À cause d'eux, j'en suis là. En y pensant, la colère qui tourbillonnait en sa poitrine se changea en intention meurtrière.

... Je vais leur faire comprendre ce qui arrive quand on me met en colère.

Albe, encore en sous-vêtements, alla vers son sac et en sortit plusieurs flacons. Ensuite, il prit quelque chose comme une petite coupe, y versa du liquide. Il la secoua par petits mouvements pour mélanger le contenu, puis versa le liquide dans la rivière.

Il s'habilla rapidement. Et il se remit en marche vers le pays voisin...

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