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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 654

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Chapitre 654

Chapitre 654

Chapitre 654/74188%~7 min de lecture1 223 mots

Enfin, Vielle arriva devant les portes du temple papal. Mais celles-ci restaient obstinément closes. Pourtant, nulle impatience ne se lisait sur son visage. Comme toujours, elle arborait ce sourire de qui a déjà la victoire en poche.

De l'autre côté, dans l'enceinte du temple, Ron Esrotel peinait à se relever, le visage crispé par la désespérance. Depuis la place, les acclamations saluant Vielle continuaient de monter.

Lorsqu'il promena son regard alentour, il ne vit que des soldats aux mines anxieuses. Entre-temps, les estafettes s'enchaînaient, apportant chacune la même nouvelle : Vielle était déjà postée devant la porte.

« Alignez la phalange de piquiers devant la porte. Dès l'alignement achevé, ouvrez les battants et, à cet instant même, pointez vos lances sur Vielle. Tuez cette femme ! »

« Cependant, seigneur Ron Esrotel. Pardonnez mon insolence, mais il est à craindre que Sa Sainteté ne soit protégée par quelque barrière. Les attaques de la phalange ne suffiront pas à la percer, selon moi. »

Le jeune cardinal qui se tenait en retrait prit la parole. Ron Esrotel lui lança un regard injecté de sang.

« Alors disposez des mages pour couvrir la phalange de tirs de soutien ! »

« Cela aussi me semble difficile. Il est probable que la barrière protégeant Sa Sainteté soit l'œuvre du roi d'Agartha. Si tel est le cas, les sorts des mages seront également repoussés. »

« Assez ! »

Ron Esrotel arracha l'épée à sa ceinture et se mit à la brandir de façon frénétique. Les gens s'écartèrent de lui.

« Vous n'êtes que des lâches, tous autant que vous êtes ! Vous êtes des fidèles de Crimiana, non ? Des fidèles de Crimiana ! Y en a-t-il un seul pour agir à mes côtés ! Si vous êtes des fidèles de Crimiana, pourquoi refusez-vous de combattre le pape qui vous nie ! Pourquoi refusez-vous de porter la lame de la justice contre le pape qui cherche à vous nier ! Tant que vous ne le ferez pas, vous ne serez jamais sauvés, entendez-vous ! »

Halitant, Ron Esrotel hurlait. Il reprit son souffle, leva les yeux au ciel, inspira à pleins poumons, puis s'adressa de nouveau aux soldats massés autour de lui, d'une voix redevenue calme.

« Personne parmi vous ne peut ignorer que la femme qui campe devant la porte sert Agartha… le pays qui a mis à genoux cette théocratie de Crimiana. Y a-t-il quelqu'un, parmi vous, pour se tenir à mes côtés ? »

Pas une réaction. Les soldats le fixaient, hébétés.

« Pas un seul. Et vous vous dites fidèles de Crimiana ! Fidèles de Crimiana ! »

Ron Esrotel rengaina son épée, ferma les yeux longuement comme pour réfléchir, puis les rouvrit et poussa un cri qui tenait de la plainte funèbre.

« Il est acté que vous ne vous lèverez pas pour la théocratie de Crimiana ! Mon rêve pour la théocratie de Crimiana s'est brisé ! Ici, maintenant, je vais acclamer le Dieu suprême ! »

Il grimpa sur la balustrade de la porte à étage et, de là, lança vers le ciel une voix tonitruante.

« Vive Crimiana-sama ! Vive Crimiana-sama ! Vive Crimiana-sama ! »

Il s'appuya sur ses genoux, la tête basse. Ses épaules soulevaient violemment. Les soldats retenaient leur souffle, les yeux rivés sur son dos.

Finalement, Ron Esrotel se redressa, dégaina à nouveau et fit volte-face.

« C'est moi qui porterai la lame de la justice contre Vielle, contre cette femme ! Ceux qui veulent combattre à mes côtés, qu'ils me suivent ! »

Sur ces mots, il s'élança. Trois jeunes cardinaux le suivirent, mais les autres soldats restèrent plantés là, à les regarder partir, hagards.

Ce qui se tramait à l'intérieur du temple n'était pas parvenu aux oreilles de Vielle, postée devant la porte. Elle attendit un moment, mais face à l'absence de réaction, elle leva lentement la main droite.

« Silence ! Calme ! Sa Sainteté va s'exprimer ! Écoutez ! Écoutez ! »

L'homme qui se tenait près de Vielle éleva la voix. À son exemple, les soldats en arrière se mirent à crier à leur tour : « Écoutez ! Écoutez ! »

Peu à peu, les acclamations moururent sur la place, et le silence retomba, si total qu'on aurait cru l'agitation précédente imaginaire. D'une voix claire et puissante, Vielle s'adressa lentement aux soldats retranchés dans le temple.

« Ouvrez la porte ! Si vous me suivez maintenant, je ne vous demanderai pas compte de vos fautes. Je reconnais mes propres torts. Mais si vous persistez à résister, non seulement vous, mais vos parents, vos frères, toute votre parenté en paieront le prix. Je ne le souhaite pas. »

Sa voix ne tira aucune réponse de l'intérieur. Elle enfla encore la sienne pour leur parler.

« Allons, ouvrez la porte ! Nous allons rebâtir la théocratie de Crimiana, ensemble ! Recréons cette Crimiana d'autrefois, pleine de vitalité ! Pour cela, votre force est indispensable ! Allons, ouvrez la porte, reprenons nos mains ! Ouvrez la porte ! »

À cet instant, depuis derrière les battants hermétiques, retentit un bruit sourd, *don, don*, comme des coups portés sur quelque chose. Un silence pesant s'installa, puis, lentement, les portes du temple s'ouvrirent.

Personne ne parla. Un silence inquiétant enveloppa la scène.

Vielle s'engagea alors dans l'enceinte, d'un pas mesuré. Derrière elle, l'armée se mit en marche vers le temple.

Dès le seuil franchi, elle aperçut Ron Esrotel qui l'attendait, immobile. Il tenait son épée nue et la fixait d'un regard brûlant. Elle s'approcha de lui sans un mot et passa à son côté. À cet instant, les soldats qui gardaient le temple s'agenouillèrent les uns après les autres, baissant la tête, et rendirent hommage à Vielle.

Ron Esrotel et sa suite furent refoulés vers le bord du chemin par le flux incessant des troupes de Vielle, comme balayés. C'est alors qu'un soldat vint vers eux. Il avançait avec la vitesse du vent, sans bruit de pas.

Un homme au regard aigu. Ron Esrotel le reconnut.

… Jirette ?

Le vice-commandant de la garde rapprochée de Vielle. Un homme qui opérait mostly en territoire ennemi et se montrait rarement. C'était donc lui qui tirait les ficelles dans l'ombre… Cela expliquait la préparation minutieuse de tout ce qui avait précédé.

Au moment où cette pensée le traversa, Ron Esrotel ploya les genoux.

… Plus de force dans le corps. Qu'est-ce que c'est que ça ?

Dans la main droite de Jirette brillait une lame fine, aiguë comme un poinçon. Cette lame avait transpercé le cœur de Ron Esrotel avec une précision chirurgicale.

Peu à peu, Ron Esrotel s'effondra. Jirette dévisagea les jeunes cardinaux restés en arrière, fit demi-tour et quitta les lieux avec la même rapidité silencieuse.

Vielle pénétra dans le temple papal et gagna sa chambre.

Tout était exactement comme elle l'avait laissé. Elle inspira profondément, humant l'air de la pièce. Enfin revenue à sa place. Ce sentiment lui monta du fond du cœur.

C'est alors que des pas pressés, *bata-bata*, résonnèrent. Un estafette accourut vers elle.

« Je rapporte ! »

« Qu'y a-t-il ? »

« La flotte d'Agartha, de Hidêta et de Sandanji, qui stationnait au large, a commencé à battre en retraite ! »

« Ah… »

Vielle afficha une moue de regret feint et secoua lentement la tête.

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